Alliette Audra

 

 

 

La poésie catholique française, qui s’est élevée si haut avec une Marie Noël, compte, auprès de cette aînée illustre, une autre femme poète de rare qualité, Mme Alliette Audra.

Francis Jammes, Henri Pourrat, Edmond Jaloux, Henri Clouard se sont rencontrés pour la présenter comme une des voix les mieux habilitées à traduire, à l’intention de son époque, et avec les accents que celle-ci peut le mieux entendre, l’éternelle réponse de l’Espérance et les certitudes qui nous lient aux réalités qui ne passent pas.

Les herbes hautes, Prairies, Voix dans le renouveau, Du côté de la neige, Rêvé à l’aube, Ce que disent les souffles : ces titres – auxquels s’ajouteront prochainement les Poèmes pour un marin perdu – désignent déjà une poésie qui se porte, d’un mouvement tout spontané, des images de la nature aux signes du monde invisible, des songeries devant les lignes de l’horizon aux échanges et aux confidences d’âme à âme engagées entre l’auteur et des présences que la mort même ne saurait abolir.

Le chant de Mme Alliette Audra est discret et pur. Le simple et le rare s’y allient comme chez peu d’autres créateurs. Depuis Jammes, rarement une telle nouveauté était apparue au firmament de notre poésie. Pour l’honneur de celle-ci, il faut qu’une telle œuvre soit connue. Ceux qui auront introduit chez eux cette tendre, amicale – et parfois déchirante – harmonie ne voudront plus s’en éloigner, et surtout ne pourront plus l’oublier.

 

 

 

Louis CHAIGNE.

 

Paru dans Marie en septembre-octobre 1953.

 

 

 

 

 

 

 

 

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