L’église du village

 

 

 

Dans un village se voit une église récemment bâtie grâce à l’offrande de marchands. Les offices divins y sont célébrés avec pompe. Devant les iconostases brûlent des cierges. Jeunes et vieux en entrant font leur prière, prosternés et saluant à droite et à gauche.

 

Les chants sacrés s’élèvent avec harmonie, et le diacre répète la parole de paix ; il rappelle à ceux qui prient ceux qui souffrent.

 

Et le long des murs de l’église rampe la fumée de l’encens, et ceux qui entrent voient de grands rayons lumineux coupant en biais les bandes de poussière sous le soleil tamisé par les vitraux dans le temple de Dieu.

 

Debout, le pauvre Aliaschka rayonne de joie ; il est heureux, car c’est la première fois qu’il a déposé dans le plateau du quêteur un kopeck qu’il a pris dans sa bourse de cuir et dont il a entendu le son de cuivre. Cette aumône, ce kopeck, il l’a gagné à grand-peine.

 

Et, par la fenêtre ouverte, monte au ciel la fumée bleue avec l’harmonie des chants.

 

 

 

Ivan-Sergievitch AKSAKOF.

Recueilli dans Les grands écrivains de toutes les littératures,

Cinquième série, Tome quatrième.

 

 

 

 

 

 

 

 

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