Chants d’oiseaux

 

 

À l’horizon le soleil luit,

Vers le grand bois l’ombre s’enfuit,

        Tuit, tuit ! Tuit, tuit !

Béni soit le Seigneur qui donne

La rosée à la fleur mignonne

Et le doux mystère à la nuit !

        Tuit, tuit !

 

Volons, volons, troupe légère,

Montons bien haut, loin de la terre,

        Tralaralonlère !

Le ciel est d’un si bel azur,

Et dans les champs de l’air si pur

Flotte la brise passagère,

        Lonlère, lonlère !

 

Ô ce bonheur d’aller, chantant,

Frôler la nappe de l’étang

        D’or et d’argent !

Tourbillonner sur la prairie

Et chercher dans l’herbe fleurie

        L’oiselle amie !

 

Avec elle accrocher le nid

Au gai buisson qui reverdit,

        Tuit, tuit ! Tuit, tuit !

Et porter la grasse becquée

À la petite reine aimée

Dont l’œil de feu tendrement luit,

        Tuit, tuit !

 

Faire fête au riant matin,

Écouter le son argentin

        Tin, tin, tin,

Qui monte du clocher fidèle,

Et revenir à tire d’aile

Parmi les touffes d’asphodèle

Boire à la source qui jaillit,

        Trelit, trelit, trelit !

 

Se pencher sur la frêle mousse

Où gazouillent d’une voix douce

La jeune mère et les petits,

        Cui, cui, cui !

Et sur la branche qui balance

Se tenir prêt à la défense

De tant d’amour et d’espérance,

Dans le danger des longues nuits,

        Tuit, tuit ! Tuit, tuit !

 

Sauter, chanter, chanter encor !

Prendre toujours nouvel essor,

        Nouvelle vie !

Et puis un jour, Dieu le voulant,

Par delà le bleu firmament

Partir en un rêve charmant,

        Tout doucement...

        Et l’harmonie

        Est finie !

 

 

 

Marie SYLVIA, Vers le beau,

Institut Jeanne d’Arc, 1924.

 

 

 

 

 

 

 

 

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