Sur la montagne

 

 

Vous qu’assaillent les bruits irritants de la terre,

Allez sur la montagne où le pic solitaire

Se dresse sur le bleu de l’espace et répond

Aux tourmentes d’en bas par un repos profond.

Regardez tout autour et loin, dans les distances.

Que voyez-vous ? plus rien ; villes, mers, rochers, anses,

Donjons, coteaux, forêts, tout s’efface et se perd

Dans l’incommensurable infini d’un désert.

Ni pleurs, ni cris, ni chants, de la race de l’homme ;

Pas même un beuglement sourd de bête de somme ;

Ces points noirs qu’on distingue, essemés et confus,

Allez un peu plus haut, vous ne les verrez plus.

C’est dans la paix des airs, des graves altitudes,

Dans l’enveloppement divin des solitudes,

Sur la cime des blancs sommets silencieux,

Qu’il faut vivre en touchant presque du front les cieux.

 

 

Georges BOUTELLEAU.

 

Paru dans Poésies de l’Académie des muses santones en 1894.

 

 

 

 

 

 

 

biblisem.net