Notes d’un poète

sur les temps présents

 

 

 

 

 

 

par

 

 

 

 

 

 

Jean BÉNAC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces notes, qui n’ont aucune ambition philosophique, reflètent la vie spirituelle d’une petite communauté de jeunes poètes prisonniers.

 

 

 

LE POÈTE ET LA COMMUNAUTÉ

 

 

Le chanteur est solitaire dans son chant mais non dans sa chair. Si, plus haut que lui, se combine sa voix dans quelque lieu secret visité de lui seul, elle résonne pourtant sur les étages de passions bien humaines, d’instincts et d’anciens héritages, elle retombe sur de terrestres assises où nos racines se mêlent à celles de toutes les vies.

Et le chanteur est ainsi lié à la communauté par le chant qui s’établit de lui à elle ; il l’est aussi par tout ce qu’il en reçoit d’émotions, d’aliments et de sèves. Ainsi s’organise entre la communauté et celui qui chante une vaste respiration faite d’échange entre l’apport charnel d’en bas et l’air spirituel l’en haut, un double courant où le sang noir va s’imprégner de vie supérieure dans un haut lieu de poésie et rapporte à la terre une pâture divine dont elle ne peut se passer pour vivre.

Telle est l’harmonie. Mais elle peut être rompue, soit que le chanteur ne reçoive plus sa nourriture d’en bas, et quelle forme alors donner aux plus purs ravissements ? – soit que la communauté se replie sur elle-même, n’accepte plus le chant, pense pouvoir suffire à sa vie alors que cet orgueil terrestre ne la conduit qu’à l’étouffement sans l’apport d’en haut.

Les chanteurs que voici ont souvent senti sur leurs chemins la pointe de ce refus, ils ont voulu en pénétrer les causes et se demander s’il n’est pas précisément l’attitude dominante de la vie moderne. Refus de chant, rupture de l’harmonie matière-esprit-raison, signes d’un mal ou causes profondes, c’est vers eux qu’il faut remonter pour, au-delà des effets bouleversants, aller aux germes d’où sort peut-être la crise de l’homme moderne.

 

 

 

 

 

LE POINT TRAGIQUE OU LA PROCESSION EN FUREUR

 

 

Nous avons tous et par instinct le sens d’une montée qui de très bas et de très loin nous éleva d’entre les cris et les végétations monstrueuses jusqu’à des paysages supérieurs et plus clairs. Nos rêves nous ramènent le souvenir d’une origine qui s’estompe au delà de l’illumination soudaine et nous devinons qu’il y a peut-être encore en nous un rocher originel, il prend consistance un instant dans notre poitrine et sombre à nouveau. Il ne faut pas cacher cette origine qui nous lie au monde. N’est-ce pas elle qui nous donne le sens de la montée et qui, par les profondeurs d’en dessous qu’elle dévoile, éveille en nous le sentiment d’autres profondeurs d’en dessus où réside un terme vers lequel il faut tendre.

La montée est la loi des chanteurs et tout le monde chante dans la communauté. Par le chant des uns et des autres, la communauté s’élève processionnellement, la voix d’Orphée la capte vers le haut. Voix parfaite qui devance toujours les chanteurs, voix lointaine et toujours à peine perceptible, mais si nette et si juste qu’elle est un glaive au cœur des plus ardents.

Les temps présents ne sont plus des temps où l’on monte. Aujourd’hui la communauté préfère contempler les versants parcourus que d’en découvrir de nouveaux et de plus radieux. Elle s’est imaginée avoir toujours connu les crêtes et, née sur les sommets d’où l’on domine, n’avoir qu’à connaître d’immobiles horizons. La montée processionnelle s’est arrêtée et la voix parfaite s’est perdue.

Ni les géographes, ni les astronomes ne peuvent la retrouver, car elle s’est glissée en un lieu que leurs cartes ne portent pas et qu’aucun instrument ne peut atteindre. Il ne faudra pour la retrouver ni science, ni méthode, ni machine mais le sens du chant, le désir de découverte, l’amour du mystère.

Pour l’instant ce grand élan vers le haut s’est retourné vers les pays de l’homme où il fait bouillir une immense fureur : découvrir le monde dans notre monde, l’humain dans l’homme, la science dans les sciences, le beau dans les musées et la vérité dans les vérités. C’est une grande fureur qui fait fouiller, retourner et bouleverser les pays de l’homme pour y trouver ce qui ne peut évidemment pas s’y cacher. Machines pour analyser l’âme ou machines cosmiques tournent à vide ; les derniers oiseaux s’échappent seuls, ils sont les petits morceaux de mystère restés accrochés aux pays de l’homme, tous auront bientôt disparu. En vain les objets de ce pays sont-ils classés, reclassés, inventoriés cent fois. Rien n’en sort. En vain les cœurs sont-ils examinés avec les instruments les plus subtils, en vain la plus parfaite et la plus étroite servitude est-elle exigée des peuples et des troupeaux. Rien. Il n’en sortira jamais rien. Cette fureur deviendrait-elle un carnage ou une marche triomphale ou la plus douce tendresse pour tenter de surprendre la nature, saisirait-on la nature à la gorge pour lui arracher son secret, se croirait-on vraiment parvenu à l’état de surhomme : la voix parfaite ne s’entendra pas, car elle est en dehors du pays de l’homme et dans le sens d’une constante découverte par laquelle l’humain s’élargit sans cesse et se crée, vers son terme.

 

 

 

 

 

L’ÂME PASSIVE ET LE JEU DE L’ÂME VIVANTE

 

 

Cachée dans les domaines intérieurs, une âme se souvient de sa jeunesse. Elle a conservé le ravissement de la voix parfaite et la soif du mystère. Pour connaître le secret qu’elle cèle, on l’a traquée dans les dernières solitudes, on a voulu la remener captive et la faire chanter suivant le bon plaisir, mais nos meutes ont battu en vain tous les taillis. Toujours nous glisse entre les doigts l’oiseau subtil et fluide. Celui qui veut savoir cette couleur originale d’une âme individuelle, cette saveur et le charme transparent doit la laisser librement chanter. Pour lui conserver la liberté du chant, certains l’ont écoutée dans les instants où nulle volonté ne semble la contrarier. La nuit de nos rêves et la folie... Et ces chanteurs se voulaient très purs et très fidèles, leurs règles de chant étaient aussi une règle de vie, ils fuyaient la stagnation des eaux basses, ils creusaient la terre vierge en dessous de l’écorce épaisse de manies et de préjugés qui nous recouvre, ils voulaient hors de la procession en fureur du moins reprendre, seuls, une ascension individuelle et retrouver la voix parfaite.

Mais de tous les mouvements de l’âme vivante, il n’en faisait apparaître qu’un, le poids. Ce poids de matière qui lui donne une gravitation vers le bas, une tendance irrésistible à tomber sans fin dans la nuit quand la grâce et la soif ne s’y opposent plus. Où le poids reprend tout son sens, c’est lorsqu’il sert à exalter la soif de montée, lorsque la grâce l’équilibre et le surmonte. Alors l’âme n’est plus passive, elle devient le jeu pur des trois mouvements spirituels, le chant éclate et notre volonté est l’infiniment petit qui fait céder tantôt vers le bas, tantôt vers le haut la radieuse figure.

 

 

 

 

 

L’ACTIVITÉ ASCENDANTE QUI EST POÉTIQUE

ET L’APPEL DES VOCATIONS

 

 

Dans un devenir vers Dieu, les chanteurs s’élèvent et le jeu d’un transparent dynamisme leur donne cette force ascendante. Transparent dynamisme qui imprègne esprit, raison et corps, qui compose et ordonne le faisceau convergent de nos forces spirituelles, intellectuelles et corporelles, les attire vers le point montant de notre vocation et n’est que le jeu pur de l’âme vivante. Rendre libre ce jeu est donc la condition de la montée, la condition du chant, la condition de notre joie. La soif de mystère sans fin étanchée dans une découverte qui l’apaise et la renouvelle à la fois, comble à chaque instant tout le vide intérieur. Nous vivons non plus au centre de nous-mêmes, mais constamment au-dessus, au contact du divin et le faisant passer en nous par le chant, par des actes de poésie. La poésie nous apparaît alors comme la haute essence dont nous vivons, l’oxygène supérieur ; la faculté de le capter et d’en faire chair et sang, la faculté de poésie sera une qualité de l’âme, une qualité qui baigne : corps, intelligence, esprit, qui nous imbibe tout entier. La vie vécue en profondeur et dans la joie sera sa manifestation, à la conscience elle apparaîtra comme la source même de connaissance et cette activité ascendante pour celui qui la pratique sera la connaissance par l’existence vécue, par la création poétique continue, par un chant exprimé dans tous les actes de notre vie, les plus ordinaires comme les plus rares.

Une telle façon de vivre, nommons-la « vie nouvelle » (non point qu’elle ne soit très ancienne dans la sagesse antique ou la pensée chrétienne, mais parce qu’on ne la pratique plus), une telle façon de vivre toujours sur une pointe extrême au contact du mystère et dominant constamment les choses par une vue synthétique, s’oppose à cette activité qui analyse à perte de vue, qui descend toujours plus bas dans les ramifications de la matière et toujours divise, augmente les différences, perd le souvenir de la convergence des voies multiples. Non certes qu’analyser soit une activité inutile, l’acte poétique fait du point culminant contient en lui-même cette analyse suffisante à la connaissance mais sans s’y attarder, sans s’y installer.

On dépasse ainsi les différences, on n’oppose plus les choses et les individus les uns aux autres, on ne s’oppose plus à son vis-à-vis, on contemple les cheminements qui font se recouper les idées différentes, on aperçoit l’admirable agencement des vocations, imbriquées les unes dans les autres et travaillant toutes pour une même vocation plus haute : le salut.

 

 

 

 

 

SUPPLÉMENT D’ÂME ET SUPPLÉMENT DE POÉSIE

 

 

Il ne faut pas détruire les machines, le mal n’est pas en elles. Les machines nous ont donné une puissance inouïe, ont prolongé notre corps de muscles géants et de sens multiples, mais l’âme qui gouverne et dirige et fait monter est restée toute petite à la mesure d’un corps humblement suant. Il faut au nouveau corps une âme à sa mesure, une âme qui soit capable de le dominer et non plus noyée dans les remous de la vie moderne. Gardienne de ce grand corps, elle l’empêchera peut-être de suivre son naturel appétit de puissance.

À l’intelligence aussi et à la raison dont le jeu s’est perfectionné et assoupli, à l’esprit qui prend conscience de son domaine propre, il faut une âme accrue pour qu’ils ne s’installent dans une organisation figée qui les séparerait de la vie ; à l’homme moderne il faut plus de soif pour retrouver un mystère dont il s’est détaché, plus de grâce pour vaincre un poids de matière plus grand. Il faut un jeu plus libre de l’âme vivante, une plus forte activité ascendante, un supplément de poésie. La vie moderne ne sera possible que suivant la poésie, qui nous fera retrouver la voix parfaite.

 

 

 

 

 

NÉCESSITÉ DU MYSTÈRE RÉMANENT

 

 

Tous les chanteurs ne sont pas capables de poursuivre dans les hautes régions leur soif de mystère et ceux-là mêmes qui parviennent à s’y élever ne peuvent constamment y garder le ton du mystique ou du poète inspiré. Il est ainsi nécessaire que chacun trouve près de lui, dans ses plus humbles activités, un peu d’ombre et de mystère pour étancher sa soif de découverte, pour que l’âme sauvage puisse s’y réfugier, il lui plaît d’être seule en face de celui qu’elle aime. Et si, d’une part, à voir les choses pour l’ensemble de la communauté, l’homme doit chercher le mystère en frange de l’humain de façon à constamment rester en contact avec la source vivante, d’autre part il doit laisser subsister dans tout ce qui passe en lui suffisamment de mystère rémanent.

À ce mystère rémanent nous trouverons le goût et le parfum du mystère dont il sort et le rafraîchissement même pour ceux, et dont nous sommes presque tous, qui n’ont pas la force d’aller le recueillir à son point de jaillissement.

 

 

 

 

 

L’HUMANISME DE LA VIE NOUVELLE

 

 

Chercher l’ombre rafraîchissante, en ménager l’asile, n’est pas cultiver l’ignorance et fuir les lumières, mais accorder simplement sa juste part d’incertitude à la connaissance rationnelle, y réserver un domaine pour la découverte, pour le chant, pour la poésie, pour tout ce que l’on croit et que l’on aime d’instinct, pour la connaissance inventée.

L’invention de la connaissance est un acte poétique où se mêle plus ou moins d’analyse, de logique, de raison, il faut cependant lui accorder la même valeur humaine qu’à la connaissance apprise. L’une et l’autre se complètent, celle-là poussant ses antennes dans le mystère où celle-ci ne pénètre pas encore. Toutes deux développant autour de l’homme une zone de rayonnement qui étend sans cesse l’humain dans le mystère du monde. Élargir l’humain est la mission de la vie nouvelle et son aspect d’humanisme.

Un humanisme, car le monde a été créé pour l’homme et pour qu’il puisse y faire son salut, car l’homme gagne le plus haut ciel en accomplissant sa tâche terrestre, car il répond à l’appel d’en haut en suivant sa vocation et la vocation tend à l’ordre, à l’harmonie ; à l’épanouissement total de l’être trinitaire esprit, raison et corps. L’humanisme est aussi un ordre du monde où l’homme a la principale responsabilité devant son Créateur, un ordre dans lequel tous les individus et toutes les choses sont liés entre eux par un jeu de vocations individuelles et collectives. L’homme utilise les êtres et les choses suivant leur vocation, cherchant à la dégager, à la préciser, à libérer son action de tout ce qui pourrait la paralyser ou la détourner. Il faut s’efforcer de rentrer dans cette vaste intelligence du monde, d’embrasser cette organisation des vocations réciproques ; on ne le peut que dans cette activité ascendante où la raison, l’esprit et les sens fondent une même vision sereine de l’univers. De ce point radieux on apercevra peut-être la vocation des choses qui paraissent le moins en avoir : les machines. Sans vocation elles poussent leurs bras dévorants en tous sens et happent même celui qui croyait les conduire, en vérité le démon les possède. Exorcisons les machines ! Sanctifions leur force, trouvons-leur une vocation et cette vocation trouvée, suivons-la fermement ! Il n’est peut-être pas de la vocation des machines de tuer et d’asservir, d’exalter notre appétit de jouissance ou de domination, il n’est peut-être pas de leur vocation de produire tant et tout, qu’il faille se gorger et se créer des besoins artificiels pour consommer coûte que coûte. À l’homme de découvrir cette vocation, qui dans la vie nouvelle doit trouver son jeu normal et sain.

 

 

 

 

 

PRINCIPES POUR LA VIE NOUVELLE

 

 

1. Jamais « trop humain ».

Le chanteur ne veut pas établir sa royauté dans l’humain pour y devenir dieu. Il humanise le divin.

 

2. Transfuser le mystère divin dans les pays de l’homme : le seul acte de connaissance enrichissant ; la seule invention de connaissance, l’acte de poésie.

 

3. Secrète analogie entre l’acte de poésie et l’œuvre d’incarnation, l’une et l’autre « prise de chair ».

 

4. Celui qui cherche à étancher sa soif dans les ruisseaux communs doit pouvoir y trouver de l’eau fraîche. Le mystère rémanent est cela qui circule entre les choses et les créatures et leur permet de conserver la vie, aussi faut-il le ménager et s’en désaltérer avec mesure.

Mais si l’on veut boire au delà de toute soif humaine, s’enivrer sans fin, alors il faut tendre ses lèvres à l’inépuisable source du mystère. Inépuisable source et soif inapaisée.

 

5. Vivre suivant la poésie. Découvrir ainsi chaque jour notre univers, faire de cette découverte une source de joie. Se construire un monde qui soit bien le sien et non plus un monde livresque. Apprendre à connaître les autres suivant la poésie et saisir alors des nuances qui, méconnues, créent des abîmes entre les âmes ; agir de même avec les choses dont certaines nous portent de si violentes inimitiés.

 

6. Qui veut élargir le domaine humain (ce domaine construit en tout sens par une logique sclérosée), qui veut pénétrer dans le mystère, y découvre un nouveau qui s’accommode mal de l’ancien, une vérité qui ne s’adapte pas aux vérités admises et ne s’explique par aucune loi connue, il en est ainsi pour la nature de certaines émotions poétiques et aussi pour la physique nucléaire, par exemple.

Peut-être une métalogique à découvrir et à fonder.

 

7. L’âme vivante veut monter. L’activité ascendante la libère par la grâce et la soif du poids qui l’entraîne vers le bas sans fin dans les ramifications de la matière.

 

8. L’activité ascendante nous permet de nous voir dans le monde à la juste place que nous devons y occuper, au milieu d’actions apparemment contradictoires et qui ne sont que les couples d’un grand équilibre. Dans cette mesure l’activité ascendante est pour celui qui s’y livre une source de paix, de sérénité et d’équilibre intérieur. S’il y a l’équilibre de la pierre qui repose sur le sol où elle se recouvre de lierre et de mousse, il y a aussi l’équilibre de la pierre sur sa trajectoire de jet, il y a l’équilibre de l’homme qui suit sa vocation.

 

9. Une vocation d’homme moderne : exorciser les machines.

Une vocation de poète : leur donner un mystère, un halo qui émousse les angles coupants.

 

 

 

 

 

PLACE DU POÈTE DANS LA CITÉ MODERNE

 

 

Non plus aux fruits rares et savoureux, mais aux racines ! Non plus fleur d’une civilisation ou succulence d’une époque, non plus éclosion éphémère mais source permanente de sève et de circulation, refuge de la vie de l’arbre dans l’hiver, quels hivers parfois où l’arbre semble mort ! La poésie donne à la cité sa vie spirituelle ; elle opère la transmutation d’argile épaisse en sang d’arbre, d’elle dépend la vigueur de la maîtresse branche, la montée de la cime, la fraîcheur et la douceur clémente des feuillages, d’elle dépend la dureté de l’écorce et le port de la plante et sa résistance aux verts les plus soudains. Installons la poésie aux racines, que ses radicelles se nouent dans le sol natal, y puisent une force épique. Que le poète officie pour la cité, non comme un poète lauréat, mais sous la tunique anonyme, seul compte le chant et non celui qui le prépare. Que les poètes soient graves, qu’ils soient purs, qu’ils soient humbles, qu’ils portent leur génie comme une vocation très lourde.

Qu’ils s’oublient pour la cité. Car cette cité peut être immense, contenir toutes communautés humaines et demander aux poètes de l’aider dans sa tâche majeure : la rédemption et le salut.

 

 

 

Jean BÉNAC, oflag VIA, juillet 1942.

 

Publié dans Cahier des prisonniers, « Les Cahiers du Rhône »,

Éditions de La Baconnière, Pâques 1943.

 

 

 

 

 

 

 

 

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