Qu’ils soient ailés les mots

 

 

Tu m’as donné cette douceur des ailes,

Cet oiseau guéri sur ma main,

Ce bec nerveux qui picore ma plume,

Ce frêle et familier miracle d’un joli merci babillé.

 

Cette confiance butineuse sur ma lèvre.

Ce froufrou du matin, si vif dans mes cheveux.

 

Et l’abandon du crépuscule,

Et cette plainte :

Une prière à peine balbutiée au seuil de la cage non close.

 

Ô la fragilité de ce souffle oppressé du soir !

Ce rien charmant pelotonné dans son duvet.

Son innocent repos surpris au clair de lune :

Le sommeil absolu dans Ton sein.

 

Car tu le sais, Seigneur, mon cœur a besoin de ces secrets d’ange.

 

Ai-je donc mérité de Toi ?

Jamais ne fut plus pur le don.

Tu m’accordes, Ô Maître, d’avoir sauvé cette parcelle de Ta vie.

 

Écoute cette joie modulée à cris d’or sous le soleil.

 

Qu’ils soient ailés aussi les mots dont je Te remercie.

 

 

 

Lucy ABRASSART, Le cri neuf et le don,

Éditions du C.E.L.F., 1961.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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