De cette cendre...

 

 

De cette cendre froide et grise

Le soir, oublieux du matin,

A fait revivre, à ma surprise,

Un feu que je croyais éteint.

 

La flamme ardente et vigoureuse

A jailli de l’obscurité ;

Elle monte en chantant et creuse

Dans l’ombre des trous de clarté.

 

Elle mime une folle danse,

Joyeuse comme un feu grégeois,

Plus belle, plus forte, plus dense,

Et plus vivante qu’autrefois.

 

Et le chaud ballet de lumière

Qu’elle fait flamber sur le mur

S’envole ainsi qu’une prière

Et va se mêler à l’azur.

 

 

 

Gaston BOURGEOIS,

Au bout du vent,

Éditions Revue moderne,

1959.

 

 

 

 

 

 

 

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