Le Saint-Graal

 

 

                                          Prélude de Lohengrin

 

 

À travers l’Éther pur, la blanche théorie

Des séraphins, descend sur l'esquif argenté

Des nuages, portant – mystique allégorie –

Le sang du Christ, gardé dans un vase enchanté.

 

Ils planent dans le ciel, – musique aérienne, –

Mélodique concert des ailes de saphir.

Symphonie égalant la harpe éolienne

Dans un rythme plus doux que celui du Zéphyr.

 

L'un porte dans ses mains, aux blancheurs cygnéales,

Le Saint-Graal béni, – symbole des vertus, –

Et, dans un appel clair comme un coup de cymbales,

Vient le poser aux pieds des chevaliers d’Artus,

 

Les trente chevaliers, devant cette relique

Se prosternent, pieux, le cœur reconnaissant,

Remerciant Jésus, et chantent un cantique

Qui vibre dans l'azur, fier et retentissant.

 

Alors, très lentement, remontent dans l’espace,

Célestes messagers, les anges du Graal,

Planant toujours plus haut, plus haut, puis tout s’efface

Aux yeux de Lohengrin, le fils de Parsifal.

 

 

 

Émile BOISSIER.

 

Extrait de Dame Mélancolie, 1893.

 

 

 

 

 

 

 

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