Un certain vendredi

 

 

La foule qui te perd savoure le spectacle,

Un soldat tout joyeux brandit ton vêtement

Tandis que les badauds t’insultent bêtement ;

Les plus méchants de tous réclament un miracle.

 

Ils ne se doutent pas que s’accomplit l’oracle :

Ponce Pilate qui t’a livré lâchement,

Pierre qui a pleuré son ignoble hochement

De même que Judas, le traître du cénacle.

 

Je te le dis, Jésus, les hommes n’ont changé

Et le juif erre au sol car l’Affront n’est vengé :

La terre peuple encor les lions de l’arène.

 

Je ne sais s’il te faut un poète ou un saint

Mais je te quête encor le Simon de Cyrène :

C’est aujourd’hui ma fête et c’est vendredi-saint.

 

 

 

Simone ARCHAMBAULT.

 

Paru dans Moisson,

Union des jeunes écrivains, 1962.

 

 

 

 

 

 

 

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