Derniers vers

 

 

              Mon âme ne sent pas la peur,

Ne tremble point aux champs tempétueux du monde ;

              Je vois briller les feux du Ciel ;

Non moins claire, la foi m’arme contre la crainte.

 

              Ô Dieu présent en ma poitrine,

Toute-puissante, universelle Déité !

              Vie – en moi trouvant le repos,

Comme moi – éternelle Vie – en toi la force !

 

              Vaines sont les mille croyances

Qui émeuvent les cœurs ; indiciblement vaines ;

              Faibles comme herbes desséchées

Ou l’écume stérile en la mer infinie.

 

              Pour créer le doute en un être

Qui s’attache si ferme en ton infinité ;

              Si certainement ancré sur

L’inébranlable roc de l’immortalité.

 

              D’un amour embrasant le monde

Ton esprit donne vie aux années éternelles,

              Pénètre et couve l’univers,

Change, soutient, dissout, crée, et fait tout grandir.

 

              Si homme et terre n’étaient plus,

Et que soleils et mondes eussent cessé d’être,

              Et que tu fusses resté seul,

Toute existence en Toi existerait toujours.

 

              Pour la mort il n’est point de place,

Ni d’atome que son pouvoir puisse annuler ;

              Tu es – Tu es l’Être et le Souffle,

Ce que Tu es ne peut jamais être détruit.

 

 

 

Emily BRONTË.

Extrait de Anthologie de la poésie anglaise.

Traduction de Louis Cazamian.

 

Recueilli dans Textes mystiques d’Orient et d’Occident,

choisis et présentés par Solange Lemaitre,

Plon, 1955.

 

 

 

 

 

 

 

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