Paris d’avril

 

                                                   À Paul Guth.

 

 

Notre-Dame émerge, fine,

de la pluie, grâce d’Avril.

Un voile d’azur, subtil,

la pare de soies divines.

 

Le ciel de Paris, trouvère,

s’offre au baiser printanier.

Ses sept cordes millénaires

déversent leurs flots ailés.

 

Paris de rose s’habille

et tous les cœurs, fins de rêves,

maille à maille bleue des lèvres,

avec le Baiser flirtillent...

 

Ô mon cœur, chantre innombrable

du Printemps, sous l’âme fine,

fluide de Notre-Dame,

vois les anges qui cheminent...

 

Notre-Dame émerge, fine,

de la pluie, grâce d’Avril.

Toute l’âme de la Ville

de son rêve s’imagine.

 

Notre-Dame, la bergère

de son air fleurdelisé,

sur mon âme pleut, légère,

de mon âme est irisée.

 

Un amour qui fait son nid

sur la grand’tour se recueille...

Le Printemps tendre s’effeuille

sur la place du Parvis.

 

La vie prend des couleurs dives

près la Seine en belle humeur.

Une amourette naïve

se colore de son cœur.

 

Le cœur de Paris s’affole

d’un grand verre de Printemps.

De son rêve, éperdument

les monuments barcarollent.

 

Mon rêve ailé lui ressemble...

Paris la gouaille sourit

de l’Amour qui se rassemble

sous ses ailes infinies...

 

 

Claudine LICHIZE.

 

Paru dans Art et Poésie en 1963.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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