Cantique de la Vierge Marie

 

(FRAGMENT)

 

 

C’est celle dont la foy dure éternellement,

C’est celle dont la foy n’eut jamais de pareille,

C’est celle dont la foy pour notre sauvement

Creut à la voix de L’Ange et conceut par l’oreille.

 

C’est l’astre lumineux qui jamais ne s’éteint,

Où comme en un miroir tout le ciel se contemple ;

Le luisant tabernacle et le lieu pur et sainct

Où Dieu mesme a voulu se consacrer un temple.

 

C’est le palais royal tout remply de clarté,

Plus pur et transparent que le ciel qui l’enserre,

C’est le beau Paradis vers l’Orient planté,

Les délices du ciel et l’espoir de la terre.

 

C’est cette myrrhe et fleur et ce bausme odorant

Qui rend de sa senteur nos âmes consolées ;

C’est ce Jardin reclus suavement flairant :

C’est la Rose des champs et le Lys des vallées ;

 

C’est le rameau qui garde en tout temps sa couleur,

La branche de Jessé, la tige pure et saincte,

Qui rapporte son fruict et ne perd point sa fleur,

Qui demeure pucelle et qui se void enceinte.

 

C’est l’Aube du matin qui produit le soleil

Tout couvert de rayons et de flammes ardentes,

L’Astre des navigans, le Phare non-pareil

Qui la nuict leur esclaire au milieu des tourmentes,

 

Estoille de la mer, nostre seul reconfort,

Sauve-nous des rochers, du vent et du naufrage.

Ayde-nous de tes vœux pour nous conduire au port,

Et nous monstre ton Fils sur le bord du rivage.

 

 

 

Jean BERTAUT.

 

 

 

 

 

 

 

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