Liberté

 

 

La vie s’éveille, la nature écarte ses volets.

La nuit retourne à son antre ;

tout est lumière et parfum.

L’aube a traversé l’azur de splendeurs magnifiques.

Dans la brise qui déferle mollement,

un bruit s’élève, un chant s’anime...

Pareil au zéphir quand le frimas s’envole.

La source lointaine module son murmure.

Du passage encore somnolent, des cris nous émeuvent.

Et, du ciel, tombe en cascade, la modulation des grives.

Bientôt, les cloches joyeuses vont prier des hymnes.

C’est l’heure du miracle,

c’est le baiser du soleil, une chaste étreinte de lumière :

Dieu redonne à la terre une soudaine liberté.

 

Un rayon d’amour enivre tous les hommes.

La paix vient de naître au sein du mystère.

Il ne subsiste que des voix de prières,

une mélodie des cieux...

L’horizon se dégage du spectre de la gloire.

Dans l’aurore virginal, l’âme se précipite.

Tout parle d’ascension dans un discret langage.

On dirait que le monde et toutes ses voluptés s’effondre,

là-bas d’où l’astre d’or bondit hors son grabat de feu...

 

L’heureux campanile a jeté sa berceuse :

rumeur sainte qui inspire le devoir et la foi ;

harmonie de rêve, noble et douce comme un soupir !

Voix changeante qui rajeunit les cœurs ;

qui prêche aux humains la vie qui s’épuise,

que tout doit finir, même les maux dont ils souffrent !

La cloche qui tinte est un message de l’Éternel,

un accent qui colporte l’hommage du Créateur,

le besoin d’exalter sa puissance.

Ainsi, nous imaginons l’univers qui s’agenouille,

qui fraternise sous l’égide du Très-Haut.

Délire et amour, espoir et souffrance se métamorphosent.

Au calice du Sauveur, l’humanité s’abreuve ;

on apporte la rançon du crime,

le rachat des empires.

« Un rayon d’amour enivre tous les hommes.

« L’heure du miracle a sonné.

« Dieu redonne à la terre une soudaine liberté.

 

 

 

Eddy BOUDREAU, Vers le triomphe, 1950.

 

 

 

 

 

 

 

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