Vierge, l’espoir du monde

 

 

          Reine des hommes et des anges,

Vierge, l’espoir du monde et l’ornement des cieux,

Du pouvoir souverain chef-d’œuvre précieux,

          Qui pourrait dire vos louanges ?

          En vain un secret mouvement

À chanter vos grandeurs m’incite à tout moment ;

Ce zèle impétueux ressemble au téméraire.

De deux divers instincts je me sens appeler :

          Mon amour a peine à se taire

          Et mon respect n’ose parler.

 

          Dieu le voit, cet amour fidèle

Dont votre cœur tout chaste est brûlé jour et nuit ;

Il voit prendre à ce feu, que le sien a produit,

          Sans cesse une vigueur nouvelle.

          Il voit ces purs embrassements,

Que leur fécondité redouble à tous moments,

Surpasser la ferveur des hommes et des anges,

Et de vous, chaque jour, ses attributs divins

          Tirer un tribut de louanges

          Qu’il n’attend point des séraphins.

 

          Votre charitable entremise

Peut-elle être stérile auprès d’un Dieu si doux ?

À demander sa grâce et ses bontés pour nous

          Peut-elle être un soin qu’il méprise ?

          Puisque des dons qu’il vous a faits

Plusieurs ont devancé jusques à vos souhaits,

Quel effet n’auront point vos vœux et vos prières ?

Ou si même souvent les larmes des pécheurs

          Lui font adoucir nos misères,

          Que ne nous obtiendront vos pleurs ?

 

          Faites, ô céleste Marie,

Que le Maître du monde, et l’Auteur de mon sort,

En s’immolant pour moi n’ait pas perdu sa mort,

          Alors qu’Il a perdu la vie ;

          Que du beau sang qu’il tient de vous,

Qu’a donné son amour pour fléchir son courroux,

Il ait fait pour mon âme un heureux sacrifice,

Et que de son trépas le mérite infini

          Ne souffre pas qu’il me punisse

          Des forfaits dont il s’est puni.

 

 

 

Georges de BRÉBEUF.

 

 

 

 

 

 

 

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