L’immortalité

 

 

Le bengali captif, en recouvrant les airs,

Jette aux échos joyeux son chant de délivrance ;

Mon épagneul chéri, qu’atterre la souffrance,

Lèche mes mains, dardant ses yeux mornes et clairs.

 

Et bientôt, quand la mort dans ses flancs et ses nerfs

Vient signaler sa glace et sa sombre présence,

À mes pieds, sous mon lit, comme mû d’espérance,

C’est là qu’il veut mourir et reposer ses chairs.

 

Et moi, mortel élu qu’un feu céleste anime,

J’irais, ô mes amis, d’un cœur moins magnanime,

Quand sonnera pour nous l’inéluctable adieu,

 

Sectateur du Néant, m’asservir à. la tombe,

Voir dans mon être auguste un squelette qui tombe,

Et refuser au Christ de connaître mon Dieu ?

 

 

Adolphe de BERGH.

 

Paru dans L’Année des poètes en 1896.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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