Le plus doux chant

 

 

Je ne veux plus chanter plus haut que ma musette, ni plus chanter plus haut qu’à mon berceau d’osier. Je ne veux plus chanter plus fort que l’alouette et qu’au fond du matin l’angélus des clochers. Ne plus chanter plus haut que la pluie sur les feuilles...

 

Il me sied plus doux chant que murmure de feuilles, air plus fin qu’au ruisseau qui susurre en l’osier, plus lointain qu’au ciel bleu mouette ou alouette, ou tintinant et frêle, un matin de clochettes, ou que le plus doux son que cèle ma musette.

 

Mais, oh ! le chant que j’aime... Il me faut l’air câlin plus nonchalant et triste dont Marie enchanta l’ouïe au petit Christ, et que siffla si doux Joseph le menuisier qu’il fit naître à ce chant le Rêve de l’Enfant.

 

Ô les frêles sons ! le suprême chant, que répétait Jésus au ciel de Bethléem, et que les Syriennes, éveillant les cithares, murmurent dans la nuit aux ciels de leurs fontaines !

 

 

 

Paul FORT, Ballades françaises.

 

Recueilli dans : Maurice Delorme, Le Blason des Poètes,

Anthologie du Syndicat des Journalistes et Écrivains,

Éditions de la Revue moderne, 1965.

 

 

 

 

 

 

 

www.biblisem.net