Au poète

 

 

 

Penser, c’est se mouvoir dans l’éclat radieux ;

Sors de toi, vois, tout au dehors est lumineux ;

Comme les diamants les rêves des poètes

Sont des feux de vitrail aux mouvantes facettes.

 

 

                                         *

                                      *    *

 

Le flot leur dit son chant triste et délicieux,

Où glisse le vent comme un cygne harmonieux,

Qu’arpègent le soir les roulades de fauvettes

Devant les notes d’or du clavier des planètes.

 

 

                                         *

                                      *    *

 

Poète, tu répands ici-bas l’infini,

Ta souffrance même est un sylphe de lumière,

Comme un conte où la fée a vaincu la sorcière.

 

 

                                         *

                                      *    *

 

Il n’est pour toi d’exil, de prison ou de nuit ;

Quand le malheur te fait le héros de son drame,

Comme Beethoven sourd, écoute avec ton âme !

 

 

 

 

W.-A. BAKER, Les disques d’airain, 1918.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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