En lisant l’Évangile

 

 

Sur le morne gazon du Jardin des Olives,

Le Christ agenouillé pleure comme un enfant.

– Mon cœur d’homme coupable et baptisé se fend

À lire le récit de ces heures plaintives.

 

Mon Âme, c’est pour toi, c’est afin que tu vives,

Que ce Juste aux bourreaux livre son corps vivant

Et qu’il vient attester son Idéal, devant

Le grand festin du monde et ses cruels convives !

 

Mon Âme, c’est sur toi que ce Juste est penché

Et sur l’obscur troupeau de tes sœurs en péché,

Durant l’accablement de sa nuit d’agonie !

 

Pourtant, mon Âme, et vous, sœurs en anxiété,

Vous gémissez encor dans une ombre infinie,

Comme si tout cela n’avait jamais été !...

 

 

 

Paul BOURGET, Les Aveux.

 

 

 

 

 

 

 

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