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Pourquoi craindrais-je la mort ?

Elle n’est pas la camarde,

Ni l’épouvante à la faulx,

Ni l’inexorable Parque,

Ni le fantôme en suaire,

Ni le maléfique spectre.

Elle est ma sœur bien-aimée,

Ma très douce fiancée,

La dame de mes pensées,

Fille du péché de l’homme

Et porteuse de douleur,

Fille de l’amour de Dieu

Et du sang libérateur.

Comment en aurais-je peur ?

Elle fond, comme un printemps,

Le lit de glace du temps.

Je coule dans l’éternel,

Aux eaux mères de la vie.

Elle ouvre, libératrice,

Dans ma nuit intérieure,

La porte de mon amour

Sur la lumière éternelle.

 

Ô mort, ô ma belle étoile,

Ô mon étoile polaire.

Dans les ténèbres du temps !

Ô mort, ô bonne tourière

Qui m’ouvres l’éternité !

 

Ô mort, ô grande aumônière

Qui donnes la vie de Dieu,

Ma sœur, la mort corporelle,

Ma sœur, la vie éternelle.

 

En pleine vie, je me meurs.

En pleine mort, j’ai la vie.

 

 

 

Joseph FOLLIET.

 

Extrait de Le Pèlerin de la nuit,

Chronique sociale de France.

 

 

 

 

 

 

 

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