Chers petits liserons...

 

 

Chers petits liserons dont la verte spirale,

Vive et souple, s’enroule aux arbres du jardin,

Dans vos calices bleus, veinés d’un doux carmin,

J’aime à voir s’agiter la brise matinale.

 

Vous n’avez pas besoin que l’ardente rafale

Passe en tonnant sur vous pour vous fermer soudain ;

Vos tissus délicats, plus frais que le satin,

Meurent avant midi, vrai souffle qui s’exhale.

 

Mais vous avez prié ; mais vous avez du moins,

Fleurs qui brillez une heure, aimé Dieu sans témoins,

Et vous pouvez mourir ayant fini de vivre.

 

Vous rappelez au cœur ce fugitif espoir

Dont il faut que tout homme en son matin s’enivre,

Pour être fort le jour, pur et calme le soir.

 

                                                        Poitiers, 21 août 1851.

 

 

Edmond ARNOULD, Sonnets et poèmes, 1861.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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