RICHARD NOLL

 

Jung
" le Christ aryen "

Les secrets d’une vie

 

Traduit de l’anglais
par
Philippe DELAMARE

 

PLON
1999

 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

JUNG
"LE CHRIST ARYEN"

Carl Gustav Jung fut le disciple, puis l’adversaire le plus célèbre de Freud. Sa théorie des mythes, des archétypes et de l’inconscient collectif a définitivement modelé la culture universelle. Dans ce livre, Richard Noll évoque les soixante premières années de sa vie et révèle un homme habité par l’occultisme, le mysticisme, le néo-paganisme et l’antisémitisme. Dans sa clinique de Zurich, avec ses adeptes qu’il analyse et subjugue, Jung va fonder une nouvelle religion. Il se prend lui-même pour un dieu à tête de lion et séduit ses patientes afin qu’elles retrouvent leur moi ancestral. Parmi elles, notamment, la fille de Rockefeller.

De nombreux documents et témoignages inédits, recueillis par Richard Noll, dressent un portrait terrifiant de ce Jung inconnu et secret, soigneusement occulté jusqu’à aujourd’hui.

Richard Noll est américain, psychologue et professeur à Harvard d’histoire des sciences. Spécialiste de Jung, il a publié aux États-Unis Le Culte de Jung.

Traduit de l’anglais par Philippe Delamare

 

 

 

 

 

 

" En chaque homme [...] il y a une partie qui ne se préoccupe que de lui-même et de son existence ordinaire ; à juste titre inconnue de tous, elle meurt avec lui. Et il en existe une autre, par laquelle il est relié à une idée qui s’exprime en lui avec une remarquable clarté, et dont il est le symbole. "

Wilhelm VON HUMBOLDT,
Fragment autobiographique, 1816

 

 

 

INTRODUCTION

Compulser les écrits intimes du passé, les lettres et journaux destinés à des gens morts depuis, c’est un peu comme écouter une conversation à une table voisine en affectant d’être perdu dans ses pensées. Inévitablement, nous ne recueillons que des débris fragmentaires, auxquels – pareils à des pies – nous tressons une signification. Nous construisons – nous ne reconstruisons pas véritablement – des histoires anciennes pour des objectifs présents. Nous imaginons que les morts sont revenus, qu’ils vont et viennent en échangeant des cancans. Et nous essayons de convaincre nos lecteurs qu’ils sont venus siroter nonchalamment une tasse de thé avec nous en essayant de surprendre les anecdotes qu’on raconte à côté.

Vu sous cet angle, le travail de l’historien apparaît presque surréaliste. Les morts sont irrévocablement morts. Comment pourrions-nous réellement entendre ce qu’ils disent ? Pourquoi cette illusion que les morts ont dit ce qu’ils ont dit, écrit ce qu’ils ont écrit, pour nous ? Et pourtant nous avons toujours ce sentiment. Pour le meilleur ou pour le pire, nous personnalisons le passé. Les morts deviennent notre propriété. Et que d’autres entendent ou racontent différemment nos histoires préférées des morts nous trouble et nous dérange.

" Le berceau balance au-dessus d’un abîme, écrit Nabokov au début de son autobiographie, et le sens commun nous apprend que notre existence n’est que la brève lumière d’une fente entre deux éternités de ténèbres. " Mais dans une biographie, où il est question d’un autre que soi-même, la situation est d’ordinaire inversée : on présente un chemin tout illuminé qui mène à la naissance d’un individu et, avec l’omniscience d’un dieu aveugle, on prévoit les événements à venir. L’historien ou le biographe découvre souvent à sa grande déconvenue que l’espace entre la naissance et la mort se perd dans l’ombre. Des éléments – parfois délibérément transformés par le sujet ou ses intimes – lui font défaut pour en calculer précisément la trajectoire. Et, bien entendu, pour raconter convenablement une histoire il nous faut toujours savoir pourquoi A débouche sur B et non sur C.

Je puis affirmer sans crainte de me tromper que Carl Gustav Jung est né le 26 juillet 1875 près de Bâle, en Suisse, et qu’il est mort le 6 juin 1961 sur les rives du lac de Zurich, où il avait vécu et travaillé les soixante dernières années de sa vie. Nous connaissons les dates de la plupart de ses voyages à l’étranger, ses publications, ses conférences publiques et quelques autres faits matériels. Sa correspondance avec Sigmund Freud nous éclaire sur nombre de ses préoccupations intérieures et extérieures de 1907 à 1913. Nous pouvons également consulter deux volumes publiés des lettres qu’il écrivit entre l’âge de trente et un an et sa mort, textes copieusement amendés et sélectionnés par ses héritiers pour donner de lui un portrait favorable. Nous disposons en outre de plus de vingt volumes de ses Œuvres complètes et des transcriptions éditées de certains des séminaires qu’il donna. Scientifique, psychiatre et psychanalyste de renommée mondiale alors qu’il n’avait pas encore quarante ans, il est aujourd’hui l’homme le plus célèbre auquel sa patrie ait jamais donné le jour. Son visage orne ainsi un timbre-poste suisse.

En dehors de cela, la piste des faits prouvés s’estompe, et un examen approfondi nous amène à la conclusion surprenante que nous savons finalement très peu de choses de l’histoire de Jung, en particulier de ses soixante premières années (jusqu’en 1936). La vie de Jung demeure largement un mystère.

Ce livre n’est pas une biographie de Carl Gustav Jung. Je doute sincèrement qu’un récit authentique et complet de l’ensemble de sa vie puisse être composé de sitôt. Il faudrait pour cela que ses héritiers autorisent l’accès à tous les documents en leur possession : le journal intime de Jung, toutes les lettres qu’il a écrites et reçues, le célèbre " Livre rouge " où il a peint et raconté ses visions et ses entretiens avec les morts, et naturellement tous les papiers personnels et les lettres de sa femme et collaboratrice, Emma Jung, dont beaucoup oublient qu’elle eut une existence personnelle intéressante et pleine. Le biographe devrait également pouvoir consulter les carnets et les autres documents de l’assistante et maîtresse de Jung, Antonia Wolff, éventuellement présents dans les archives familiales, de même que les papiers appartenant à son premier bras droit, J. J. Honegger, sur lesquels ses héritiers n’ont aucun droit juridique établi. Comme nous le verrons, les papiers de Honegger sont d’une importance capitale pour déterminer le caractère et l’honnêteté intellectuelle de Jung. Malheureusement, les membres survivants de la famille Jung et les administrateurs de sa succession ne se soucient guère de contribuer à établir la vérité historique.

Nous disposons, néanmoins, de l’ouvrage posthume, " Ma vie " Souvenirs, rêves et pensées, qui se prétend une autobiographie sincère rédigée par Jung lui-même. Ce n’est que partiellement vrai. Ainsi que le chercheur Alan Elms a été le premier à le démontrer, ce livre est moins une autobiographie qu’un patchwork d’éléments brillamment fondus par Aniéla Jaffé, la dernière assistante de Jung, et copieusement arrangés par les éditeurs américains de Pantheon, qui publièrent l’édition en anglais avant la parution d’une édition allemande. Si Jung rédigea le premier jet des trois premiers chapitres et de l’avant-dernier, intitulé " Pensées tardives " et dans lequel il s’interrogeait sur la vie après la mort, ces textes n’étaient pas destinés à s’inscrire dans une autobiographie, contrairement à ce que laisse croire l’ouvrage publié. Sans compter qu’à l’encontre des propres instructions de Jung, ils furent modifiés ou censurés pour correspondre à l’image que voulaient donner de lui sa famille et ses disciples. Jaffé a réuni ces fragments, les transcriptions d’anciennes conférences et les notes qu’elle avait prises lors de conversations avec lui, pour présenter le tout à un public confiant comme une autobiographie. Non seulement les éléments peu flatteurs ont été – naturellement – laissés de côté, mais manquent aussi les détails habituels que l’on s’attend à trouver dans une biographie ou une autobiographie. Ne subsiste plus, en effet, que l’étrange histoire d’un individu exceptionnel qui donne l’impression d’avoir vécu hors du temps et des événements historiques.

Le Jung de " Ma vie " apparaît comme un sage visionnaire, un thaumaturge, un homme-dieu qui accomplit son apothéose au travers de ses rencontres avec les morts et avec Dieu. Il nous conte le récit édifiant d’une évolution mystique, à mesure que sa vie incarne ses théories : la saga héroïque d’un homme parvenu à l’" individuation " et qui a survécu à un affrontement terrifiant avec des êtres extérieurs au monde physique (les archétypes), issus d’une réalité transcendante (l’inconscient collectif). Malheureusement, depuis sa parution en 1962, toutes les " biographies " de Jung reposent sur " Ma vie ". Et ce n’est que tout récemment que l’on a commencé à mettre en doute la véracité de cette version privilégiée du " mythe " de Jung. Cette révision se heurte à d’autant plus de résistance qu’elle implique d’étudier Jung dans le temps et l’espace, de le restituer à son milieu culturel allemand – descente humiliante de la mythographie dans l’histoire.

À tort ou à raison, " Ma vie " est devenu l’un des documents spirituels fondamentaux du vingtième siècle, tant ce récit de la renaissance spirituelle de Jung inspire de révérence et d’espoir à ses lecteurs, dont il exalte l’univers personnel. C’est un livre impressionnant, et je me rappelle combien il m’avait abasourdi lorsqu’à dix-sept ans je l’ai lu pour la première fois. Mais des années de lecture critique de Jung et de recherches historiques sur sa vie m’ont appris depuis que cette " autobiographie " et ses épigones n’ont fait qu’occulter un Jung que son humanité, et non sa semi-divinité, rend beaucoup plus intéressant – et parfois effroyablement imparfait.

Je n’ai cherché dans ce livre ni à anatomiser Jung ni à perpétuer son idéalisation comme homme-dieu. Il existe déjà bien assez d’hagiographies et de réquisitoires. Avec l’aide des morts qui m’ont parlé dans les lettres et les journaux jaunissants que j’ai lus dans les archives américaines et européennes – et dont je publie des extraits jusqu’alors inédits –, mon propos est d’écrire certains des chapitres qui manquent dans l’histoire de la vie de Jung.

Un pareil récit narratif est délicat et ne laisse pas d’évoquer un roman sur des personnages et des événements historiques – les " certitudes mortes " dont parle Simon Schama. Mais contrairement à la plupart des chroniques de ce genre, je n’ai pas essayé de reconstituer toute la vie et la carrière de Jung, mais seulement une série d’épisodes absents de l’histoire officielle. Naît ainsi une tout autre version de l’éclosion de Carl Gustav Jung. Celui-ci a toujours été obsédé – et il y insiste à maintes reprises – par les problèmes existentiels : le sens ou le non-sens de la vie, le mystère et le sacré. Mais s’il les prétend fondées sur des flux éternels, hors du temps et de l’histoire – et les nombreux auteurs de son " autobiographie " les représentent ainsi –, les expériences subjectives décrites dans " Ma vie " sont moins une révélation qu’une dissimulation : de l’homme lui-même, de l’historicité de sa spiritualité, des racines de ses idées dans le terreau culturel allemand.

C’est dans la communauté des esprits que la plupart rencontrent Jung, et certains voient dans le mythe personnel qu’échafaude " Ma vie " un évangile contemporain jetant les bases d’une nouvelle religion. À ceux-là je dis : vous tenez entre vos mains son apocryphe. Bien qu’il s’agisse de l’apocryphe d’un historien, et que les secrets divulgués relèvent plus de l’histoire que du mystère.

Sans doute le Carl Jung que j’ai découvert n’est-il pas à certains égards tellement différent de celui de " Ma vie " : il est historiquement prouvé, en effet, que Jung se considérait comme un prophète religieux doté de pouvoirs extraordinaires. Je suis également convaincu que, en plus de ses multiples attributions professionnelles de médecin, psychothérapeute et critique social, il a consacré délibérément son existence au développement d’une communauté religieuse centrée autour de sa personnalité et de son enseignement. C’était sa vocation, et parmi son premier cercle de disciples, constitué à Zurich pendant la Première Guerre mondiale, beaucoup l’ont rejoint parce qu’ils voyaient en lui " la lumière nouvelle ", le prophète charismatique d’une ère nouvelle. Plus tard, après avoir étudié les mystères antiques et l’alchimie, Jung déclara ouvertement à plus d’un interlocuteur que lui-même et ceux qui suivaient ses méthodes avaient été choisis pour devenir les rédempteurs de Dieu. " Il parlait de sa mission, dit ainsi Eugen Bohler, chercheur suisse qui fut l’intime de Jung à partir de 1955. Il se croyait chargé d’aider Dieu à devenir conscient, et cela non pour nous les hommes, mais dans l’intérêt de Dieu Lui-même. " C’est, à mon sens, une dimension essentielle du personnage. La plupart des gens qui se considèrent comme jungiens ne me démentiraient pas, et nombre d’entre eux avouent ouvertement participer à un mystère de ce genre. Même si quelques-uns, soucieux de leur image professionnelle auprès du public, émettent de sérieuses réserves.

J’ajouterai une remarque, au risque de susciter la controverse après avoir réfléchi des années à l’impact considérable de Jung sur la culture et le paysage spirituel du vingtième siècle, je suis parvenu à la conclusion qu’il a exercé une influence aussi importante que l’empereur romain Julien l’Apostat (331-363) sur l’érosion du christianisme institutionnel et la restauration du polythéisme hellénistique dans la civilisation occidentale. Jugement inconsidéré, exprimant l’hubris de l’historien qui succombe à la tentation fantasmatique de se prendre pour un démiurge, m’objectera-t-on. Je crois néanmoins que pour toutes sortes de raisons historiques et techniques – et d’abord le rôle des médias modernes – Jung a réussi là où Julien avait échoué. Pendant ses soixante premières années – la période de sa " vie secrète " largement ignorée de l’histoire – Jung se montra ouvertement hostile aux orthodoxies judéo-chrétiennes, et particulièrement au judaïsme et au catholicisme romain. Entre-temps, le monothéisme patriarcal des religions judéo-chrétiennes institutionnelles s’effondrait, tandis que, pour combler ce vide, de plus en plus de protestants, de catholiques et de juifs adoptaient des systèmes de croyance syncrétiques, reposant souvent sur des théories " psychologiques " jungiennes.

J’écris psychologiques entre guillemets parce que je suis convaincu – et c’est l’un des arguments de cet ouvrage – que Jung a fabriqué délibérément, et quelque peu trompeusement, ce masque du vingtième siècle pour rendre sa vision du monde magique, polythéiste et païenne plus acceptable à une société laïcisée, conditionnée à ne respecter que les idées d’apparence scientifique. Je dis cela sans être chrétien, juif, musulman – ou freudien. Simplement, du point de vue de l’histoire des religions, j’estime que Jung et le jungisme sont un phénomène remarquable. Rien d’étonnant à ce que toute une nouvelle génération de critiques littéraires et d’humanistes postmodernes trouve une source idéale de citations dans le polythéisme et le relativisme extrêmement peu critique de Jung.

Les faits – et ils sont nombreux – révèlent que Jung était éminemment conscient de son rôle d’hérésiarque, tout comme Julien l’Apostat, avec qui il était persuadé d’avoir fait partie d’une fraternité mystique au quatrième siècle. De même que Julien, Jung se présenta pendant de nombreuses années comme chrétien, alors qu’il pratiquait le paganisme dans l’intimité. Encore vers la fin de sa vie, il considérait les orthodoxies judéo-chrétiennes non seulement comme des ennemies personnelles, mais comme hostiles à la vie même. R.F.C. Hull, le principal traducteur de ses Œuvres complètes en anglais, a dénoncé la manière dont la famille Jung et Aniéla Jaffé ont supprimé ou édulcoré nombre des passages de " Ma vie " de la main de Jung " concernant la théologie chrétienne ". " Je suis absolument certain que tout ce qu’il exprimait de vital et de créatif lui venait des profondeurs de son inconscient païen ", dit Hull, qui connut fort bien le Jung des dernières années.

Pourtant, quelles qu’aient été les dispositions de nombreux élèves et intimes de Jung, presque toutes les études sur lui-même et son œuvre négligent l’alambic historique dans lequel a été distillé son cocktail d’idées sur l’Antiquité païenne : à savoir le contexte culturel allemand de l’époque, illustré à l’envi par les croyances partagées par nombre des humanistes que respectait Jung concernant le rôle des païens indo-européens et des gnostiques hellénistiques dans l’évolution de la race aryenne.

Voilà qui me ramène aux difficultés de conter pareille histoire. Pour que mon entreprise aboutisse, il faut que le lecteur accepte de voir en Jung un acteur vivant entièrement dans les catégories du monde tel qu’il se le représentait. Jung croyait concrètement à un monde des esprits et à la capacité de communiquer directement avec les morts ou des êtres désincarnés d’origine mystérieuse. Il est moins difficile d’imaginer un monde où il est plus important de croire aux mythes qu’à l’histoire factuelle, et où l’intuition et le sentiment comptent davantage que la pensée rationnelle. Les philosophies populaires du mythologue américain Joseph Campbell ou de l’Allemand Eugen Drewerman ont rendu familières ces catégories de la perception mythique ou mystique. Enfin, et c’est la condition la plus hasardeuse, le lecteur doit s’efforcer d’accomplir un saut moralement impossible : imaginer un monde – celui de la Kultur allemande fin de siècle – où les mots " Hitler ", " nazi " et " holocauste " n’existent pas, un monde où la spiritualité est pétrie de sang, de sol et de soleil, un monde où un Christ aryen pouvait trouver des disciples – et promettre sincèrement la rédemption à ses rédempteurs.

 

REMERCIEMENTS

Si j’ai écrit l’essentiel de ce livre entre mai et août 1996, de nombreuses personnes et institutions m’ont aidé lors de mes années de recherches sur C. G. Jung et son mouvement.

Je tiens à remercier Richard Wolfe de la bibliothèque de médecine Countway, à la faculté de médecine de Harvard, de m’avoir autorisé à reproduire des citations des documents suivants de la collection de livres et de manuscrits rares : des extraits des journaux et des carnets inédits de Fanny Bowditch Katz, Constance Long et Christiana Morgan ; des extraits des lettres de Fanny Bowditch Katz, Maria Moltzer, James Jackson Putnam et de C. G. Jung dans les papiers de Fanny Katz ; et des extraits d’entretiens des Archives biographiques C. G. Jung.

Nina Murray m’a généreusement autorisé à lire et citer certains documents confidentiels des papiers de Henry A. Murray conservés aux Archives de l’université Harvard.

Cynthia Knight, archiviste de la Collection McCormick-International Harvester à la Société historique de l’État du Wisconsin à Madison, non contente de remarquablement connaître les documents dont elle a la charge, m’a très généreusement prodigué son temps. Je tiens à la remercier, ainsi que son institution, de m’avoir permis de citer les papiers de la famille McCormick.

Le personnel du Centre des Archives Rockefeller, à Pocantico Hills, État de New York, a ouvert ses portes uniquement pour moi, en dépit des problèmes suscités par l’une des pires tempêtes de neige depuis cent ans. En particulier, Darwin Stapleton, le directeur du Centre, et Tom Rosenbaum se sont montrés extrêmement généreux à mon égard et ont régulièrement veillé à ce que j’aie tous les documents dont j’avais besoin. Je remercie cette institution de m’avoir permis de citer les lettres de la famille Rockefeller.

Le Kunsthaus de Zurich m’a aimablement fourni des photographies, avec la permission de les reproduire dans cet ouvrage. Le Dr Harald Szeemann m’a gracieusement remis des copies de toutes les photographies existantes d’Otto Gross, ainsi que des photos de Hermann Hesse et de Fidus. Je n’ai pu toutes les utiliser ici, mais je les conserve précieusement.

Erika Krause et Olaf Breidbach du Ernst Haeckel Haus de Iéna, en Allemagne, se sont montrés d’une extrême complaisance à mon égard lors de mes recherches sur la vie de Ernst Haeckel. Je remercie le Ernst Haeckel Haus de m’avoir autorisé à reproduire les photos de Haeckel et Isadora Duncan, ainsi que les dessins de radiolaires de Haeckel qui figurent dans ce livre.

Ami fidèle et source d’inspiration constante tout au long de ce projet, Martin Green a gracieusement partagé des documents inédits concernant Otto Gross qui paraîtront dans une biographie de Gross qu’il est en train d’achever.

Steven Borack a préparé pour moi tous les documents photographiques, souvent dans des délais très brefs, et je lui en suis très reconnaissant.

Kurt Almqvist m’a aimablement communiqué son exemplaire de la lettre troublante de Jung à Poul Bjerre (1913), déposée à la Kungliga Biblioteket de Stockholm. Je tiens à remercier Lars Holm de m’avoir signalé l’existence de cette lettre.

C’est mon agent littéraire pour cet ouvrage, John Brockman, qui a eu l’idée de son titre provocant. Je ne saurais assez le remercier, ainsi que Katinka Matson, aussi de Brockman, Inc., de leurs efforts considérables pour permettre à ce livre de voir le jour.

Cet ouvrage n’aurait pas été ce qu’il est sans l’attention méticuleuse de mes éditrices chez Random House, Ann Godoff, et chez Macmillan (R.U.), Georgina Morley. Les maquettistes de Random House et de Macmillan ont fait un remarquable travail, et je les en remercie tous. Timothy Mennel a corrigé le manuscrit.

D’autres personnes ont clarifié ma pensée ou m’ont inspiré de diverses manières tout au long de ce projet. Ce sont : Paul Bishop, Alan Elms, Frank Sulloway, Richard Webster, Frank McLynn, Steve Wasserstrom, Leonard George, Vivian Alie, David Ulansey, Katherine Ramsland, Nelson dos Reis, Lucia Maria Gonzales Barbosa, Leonardo Boff, Pam Donleavy, Elizabeth Knoll, Robert Richards, Ralph Raffio, Jim Pawlik, Wyatt Reed, ainsi que Stosh, Jerzy et Ignaz.

La controverse internationale déclenchée par mon livre précédent, The Jung Cult : Origins of a Charismatic Movement (Princeton, Princeton University Press, 1994), m’a donné le privilège d’exposer et discuter mes recherches sur Jung sur trois continents. Je tiens à remercier les organismes et les auditeurs qui m’ont accueilli à Stockholm, Londres, New York, Boston, Rio de Janeiro, São Paulo, Vancouver et, naturellement, à Cambridge, Massachusetts.

Un cyberséminaire d’une semaine que j’ai été invité à organiser en janvier 1997 a survécu aux vigoureuses tentatives d’analystes jungiens des États-Unis, du Canada et d’Angleterre pour boycotter les efforts du professeur John Hollwitz de l’université Creighton (qui avait dressé la liste des correspondants du JUNG-PSYC). Je remercie le professeur Hollwitz d’avoir résisté aux intimidations d’éminents analystes jungiens et de ne pas avoir diffusé sur Internet leurs commentaires bizarrement faux (et même diffamatoires). Le mal que se donnent certains analystes jungiens pour m’empêcher de présenter publiquement mes idées à des " jungiens ", non seulement en dit long sur leurs craintes de voir remise en cause leur autorité traditionnelle, mais illustre aussi leurs détestables manières. Le culte de Jung se porte bien, je le crains. Il serait temps de devenir adultes, les gars !

Merci à mes parents, Richard et Betty Noll, et à mes sœurs, Linda, Lori, Barbara et Beverley, qui n’ont cessé de m’encourager à terminer ce projet et à poursuivre ma carrière d’écrivain. Le souvenir de ma grand-mère, Belle Marie (Tipinski) Adamczak, m’a également soutenu dans cette tâche.

Ce livre est dédié à Susan Naylor, qui une fois de plus a dû supporter l’une de mes crises de graphomanie, et qui sait me rappeler ce qui compte vraiment dans la vie.

Richard NOLL
Cambridge, Massachusetts
Mars 1997

 

 

 

TABLE

Introduction.

PREMIÈRE PARTIE
LA GENÈSE

1. La patrie intérieure
2. L’évocation des esprits
3. Souvenirs cachés
4. " On ne peut remplacer la religion que par de la religion "

DEUXIÈME PARTIE
LES MYSTÈRES

5. La polygamie
6. Le culte du soleil
7. Le mystère de la déification
8. Zurich 1916 : Abraxas et le retour des dieux païens

TROISIÈME PARTIE
LES ACTES DES APÔTRES

9. Fanny Bowditch Katz : " L’analyse est religion "
10. Edith Rockefeller McCormick : la Rockefeller psychanalyste
11. La passion de Constance Long

QUATRIÈME PARTIE
L’APOCALYPSE

12. Le prophète völkisch se transforme en vieux sage

Remerciements

Notes

 

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