Neiges

 

 

Comme les lentes litanies

Les neiges calment doucement.

Leur candide amoncellement

Couvre les choses endormies.

 

Ces travestis en feutre blanc,

De silhouettes qu’on oublie,

Font des innocentes qui prient

Mains jointes sur leur cœur tremblant.

 

C’est la Noël qui se rapproche,

Vois : tout revêt un beau surplis

Si pur qu’il semble être un reproche...

 

Peut-être il neige dans ton âme ?

Qu’à tout jamais ensevelis

Les vieux péchés taisent leur blâme...

 

 

 

André CAILLOUX, Fredons et couplets,

Beauchemin, 1958.

 

 

 

 

 

 

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