Nous ne sommes qu’un vase...

 

 

 

Nous ne sommes qu’un vase qui contient l’eau des sources, l’eau des ruisseaux et des rivières, l’eau de l’estuaire avant de contenir l’eau germinale de la mer,

un vase où stagne un court instant le sang du monde avant d’être rendu à son pouls primordial.

 

Conserver : ne pas s’approprier.

Garder : ne pas saisir.

Recueillir : ne pas cueillir.

Ne pas encercler dans notre regard ce qui veut s’échapper, ne pas clore ce qui veut s’agrandir.

Ne pas construire

une ombre autour du fruit,

un mur autour de l’Homme,

l’enfer autour du ciel.

 

Engranger n’est pas faire œuvre d’homme.

D’ailleurs le pourrait-on ?

Les mots mêmes ne nous sont que prêtés :

qui pourrait se targuer d’avoir la vraie parole ?

 

Garder n’est pas le bon chemin :

n’est beau de pure beauté – haute et risquée – que l’offrande de notre voix aux paroles de la vie.

C’est là, dans cet oubli, que le chant s’élève,

le chant des Hommes,

le chant de notre Humanité.

 

 

 

Françoise BOCQUENTIN,

Neuf cantates pour une aurore.

 

 

 

 

 

 

 

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