Les Brancovan

 

 

Brancovan ! ce grand nom, mère, à nos yeux retrace

La gloire du Roumain, le sang des Osmanlis,

Les Bassarab dans leur triomphe ensevelis,

Jusqu’à ce que Mahmoud sur l’autre bord repasse ;

 

Vingt mille serfs tremblants alors que Mathieu passe,

Cent mille paysans sur la glèbe pâlis,

Dont ses palais étaient aux grands jours assaillis,

Pour qui fut toujours prête et l’aumône et la grâce.

 

Eh bien ! tant de grandeur qui se résume en toi,

Mère, est mort à jamais. Du Temps la dure Loi

A fait de ces héros de la poussière humaine.

 

Il ne laisse survivre, et pour l’Éternité,

Que ce qui vient de Dieu, ce qui fut son Domaine,

Ce qu’aujourd’hui je lis dans tes yeux : la bonté.

 

 

 

Prince Alexandre BIBESCO, Sonnets intimes.

 

Repris dans L’Année des poètes en 1895.

 

 

 

 

 

 

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