La Bible

apocryphe

 

EN MARGE DE L’ANCIEN TESTAMENT

 

 

 

TEXTES CHOISIS ET TRADUITS PAR

J. BONSIRVEN

PROFESSEUR À L’INSTITUT BIBLIQUE PONTIFICAL – ROME

 

 

 

 

LIBRAIRIE ARTHÈME FAYARD

18-20, RUE DU SAINT-COTHARD, PARIS XIV

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

ILest assez étonnant de constater combien la Bible de l’Ancien Testament est pauvre en textes concernant la période qui termine l’histoire du Peuple Élu. C’est en 538 que Cyrus, le grand empereur perse, prenant en pitié les malheureux Israélites déportés par Nabuchodonosor « sur les bords des fleuves, à Babylone », les autorisa à rentrer chez eux. De ce moment jusqu’à celui de la naissance du Christ, et même jusqu’à l’écrasement de la nation juive sous le terrible brodequin romain de Titus, combien le livre saint nous donne-t-il de témoignages sur ce qu’ont vécu, souffert, pensé, espéré les fidèles de l’Unique ? Huit en tout, d’ailleurs sans lien d’ensemble, et qui, pour la plupart, racontent des évènements, rapportent des messages concernant les parties les plus anciennes de la période. Les livres d’Esdras et de Néhémie, fragments sans doute de chroniques disparues, évoquent des faits des environs de 400 ans avant notre ère. C’était aux alentours de 500 qu’avaient vécu et parlé les ultimes prophètes, Zacharie, Aggée et Malachie et, depuis lors, il n’y avait plus eu de porte-parole de Dieu : ce silence soudain de la voix prophétique était même douloureusement ressenti par les Juifs pieux, à l’époque du Christ. Seuls les deux livres des Macchabées, si passionnants, narrent le drame terrible de la lutte contre l’idolâtrie grecque aux environs du milieu du IIe siècle et le Livre de la Sagesse, plus tardif, livre un peu de la méditation d’Israël aux derniers temps.

Est-ce à dire que, durant ces six siècles, le peuple du Livre ait cessé d’écrire ? Que son activité intellectuelle, qui avait été si vive antérieurement, toute ordonnée à la connaissance et à l’exaltation de Dieu, se soit soudain arrêtée ? Nullement, et tout au contraire ! En marge de l’Écriture 1, mais extrêmement proche d’elle, lui empruntant ses bases, lui ajoutant des détails et des commentaires, une immense littérature se développa à cette époque, où d’autres rédacteurs exprimèrent leurs espérances temporelles, leurs conceptions eschatologiques, leurs aspirations morales et religieuses, et le bouillonnement aussi de leurs spéculations où la mystique véritable et l’hallucination poétique se mêlaient. Ces œuvres, par le ton, s’apparentaient à tels ou tels passages inspirés ; il y avait, à côté d’éléments bien moins valables, dans cet ensemble, des psaumes qui rappelaient ceux de David, des maximes morales que l’Ecclésiaste eût pu contenir, des apocalypses aussi, – et surtout, – qui semblaient prolonger celle du Livre de Daniel. Cette littérature paraissait s’arroger une autorité divine et rivaliser avec celle des textes inspirés. Pour se donner plus de poids, elle se plaçait sous l’autorité de grandes figures très célèbres et profondément révérées : Esdras qui avait reconstitué la Loi. Hénoch, un des plus mystérieux parmi les Patriarches, et Isaïe, et Job, et Salomon, et Moïse lui-même, voire Adam et Ève. Auteurs supposés ou prétendus acteurs, ces personnages devaient accréditer les gestes et les dires que des rédacteurs soigneusement anonymes leur prêtaient.

Où et quand cette littérature est-elle née ? De toute certitude toujours en milieux juifs, exclusivement juifs, ce qui, dès l’abord, la différencie de celle, homologuée, qui devait s’élaborer dans les communautés des premiers chrétiens 2 ; aucun de ces textes, même ceux qui se présentent comme écrits en dehors du judaïsme, qui ne révèle, à maints signes, les caractères profondément juifs de ses origines. Mais entre les années 300 avant le Christ et 100 après, où toutes ces œuvres virent le jour, le peuple juif comprenait deux parties tout à fait distinctes, entre lesquelles existaient d’abondantes relations, mais qui évoluaient de façon différente : d’une part, la communauté judaïque propre, serrée autour de la Ville Sainte, agrippée aux collines sèches de la Palestine, et, de l’autre, les groupes, beaucoup plus nombreux, de la Diaspora, c’est-à-dire les milliers et milliers d’expatriés, déportés ou émigrés, qui, dans toutes les parties du monde connu et surtout dans le Proche-Orient, demeuraient essentiellement fidèles aux doctrines bibliques et rabbiniques. Le ton n’est pas le même dans les textes issus de l’une ou de l’autre origines ; sans qu’on puisse parler d’influences étrangères, il est évident que les écrivains installés dans les colonies hellénistiques n’avaient plus sur le monde tout à fait les mêmes ouvertures que ceux qui étaient restés dans les seules perspectives de la colline de Sion et de la Torah.

À quels milieux juifs appartenaient les rédacteurs des uns et des autres, puisque aussi bien on sait 3 que la communauté israélite des derniers temps se divisait en groupements que séparaient les uns des autres tout à la fois des conceptions religieuses, des modes de vie, des intérêts économiques et politiques, des données sociales. Aucun de ces groupements cependant n’a eu le monopole de cette littérature : si tels écrits laissent percevoir les doctrines et ressentiments des Pharisiens, d’autres semblent bien les combattre ; il en est qui eurent certainement pour auteurs de simples piétistes, des âmes pures et spirituellement hautes qui, sans souci des querelles dogmatiques, voulaient seulement louer Dieu. Les Esséniens, ces sortes de moines vivant en communauté, que, ces temps-ci, la découverte des fameux manuscrits de la mer Morte a placés au premier plan de l’activité exégétique, semblent bien avoir écrit quelques-unes de ces œuvres. Il en est, à n’en pas douter, qui sont issus d’une secte, essénienne peut-être elle aussi, mais installée à Damas, qui se désignait sous le nom de « pénitents d’Israël » et qui enseignait « l’Alliance du repentir », sans qu’on puisse encore exactement dire dans quelle mesure ces sectaires de Damas ont pu se répandre et exercer de l’influence.

Il est certains aussi de ces textes, – ceux-là sont issus à n’en pas douter des colonies de la Diaspora, – qui révèlent une curieuse intention de prosélytisme. Juifs, écrits par des Juifs, ils semblent s’adresser à des païens pour les amener à mieux comprendre le Judaïsme et à y adhérer ; peut-être visaient-ils les noyaux de ces « craignant Dieu » tel qu’on en aperçoit dans l’Évangile. Le plus célèbre est le Livre dit des Oracles sibyllins ou de la Sibylle juive ; reprenant l’essentiel des textes traditionnels que les Anciens attribuaient aux Sibylles, ces femmes inspirées qui, selon Héraclite, « prononçaient d’une voix enragée des choses qui ne faisaient pas rire », les Juifs y introduisirent leurs conceptions religieuses, l’affirmation monothéiste, la glorification de « la race sacrée des hommes pieux », c’est-à-dire la leur ; chef-d’œuvre de supercherie littéraire qui n’a pu être élaboré que dans le cadre de quelque grande ville hellénistique, Alexandrie à n’en pas douter, où le génie juif, réagissant aux éléments de la pensée païenne, allait aboutir aux saisissantes réussites de Philon, puis d’Origène.

Ainsi, cette littérature, née à peu près simultanément dans tous les secteurs du judaïsme dans les trois siècles qui précédèrent le Christ et dans celui qui le suivit, traduit-elle à la fois des préoccupations communes à tout le peuple d’Israël en ce temps et des caractères spécifiques de ses différentes parties. C’est cet ensemble qu’on a coutume de désigner du terme général d’Apocryphes. Le mot, on le sait, recouvre, en gros, tous les textes qui n’ont pas été « recueillis dans le Canon des Écritures », sans qu’il faille obligatoirement y associer l’idée d’un ésotérisme plus ou moins suspect ou de courants hérétiques, ou même d’un péril quelconque qu’il y aurait à les lire : certains mêmes, nous le verrons, sont d’une rare beauté, d’une grande élévation spirituelle et d’une pureté irréprochable. D’ailleurs leur rejet du Canon ne se fit pas toujours de façon simple et immédiate, et, – comme il en est allé aussi pour divers apocryphes du Nouveau Testament, – il en est, parmi les Apocryphes de l’Ancien, qui demeurèrent quelque temps dans le Canon des Écritures ou dans ses marges les plus rapprochées. Si l’on admet, en gros, que le Canon de l’Ancien Testament, c’est-à-dire la liste des livres tenus pour fondamentaux et inspirés par Dieu, se fixa dans ses grandes lignes 4 entre 300 et 150 avant notre ère, – ce que les récentes découvertes des abords de la Mer Morte confirment, – bien des textes, élaborés exactement à ce moment, ont pu prétendre au titre glorieux d’inspirés. On sait que le Canon biblique des Catholiques, fixé en 1545 au Concile de Trente, comprend quarante-cinq livres, alors que le Canon Juif (suivi par les protestants) n’en admet que trente-neuf, rejetant précisément plusieurs livres de cette époque, proches par le ton de ceux qui nous intéressent, la Sagesse, Baruch, le II° livre des Macchabées 5. Dans les premiers temps du Christianisme, un certain nombre des « apocryphes » actuels étaient admis dans le Canon : par exemple, les plus anciens manuscrits grecs de la traduction des Septante et même quelques manuscrits latins incluent le Troisième Livre d’Esdras, et la Bible éthiopienne, de nos jours encore, contient le Livre d’Hénoch ; l’édition clémentine de la Vulgate, la célèbre traduction latine de saint Jérôme, place après les livres canoniques la Prière de Manassé et le IIIe livre d’Esdras, en caractères plus petits il est vrai, pour bien marquer qu’il ne faut pas leur accorder exactement la même importance. La liturgie mozarabe contient maintes citations de ces apocryphes qui, nous allons le voir, ne sont pas absents non plus de la romaine....

Pourquoi ces textes furent-ils écartés du Canon ? Il est assez difficile de répondre à cette question. Peut-être faut-il invoquer des rivalités de sectes, des disputes de théologiens sur des points que nous avons peine à identifier. Le Rabbi Aqiba, célèbre Docteur de la Loi, refusait « toute part au siècle à venir » à quiconque lirait les « textes suspects ». Le Talmud explique peut-être une partie des raisons de la condamnation quand il s’écrie : « Il vaudrait mieux n’être jamais né plutôt que de chercher à connaître quatre choses, ce qui est en haut, ce qui est en bas, ce qui fut avant et ce qui fut après » ; autrement dit ce serait leur ésotérisme, leurs prétentions à dévoiler les secrets ultimes, qui les aurait fait condamner, mais on n’est pas absolument sûr que les textes visés soient nos apocryphes. Selon quels critères l’Église chrétienne les a-t-elle à son tour rejetés, alors qu’elle admettait dans son Canon des textes que les Rabbis juifs avaient rejetés ? Cela demeure assez obscur.

Quoi qu’il en soit, écartés ainsi de la transmission normale des Écritures et du grand courant qui, par les Septante et la Vulgate, a porté jusqu’à nous les livres saints, ces apocryphes ont été conservés presque par hasard et, en tout cas, par hasard retrouvés. Il en est, comme ceux d’Hénoch, que nous ne connaissons que par les versions éthiopiennes ; d’autres n’existent qu’en slavon, ou en grec. Il est plus que probable qu’il a dû en exister d’autres, que nous ignorons encore : les bibliothèques du mont Athos en ont livré quelques-uns, mais combien d’autres réserves en Orient existent-elles qui n’ont point été explorées ? Les Manuscrits de la Mer Morte contiennent plusieurs de ceux que nous connaissons déjà, par exemple, le Livre des Jubilés, certains écrits de la Secte de Damas, notamment un étonnant Commentaire d’Habacuc, et aussi d’autres que nous ignorions. Ils révéleront assurément encore bien d’autres apocryphes, à mesure que leur édition se poursuivra. Cet immense et confus ensemble n’a peut-être pas livré encore tous ses secrets, mais ce que nous en possédons est déjà important à maints points de vue et mérite qu’on lui prête attention.

 

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On ne peut comprendre ces textes ni déterminer les intentions de ceux qui les ont écrits si l’on ne les replace pas dans le cadre historique où ils ont vu le jour, dans cette extraordinaire période, la moins connue de sa destinée, où le petit peuple juif, à peine sorti de la plus terrible des épreuves, ramassé sur soi, crispé dans son isolement farouche, a résisté opiniâtrement à la pression des grands empires successifs qui ont tour à tour fait peser sur lui une protection fort semblable à une tyrannie, et qui tous ont plus ou moins cherché, par la douceur insinuante ou la violence, à porter atteinte à ses fidélités.

Aux environs des années 300 avant notre ère, le peuple d’Israël était, depuis deux siècles, revenu à la vie dans cette terre sainte que le Seigneur, depuis tout temps, avait assigné à son destin. Néhémie avait pu rendre à Jérusalem un peu de sa grandeur ancienne ; Esdras avait relevé le bâtiment spirituel de la Loi ; et le Temple même du Très-Haut avait été reconstruit. Mais toute cette résurrection, monument d’espérance et de courage, avait un côté de fragilité. De même que le Temple n’était pas ce qu’il avait été jadis, bien pauvre désormais à côté de celui de Salomon et où le Saint des Saints était cruellement vide de l’Arche détruite, de même la communauté juive, qui ne pouvait plus se dire légitimement un État, n’apparaissait que comme le reflet dérisoire de la grandeur du royaume salomonien. Pour parler franc, elle n’était qu’une petite, très petite partie, de l’un ou de l’autre de ces grands empires qui, durant des siècles, allaient se disputer la domination du Monde. Jusqu’en 336, elle avait relevé des satrapes du Roi des Rois. L’Empire perse s’étant écroulé sous les coups foudroyants de l’épée d’Alexandre, c’était dans l’héritage du jeune génie qu’elle allait devoir accomplir son destin historique, lorsqu’en 306, dix-sept ans après la mort du grand conquérant, son œuvre se fut disloquée pour toujours.

Ce fut donc pendant l’histoire complexe de la décomposition de l’Empire d’Alexandrie que les Juifs pieux de la Palestine et de la Diaspora écrivirent ces textes, c’est-à-dire dans un monde qui, à tout instant, semblait s’effondrer sous leur poids, un monde dont les violences se répercutaient aussi en conséquences affreuses sur leur misérable petit troupeau. Il faut ajouter aussi que ce monde était, par bien des côtés, séduisant autant qu’il était cruel, et tentateur autant que menaçant ; extrême réussite d’une forme de civilisation en pleine décadence, l’univers hellénistique ne faisait pas que menacer le petit monde juif de sévices et de carnages ; il mettait aussi en péril son âme par les mille prestiges que pouvait exercer sur des âmes austères une société jouisseuse, où la religion même participait à la dépravation.

Ce sont ces deux données psychologiques qui se retrouvent à la racine de bien de nos apocryphes : l’épreuve douloureuse imposée par l’évènement s’y reflète, mais aussi l’angoisse spirituelle de l’âme qui se sent menacée par le pire ennemi. Au temps où les héritiers de Ptolémée Lagos exerçaient sur la Palestine un protectorat relativement doux, les Juifs n’avaient encore qu’à résister à leurs emprises de syncrétisme, que les Grecs d’Égypte ne cherchaient que mollement à imposer. Mais quand, vaincus à Panian en 200 par les Séleucides, les Lagides se retirèrent, la lutte antipaïenne dut revêtir des caractères de violence extrême, car il fallut vraiment sauver l’essentiel. Le pillage du Temple par Héliodore, vers 170, ne fut encore qu’un incident, auquel l’intervention des Anges du Seigneur donna une conclusion heureuse. Le règne d’Antiochus IV, un demi-fou, fit entrer la communauté juive de nouveau dans l’ère des grands malheurs. Il faut se représenter ce que devaient signifier pour une âme pieuse la souillure de la Ville Sainte par la présence de la forteresse grecque, l’Akra, l’ignoble profanation du lieu saint où s’érigeait « l’abomination de la désolation », l’idole du Zeus olympien, l’interdiction de lire la Torah, de circoncire les nouveau-nés, de célébrer le Sabbat, pour sentir quelle fureur devait s’accumuler contre le païen. La révolte, sporadique d’abord, de quelques héros qui allèrent jusqu’au martyre, bientôt généralisée en insurrection nationale, fut à la fois l’ultime image de gloire des fastes d’Israël et aussi une des pages les plus douloureuses de son histoire. Cette guerre de guérillas qu’on nomme « des Macchabées » mit à feu et à sang la Terre Sainte et y multiplia la douleur.

L’ennemi enfin vaincu, la communauté retrouvait presque, – ou du moins elle pouvait le croire, – sa liberté de jadis, la paix allait-elle revenir, et les âmes fidèles pourraient-elles sans risques pratiquer leur religion ? Non. Une sorte de fatalité pesait sur ce peuple, qui avait déjà tant souffert, une fatalité qui le condamnait à de nouvelles souffrances. Les descendants des Macchabées libérateurs eux-mêmes, les Asmonéens, se révélaient incapables de maintenir les fidélités. Ils devenaient des souverains orientaux, comme les autres, et leurs mœurs s’apparentaient étrangement à celles du beau monde hellénistique. Même Jean Hyrcan (134-104) qui se flattait d’égaler Salomon en courage et en foi ne volait-il pas l’argent sacré du tombeau de David et ne combattait-il pas les plus pieux des Juifs ? Avec ses descendants immédiats, la situation fut pire encore. La fidélité au Vrai Dieu devint pour ces despotes un crime : les six cents croix dressées par Alexandre Jannée pour réprimer la révolte de ceux qu’indignait sa conduite, la réaction favorable aux Pharisiens d’Alexandra Salomé, les guerres fratricides entre ses fils, tous les épisodes de cette sombre histoire semblaient n’avoir de but ultime que d’imposer au Peuple de Dieu des souffrances nouvelles, des souffrances encore, et l’angoisse permanente de deviner ces souffrances elles-mêmes justifiées par une universelle trahison.

La domination romaine, en dépit de la paix extérieure qu’elle devait assurer, n’apporta point à la communauté juive la paix de l’âme. Que ce fussent par ces créatures, les Hérodes, ou par ses fonctionnaires, Rome fit peser sur la Terre Sainte cette lourde oppression aux apparences légales que d’autres temps et d’autres lieux ont bien connue sous le nom d’occupation. Bafouée, humiliée, menacée secrètement par d’obscures propagandes et des tentations dont les pouvoirs difficiles se faisaient complices, l’âme juive supportait de plus en plus mal cette situation. Mais cette fermentation était vaine : contre le Colosse qui alors dominait le monde de l’Euphrate à la Manche, que pouvait faire cette poignée d’hommes ? La suprême folie fut de croire qu’une rébellion serait possible : Titus se chargea de ramener les Juifs à plus de modestie en consacrant (70 de notre ère) la ruine de Jérusalem et de ses espérances vaines. Soixante-cinq ans plus tard, un dernier sursaut, plus fou encore que le précédent, allait aboutir à l’écrasement définitif du peuple de la Promesse et à sa dispersion de par le monde.

C’est cette histoire de quatre siècles qu’il faut avoir présente à l’esprit pour comprendre vraiment ces Apocryphes qui en furent les contemporains et qui, par bien des points, en reflètent immédiatement les évènements. Dans la mesure où l’on peut les dater avec précision, ce qui n’est pas toujours le cas, c’est ordinairement parce qu’ils font allusion à tels ou tels des faits de l’histoire qui avaient spécialement frappé leurs rédacteurs. Dans les livres d’Hénoch, les allusions aux tyrannies d’Alexandre Jannée et d’Hérode le Grand sont nombreuses dans la section dite des Paraboles, par contre dans l’Apocalypse des Semaines, c’est Antiochus Épiphane qui est visé. Dans la Sibylle, « la femme qui tiendra dans ses mains les rênes de l’univers » semble bien être Cléopâtre. Par contre, le IVe Livre d’Esdras traduit évidemment la douleur, d’ailleurs touchante, d’un Juif que la destruction de Jérusalem par Titus a plongé dans la désolation.

Éclos donc dans une atmosphère d’angoisse presque continuelle, à la fois physique et spirituelle, ces textes la reflètent de toute façon. « Il est difficile, dit le P. Frey, de se faire une idée de la fermentation qui agitait les esprits en Palestine pendant les deux siècles qui précédèrent la venue de Notre-Seigneur. » Tout ce que possédait, en vérité, ce petit peuple, était de l’ordre de l’esprit : la fidélité et l’espérance ; pour le reste, il n’avait plus rien, ni puissance, ni fortune, ni liberté. Alors, légitimement, il s’attachait passionnément à ce qu’il avait encore, et c’était ce trésor spirituel qu’il s’acharnait à caresser, à dénombrer, à faire fructifier. Les apocryphes sont nés de cette intention.

C’est pourquoi on y trouve trois tendances fondamentales. L’une (peu représentée), que les Juifs appelaient Halachique, était de commenter éperdument la Loi. C’était là une intention que les Pharisiens et Docteurs n’étaient pas seuls à posséder. Cette Loi que le Seigneur avait donnée à son peuple, elle était la « haie » qui le protégeait, sa cuirasse et son bouclier. Quoi de plus nécessaire donc que d’en étudier tous les moindres aspects, d’en analyser les préceptes, d’en préciser l’application ?

Mais, Israël le savait bien et depuis toujours, les malheurs que l’évènement lui apportait étaient la conséquence inéluctable de ses propres fautes, un châtiment. Plus le châtiment était pesant, plus il fallait travailler à s’améliorer soi-même, à faire effort sur soi. C’est pourquoi ces textes en grand nombre révèlent une intention profondément morale, – celle que les Juifs appelaient Hagadique, – et qui s’exprime en divers morceaux dont plusieurs sont d’une rare élévation, par exemple les Testaments des douze Patriarches.

Mais plus encore que par l’esprit juridique et la morale, c’était par l’Apocalyptique que l’âme du Peuple fidèle réagissait à l’évènement qui le faisait souffrir. Le mécanisme psychologique qui est à l’origine de ce genre se comprend bien : on l’observe déjà dans les textes du prophète Daniel. Comprimé par les terribles exigences d’un monde intolérable, l’esprit s’évade ; par delà cet immédiat présent, c’est le futur qu’il veut voir, celui où Israël retrouvera sa gloire et sa puissance ; par delà la réalité qui le blesse, c’est dans le surnaturel, l’ineffable qu’il se situe, là où il est possible à l’âme humaine de concevoir un univers où la justice régnera ; par delà cette existence de cendre et de souffrance, c’est la réalité suprême des fins dernières qu’il veut déceler ; c’est dans ce triple sens qu’il faut entendre le terme d’apocalypseapocalyptein en grec signifiant découvrir, ôter le voile, c’est-à-dire révéler quelque chose de secret. L’Apocalyptique donc joua un rôle considérable dans la pensée juive de toute cette époque ; on peut même dire qu’il y a peu des textes qui nous intéressent ici qui échappent à sa prise. Selon la remarque du P. Lagrange, l’Apocalyptique succéda au Prophétisme, et le relaya au moment où les grandes voix inspirées se turent. Avec cette différence essentielle que le Prophétisme s’appuyait solidement sur le réel et le présent, parce qu’alors l’âme d’Israël pouvait considérer son espérance comme réalisable, tandis que l’Apocalyptique refuse le réel, devenu odieux, insoutenable, ce qui la livre plus ou moins aux tentations de l’imagination pure, de la rêverie morbide, quand ce n’est pas d’une espérance singulièrement terre à terre. « Seigneur, disent les Apocalyptiques à Dieu, – selon le P. Frey, – tu nous as donné la Torah et nous l’avons gardée : que nous donneras-tu en retour ? » Pour dégager le genre de ce double aspect de délire verbal et de mercantilisme, il ne faudra rien de moins que l’intervention de Dieu lui-même par la voix inspirée d’un de ses apôtres : et ce sera l’Apocalypse de saint Jean.

 

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Tels qu’ils sont, selon les trois registres que nous venons d’indiquer, ces apocryphes de l’Ancien Testament sont, pris globalement, supérieurs à ceux du Nouveau Testament. Tandis qu’il y a un abîme entre un évangile apocryphe, – même le meilleur, le Protévangile de Jacques par exemple, – et n’importe lequel des quatre Évangiles canoniques, il y a au contraire une proximité extraordinaire entre tel Psaume de Salomon qui est apocryphe et tel Psaume de notre Psautier. On ne trouve guère dans ces apocryphes-là ce ton de commérage bavard qui caractérise les divers Évangiles de l’Enfance, et que Renan comparait justement à un bavardage de nourrices. Par contre, on y trouve autre chose : une sorte de fièvre spéculative mêlée à un élan mystique incontrôlé qui aboutit à la fois à la gratuité absolue et au délire. On est là dans un courant qui viendra déboucher dans l’immense marécage, aux fourrés impénétrables, de la Kabbale. Devant certains débordements d’images et de symboles, de péripéties supranaturelles et d’apparitions, on est tenté de se demander si cette fantasmagorie avait vraiment un sens non pas seulement en soi, mais pour l’auteur lui-même.

Objectivement ces textes nous apportent peu. Ils ajoutent quelques détails à la Bible. Certains importants : par exemple, c’est l’un d’eux, l’Ascension d’Isaïe, qui nous a raconté la fin du prophète Isaïe, lequel aurait été, sur l’ordre de Manassé, scié en deux, sans que, dans son supplice, il laissât échapper un seul cri. Mais dans bien d’autres cas, les détails ajoutés ne présentent qu’un intérêt très limité. Même quand il s’agit, ce qui ne manque pas de pittoresque, de la scabreuse aventure de Joseph avec la femme de Putiphar. En marge de notre connaissance du texte saint, on sait que c’est aussi à l’un de ces Apocryphes, la lettre d’Aristée, que nous devons l’explication du fait que la traduction grecque de l’Ancien Testament est dit « des Septante » : parce que, à ce que raconte l’auteur, – un Juif alexandrin certainement, – elle aurait été faite sur l’ordre d’un souverain d’Égypte en soixante-dix jours par soixante-dix (ou soixante-douze) sages.

On n’attachera pas non plus une grande importance aux prétendues connaissances « scientifiques » qui se révèlent, ou, pour mieux dire, s’étalent dans ces textes. Il est évidemment intéressant de constater que des esprits de cette époque se passionnaient pour la Cosmogonie, l’Astronomie, la Cosmologie, mais les résultats tangibles de ces recherches sont dérisoires. À l’époque où déjà Ératosthène avait fondé la géographie scientifique, où Hipparque découvrait la précession des équinoxes (146 avant Jésus-Christ) et mesurait presque exactement la distance de la terre à la lune, les divagations des livres d’Hénoch font sourire. Un seul fait est à retenir : le rédacteur de l’Apocryphe est partisan de l’année solaire de 364 jours, et critique l’année lunaire, assurant même que l’abandon de la première pour la seconde a été dû à des influences païennes et a mérité le châtiment de Dieu.

Plus intéressant est, dans plusieurs de ces textes, notamment dans l’Apocalypse des Semaines et le Livre des Jubilés, un essai de philosophie de l’histoire, qui n’est pas sans faire penser à Héraclite, aux stoïciens, et même à Dante et à Nietzsche. Dans cette perspective, les évènements de l’histoire se déroulent selon une loi cyclique, par grandes périodes enchaînées strictement l’une à l’autre, d’après un plan que Dieu a fixé et qui s’accomplit inéluctablement. On y perçoit même l’idée, – ici encore Héraclite et les Stoïques s’imposent au souvenir, – du perpétuel recommencement, la fin devant être un nouveau point de départ, une analogie essentielle existant entre l’origine du monde et son achèvement, le temps du Messie, nouvel Adam, coïncidant à celui d’Adam. On peut souligner qu’ici encore apparaît ce refus du présent réel qui est à la base de l’Apocalyptique : entre un passé et un avenir également lumineux, le présent apparaît singulièrement fade et déplorable, mais il est essentiellement transitoire et l’avenir lui donnera un démenti.

Sur le plan purement littéraire, ces textes sont loin d’être dénués de valeur et dépourvus d’intérêt. De ce point de vue aussi ils paraissaient supérieurs à leurs homologues du Nouveau Testament, où il faut avouer que la platitude est trop souvent de règle. À l’exception de quelques épisodes, – tels la Descente aux enfers du Christ mort, – les Évangiles apocryphes n’atteignent jamais au niveau de la haute expression littéraire. Les Apocryphes de l’Ancien Testament en sont infiniment plus proches et même en quelques points ils la rejoignent. Tels morceaux sur la chute des Anges ou sur le châtiment des étoiles sont loin d’être indifférents. Trop souvent l’inspiration, certes, paraît courte et livresque : le développement, comme chez les mauvais poètes, part d’une idée abstraite et l’image suit avec plus ou moins de bonheur. Mais il advient ainsi que l’expression heureuse fuse et s’impose à l’esprit ; on n’oublie pas « la Tête des Jours », « l’Ange de la Présence » et, utilisée à maintes reprises avant l’Évangile, la saisissante formule du « Fils de l’homme » pour désigner le futur sauveur. Plus encore que les Apocryphes du Nouveau Testament, ceux-ci font penser à certains grands poètes, dont les rêveries s’apparentent avec les leurs, dont la symbolique est souvent voisine de la leur, qui, eux aussi, ont voulu sortir de leur temps et arracher un peu le voile qui couvre les secrets ultimes, un Dante, un Milton, un Rimbaud, un William Blake, ce dernier entretenant même avec eux une sorte de mystérieuse familiarité.

Pourtant, il faut le dire, si ces livres rejetés, par quelques côtés nous touchent, c’est par la qualité d’âme qu’on y découvre à maintes reprises. Elle est incontestable. À la base de tous, et s’exprimant dans les meilleurs de façon poignante, il y a la foi, une « foi inébranlable en la véracité des Livres saints, dit le P. Frey, et en la parole de Yahweh ». Les Psaumes de Salomon, en particulier, en constituent un témoignage admirable : écrits au moment où Pompée venait d’installer à Jérusalem la domination romaine, ces prières sont un cri de fidélité indéfectible et d’espérance, et en les plaçant sous le patronage du plus grand roi d’Israël, l’auteur a certainement voulu marquer que c’était vraiment à l’essentiel de la tradition et de la fidélité qu’il se rattachait. Et jusque dans le titre même que portent plusieurs de ces Psaumes n’y a-t-il pas de quoi toucher l’âme : « En espérance : de Salomon » ?

« Pourquoi dormir, mon âme, et ne pas bénir le Seigneur ? Les justes se souviennent toujours du Seigneur : confessant et justifiant les jugements du Seigneur. La fidélité des justes vient de Dieu, leur sauveur ; dans la maison du juste ne séjourne pas péché sur péché. Constamment le juste inspecte sa maison, pour enlever l’impiété commise par sa faute. Le pécheur a choppé et remandit sa vie, le jour de sa naissance et les souffrances maternelles. Il est tombé d’une rude chute, sans se relever : la perdition du juste est pour l’éternité. Mais ceux qui craignaient le Seigneur ressusciteront pour la vie éternelle, et leur vie, dans la lumière du Seigneur, ne cessera jamais... »

Autant que la foi et l’espérance, ce sont, au surplus, toutes les vertus qui s’expriment. Une morale précise, exigeante, s’affirme dans ces textes, de qualité si haute que certains ont pu considérer tels d’entre eux, les Testaments des Douze Patriarches, comme les ancêtres immédiats de l’Évangile. La morale juive, en effet, s’y élève au niveau de l’universalisme chrétien. L’analyse des tentations et des moyens de la combattre (chacune rapportée prétendument à la leçon d’un patriarche) est d’une justesse de ton et d’une lucidité égales. Il faut lire, dans le Testament de Juda, les paragraphes où le narrateur fait une sorte de confession publique, pour en mesurer le niveau.

« J’ai cent vingt ans et je ne me connais pas de péché menant à la mort. Je n’ai pas connu d’autre femme que la mienne, je n’ai pas forniqué par suite de regards lascifs. Je n’ai pas bu de vin qui égare ; je n’ai rien convoité de biens désirables du prochain. En mon cœur je n’ai pas admis la fraude. Le mensonge n’est pas sorti de mes lèvres. J’ai eu compassion de tout homme affligé et j’ai partagé mon pain avec le pauvre. Je n’ai pas mangé seul ; je n’ai pas déplacé la borne, j’ai pratiqué la piété en tous mes jours, et la vérité. J’ai aimé le Seigneur de toute ma force et aussi tout homme comme mes enfants. »

Ne comprend-on pas, à lire ces quelques lignes, si simples et si sincères, comment les chrétiens, en découvrant des textes de ce genre, ont pu les reconnaître comme singulièrement proches des leurs et hésiter à ne pas les accepter dans le Canon des Écritures où ils auraient continué de reconnaître l’enseignement de Dieu ?

 

*

 

De fait, les chrétiens connurent ces textes et s’y intéressèrent longtemps. Les Pères de l’Église les ont étudiés et fréquemment utilisés. L’Ascension d’Isaïe, par exemple, se trouve citée par saint Justin, Tertullien, Origène, Lactance, saint Hilaire, saint Ambroise, saint Jérôme. Le IVe Livre d’Esdras a eu de l’influence sur le Pasteur d’Hermas, sur Clément d’Alexandrie, sur les Constitutions apostoliques, et saint Ambroise allait même jusqu’à parler du « prophète Esdras ». La légende de Zorobabel, extrêmement répandue aux premiers siècles, vient directement du IIIe Livre d’Esdras.

Dans ces attributions fastueuses, dans ces images et visions, ne convenait-il pas de voir, exactement comme dans la Bible, des symboles et des types qui préfiguraient la révélation ultime ? C’est ainsi qu’Hénoch, le patriarche, – le « septième depuis Adam », dont parle l’épître de saint Jude, – avait été pris comme messager de la Parole par les rédacteurs apocryphes parce que, dans la version grecque des Septante (mais non dans le texte hébreu d’ailleurs) on lisait de lui, au livre de la Genèse : « Il plut à Dieu et on ne le trouva plus parce que Dieu l’avait transféré » (XLIV. 16) ; on en avait donc fait, selon l’Hénoch Slave, « l’homme sage et le grand écrivain que le Seigneur assistait et aimait ». Les chrétiens, reprenant ce personnage et admettant qu’il avait bénéficié d’une Assomption miraculeuse, virent en lui l’annonciateur, le prototype du Christ dans son Ascension.

Les relations entre ces apocryphes en marge de l’Ancien Testament et le Christianisme sont infiniment plus étroites qu’on ne sait ordinairement. Tout catholique a chanté, dans la sublime Séquence du Dies irae, le verset : Teste David cum Sibylla ; mais combien savent que cette affirmation procède directement de l’Apocryphe des Oracles sibyllins, de cette supercherie littéraire que nous évoquions tout à l’heure ? Par une fortune singulière, alors que toute la littérature profane attribuée aux sibylles a disparu, à part de minimes débris, le texte juif, l’apocryphe, a été conservé ; on repère sa trace dans Virgile, comme on la décèle dans la tradition chrétienne.

Mieux, l’Écriture Sainte du Nouveau Testament et la liturgie chrétienne ont gardé la trace évidente de ces contacts. On peut lire dans l’épître de saint Jude (XIV) le neuvième verset du chapitre IVdu Livre d’Hénoch où le Jugement dernier est annoncé. C’est au IIIe Livre d’Esdras qu’est empruntée l’offertoire de la Messe Pro eligendo Summo Pontifice, ce qui ne laisse pas d’être étonnant ! De même, dans la messe du IVe dimanche après la Trinité, jusqu’à la fin de juillet, un répons : « Peccavi super numerum »... vient tout droit de la Prière de Manassé, dont on trouve encore des citations dans la messe des Ve et VIe dimanches après l’Épiphanie. Ce n’est d’ailleurs pas seulement dans le cadre de l’orthodoxie que ces influences se discernent : on en a repéré d’autres dans certaines hérésies, notamment dans celles qui se rattachent au grand courant de dualisme qui semble avoir parfois touché certains de ces apocryphes, notamment chez les Bogomiles de Thrace et de Serbie, et plus tard chez les Cathares du Midi de la France.

Il va de soi que beaucoup de ces textes, nous ayant été transmis en bien des cas par des copies chrétiennes, ont subi des interpolations dont le sens tendancieux n’est que trop clair. D’autant que beaucoup d’entre eux ne nous sont connus que par des copies extrêmement récentes, parfois du XIVeou XVesiècle seulement, fort éloignés donc de l’original et sur qui bien des manipulations ont pu s’exercer. Il est surtout difficile de faire le départ entre ce qui, figurant dans le texte original, présente un grand intérêt comme un jalon qui permet de mieux repérer la route menant au Christianisme et ce qui a été ajouté par des copistes, pleins de bonnes intentions sans doute, mais d’une probité scientifique douteuse...

Tels quels, ces textes n’ont pas connu, dans leur ensemble, le succès qui a été celui de leurs frères cadets du Nouveau Testament. Alors que les Évangiles apocryphes étaient repris, colportés, popularisés dans toute la chrétienté par les Miroirs du XIIesiècle, ceux de Jean de Beauvais et autres, et la Légende dorée de Jacques de Voragine, les apocryphes de l’Ancien Testament furent moins célèbres. Il y eut cependant des fragments des divers livres d’Hénoch qui continuèrent à circuler et les Testaments des Douze Patriarches traduits au XIIIesiècle par Robert Grossetête, évêque de Lincoln, eut un succès considérable : beaucoup le tinrent pour sacré. La trace de ces textes se retrouve donc dans l’art médiéval, plus modestement que celle des Évangiles apocryphes, mais cependant certaine : l’ascension d’Hénoch qui est un thème fréquent de nos gothiques, n’a pas d’autre origine et si les Sibylles, chères à Maurice Barrès, figurent aux murs de telles cathédrales comme Auxerre et s’imposeront même comme thèmes à Raphaël pour ses grandes œuvres vaticanes, c’est bien à l’Apocryphe qu’elles l’ont dû.

Mais surtout, du point de vue qui intéresse l’historien du Christianisme, l’intérêt de ces textes est considérable. Ils nous renseignent sur les milieux où germa le Christianisme, d’une façon irremplaçable puisque, nous l’avons vu, sur les derniers temps d’Israël, la Bible canonique est si avare de détails. C’est par eux que nous pouvons nous rendre compte de ce que pensaient, de ce qu’attendaient les Juifs de la communauté fidèle qui, durant les cent années antérieures à la venue du Christ, ont préparé le terrain spirituel où la semence de l’Évangile allait être semée.

Selon les deux perspectives on a bien le sentiment que le courant religieux dont, malgré leurs différences internes, les apocryphes témoignent, a contribué à préparer l’accomplissement, la venue du Christ. D’abord du point de vue moral. C’est dans ces textes, beaucoup plus que dans ceux du Canon (même chez les plus grands prophètes), qu’on suit l’apparition et l’affermissement de la doctrine, qui sera celle du Christianisme, d’une rétribution suivant immédiatement la mort. Bossuet n’écrivait-il pas que, sur ce point, l’Ancien Testament ne contenait que des « étincelles » ? Dans ces textes en marge, l’étincelle a déjà allumé le bois sec et la flamme est bien près de s’élever. Et de même le climat moral qui sera celui de saint Jean Baptiste, où le repentir et la pénitence sont intimement liés à la promesse de la Rédemption, c’est bien aussi dans les apocryphes qu’on en voit plusieurs des données fondamentales. Les découvertes récentes des abords de la Mer Morte, en mettant en avant la secte essénienne, dont nous avons vu qu’elle a pu fournir quelques-uns des auteurs des apocryphes, ont posé le problème délicat des relations de cette secte avec le Baptiste, c’est-à-dire, par son intermédiaire, avec Jésus.

Mais, plus encore que cette préparation morale, ce qu’on découvre dans les apocryphes, c’est l’attente messianique. La puissance d’amour et d’espérance qui, depuis des siècles et des siècles, avait gonflé la poitrine d’Israël et qui avait fait surgir en son esprit l’image de l’Être providentiel qui reconstituerait en gloire le Peuple Élu et assurerait son règne sur une terre pacifiée, on la trouve dans les apocryphes manifestée avec une intensité et une précision impressionnantes. Il est des œuvres entières, dans le recueil de ces apocryphes, qui paraissent irremplaçables pour la compréhension du Messianisme juif à la veille de la naissance du Christ : le Livre des Paraboles d’Hénoch en est un. Plus encore que dans Daniel, le « Fils de l’homme » apparaît, dans le premier livre d’Hénoch, pris dans une acception extrême voisine de celle que l’expression aura dans l’Évangile.

« Le Fils de l’homme, qui possède la justice et en qui la justice habite, qui révélera tous les trésors secrets, parce que le Seigneur des Esprits l’a choisi, et dont le sort a vaincu par le droit devant le Seigneur des esprits pour l’éternité », celui qui « fera lever les rois et les puissants de leurs couches, et les forts de leurs sièges, et brisera les dents des pécheurs », celui enfin qui a « conservé la part des justes parce qu’ils ont haï et méprisé ce monde d’injustice », n’est-il pas proche de celui qu’un chrétien peut reconnaître ? Il le serait même tout à fait si ces descriptions exactes ne s’accompagnaient d’une orchestration de violences et de cruautés répressives qui rattachent le Messie à l’image classique du Roi glorieux et victorieux, mais éloignent décidément de celle du Christ souffrant.

Car, si grand que puisse être l’intérêt de ces textes 6, il ne doit pas être surestimé. Certains historiens ont prétendu reconnaître dans les apocryphes en marge de l’Ancien Testament l’explication même du Christianisme, c’est-à-dire les données qui lui ont permis d’exister. Loisy disait : « Jésus et l’Évangile ne s’expliquent pas par l’Ancien Testament mais par le Judaïsme de leur temps » ; Charles voyait en ces textes « le pont » jeté sur l’abîme qui sépare l’Ancien du Nouveau Testament ; Causse y découvrait le lien « entre l’Ancien et le Nouveau Testaments, entre la Bible des Prophètes et l’Évangile ». Ces assertions, un peu simplistes, faisaient dire avec bonhomie au Père Lagrange que les apocryphes, trop longtemps ignorés, devenaient bien envahissants... Encore n’avait-il pas connu la polémique suscitée par la découverte des manuscrits de la Mer Morte et l’interprétation qu’en a proposée M. Dupont-Sommer...

La vérité est qu’il est absolument inadmissible de voir dans les rapports entre ces apocryphes et l’Évangile des relations immédiates de cause à effet. Il y a pu y avoir préparation du terrain, labourage : la graine décisive attendait la main d’un autre semeur que celle des auteurs anonymes dissimulés sous des pseudonymes fastueux. L’apocalyptique juive n’a nullement préparé la voie au Christ, et, même, au contraire, en exaltant l’idée du Messie Glorieux, temporellement puissant, elle a contribué à enfoncer Israël dans l’erreur tragique dont la conséquence devait être le crime du Calvaire. L’héritier de ces rêveries, où, répétons-le, il y a des éléments valables, ce n’est pas Jésus-Christ, c’est Bar-Cocheba, le Condottiere de la suprême et inutile insurrection.

À lire ces textes, on se rend parfaitement compte du dépassement, de la rupture décisive qui a été opérée par Jésus-Christ. Avec lui un palier a été atteint, que les plus spirituels des auteurs des apocryphes n’avaient pas même touché. Le judaïsme des derniers temps, tel qu’on le saisit à travers ces écrits, pouvait bien préparer le milieu où s’épanouirait la foi au Christ, fils de Dieu, rédempteur du monde, mais il ne pouvait faire, sans l’intervention immédiate de Dieu, que ce Christ naquît, fût tel qu’il devait être, et s’imposât par des méthodes exactement opposées à celles qu’avait conçues le Judaïsme. De même, c’est bien de la race juive, à la suite d’une préparation qui remontait, au long de l’arbre de Jessé, à bien des générations, que devait naître l’homme-Dieu, mais pour qu’il naquît, les liens de l’hérédité ne devaient pas suffire : il ne fallait rien de moins qu’un miracle, et le Mystère de l’Incarnation...

 

DANIEL-ROPS.      

 

 

Note : Alors qu’en anglais et en allemand on possède des recueils complets de ces apocryphes (Kautzsch, Charles, Riessler), en français, si nous faisons abstraction du Dictionnaire des Apocryphes de Migne, n’ont été édités que quatre volumes. Il nous a donc paru opportun de réunir des extraits de ces écrits. Nous avons retenu tout ce qui nous a paru éclairer le Nouveau Testament. La plus grande partie de cet ouvrage comprend des transcriptions in extenso ; des points indiquent une coupure ; nous avons mis en petit caractère ou inséré entre des parenthèses ( ) des analyses, plus ou moins schématiques, des textes. Les mots entre parenthèses sont de brèves explications. La table générale fera mieux saisir le sens de cette littérature et les lumières qu’elle répand sur le Christianisme naissant.

On trouvera sur ces Apocryphes, sur leur contenu, leur histoire, des données, fort substantielles dans l’article « Apocryphes » du Dictionnaire de la Bible de Pirot, supplément, I, C. 354-460, du P. Frey, et dans le volume du P. Lagrange, le Judaïsme avant Jésus-Christ, Paris, 1931. – Le choix et toutes les traductions qui suivent sont du R. P. Bonsirven.

 

 

 

 

 

 

 

 

LE LIVRE D’HÉNOCH

 

 

On appelle ainsi une collection d’écrits, prophéties et exhortations, qui sont mises, pour la plupart, dans la bouche d’Hénoch. Ce patriarche, « le septième après Adam », comme précise l’épître de Jude(14) jouit de très bonne heure d’une considération spéciale : pour expliquer qu’il vécut moins de siècles que les autres, le texte hébreu de la Genèse (V, 24) dit qu’ « il ne fut plus parce que Dieu l’avait pris » ; ce que la version grecque de la Septante rend ainsi : « Il plut à Dieu et on ne le trouva plus parce que Dieu l’avait transféré. » Sur ce dernier mot, repris dans l’Ecclésiastique (XLIV, 16), s’édifièrent quantité de racontars sur son élévation au ciel, les révélations qu’il reçut mission de communiquer. Nous en trouvons un grand nombre dans notre livre.

Il comprend cinq recueils principaux, dans lesquels se sont glissées beaucoup d’interpolations. L’ouvrage original fut, très probablement, composé en hébreu. Il en fut fait une version grecque, dont nous conservons quelques fragments ; ce grec fut ensuite traduit en éthiopien et inséré dans la Bible éthiopienne. C’est dans cette langue que nous lisons aujourd’hui le Livre d’Hénoch. Nous utilisons ici, avec la gracieuse autorisation des éditeurs, la traduction française établie parFRANÇOISMARTINet publiée chez Letouzey et Ané, Paris, 1906.

 

 

 

 

 

HÉNOCH I

 

INTRODUCTION

 

Elle présente un thème qui tient une place considérable dans tous les Apocryphes : le Jugement dernier, qui doit faire trembler les pécheurs. Ce préambule est probablement l’œuvre du compilateur définitif (un peu avant le milieu du Ier siècle avant Jésus-Christ).

 

 

 

CHAPITRE PREMIER

 

Prédiction du jugement dernier.

 

Parole de bénédiction d’Hénoch, comment il bénit les élus et les justes qui vivront au jour de l’affliction, pour repousser tous les méchants et les impies, tandis que les justes seront sauvés.

2 Hénoch dit, lui, l’homme juste dont les yeux ont été ouverts par le Seigneur et qui a vu la vision du Saint, qui est dans les cieux, que m’ont montrée les anges : J’ai tout appris d’eux, et j’ai compris, moi, ce que je voyais ; et ce n’est point pour cette génération, mais pour celle qui vient, lointaine. 3 C’est au sujet des élus que je parle, à leur sujet que je prononce une parabole : Il sortira de sa demeure, le Saint et le Grand. 4 Le Dieu du monde marchera de là sur la montagne du Sinaï, et il apparaîtra au milieu de son armée ; et dans la force de sa puissance il apparaîtra du haut des cieux. 5 Et tous seront dans l’épouvante, et les veilleurs 7 trembleront : la crainte et un grand tremblement les saisiront jusqu’aux extrémités de la terre. 6 Les hautes montagnes seront ébranlées, et les Collines élevées seront abaissées, et elles fondront comme la cire devant la flamme. 7 Et la terre se déchirera, et tout ce qui est sur la terre périra, et alors aura lieu un jugement sur toutes choses. 8 Aux justes il (le Seigneur) donnera la paix, et il gardera les élus : sur eux reposera la clémence ; ils seront tous de Dieu, et ils seront heureux, et ils seront bénis et c’est pour eux que brillera la lumière de Dieu. 9 Et voici, il vient avec des myriades de saints pour exercer sur eux le jugement, et il anéantira les impies, et il châtiera tout ce qui est chair, pour tout ce qu’ont fait et commis contre lui les pécheurs et impies 8.

(Les chapitres II, III, IV opposent l’ordre de la création aux désobéissances des pécheurs, qui seront punis.)

 

 

 

CHAPITRE V

 

Pécheurs et justes au Jugement.

 

... 5 C’est pourquoi vous, vous maudirez vos jours, et les années de votre vie seront perdues ; mais les années de votre perdition se multiplieront dans une éternelle malédiction ; et il n’y aura point de miséricorde pour vous. 6 Dans ces jours vous livrerez votre propre nom à l’éternelle exécration de tous les justes ; et ils vous maudiront éternellement, vous pécheurs, vous tout ensemble avec les (autres) pécheurs. 7 Et pour les élus, il y aura lumière et joie, et paix, et ils hériteront la terre ; mais pour vous, impies, il y aura malédiction. 8 Et alors la sagesse sera donnée aux élus ; et ils vivront tous, et ils ne pécheront plus ni par oubli, ni par orgueil ; mais les sages s’humilieront. 9 Ils ne pécheront plus, ni ne seront châtiés tous les jours de leur vie, et ils ne mourront pas par un châtiment ou par la colère (divine) ; mais ils achèveront le nombre des jours de leur vie, et leur vie s’avancera dans la paix, et les années de leur joie se multiplieront dans une allégresse et une paix éternelles, tous les jours de leur vie.

 

 

 

 

 

PREMIÈRE PARTIE

 

Chute des anges et assomption d’Hénoch.

 

Cette partie aurait été composée au temps des persécutions d’Antiochus Épiphane, soit vers 166 avant Jésus-Christ.

 

 

 

CHAPITRE VI

 

L’union des anges avec les filles des hommes.

 

Or, lorsque les enfants des hommes se furent multipliés, il leur naquit en ces jours des filles belles et jolies ; 2 et les anges, fils des cieux, les virent, et ils les désirèrent, et ils se dirent entre eux : « Allons, choisissons-nous des femmes parmi les enfants des hommes et engendrons-nous des enfants. »

 

3 (Semyaza craint qu’ils n’accomplissent pas leur dessein et il serait seul responsable d’un grand péché !)

 

4 Mais tous lui répondirent : Faisons tous un serment, et promettons-nous tous les uns aux autres avec anathème de ne pas changer de dessein...

 

5 (Serment et anathème.)

 

6 Or ceux-ci (les veilleurs) étaient deux cents, qui descendirent dans les jours de Iared sur la cime du mont Hermon, et ils l’appelèrent le mont Hermon, parce que c’est sur lui qu’ils avaient juré et s’étaient engagés les uns envers les autres avec anathème.

 

7 (Et voici les noms de leurs chefs.)

 

 

 

CHAPITRE VII

 

Naissance et méfaits des géants.

 

Ceux-ci et tous les autres avec eux prirent des femmes, chacun en choisit une, et ils commencèrent à aller vers elles et à avoir commerce avec elles, et ils leur enseignèrent les charmes et les incantations, et ils leur apprirent l’art de couper les racines et la (science) des arbres.

 

2 (Elles enfantent les géants, 3 qui dévorent tout, puis veulent dévorer les hommes.)

 

5 Et ils commencèrent à pécher contre les oiseaux et contre les bêtes, les reptiles et les poissons, puis ils se dévorèrent la chair entre eux ; et ils en burent le sang. 6 Alors la terre accusa les violents.

 

 

 

CHAPITRE VIII

 

Sciences funestes enseignées aux hommes par les mauvais anges.

 

Et Azazel apprit aux hommes à fabriquer les épées et les glaives, le bouclier et la cuirasse de la poitrine, et il leur montra les métaux et l’art de les travailler, et les bracelets, et les parures, et l’art de peindre le tour des yeux à l’antimoine, et d’embellir les paupières, et les pierres les plus belles et les plus précieuses, et toutes les teintures de couleur, et la révolution du monde. 2 L’impiété fut grande et générale ; ils forniquèrent, et ils errèrent, et toutes leurs voies furent corrompues.

 

3 (Ils enseignent les enchantements, à rompre les charmes, les astrologies, signes, signification de l’aspect des étoiles, le cours de la lune.)

 

4 Et dans leur anéantissement les hommes crièrent et leur clameur monta au ciel.

 

 

 

CHAPITRE IX

 

Intervention des bons anges.

 

Alors Michaël, Uriel, Raphaël, Gabriel regardèrent du haut du ciel, et ils virent le sang répandu en abondance sur la terre et toute l’injustice commise sur la terre. 2 Et ils se dirent l’un à l’autre : c’est la voix de leur cri que la terre désolée crie jusqu’aux portes du ciel. 3 Maintenant c’est à vous, saints du ciel, que se plaignent les âmes des hommes, elles disent : Portez notre cause devant le Très-Haut.

 

(Les saints du ciel prient Dieu qui voit tout et aussi les crimes d’Azazel et de Semyaza et des anges.)

 

10 Et maintenant voici que les âmes de ceux qui sont morts crient et se plaignent jusqu’aux portes du ciel... 11 Mais toi, tu connais toutes choses avant qu’elles soient, et toi, tu sais cela, et tu les tolères (les géants), et tu ne nous dis pas ce que nous devons leur faire pour cela.

 

 

 

CHAPITRE X

 

Dieu ordonne le châtiment des mauvais anges ; et il prédit le bonheur des justes.

 

...4 Le Seigneur dit encore à Raphaël : enchaîne Azazel, pieds et mains, jette-le dans les ténèbres ; et ouvre le désert qui est en Dudaël ; et jette-le là. 5 Jette sur lui des pierres raboteuses et tranchantes, couvre-le de ténèbres, et qu’il y reste éternellement ; couvre aussi sa face pour qu’il ne voie pas la lumière. 6 Et au grand jour du jugement qu’il soit jeté dans le brasier. 7 Puis guéris la terre que les anges ont corrompue ; et annonce la guérison de la terre, afin qu’ils guérissent leur plaie et que tous les enfants des hommes ne soient pas perdus par tout le mystère que les veilleurs ont appris et enseigné à leurs enfants. 8 Toute la terre a été corrompue par la science d’Azazel : impute-lui donc tout péché.

11 À Michaël le Seigneur dit : Va, enchaîne Semyaza et ses compagnons qui se sont unis aux femmes, pour se souiller avec elles dans toute leur impureté. 12 Et lorsque tous leurs enfants se seront égorgés, et lorsque eux-mêmes auront vu la destruction de leurs bien-aimés, enchaîne-les pour soixante-dix générations sous les collines de la terre jusqu’au jour de leur jugement et de leur consommation, jusqu’à ce que soit consommé le jugement éternel. 13 En ces jours on les emmènera dans l’abîme de feu, dans les tourments, et ils seront pour toujours enfermés dans la prison. Et si quelqu’un est condamné et périt, il sera désormais enchaîné avec eux jusqu’à la consommation des générations des générations. 15 Détruis donc toutes les âmes voluptueuses et les enfants des veilleurs, car ils ont opprimé les hommes.

16 Fais disparaître toute oppression de la face de la terre, que toute œuvre mauvaise cesse, que la plante de justice et de vérité apparaisse, et elle sera en bénédiction ; des œuvres de justice et de vérité seront plantées dans la joie pour toujours. 17 Alors tous les justes échapperont et demeureront vivants jusqu’à ce qu’ils aient engendré mille enfants ; et tous les jours de leur jeunesse et de leur vieillesse s’achèveront dans la paix. 18 Et dans ces jours la terre entière sera cultivée dans la justice ; et elle sera entièrement plantée d’arbres et remplie de bénédiction. 19 On plantera sur elle tous les arbres d’agrément, on y plantera des vignes, et la vigne qui y sera plantée donnera du vin à satiété ; et toute graine, semée sur elle, produira mille mesures pour une, et une mesure d’olives produira dix pressoirs d’huile. 20 Et toi, purifie la terre de toute oppression, de toute violence, de tout péché, de tout impie et de toute impureté qui s’accomplit sur la terre ; fais-les disparaître de la terre. 21 Que tous les enfants des hommes deviennent justes ; et que tous les peuples me vénèrent et me bénissent, et tous m’adoreront. 22 Et la terre sera pure de toute corruption, de tout péché, de tout châtiment et de toute douleur ; et je n’enverrai plus (ces fléaux) sur la terre jusqu’aux générations des générations et jusqu’à l’éternité.

 

 

 

CHAPITRE XII

 

Mission d’Hénoch auprès des mauvais anges.

 

Avant ces évènements Hénoch avait été caché ; et il n’est aucun des enfants des hommes sachant ce qu’il était devenu. 2 Or il se trouvait avec les veilleurs et avec les saints (= anges). 3 Or moi, Hénoch, j’étais occupé à bénir le grand Seigneur, le roi du monde, et voici que les veilleurs m’appelèrent, moi, Hénoch le scribe, et me dirent : 4 Hénoch, scribe de justice, va : fais savoir aux veilleurs du ciel, qui ont abandonné le ciel très haut, le lieu saint, éternel et se sont souillés avec des femmes... : 5 Il n’y aura pour eux ni paix, ni rémission du péché...

 

 

 

CHAPITRE XIII

 

Mission d’Hénoch.

 

(Il reprend Azazel, puis tous les anges coupables. Ceux-ci lui demandent d’intercéder pour eux auprès de Dieu. Il écrit cette formule de supplication. Il s’endort, il voit en songe les châtiments réservés aux anges coupables ; il communique ces visions aux anges, assemblés entre le Liban et Seneser.)

 

 

 

CHAPITRE XIV

 

Visions d’Hénoch : châtiments des mauvais anges ; la demeure et le trône de Dieu.

 

(Hénoch déclare aux anges que leur prière ne sera pas exaucée ; ils ne monteront plus au ciel ; avant d’être enchaînés ils verront le meurtre des enfants qu’ils avaient procréés sur terre.)

 

8 Or la vision m’apparut ainsi : voici que des nuages m’appelèrent dans la vision, et une nuée m’appela ; et le cours des étoiles et les éclairs me firent hâter et me désirèrent ; et les vents, dans la vision, me firent voler ; ils m’emportèrent en haut et me firent entrer dans les cieux. 9 J’entrai jusqu’à ce que je fusse arrivé près d’un mur construit en pierres de grêle ; des langues de feu l’entouraient, et elles commencèrent à m’effrayer. 10 J’entrai dans les langues de feu et j’approchai d’une grande maison, bâtie en pierres de grêle ; les murs de cette maison étaient comme une mosaïque en pierres de grêle, et son sol était de grêle. 11 Son toit était comme le chemin des étoiles et comme des éclairs ; au milieu se tenaient des chérubins de feu, et son ciel était d’eau. 12 Un feu ardent entourait les murs, et sa porte (de la maison) flambait dans le feu. 13 J’entrai dans cette maison ; elle était brûlante comme du feu et froide comme de la neige ; et il n’y avait dans cette maison aucun des agréments de la vie ; la crainte m’accabla et le tremblement me saisit. 14 Ému et tremblant, je tombai sur ma face et je vis une vision. 15 Et voici : c’était une autre maison, plus grande que la première, dont toutes les portes étaient ouvertes devant moi ; elle était bâtie en langues de feu, 16 et en tout si excellente, en magnificence, en splendeur et en grandeur que je ne puis vous le dire à cause de sa magnificence et de sa grandeur. 17 Son sol était de feu ; des éclairs et le cours des étoiles formaient sa partie supérieure, et son toit, lui aussi, était de feu ardent. 18 Et je regardai, et je vis dans cette maison un trône élevé dont l’aspect était celui du cristal, et dont le pourtour était comme le soleil brillant, et la voix des chérubins (se faisait entendre). 19 De sous le trône sortaient des fleuves de feu ardent, et je ne pouvais pas les regarder. 20 La grande gloire siégeait sur ce trône, et son vêtement était plus brillant que le soleil et plus blanc que toute neige. 21 Pas un ange ne pouvait entrer dans cette maison et voir la face du Glorieux et du Magnifique, et aucun être de chair ne pouvait le regarder.

22 Un feu ardent l’entourait, et un grand feu se dressait devant lui ; aucun de ceux qui l’entouraient ne s’approchait de lui ; des myriades de myriades d’anges se tenaient devant lui, mais lui ne demandait pas conseil. 23 Et les saintetés des saints, qui étaient près de lui, ne s’éloignaient pas pendant la nuit et ne se séparaient pas de lui. 24 Et moi, jusqu’à ce moment, j’étais sur ma face voilée, tremblant, et le Seigneur, de sa propre bouche, m’appela et me dit : Viens ici, Hénoch, et écoute ma parole sainte. 25 Et s’étant approché de moi, l’un des saints m’éveilla, me fit lever et approcher de la porte ; et moi je regardais, la tête baissée.

 

 

 

CHAPITRE XV

 

Dieu charge Hénoch de représenter aux mauvais anges l’énormité de leur faute.

 

Il m’adressa la parole et me dit ; et j’entendis sa voix : Ne crains point, Hénoch, homme juste, scribe de justice ; dis... : 2 C’est à vous (veilleurs) qu’il convient d’intercéder pour les hommes et non pas aux hommes pour vous. 3 Pourquoi avez-vous abandonné le ciel très haut et saint, qui est éternel, ...avez-vous agi comme des enfants de la terre ?

4 Vous donc, saints, spirituels, vivant d’une éternelle vie, vous vous êtes souillés dans le sang des femmes et vous avez engendré avec le sang de la chair ; selon le sang des hommes vous avez désiré, et vous avez fait chair et sang comme font ceux qui meurent et qui périssent. 5 C’est pourquoi je leur ai donné des femmes pour qu’ils les fécondent, et qu’ils en aient des enfants, qu’ainsi toute œuvre ne cesse pas sur la terre. 6 Quant à vous, vous fûtes d’abord spirituels, vivant d’une vie éternelle, immortelle, pour toutes les générations du monde. 7 C’est pourquoi je ne vous ai pas attribué de femmes, car le séjour des spirituels du ciel est dans le ciel.

8 Et maintenant les géants qui sont nés des esprits et de la chair seront appelés, sur la terre, esprits mauvais, et sur la terre sera leur séjour. 9 Des esprits mauvais sont sortis de leur chair, parce qu’ils ont été faits par les hommes et des saints veilleurs vient leur origine et leur premier fondement. Ils seront des esprits mauvais sur la terre, et ils seront appelés esprits mauvais...11 Les esprits des géants, des nephilim, qui oppriment, détruisent, font irruption, combattent, brisent sur la terre et y font le deuil, ne mangent aucune nourriture et n’ont point soif, et sont inconnaissables, 12 ces esprits s’élèveront contre les enfants des hommes et contre les femmes, car ils sont sortis d’eux.

 

 

 

CHAPITRE XVI

 

Les veilleurs seront punis pour avoir communiqué aux hommes des secrets funestes.

 

Depuis les jours du meurtre, de la destruction et de la mort des géants, jours où les esprits sont sortis des âmes de leur chair, que soient sans jugement ceux qui perdront ; ils perdront ainsi jusqu’au jour de l’accomplissement du grand jugement, où le grand temps prendra fin. 2 Et maintenant aux veilleurs qui t’ont envoyé, dis : 3 Vous étiez tout à l’heure dans le ciel ; mais tous les secrets ne vous avaient pas encore été révélés ; vous n’avez connu qu’un mystère futile ; dans l’endurcissement de votre cœur vous l’avez communiqué aux femmes, et, par ce mystère, les femmes et les hommes ont multiplié le mal sur la terre. 4 Dis-leur donc : « Il n’y a pas pour vous de paix. »

 

 

 

CHAPITRE XVII

 

On révèle à Hénoch les mystères de l’Univers.

 

Puis on m’emporta en un lieu dont les habitants sont comme un feu ardent, et ils apparaissent, quand ils veulent, comme des hommes. 2 Et on me conduisit au séjour de la tempête, et sur une montagne dont le plus haut sommet touchait au ciel. 3 Je vis les demeures des luminaires et du tonnerre, aux extrémités, dans l’abîme où sont l’arc de feu, les flèches et leur carquois, le glaive de feu et tous les éclairs. 4 Puis on m’emmena jusqu’aux eaux de vie, et jusqu’au feu du couchant ; c’est lui qui saisit tous les couchers du soleil. 5 Et j’arrivai jusqu’à un fleuve de feu, dont le feu coule comme de l’eau et se déverse dans la grande mer qui est du côté du couchant. 6 Et je vis les grands fleuves, et j’atteignis une grande obscurité, et je parvins là où aucun être de chair ne marche ; 7 je vis les montagnes des ténèbres de l’hiver et l’endroit où se déversent les eaux de tout l’abîme. 8 Et je vis l’embouchure de tous les fleuves de la terre et l’embouchure de l’abîme.

 

 

 

CHAPITRE XIII

 

Autres mystères ; punition des sept étoiles.

 

Je vis les réservoirs de tous les vents, et je vis que par eux Dieu a orné toute la création ; et je vis les fondements de la terre. 2 Je vis encore la pierre angulaire de la terre, et je vis les quatre vents qui soutiennent la terre et le firmament du ciel. 3 Je vis comment les vents étendent (comme une voile) le haut du ciel, et comment ils se tiennent entre le ciel et la terre ; ils sont les colonnes du ciel. 4 Je vis les vents qui font tourner le ciel, qui font coucher le disque du soleil et toutes les étoiles. 5 Je vis les vents qui, sur la terre, portent parmi les nues ; je vis les voies des anges, je vis, aux confins de la terre, le firmament en haut.

 

(6-8Montagnes de matières précieuses, lieu qui brûle jour et nuit.)

 

9 Et je vis un feu ardent, et, derrière ces montagnes, 10 je vis là un lieu, au-delà de la grande terre, où se rejoignent les cieux.

11 Puis je vis un gouffre profond, près des colonnes de feu du ciel, et je vis entre elles des colonnes de feu qui descendaient et dont la hauteur et la profondeur étaient incommensurables. 12 Au-delà de ce gouffre, je vis un lieu sur lequel ne s’étendait pas le firmament des cieux, sous lequel il n’y avait point le fondement de la terre ; sur lui il n’y avait ni eau ni oiseaux, mais ce lieu était désert et terrible. 13 Là je vis sept étoiles, semblables à de grandes montagnes, qui brûlaient, et comme j’interrogeais à leur sujet, 14 l’ange me dit : Ce lieu est la fin du ciel et de la terre ; c’est la prison des étoiles et des puissances du ciel. 15 Les étoiles qui roulent sur le feu sont celles qui ont transgressé le commandement du Seigneur dès leur lever, car elles ne sont pas venues en leur temps. 16 Et il s’est irrité contre elles, et il les a enchaînées jusqu’au temps de la consommation de leur péché, dans l’année du mystère.

 

 

 

CHAPITRE XIX

 

Le sort des mauvais anges et de leurs femmes.

 

Puis Uriel me dit : C’est ici que les anges qui se sont unis aux femmes se tiendront. Leurs esprits, prenant de nombreuses apparences, ont souillé les hommes, et ils les feront errer pour qu’ils sacrifient aux démons comme à des dieux, jusqu’au jour du grand jugement, – jour où ils seront jugés pour être perdus. 2 Quant à leurs femmes, qui ont séduit les anges, elles deviendront des Sirènes. 3 Et moi, Hénoch, moi seul, j’ai vu la vision, la fin de tout ; et aucun homme ne verra comme moi j’ai vu.

 

 

 

CHAPITRE XX

 

Les noms et les rôles des saints anges.

 

Voici les noms des saints anges qui veillent : 2 Uriel, l’un des saints anges, celui du monde et du tartare ; 3 Raphaël, l’un des saints anges, celui des âmes des hommes ; 4 Raguël, l’un des saints anges, qui tire vengeance du monde des luminaires ; 5 Michaël, l’un des saints anges, préposé aux meilleurs des hommes, (à la garde) du peuple ; 6 Saragiel, l’un des saints anges, préposé aux esprits des enfants des hommes qui pèchent contre les esprits ; 7 Gabriel, l’un des saints anges, préposé au paradis, aux dragons et aux chérubins ; 8 Remeiel, l’un des saints anges, que Dieu a préposé sur les ressuscités. Des archanges ce sont les sept noms.

 

 

 

CHAPITRE XXI

 

La faute des sept étoiles ; prison des mauvais anges.

 

Ensuite je tournai jusqu’où rien ne se fait. 2 Là, je vis une chose terrible, je ne vis ni ciel en haut, ni terre fondée (en bas), mais un lieu informe et effrayant. 3 J’y vis sept étoiles du ciel, enchaînées ensemble en ce lieu, semblables à de grandes montagnes, et brûlant dans le feu. 4 Alors je demandai : Pour quel péché ont-elles été enchaînées, et pourquoi ont-elles été jetées ici ? 5 Uriel, un des saints anges qui était avec moi et me guidait, me dit : Hénoch, sur qui demandes-tu et sur qui interroges-tu et t’inquiètes-tu ? 6 Ces étoiles sont de celles qui ont transgressé l’ordre du Seigneur et elles ont été enchaînées ici jusqu’à ce que dix mille siècles soient accomplis, nombre des jours de leurs péchés.

7 De là, je passai dans un autre lieu plus effrayant que celui-là et j’y vis une chose horrible : il y avait là un grand feu ardent, lançant des flammes ; et ce lieu avait une fissure allant jusqu’à l’abîme, rempli de grandes colonnes de feu qu’on y faisait descendre : et je ne pus voir ni ses dimensions ni sa grandeur, et je ne pus le fixer. 8 Je dis alors : Comme ce lieu est horrible et pénible à voir ! 9 Alors Uriel, un des saints anges, qui était avec moi, m’adressa la parole et me dit : Hénoch, pourquoi ressens-tu pareille crainte et frayeur ? Et je répondis : C’est à cause de ce lieu horrible, et à l’aspect de cette souffrance. 10 Il me dit : Ce lieu est la prison des anges ; c’est là qu’ils seront détenus jusqu’à l’éternité.

 

 

 

CHAPITRE XXII

 

Le séjour des âmes des morts avant le Jugement.

 

Delà je me rendis dans un autre lieu, et il me montra à l’occident une grande et haute montagne et de durs rochers. 2 Il y avait là quatre cavités très profondes, très larges et très lisses ; trois d’entre elles étaient sombres et une lumineuse ; au milieu se trouvait une source d’eau ; et je dis : Comme ces cavités sont lisses et profondes et d’un aspect sombre ! 3 À ce moment, Raphaël, un des saints anges, qui était avec moi, répondit et me dit : Ces cavités sont faites pour qu’y soient réunis les esprits des âmes des morts ; c’est pour cela qu’elles sont créées, pour qu’y soient réunies toutes les âmes des enfants des hommes. 4 Et ces lieux ont été faits pour les y faire demeurer jusqu’au jour de leur jugement et jusqu’au temps qui leur a été fixé ; et ce long temps durera jusqu’au grand jugement (qui sera rendu) sur eux.

5 Je vis les esprits des enfants des hommes qui étaient morts, leur voix arrivait jusqu’au ciel et se plaignait. 6 Alors j’interrogeai Raphaël, l’ange qui était avec moi, et je lui dis : De qui est-il cet esprit dont la voix arrive ainsi jusqu’au ciel et se plaint ? 7 Il me répondit et me parla en ces termes : Cet esprit est celui qui est sorti d’Abel que son frère Caïn a tué, et il l’accuse jusqu’à ce que sa race soit anéantie sur la face de la terre et que sa race disparaisse de la race des hommes.

8 À ce moment j’interrogeai au sujet de toutes les cavités : pourquoi sont-elles séparées l’une de l’autre ? Il me répondit en disant : ces trois cavités ont été faites pour séparer les esprits des morts. Ainsi sont séparées les âmes des justes, là où se trouve, auprès de la source d’eau de vie, la lumière. 10 De la même façon une séparation a été faite pour les pécheurs lorsqu’ils meurent et qu’ils sont ensevelis dans la terre, et qu’un jugement n’a pas été prononcé sur eux pendant leur vie. 11 Là sont mises à part leurs âmes pour ce grand châtiment, jusqu’au grand jour du jugement, des châtiments et des tourments des maudits pour l’éternité pour qu’ait lieu la rétribution des esprits. Là il les enchaînera pour toujours. 12 Et de même il a été fait une séparation pour les âmes de ceux qui se plaignent, qui font connaître leur meurtre, lorsqu’ils ont été mis à mort dans les jours des pécheurs. 13 Et pareillement elle a été faite pour les âmes des hommes qui n’ont pas été justes, mais pécheurs consommés en crime, et ils seront aussi avec les criminels. Quant à leur âme, elle ne sera pas mise à mort au jour du jugement mais ils ne ressusciteront pas de là. 14 À ce moment je bénis le Seigneur de gloire et je dis : Béni soit mon Seigneur, le Seigneur de justice, qui règne pour l’éternité.

 

 

 

CHAPITRE XXIII

 

Le feu qui poursuit les luminaires du ciel.

 

 

 

CHAPITRE XXIV

 

(Hénoch voit six montagnes extraordinaires et une septième qui les domine, portant des arbres odoriférants merveilleux et surtout un arbre encore plus étonnant. Il s’exclame et Michel lui demande s’il veut savoir quel est cet arbre.)

 

 

 

CHAPITRE XXV

 

Les sept montagnes et l’arbre merveilleux.

 

3 ... Michel me dit : cette haute montagne que tu as vue, dont le sommet ressemble au trône du Seigneur, c’est son trône, sur lequel siégera le Saint et le grand Seigneur de gloire, le Roi éternel, lorsqu’il descendra visiter la terre, pour le bien.

4 Cet arbre odoriférant, aucun être de chair n’a le pouvoir d’y toucher jusqu’au grand jugement, lorsque Dieu tirera vengeance de tout et consommera tout pour l’éternité ; mais (alors) cet arbre sera donné aux justes et aux humbles.

5 Par son fruit la vie sera communiquée aux élus ; et il sera planté du côté du nord, dans un lieu saint, près de la demeure du Seigneur, Roi éternel. 6 Alors (les justes et les humbles) se réjouiront dans l’allégresse et ils exulteront ; ils entreront dans le sanctuaire, la bonne odeur de cet arbre (pénétrera) leurs os ; et ils vivront d’une longue vie sur la terre comme ont vécu tes pères, et dans leurs jours la tristesse, la souffrance, les tourments et les châtiments ne les atteindront pas...

 

 

 

CHAPITRE XXVI

 

Montagnes de la géhenne.

 

(Il voit une montagne sainte, avec des arbres aux rameaux permanents, et de l’eau venant de l’orient et coulant vers le midi. Puis montagnes plus hautes et gorges de roche dure, sans arbres.)

 

 

 

CHAPITRE XXVII

 

Lieu de châtiment des blasphémateurs.

 

Alors je dis : Pourquoi cette terre est-elle bénie et toute remplie d’arbres, tandis que cette gorge au milieu est maudite ? 2 Alors Uriel, l’un des saints anges qui était avec moi, me répondit et me dit : Cette vallée maudite est destinée aux maudits pour l’éternité ; c’est là que seront rassemblés tous ceux qui de leur bouche prononcent contre le Seigneur des paroles inconvenantes, et disent sur sa gloire des insolences ; là on les réunira, et là sera le lieu de leur châtiment. 3 À la fin des temps, leur apparaîtra le spectacle du jugement qui se fera dans la justice en présence des justes pour l’éternité ; là, tous les jours, ceux qui auront obtenu miséricorde béniront le Seigneur de gloire, le Roi éternel. 4 Au jour du jugement de ces méchants, (les justes) le béniront pour leur part qu’il leur a faite dans sa miséricorde.

 

 

 

CHAPITRE XXVIII

 

(Dans le désert, arbres, cours d’eau.)

 

 

 

CHAPITRE XXIX

 

Arbres du jugement.

 

De là je me rendis en un autre point du désert et je m’approchai de l’est de cette montagne. 2 Et là je vis les arbres du jugement, qui exhalent une odeur suave d’encens et de myrrhe ; et leurs fruits ressemblaient à des noix.

 

 

 

CHAPITRE XXX

 

(Nouveaux arbres odoriférants.)

 

 

 

CHAPITRE XXXI

 

(Arbres au nectar ; arbres au fruit dur, répandant un parfum souverain.)

 

 

 

CHAPITRE XXXII

 

L’arbre de la Sagesse.

 

(Après d’autres montagnes, vers l’orient, au-delà de la mer rouge.)

 

3 Et j’arrivai dans le paradis de justice, et je vis, au-delà de ces arbres, des arbres nombreux et grands, il y a là l’arbre de la sagesse ; ceux qui en mangent possèdent une grande sagesse... 6 Raphaël lui dit : C’est l’arbre de la sagesse, dont mangèrent ton vieux père et ta vieille mère, tes aïeux ; et ils connurent la science, leurs yeux s’ouvrirent, ils surent qu’ils étaient nus, et ils furent chassés du paradis.

 

 

 

CHAPITRES XXXIII-XXXVI

 

(Les portes du ciel, donnant passage aux astres et aux vents.)

 

 

 

 

 

DEUXIÈME PARTIE

 

Livre des paraboles.

 

Ce livre, si important pour l’histoire du Messianisme, serait à placer au commencement du premier siècle avant Jésus-Christ.

 

 

 

CHAPITRE XXXVII

 

(Hénoch reçoit une parole de sagesse et déclare :)

 

4 Jusqu’à présent, il n’a pas été certes donné par le Seigneur des esprits de sagesse comparable à celle que j’ai reçue.

 

 

 

CHAPITRE XXXVIII

 

Première parabole : sort des pécheurs au jugement.

 

Première parabole. Lorsque apparaîtra l’assemblée des justes, et que les pécheurs seront jugés pour leurs péchés, et qu’ils seront chassés de la face de l’aride ; 2 et lorsque la justice se manifestera à la face des justes élus, dont l’œuvre est en dépendance du Seigneur des esprits ; et lorsque apparaîtra la lumière aux justes et aux élus qui habitent sur l’aride, où sera l’habitation des pécheurs, où sera le lieu de repos de ceux qui ont renié le Seigneur des esprits ? Il eût mieux valu pour eux qu’ils ne fussent pas nés.

3 Lorsque les secrets des justes seront révélés, les pécheurs seront jugés, et les impies seront chassés de la face des justes et des élus. 4 Désormais ils ne seront ni forts, ni élevés, ceux qui possèdent la terre, et ils ne pourront pas regarder la face des saints, car c’est la lumière du Seigneur des esprits qui a apparu sur la face des saints, des justes et des élus. 5 Les rois et les puissants, en ce temps-là, périront et seront livrés aux mains des justes et des saints. 6 Et désormais personne ne demandera miséricorde pour eux au Seigneur des esprits, car leur vie aura été consommée.

 

 

 

CHAPITRE XXXIX

 

Séjour des justes et de l’Élu de justice.

 

(Rappel interpolation de la chute des anges.)

 

2 ... Et il n’y aura pas de miséricorde pour eux, dit le Seigneur des esprits. 3 En ce temps un tourbillon de vent m’arracha de la face de la terre et me déposa à l’extrémité des cieux. 4 Et là je vis une autre vision : les habitations des saints et les lits de repos des justes. 5 Là mes yeux virent leurs habitations au milieu des anges de sa justice, et leurs lits de repos au milieu des saints ; ils demandent, ils intercèdent et ils prient pour les enfants des hommes ; et la justice coule comme de l’eau devant eux, et la miséricorde comme de la rosée sur la terre ; ainsi en sera-t-il parmi eux, jusque dans les siècles des siècles.

6 Et dans ce lieu, mes yeux virent l’Élu de justice et de fidélité ; et la justice règne dans ses jours, et les justes et les élus sont innombrables devant lui, pour les siècles des siècles. 7 Je vis son habitation sous les ailes du Seigneur des esprits ; tous les justes et les élus brillent devant lui comme l’éclat du feu ; leur bouche est remplie de bénédiction, et leurs lèvres glorifient le nom du Seigneur des esprits ; et la justice devant lui ne passe pas, et la vérité ne passe pas devant lui. 8 C’est là que je voulais demeurer, et mon âme désirait ce séjour ; c’est là que fut d’abord ma part, car ainsi il a été statué pour moi devant le Seigneur des esprits.

9 En ces jours, j’ai loué et j’ai exalté le nom du Seigneur des esprits, avec bénédiction et louange, car il m’a confirmé en bénédiction et en gloire, selon le bon plaisir du Seigneur des esprits. 10 Et longtemps mes yeux ont regardé cet endroit, et je l’ai béni et je l’ai glorifié en disant : Béni il est, et béni soit-il depuis le commencement jusqu’à l’éternité ! 11 Et devant lui, il n’y a point de fin : avant que le monde ne soit créé, il sait ce qu’il est, ainsi que ce qui aura lieu de génération en génération. 12 Ils te bénissent, ceux qui ne dorment pas, ils se tiennent devant ta gloire, et ils bénissent, ils glorifient et ils exaltent en disant : Saint, Saint, Saint, le Seigneur des esprits ; il remplit la terre d’esprits. 13 Et là mes yeux virent tous ceux qui ne dorment pas se tenir devant lui et bénir et dire : Bénis sois-tu ; et béni soit le nom du Seigneur pour les siècles des siècles ! 14 Et mon visage fut transformé, de sorte que je ne pouvais plus regarder.

 

 

 

CHAPITRE XL

 

Les quatre archanges.

 

Et après cela, je vis des milliers de milliers et des myriades de myriades, innombrables et sans supputation, qui se tiennent devant le Seigneur des esprits. 2 Puis je regardai et je vis, aux quatre côtés du Seigneur des esprits, quatre visages différents de ceux qui ne dorment pas, et j’appris leurs noms que me fit connaître l’ange qui marchait avec moi et me faisait voir tous les secrets. 3 Et j’entendis les voix de ces quatre visages, tandis qu’ils chantaient des louanges en présence du Seigneur de gloire. 4 La première voix bénit le Seigneur des esprits pour le siècle des siècles. 5 Et j’entendis la seconde voix bénir l’Élu et les élus qui dépendent du Seigneur des esprits. 6 Et j’entendis la troisième voix demander et prier pour ceux qui habitent sur l’aride ; et elle suppliait au nom du Seigneur des esprits. 7 Et j’entendis la quatrième voix chasser les Satans, et elle ne leur permettait pas d’arriver auprès du Seigneur des esprits, pour accuser ceux qui habitent l’aride.

8 Après cela je demandai à l’ange de paix qui marchait avec moi et me montrait tout ce qui est caché : Quels sont ces quatre visages que j’ai vus et dont j’ai entendu et écrit la parole ? 9 Et il me dit : Le premier est le miséricordieux et très patient Michaël ; le second, qui est préposé à toutes les maladies et à toutes les blessures des enfants des hommes, est Raphaël ; le troisième, qui est préposé à toute force, est Gabriel ; et le quatrième, qui préside au repentir, pour l’espoir de ceux qui hériteront la vie éternelle, son nom est Phanuel. 10 Ce sont là les quatre anges du Seigneur des esprits et les quatre voix que j’avais entendues.

 

 

 

CHAPITRE XLI

 

(Hénoch voit les séjours des élus, puis – interpolation – les secrets des éléments... soleil et lune, louant le Seigneur...)

 

8 Et le parcours du chemin de la lune est lumière pour les justes et ténèbres pour les pécheurs, au nom du Seigneur qui a séparé la lumière des ténèbres, qui a partagé les esprits des hommes...

 

 

 

CHAPITRE XLII

 

(La sagesse, n’ayant pas trouvé d’habitation parmi les enfants des hommes, est revenue se fixer au milieu des anges. L’injustice, sortie de ses repaires, habite parmi ceux qu’elle a trouvés.)

 

 

 

CHAPITRES XLIII, XLIV

 

(Étoiles représentant les saints ; d’autres transformées en éclairs.)

 

 

 

CHAPITRE XLV

 

Seconde parabole : le sort des renégats ; cieux et terre transformés. L’Élu.

 

Voici la seconde parabole sur ceux qui renient le nom du Séjour des saints, ainsi que le Seigneur des esprits.

2 Ils ne monteront pas au ciel et ils n’atteindront pas la terre : tel sera le lot des pécheurs qui ont renié le nom du Seigneur des esprits, et qui, ainsi, sont réservés pour le jour de l’affliction et de l’infortune. 3 En ce jour mon Élu siégera sur un trône de gloire, et il choisira parmi leurs actions (des hommes), et leurs lieux de repos seront innombrables ; et leur âme s’affermira au dedans d’eux, lorsqu’ils verront mes élus et ceux qui ont eu recours à mon nom glorieux.

4 En ce jour je ferai habiter mon Élu au milieu d’eux, et je transformerai le ciel, et je le ferai bénédiction et lumière pour l’éternité. 5 Et je transformerai l’aride et je la ferai bénédiction ; et j’y ferai habiter mes élus ; mais ceux qui ont commis le péché et le crime ne la fouleront pas. 6 Car moi, j’ai vu et j’ai rassasié de paix mes justes, et je les ai fait habiter devant moi ; mais le jugement des pécheurs s’est approché de moi afin que je les fasse disparaître de la face de la terre.

 

 

 

CHAPITRE XLVI

 

La « Tête des jours » et le Fils de l’homme.

 

Là je vis quelqu’un qui avait une « Tête des jours », et sa tête était comme de la laine blanche, et avec lui un autre dont la figure avait l’apparence d’un homme, et sa figure était pleine de grâce, comme un des anges saints. 2 J’interrogeai l’ange qui marchait avec moi, et qui me faisait connaître tous les secrets au sujet de ce Fils de l’homme : qui est-il, et d’où vient-il ; pourquoi marche-t-il avec la Tête des jours ? 3 Il me répondit et me dit : C’est le Fils de l’homme, qui possède la justice et avec lequel la justice habite, qui révélera tous les trésors des secrets, parce que le Seigneur des esprits l’a choisi, et son sort a vaincu par le droit devant le Seigneur des esprits pour l’éternité. 4 Le Fils de l’homme que tu as vu fera lever les rois et les puissants de leurs couches, et les forts de leurs sièges, et il rompra les freins des forts, et il brisera les dents des pécheurs ; 5 et il renversera les rois de leurs trônes et de leur pouvoir, parce qu’ils ne l’ont pas exalté et qu’ils ne l’ont pas glorifié et qu’ils n’ont pas confessé humblement d’où leur avait été donnée la royauté. 6 Il renversera la face des forts, et il les remplira de honte ; les ténèbres seront leur demeure et les vers seront leur couche, et ils ne pourront pas espérer se soulever de leur couche, parce qu’ils n’ont pas exalté le nom du Seigneur des esprits.

7 Ce sont ceux qui jugent les étoiles du ciel et qui lèvent leurs mains contre le Très-Haut, qui foulent l’aride et habitent sur elle, et dont toutes les œuvres manifestent l’injustice ; leur puissance réside dans leur richesse, et leur confiance (va) aux dieux qu’ils ont faits de leurs mains ; ils renient le nom du Seigneur des esprits ; 8 et ils persécutent ses assemblées ; et les fidèles qui sont attachés au nom du Seigneur des esprits.

 

 

 

CHAPITRE XLVII

 

Le sang des saints crie vengeance.

 

Et dans ces jours la prière des justes et le sang du juste monteront de la terre devant le Seigneur des esprits.

2 En ces jours, les saints qui habitent au haut des cieux s’uniront en une seule voix, et ils supplieront, prieront, glorifieront, remercieront et béniront le nom du Seigneur des esprits au sujet du sang des justes qui a été versé et de la prière des justes, afin qu’elle ne soit pas vaine devant le Seigneur des esprits, mais que justice leur soit faite, et que leur attente ne soit pas éternelle.

3 En ce temps, je vis la « Tête des jours », tandis qu’il siégeait sur le trône de sa gloire, et les livres des vivants furent ouverts devant lui, et toute son armée, qui habite au haut des cieux, et sa cour se tenaient debout en sa présence. 4 Et le cœur des saints fut rempli de joie parce que le nombre de la justice est proche (du terme fixé), la prière des justes a été exaucée, et le sang du juste a été vengé devant le Seigneur des esprits.

 

 

 

CHAPITRE XLVIII

 

Le Fils de l’homme, justicier.

 

(Hénoch voit la source de justice où boivent les altérés, qui habitent avec les saints.)

 

Et à ce moment, ce Fils de l’homme fut nommé auprès du Seigneur des esprits, et son nom (fut nommé) devant la « Tête des jours ». 3 Et avant que le soleil et les signes fussent créés, avant que les étoiles du ciel fussent faites, son nom fut nommé devant le Seigneur des esprits. 4 Il sera un bâton pour les justes, afin qu’ils puissent s’appuyer sur lui et ne pas tomber ; il sera la lumière des peuples, et il sera l’espérance de ceux qui souffrent dans leur cœur. 5 Tous ceux qui habitent sur l’aride se prosterneront et l’adoreront ; et ils béniront et ils glorifieront et ils chanteront le Seigneur des esprits.

6 Et c’est pour cela qu’il a été élu et caché devant lui avant la création du monde, et pour l’éternité... 7 La sagesse du Seigneur des esprits l’a révélé aux saints et aux justes, car il a conservé la part des justes parce qu’ils ont haï et méprisé ce monde d’injustice et qu’ils en ont haï toute l’œuvre et les voies au nom du Seigneur des esprits ; car c’est par son nom qu’ils seront sauvés, et il est le vengeur de leur vie.

 

(8-10 Les rois et les puissants brûlés devant les élus à qui Dieu les a livrés, parce qu’ils ont renié le Seigneur des esprits et son Messie : repos sur la terre.)

 

 

 

CHAPITRE XLIX

 

Puissance et Sagesse de l’Élu.

 

Car devant lui la sagesse coule comme de l’eau et la gloire ne passe pas dans les siècles des siècles. 2 Parce qu’il est puissant dans tous les secrets de justice, l’injustice s’évanouira comme l’ombre et n’aura pas de refuge ; car l’Élu se tient debout devant le Seigneur des esprits, et sa gloire (demeure) pour les siècles des siècles, et sa puissance pour les générations des générations. 3 En lui habite l’esprit de sagesse, et l’esprit qui éclaire, et l’esprit de science et de force, et l’esprit de ceux qui se sont endormis dans la justice. 4 C’est lui qui juge les choses secrètes, et personne ne peut prononcer de paroles vaines devant lui, car il est Élu en présence du Seigneur des esprits, selon son bon plaisir.

 

 

 

CHAPITRE L

 

Rétribution au jour de l’Élu.

 

(Lumière, gloire et victoire pour les saints.)

 

2 Aux autres l’Élu montre à faire pénitence et à renoncer à l’œuvre de leurs mains. 3 Ils n’auront pas honneur par le nom du Seigneur des esprits, mais par son nom ils seront sauvés, et le Seigneur des esprits aura pitié d’eux, car sa miséricorde est grande.....

 

 

 

CHAPITRE LI

 

L’Élu choisit les justes, qui habiteront sur la terre.

 

En ces jours, la terre rendra son dépôt, et le schéol rendra ce qu’il a reçu, et les enfers rendront ce qu’ils doivent. 2 Il (Élu) choisira parmi eux les justes et les saints, car il est proche le jour où ils seront sauvés. 3 L’Élu, en ces jours, siégera sur mon trône, et tous les secrets de la sagesse sortiront des sentences de sa bouche, car le Seigneur des esprits l’a gratifié de ce don et l’a glorifié. 4 En ces jours les montagnes sauteront comme des béliers, et les collines bondiront comme des agneaux rassasiés de lait ; et tous les justes deviendront des anges dans le ciel. Leur visage brillera de joie, parce que, en ces jours, l’Élu se lèvera ; et la terre se réjouira, et les justes l’habiteront, et les élus marcheront et se promèneront sur elle.

 

 

 

CHAPITRE LII

 

Au jour du jugement.

 

(Toutes les montagnes de métal fondront devant l’Élu... Tout servira au pouvoir de son Messie pour qu’il soit fort et puissant sur la terre. Alors pas de salut ni de fuite possibles. Tout cela sera détruit sur la face de la terre, lorsque apparaîtra l’Élu devant la face du Seigneur des esprits.)

 

 

 

CHAPITRE LIII

 

La Vallée du jugement.

 

(Vallée profonde, insatiable ; instruments de Satan préparés par les anges du châtiment pour les rois et les puissants de la terre.)

 

6 Après cela le Juste et l’Élu fera apparaître la maison de son assemblée ; désormais (les justes) n’en seront plus repoussés grâce au nom du Seigneur des esprits.

 

 

 

CHAPITRE LIV

 

La Vallée de feu.

 

Et je regardai, et je me tournai vers un autre côté de la terre, et je vis là une vallée profonde où un feu flambait. 2 Et on amena les rois et les puissants et on les jeta dans cette vallée profonde. 3 Là mes yeux virent fabriquer leurs instruments de supplice, des chaînes de fer qu’on ne pourrait peser. 4 Et j’interrogeai... 5 Il me dit : Ces chaînes sont préparées pour les troupes d’Azazel afin de les prendre et de les jeter dans l’abîme de toute damnation, et de couvrir leurs mâchoires de pierres raboteuses, selon que l’a ordonné le Seigneur des esprits. 6 Puis Michaël, Gabriel, Raphaël et Phanuel les saisiront en ce grand jour, et les jetteront, ce jour-là, dans la fournaise ardente, afin que le Seigneur des esprits les châtie de leur iniquité, car ils se sont faits les serviteurs de Satan, et ils ont entraîné au péché ceux qui habitent sur l’aride.

...9 Et tous ceux qui habitent sur l’aride et ceux qui habitent sous les extrémités du ciel seront anéantis. 10 C’est pourquoi ils reconnaîtront l’injustice qu’ils ont commise sur la terre, et par elle ils périront.

 

 

 

CHAPITRE LVI

 

Châtiment des damnés. Attaques contre la terre des élus.

 

(Les anges du châtiment vont jeter dans la crevasse de la vallée leurs élus et bien-aimés, et ainsi le temps de leur vie sera consommé.)

 

5 En ces jours, les anges reviendront et se jetteront vers l’orient, chez les Parthes et les Mèdes, ils secoueront les rois, et un esprit de trouble les envahira ; et ils les renverseront de leurs trônes et ces rois s’enfuiront comme des lions de leurs tanières et des hyènes affamées au milieu de leurs troupeaux. 6 Et ils monteront et ils fouleront la terre de ses élus et la terre de ses élus sera devant eux une aire et un sentier battu. 7 Mais la ville de mes justes sera un obstacle pour leurs chevaux, et ils allumeront la guerre entre eux, et leur droite déploiera sa force contre eux : – l’homme ne connaîtra pas son frère, ni le fils son père et sa mère, jusqu’à ce que le nombre des cadavres soit complet par suite de leur mort, et que leur châtiment ne soit pas vain. 8 En ce temps, le schéol ouvrira sa gueule, ils y seront engloutis et leur destruction prendra fin (?) ; le schéol dévorera les pécheurs devant la face des élus.

 

 

 

CHAPITRE LVII

 

(Hénoch entend des chars portés sur les vents, à grand fracas et ébranlant la colonne de la terre.)

 

Fin de la seconde parabole : retour des exilés.

 

 

 

CHAPITRE LVIII

 

Troisième parabole. Bonheur des saints.

 

2 Heureux êtes-vous, ô justes, car votre part est glorieuse ! 3 Les justes seront dans la lumière du soleil, et les élus dans la lumière d’une vie éternelle ; et les jours de leur vie seront sans fin, les jours des saints seront sans nombre. 4 Ils chercheront la lumière et ils trouveront la justice au nom du Seigneur du monde ! 5 Après cela il sera dit aux saints dans le ciel de chercher le secret de la justice, partage de la foi, car elle brille comme le soleil sur l’aride et les ténèbres ont disparu. 6 Et il y aura une lumière qui ne se peut évaluer, et ils n’entreront pas dans un nombre (limité) de jours, car auparavant les ténèbres auront été dissipées, la lumière aura été affermie devant le Seigneur des esprits, et la lumière de vérité aura été affermie pour toujours devant le Seigneur des esprits.

 

 

 

CHAPITRE LIX

 

(Secrets des éclairs, luminaires et tonnerres.)

 

 

 

CHAPITRE LX

 

Béhémoth et Léviathan. (Interpolation.)

 

(Ébranlement dans le ciel ; Michel envoie un ange rassurer Hénoch.)

 

5 Et Michaël me dit : pourquoi la vision de ces choses te trouble-t-elle ? Jusqu’à ce jour a été le temps de sa miséricorde, et il a été miséricordieux et lent à la colère pour ceux qui habitent sur l’aride. 6 Mais quand viendra le jour, et la puissance et le châtiment et le jugement, que le Seigneur des esprits a préparés pour ceux qui n’adorent pas le jugement de justice, pour ceux qui renient le jugement de justice et pour ceux qui prennent son nom en vain, et ce jour a été préparé : pacte pour les élus mais inquisition pour les pécheurs.

7 Or deux monstres ont été séparés en ce jour : un monstre femelle du nom de Léviathan, pour qu’il habite dans l’abîme des mers, au-dessus des sources des eaux ; 8 et un mâle du nom de Béhémoth, qui occupe avec sa poitrine le désert immense du nom de Dendaïm, à l’orient du jardin où demeurent les élus et les justes, où il reçut mon grand-père, le septième depuis Adam, le premier homme qu’a fait le Seigneur des esprits.

 

(Puis révélations sur les esprits des éléments.)

 

 

 

CHAPITRE LXI

 

Le séjour des justes. Jugement des saints par l’Élu.

 

Or je vis en ces jours : de longues cordes furent données à ces anges, et ils prirent des ailes et s’envolèrent, et ils allèrent du côté du nord. 2 (Question) Il me dit, ils sont allés afin de mesurer. 3 Et l’ange qui marchait avec moi me dit : Ceux-ci apportent aux justes les mesures des justes et les cordeaux des justes, pour qu’ils s’appuient sur le nom du Seigneur des esprits pour les siècles des siècles. 4 Les élus commenceront à habiter avec les élus, et ces mesures sont celles qui seront données à la foi, et qui affermiront la justice. 5 Ces mesures révéleront tous les secrets de l’abîme de la terre, et ceux qui ont été détruits par le désert, et ceux qui ont été engloutis par les poissons de la mer et par les bêtes, afin qu’ils reviennent et qu’ils s’appuient sur le jour de l’Élu, car il n’y a rien qui périsse devant le Seigneur des esprits, et il n’y a rien qui puisse périr. 6 Et tous ceux qui sont en haut du ciel ont reçu un ordre, et un pouvoir, et une seule voix, et une seule lumière comme du feu. 7 Ils ont béni l’Élu, ils ont été sages par la parole et par l’esprit de vie.

8 Et le Seigneur des esprits a fait asseoir l’Élu sur un trône de gloire, et il jugera toutes les œuvres des saints en haut du ciel, et leurs œuvres seront pesées dans la balance. 9 Quand il lèvera sa face pour juger leurs voies secrètes par la parole du nom du Seigneur des esprits et leur sentier par la voie du juste jugement du Seigneur des esprits, ils parleront tous d’une seule voix, et ils béniront et loueront et exalteront et proclameront saint le nom du Seigneur des esprits. 10 Et elle le proclamera, toute l’armée des cieux et tous les saints en haut, et l’armée du Seigneur de l’Univers, les chérubins, les séraphins, les ophanim, tous les anges de puissance et tous les anges des principautés, et l’Élu, et les autres puissances qui sont sur l’aride et sur l’eau. 11 En ce jour, ils élèveront la voix, et ils béniront, ils loueront et ils exalteront dans l’esprit de fidélité, dans l’esprit de sagesse, dans l’esprit de patience, dans l’esprit de miséricorde, dans l’esprit de justice et de paix, et dans l’esprit de bonté, et ils diront tous d’une seule voix : Béni est et béni soit le nom du Seigneur des esprits, à jamais et jusqu’à l’éternité ! 12 Ils le béniront, tous ceux qui ne dorment pas en haut du ciel, ils le béniront, tous les saints qui sont dans le ciel, et tous les élus qui habitent dans le jardin de vie, et tout esprit de lumière qui pourra bénir et louer et exalter et proclamer saint ton nom béni, et toute chair qui louera et bénira au-delà de toutes ses forces ton nom pour les siècles des siècles. 13 Car grande est la miséricorde du Seigneur des esprits et il est lent à la colère, et toutes ses œuvres et la mesure de ses œuvres il les a révélées aux justes et aux élus, au nom du Seigneur des esprits.

 

 

 

CHAPITRE LXII

 

L’Élu juge les impies et les justes.

 

(Dieu ordonne aux puissants de regarder l’Élu.)

 

2 Et le Seigneur des esprits s’assit sur le trône de sa gloire, l’Esprit de justice se répandit sur lui (l’Élu), et la parole de sa bouche mit à mort tous les pécheurs, et tous les méchants furent détruits devant sa face.

3 (Tous le voient sur le trône de sa gloire : ils sont terrifiés...)

6 Et les rois et les puissants et tous ceux qui possèdent la terre loueront, béniront et exalteront celui qui règne sur tout ce qui est secret. 7 Car devant lui est caché le Fils de l’homme, et le Très-Haut l’a gardé devant sa puissance et l’a révélé aux élus...

9 Et tous les rois, et les puissants, et les grands, et ceux qui dominent l’aride, tomberont devant lui sur leur face, et ils adoreront, et ils espéreront en ce Fils de l’homme, et ils le supplieront et lui demanderont miséricorde. 10 Mais ce Seigneur des esprits les pressera pour qu’ils se hâtent de sortir de devant sa face et il remplira de honte leur face, et les ténèbres s’accumuleront sur leur face. 11 Et il les livrera aux anges pour le châtiment, afin qu’ils les punissent, eux qui ont opprimé ses enfants et ses propres élus. 12 Et ils seront en spectacle aux justes et à ses élus ; ils se réjouiront à leur sujet, parce que la colère du Seigneur des esprits s’appesantit sur eux, et que son glaive s’enivre d’eux. Mais les justes et les élus seront sauvés en ce jour, et ils ne verront plus désormais la face des pécheurs et des méchants. 14 Et le Seigneur des esprits demeurera sur eux, et avec ce Fils de l’homme ils mangeront, ils se coucheront et se lèveront pour les siècles des siècles. 15 Et les justes et les élus se lèveront de la terre, ils cesseront de baisser la face, et ils revêtiront des vêtements de gloire. 16 Et tels seront vos vêtements : des vêtements de vie de la part du Seigneur des esprits, et vos vêtements ne vieilliront pas, et votre gloire ne passera pas devant le Seigneur des esprits.

 

 

 

CHAPITRE LXII

 

Les rois et les puissants supplient inutilement le Juge.

 

En ces jours, les puissants et les rois qui possèdent l’aride supplieront les anges du châtiment, à qui ils ont été livrés, de leur donner un peu de repos, afin qu’ils tombent devant le Seigneur des esprits et l’adorent, et pour qu’ils confessent leurs péchés devant lui. 2 Et ils béniront, et ils loueront le Seigneur des esprits et ils diront : Béni soit le Seigneur des esprits, le Seigneur des rois, le Seigneur des puissants, le Seigneur des riches, le Seigneur de gloire et le Seigneur de sagesse ; il éclaire tout ce qui est secret. 3 Ta puissance (demeure) pour les générations des générations, et ta gloire pour les siècles des siècles. Tous tes secrets sont profonds et sans nombre, et ta justice est incommensurable. 4 Maintenant nous reconnaissons que nous devons louer et bénir le Seigneur des rois, et celui qui règne sur tous les rois.

5 Et ils diront : Qui nous donnera du repos pour te glorifier, et te rendre grâces, et te confesser en présence de ta gloire ? 6 Maintenant nous soupirons après un peu de repos, et nous n’en trouvons pas ; nous sommes chassés et nous ne possédons rien ; la lumière s’est évanouie devant nous, et les ténèbres sont notre demeure pour les siècles des siècles. 7 Car devant lui nous n’avons pas confessé et nous n’avons pas loué le nom du Seigneur des esprits, et nous n’avons pas loué notre Seigneur, mais notre espérance a été dans la verge de notre commandement et dans notre gloire. 8 Aussi, dans le jour de notre affliction et de notre tribulation, il ne nous a pas sauvés, et nous ne trouvons pas de repos pour confesser que notre Seigneur est fidèle en toutes ses œuvres, et dans son jugement et dans sa justice, et que son jugement ne fait acception de personne. 9 Nous passons loin de sa face à cause de nos actions, et tous nos péchés ont été comptés avec justice.

10 Puis ils leur diront (aux anges du châtiment) : notre âme est rassasiée des biens de l’iniquité, mais ils ne nous empêchent pas de descendre de leur sein dans les souffrances du schéol. 11 Et après cela leur face sera remplie d’obscurité et de confusion devant ce Fils de l’homme, et ils seront chassés de devant sa face, et le glaive demeurera devant sa face au milieu d’eux. 12 Ainsi dit le Seigneur des esprits : Tel est le sort et le châtiment des puissants et des rois, et des grands, et de ceux qui possèdent l’aride, devant le Seigneur des esprits.

 

 

 

CHAPITRE LXIV

 

(Lieu de châtiment des mauvais anges.)

 

 

 

CHAPITRES LXV, LXVI

 

(Annonce du déluge et punition des anges qui ont enseigné aux hommes l’usage des métaux.)

 

 

 

CHAPITRE LXVII

 

Punition des mauvais anges.

 

(Dieu promet à Noé que les anges feront l’arche.)

 

4 Et il enfermera les anges qui ont montré l’iniquité dans cette vallée brûlante que m’avait d’abord montrée mon grand-père Hénoch, à l’occident, auprès des montagnes d’or, d’argent, de fer, de métal fondu et d’étain. 5 Et je vis cette vallée où il y avait une grande perturbation et une perturbation des eaux. 6 Et quand tout cela fut accompli, de ce métal fondu de feu et de l’agitation qui les agitait, en ce lieu s’exhala une odeur de soufre, et elle se mêla avec ces eaux, et cette vallée où les anges qui avaient séduit (les hommes) brûle au-dessous de cette terre. 7 Et de ses vallées sortent des fleuves de feu où sont châtiés ces anges, qui ont séduit ceux qui habitent sur l’aride.

8 Ces eaux serviront en ces jours aux rois, et aux puissants, et aux grands, et à ceux qui habitent sur l’aride, pour la guérison de la chair et pour le châtiment de l’esprit ; mais leur esprit est plein de volupté, de sorte que leur chair sera châtiée, parce qu’ils ont renié le Seigneur des esprits, et ils voient leur châtiment de chaque jour sans confesser mon nom. 9 Plus leur chair est brûlée avec intensité, plus il se produit de changement dans leur esprit pour les siècles des siècles (dans le sens du mal ?) 10 Car le jugement viendra sur eux, parce qu’ils croient à la volupté de leur chair, et qu’ils renient l’Esprit du Seigneur. 11 En ces jours, il y a dans ces mêmes eaux un changement, car, lorsque ces anges sont châtiés dans ces eaux, la chaleur de ces sources d’eau est changée, et quand les anges montent, cette eau des sources est – encore – changée et elle se refroidit. 12 Et j’entendis Michaël prendre la parole et dire : Ce châtiment, dont sont châtiés les anges, est un témoignage pour les rois et pour les puissants qui possèdent l’aride. 13 Car ces eaux de châtiment sont pour la guérison de la chair des rois et pour la volupté de leur chair, mais ils ne voient pas et ils ne croient pas que ces eaux seront changées et deviendront un feu brûlant à jamais.

 

 

 

CHAPITRE LXVIII

 

(Michaël s’étonne de la sévérité de ce châtiment, mais il ne prend pas parti pour eux contre le Seigneur des esprits.)

 

 

 

CHAPITRE LXIX

 

(Quelques noms des anges châtiés. Leurs fautes : ils ont révélé aux hommes l’écriture, les plaies, le serment par le nom secret de Dieu, serment qui opère des merveilles de création et de conservation. Mais ce serment conserve les esprits.)

 

26 Et ils ont ressenti une grande joie, et ils ont béni et loué et exalté (le Seigneur) parce que leur avait été révélé le nom de ce Fils de l’homme. 27 Il s’est assis sur le trône de sa gloire et la somme du jugement a été donnée au Fils de l’homme (il éloignera et détruira les pécheurs). 29 Et dès lors il n’y aura rien de corruptible, car ce Fils de l’homme a apparu et s’est assis sur le trône de sa gloire, et tout mal s’éloignera et s’en ira de devant sa face, mais la parole de ce Fils de l’homme restera devant le Seigneur des esprits.

Telle est la troisième parabole d’Hénoch.

 

 

 

CHAPITRE LXX

 

(Hénoch élevé sur le char du vent auprès de ce Fils de l’homme, au milieu des anges et des saints.)

 

 

 

CHAPITRE LXXI

 

(Hénoch voit les anges, les fleuves de feu, les mystères des éléments, puis le ciel des cieux.)

 

5 Et je vis là au milieu de cette lumière comme une maison qui était bâtie en blocs de glace, et parmi ces blocs il y avait des langues de feu vivant.

 

(Il voit les anges de toute catégorie.)

 

10 Et avec eux était la Tête des jours : sa tête était blanche et pure comme la laine, ainsi que ses vêtements qui étaient indescriptibles.

 

(La Tête des jours vient vers Hénoch, l’assure de sa protection et lui dit :)

 

15 Il (Dieu) appellera sur toi la paix au nom du siècle.

 

(Elle ne t’abandonnera jamais.)

 

17 Et il se passera ainsi de longs jours avec ce Fils de l’homme, et la paix sera aux justes et la voie droite aux justes, au nom du Seigneur des esprits pour les siècles des siècles.

 

 

 

 

TROISIÈME PARTIE

 

Livre du changement des luminaires du ciel.

 

F. Martin situe cette partie antérieurement à 135 avant Jésus-Christ.

 

 

 

CHAPITRES LXXII-LXXIX

 

Visions et révélations cosmologiques.

 

 

 

CHAPITRE LXXX

 

Aux derniers jours ; pécheurs châtiés.

 

(Révélé par Uriel.) 2 Aux jours des pécheurs les années seront abrégées, et leur semence se retardera sur leur terre et sur leurs champs, et toute œuvre sur la terre sera changée et n’apparaîtra plus en son temps, et la pluie sera retenue, et le ciel l’arrêtera. 3 Et en ce temps le fruit de la terre sera retardé... 4 Et la lune changera sa loi et elle n’apparaîtra pas en son temps. 5 Et en ces jours apparaîtra dans le ciel et arrivera la stérilité sur le haut d’un grand char à l’occident, et elle brillera extraordinairement, plus que ne le veut la loi de la lumière.

6 Et beaucoup erreront des chefs des étoiles de l’ordre, et ceux-ci changeront leurs voies et leur œuvre, et ils n’apparaîtront pas dans les temps qui leur sont prescrits. 7 Et toutes les lois des étoiles seront fermées pour les pécheurs, et les pensées de ceux qui vivent sur la terre erreront à leur sujet, et ils se détourneront de toutes leurs voies, et ils erreront, et ils les regarderont comme des dieux (les étoiles). 8 Et le mal se multipliera contre eux et le châtiment viendra sur eux pour les anéantir tous.

 

 

 

CHAPITRE LXXXI

 

Les Tablettes du ciel.

 

Et il me dit : Regarde, Hénoch, les tablettes du ciel, et lis ce qui y est écrit, et comprends tout distinctement. 2 Et je regardai les tablettes du ciel et je lus tout ce qui était écrit et je compris tout, et je lus le livre de toutes les œuvres des hommes et de tous les enfants de chair, qui sont sur la terre jusqu’aux générations éternelles. 3 Et aussitôt je bénis le Seigneur grand, le roi de gloire pour l’éternité, parce qu’il a fait toutes les créatures du monde, et je louai le Seigneur pour sa patience, et je le bénis pour les enfants d’Adam. 4 Et alors je dis : Heureux l’homme qui meurt juste et bon et contre lequel n’est écrit ni trouvé un livre d’injustice au jour du jugement.

5 Et ces sept saints m’apportèrent et me déposèrent sur la terre devant la porte de ma maison et ils me dirent : Fais connaître tout à Mathusala ton fils, et apprends à tous ses enfants qu’aucun être de chair n’est juste devant le Seigneur, car il est leur créateur. 6 (Mission pour un an.) 7 Que ton cœur soit fort, car les bons apprendront la justice aux bons, le juste se réjouira avec les justes et ils se salueront entre eux. 8 Mais le pécheur mourra avec le pécheur et l’apostat sera submergé avec l’apostat. 9 Et ceux qui accomplissent la justice mourront par l’œuvre des hommes et ils seront réunis par l’œuvre des méchants.

 

 

 

CHAPITRE LXXXII

 

(Hénoch communique à Mathusala tout ce qu’il a reçu ; il l’engage à tenir compte des indications sur le calendrier, suivant les supputations exactes d’Uriel. Noms des anges guidant les étoiles et déterminant les temps.)

 

 

 

QUATRIÈME PARTIE

 

Le livre des Songes.

 

Ce livre aurait été écrit peu de temps avant la mort de Judas Macchabée (160 av. J-C.).

 

 

 

CHAPITRE LXXXIII

 

Premier songe d’Hénoch.

 

(Il le raconte à Mathusala.)

 

3 J’étais couché dans la maison de Malaléel, mon grand-père, je vis en vision le ciel abattu, enlevé et tombant sur la terre. 4 Et lorsqu’il tomba sur la terre, je vis la terre engloutie dans un grand abîme, les montagnes suspendues sur les montagnes, les collines s’abîmant sur les collines, et de grands arbres séparés de leurs troncs, projetés et submergés dans l’abîme. 5 Alors une parole tomba de ma bouche, et j’élevai la voix pour crier, et je dis : La terre est détruite. Malaléel lui annonce que tout cela est proche et l’engage à prier pour que Dieu laisse un reste sur la terre. (Il prie. 11 Puis...) je bénis le Seigneur du jugement, et je l’exaltai, parce qu’il fait lever le soleil par les fenêtres de l’orient, de sorte qu’il monte, et qu’il brille...

 

 

 

CHAPITRE LXXXIV

 

(Hénoch adresse à Dieu une prière, dans laquelle il proclame la puissance divine ; et il demande que lui soit laissée une postérité.)

 

 

 

CHAPITRE LXXXV

 

Deuxième songe d’Hénoch. – Histoire du monde.

 

(Elle est racontée sous forme symbolique, les hommes étant représentés sous la forme de taureaux, génisses, veaux : d’Adam à Seth et ses descendants.)

 

 

 

CHAPITRES LXXXVI-LXXXIX

 

Suite de l’histoire.

 

(La chute des anges, qui sont châtiés ; histoire du déluge ; divisions entre les hommes ; les douze fils de Jacob ; Moïse et son œuvre (brebis au milieu de loups) ; en Palestine : juges et rois ; infidélités d’Israël, les brebis perdues par leurs pasteurs ; captivité, dispersion et reconstruction du Temple.)

 

 

 

CHAPITRE XC

 

Suite de l’histoire jusqu’aux temps messianiques et au jugement final.

 

(Les brebis persécutées par les fauves. La révolte des Macchabées, Judas étant représenté par une brebis à la grande corne, contre laquelle les ennemis sont impuissants.)

 

19 Et je vis jusqu’à ce que le Seigneur des brebis vint auprès d’elles, et il prit en main la verge de sa colère, et il frappa la terre et la terre s’entrouvrit et toutes les bêtes et les oiseaux du ciel tombèrent loin de ces brebis et furent englouties dans la terre qui se ferma sur eux.

(Le jugement.) 20 Et je vis jusqu’à ce qu’un trône fut élevé sur la terre agréable et le Seigneur des brebis s’assit dessus, et il (un ange) prit tous les livres scellés et il ouvrit ces livres devant le Seigneur des brebis. Il a pour assesseurs les sept anges fidèles.

 

(Condamnation des pasteurs infidèles et des étoiles pécheresses : dans un précipice de feu.)

 

28 Le Seigneur des brebis plie la vieille maison, – l’ancienne Jérusalem – et 29 il apporte une maison, plus grande et plus élevée que la première... – la nouvelle Jérusalem.

30 Conversion des gentils et Messie (le taureau blanc). Et je vis toutes les brebis qui restaient, et tous les animaux qui étaient sur la terre, et tous les oiseaux du ciel se prosterner, adorer ces brebis et les supplier, et leur obéir au moindre mot. 31 Ensuite ces trois qui étaient vêtus de blanc me prirent par la main, – c’étaient ceux qui m’avaient enlevé d’abord, – et la main de ce bélier me tenant, ils me firent monter et me firent asseoir au milieu des brebis, avant que le jugement n’eût lieu. 32 Et ces brebis étaient toutes blanches, et leur toison grande et pure. 33 Et toutes celles qui avaient péri et avaient été dispersées, et toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel se réunirent dans cette maison, et le Seigneur des brebis se réjouit d’une grande joie parce qu’ils étaient tous bons et qu’ils étaient revenus à sa maison. 34 Et je vis jusqu’à ce qu’elles (brebis) déposèrent l’épée qui avait été donnée aux brebis, et elles la rapportèrent dans la maison ; et on la scella en présence du Seigneur ; et toutes les brebis furent appelées dans cette maison, mais elle ne les contint pas. 35 Et leurs yeux à toutes s’ouvrirent et elles y virent bien, et il n’y en eut pas une seule qui ne vit au milieu d’elles. 36 Et je vis que cette maison était grande et spacieuse et tout à fait pleine. 37 Et je vis qu’un taureau blanc naquit, et ses cornes étaient grandes, et toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel le craignaient et le suppliaient en tout temps. 38 Et je vis jusqu’à ce que furent changées toutes leurs espèces, et ils devinrent tous des taureaux blancs, et le premier au milieu d’eux devint un buffle, et il avait sur sa tête de grandes cornes noires, et le Seigneur des brebis se réjouit sur lui et sur tous les taureaux.

 

39 (Moi au milieu d’eux. Il s’éveille : larmes de joie :)

 

car tout viendra et sera accompli ; et toutes les actions des hommes m’ont été montrées l’une après l’autre.

 

 

 

 

CINQUIÈME PARTIE

 

Le livre de l’exhortation de la malédiction.

 

 

Ce livre remonterait au commencement du second siècle avant J.-C., si les Justes persécutés sont les Pharisiens et leurs oppresseurs des rois Hasmonéens.

 

 

 

CHAPITRE XCI

 

(Hénoch exhorte ses descendants à persévérer dans la vérité et la justice ; il annonce une recrudescence d’injustice et de violence. Mais les violents seront punis et les idoles jetées au feu.)

 

10 Alors les justes surgiront de leur sommeil, la sagesse aussi se lèvera et leur sera donnée.

 

 

 

CHAPITRE XCII

 

(Que les justes ne s’attristent pas ; viendra un temps où ils se réveilleront et Dieu leur sera propice, tandis que le péché sera perdu à jamais.)

 

 

 

CHAPITRE XCIII

 

Apocalypse des semaines.

 

(Hénoch raconte l’histoire du monde – et d’Israël – pendant les dix semaines qui commencent à sa naissance.)

 

12 Et ensuite, il y aura une autre semaine, la huitième ; ce sera celle de la justice : une épée lui sera remise pour qu’il soit fait jugement et justice des oppresseurs, et les pécheurs seront livrés aux mains des justes. 13 Et vers sa fin, ils (justes) acquerront des maisons à cause de leur justice, et une maison sera élevée pour le grand Roi, dans une splendeur éternelle. 14 Et après cela, dans la neuvième semaine, le jugement de justice sera dévoilé à l’univers, et toutes les œuvres des impies disparaîtront de la terre entière, et le monde sera inscrit pour la perdition, et tous les hommes verront les voies du bien. 15 Et après cela, dans la dixième semaine, dans sa septième partie, aura lieu le grand jugement éternel dans lequel il exercera la vengeance au milieu des anges. 16 Et le premier ciel disparaîtra et passera, et un ciel nouveau paraîtra, et toutes les puissances des cieux brilleront éternellement, sept fois plus. 17 Et après cela viendront des semaines nombreuses qui s’écouleront innombrables, éternelles, dans la bonté et dans la justice, et dès lors le péché ne sera plus nommé jusqu’à l’éternité.

 

 

 

CHAPITRE XCIV

 

(Justes exhortés à la justice. Malheur aux impies, aux riches, dont les méfaits sont détaillés en termes bibliques.)

 

 

 

CHAPITRE XCV

 

(Tristesse d’Hénoch, obligé de prononcer de nouvelles malédictions.)

 

 

 

CHAPITRE XCVI

 

(Que les justes espèrent : les méchants seront détruits devant eux : malheur aux pécheurs pour toutes leurs iniquités.)

 

 

 

CHAPITRE XCVII

 

(Malheur aux pécheurs au jour du jugement, quand ils entendront la prière des justes contre eux, qu’on lira devant le Grand et le Saint toutes leurs paroles d’injustice : leurs rapines...)

 

 

 

CHAPITRE XCVIII

 

Malheur aux pécheurs, qui seront jetés dans une fournaise de feu.

 

... 6 Je vous jure à vous, pécheurs, par le Saint et le Grand, que toute œuvre mauvaise est manifeste dans les cieux et qu’il n’est pas en vous d’œuvre de violence qui soit cachée et secrète. 7 Et ne pensez pas dans votre esprit et ne dites pas dans votre cœur que vous ne saviez pas et que vous ne voyiez pas que tout péché est écrit tous les jours dans le ciel en présence du Très-Haut. 8 Désormais vous saurez que toute votre violence, que vous exercez, est écrite tous les jours jusqu’au jour de votre jugement. 9 Malheur à vous, insensés, car vous serez perdus par votre folie ; vous avez fait le mal contre les sages et le bonheur ne vous viendra pas. 10 Et maintenant, sachez que vous êtes prêts pour le jour de la ruine ; et n’espérez point de vivre, ô pécheurs, mais vous passerez et vous mourrez, car vous ne connaissez pas de rançon, car vous êtes prêts pour le jour du grand jugement et pour le jour de l’affliction, et de la grande misère réservés à votre esprit.

 

 

 

CHAPITRE XCIX

 

(Malheur aux impies au jour du jugement : leurs crimes.)

 

10 Et en ces jours, heureux tous ceux qui reçoivent la parole de sagesse et la comprennent, qui pratiquent les voies du Très-Haut et marchent dans la voie de sa justice.

 

(Malheur à ceux qui commettent des injustices.)

 

 

 

CHAPITRE C

 

Le grand jugement.

 

Et en ces jours, en un seul lieu, les pères seront frappés avec leurs fils, et les frères tomberont avec leurs proches dans la mort jusqu’à ce que coule comme un fleuve de leur sang. 2 Car l’homme n’empêchera pas sa main de tuer son fils et le fils de son fils, et le pécheur n’empêchera pas sa main de tuer son frère chéri : depuis l’aurore jusqu’au coucher du soleil ils s’entr’égorgeront. 3 Et le cheval avancera jusqu’à ce que son poitrail baigne dans le sang des pécheurs, et le char jusqu’à ce que sa partie supérieure soit submergée.

4 Et en ces jours, les anges descendront dans un lieu caché, ils rassembleront sur un seul point tous ceux qui ont fait descendre le péché ; et en ce jour du jugement le Très-Haut se lèvera pour rendre le grand jugement au milieu des pécheurs. 5 Et il donnera des gardiens d’entre les anges saints à tous les justes et les saints ; ils les garderont comme la prunelle de l’œil jusqu’à ce qu’il consume tout mal et tout péché ; et si les justes dorment d’un long sommeil, ils n’auront rien à craindre.

6 Et les hommes sages verront la vérité, et les enfants de la terre comprendront toutes les paroles de ce livre, et ils reconnaîtront que leur richesse ne peut pas les sauver dans la ruine de leur péché.

 

(Malheur aux pécheurs, qui recevront la récompense de leurs œuvres.)

 

10 Et maintenant sachez que vos actions seront recherchées par les anges dans le ciel, et par le soleil, et par la lune, et par les étoiles, à cause de votre péché, car sur la terre vous rendez le jugement contre les justes. 11 Et tout nuage et nuée et rosée et pluie témoigneront contre vous, car ils vont tous refuser de descendre sur vous et ils penseront à vos péchés.

 

(Frimas, neige et froid sur eux.)

 

 

 

CHAPITRE CI

 

Craindre le Très-Haut, créateur de toutes choses.

 

 

 

CHAPITRE CII

 

Les derniers jours.

 

En ces jours, s’il jette sur vous un feu terrible, où fuirez-vous et comment vous sauverez-vous ? Et s’il lance sa parole contre vous, ne serez-vous pas consternés et ne tremblerez-vous pas ? 2 Et tous les luminaires seront pris d’une grande crainte et la terre entière sera consternée, et tremblera et se troublera. 3 Et tous les anges accompliront leur mission et ils voudront se cacher devant la grande gloire, et les enfants de la terre trembleront et se troubleront ; mais vous, pécheurs, vous serez éternellement maudits, et il n’y aura pas de paix pour vous.

4 Ne craignez pas, vous, âmes des justes, et ayez confiance, vous qui êtes morts dans la justice. 5 Et ne vous attristez pas de ce que votre âme est descendue dans le schéol dans la tristesse, et que votre chair n’a pas reçu pendant votre vie selon votre vertu, mais qu’au contraire (elle est descendue au schéol) en un jour où vous êtes devenus comme pécheurs, et au jour de la malédiction et du châtiment. 6 Lorsque vous mourez, les pécheurs disent de vous : Comme nous sommes morts, les justes sont morts, et quel profit ont-ils retiré de leurs œuvres ? 7 Voici que comme nous ils sont morts dans la tristesse et dans les ténèbres, et qu’ont-ils de plus que nous ? Désormais nous sommes égaux. 8 Et qu’emporteront-ils et que verront-ils dans l’éternité ? Car voici qu’ils sont morts eux aussi, et désormais ils ne verront jamais plus la lumière.

9 Je vous dis : vous, pécheurs, il vous suffit de manger et de boire, de piller et de pécher, de dépouiller les hommes et d’acquérir des richesses, et de voir des jours heureux. 10 N’avez-vous pas vu quelle a été la fin des justes ? Aucune violence n’a été trouvée en eux jusqu’à leur mort. 11 Et ils ont péri et ils ont été comme s’ils n’avaient pas été, et leurs âmes sont descendues dans le schéol dans l’affliction.

 

 

 

CHAPITRE CIII

 

Le problème du mal.

 

(Hénoch jure aux justes qu’ils seront heureux parce qu’ils seront récompensés de leurs travaux. Malheur aux pécheurs mourant dans la richesse de leurs péchés et dans la gloire, sans avoir été malheureux pendant leur vie ; il n’a pas été rendu de jugement sur eux pendant leur vie.)

 

7 Vous saurez qu’on fera descendre vos âmes dans le schéol ; elles y seront malheureuses et leur affliction sera grande. 8 Et votre âme entrera dans les ténèbres et dans les liens, et dans une flamme ardente, là où aura lieu le grand châtiment, qui durera dans toutes les générations du monde.

 

 

 

CHAPITRE CIV

 

Espérance des justes.

 

Les anges se souviennent de vous en bien en présence du Grand ; et vos noms sont écrits en présence de la gloire du Grand. 2 Espérez : vous brillerez comme les luminaires du ciel ; la porte du ciel s’ouvrira devant vous. 3 Votre affliction sera vengée sur les princes et sur tous ceux qui ont aidé ceux qui vous dépouillent... 4 Vous jouirez d’une grande gloire comme les anges des cieux... 6 Ne craignez pas quand vous voyez les pécheurs fermes et heureux dans leur voie... car vous aurez part au sort de l’armée du ciel.

 

(Malheur aux pécheurs dont les péchés sont écrits chaque jour. Les livres d’Hénoch seront donnés aux justes pour qu’ils y croient et y apprennent les voies de la vérité.)

 

 

 

CHAPITRE CV

 

Dieu ordonne aux justes de publier la sagesse des écrits d’Hénoch.

 

En ces jours, le Seigneur ordonna (aux justes) d’appeler les enfants de la terre et de leur témoigner sur leur sagesse : « Montrez (la) leur, car vous êtes leurs guides, ainsi que les récompenses (qui seront accordées) sur toute la terre. 2 – Car moi et mon fils nous leur serons unis éternellement dans les voies de la vérité pendant leur vie, et vous aurez la paix. Réjouissez-vous, enfants de la vérité. Amen. – (On reconnaît dans ce dernier verset une interpolation chrétienne.)

 

 

 

 

 

 

 

LE LIVRE DES JUBILÉS OU PETITE GENÈSE

 

 

Sur le Sinaï, Dieu raconte à Moïse l’histoire du monde jusqu’à ce jour, en la divisant en « jubilés » de quarante-neuf ans : un ange de la face est chargé d’enregistrer cette histoire. Nous retrouvons les évènements que rapporte la Genèse, mais exposés sous un jour tendancieux spécial, modifiés et augmentés selon certaines traditions historiques alors répandues dans le monde juif. En outre, ce livre a pour objet de montrer que la législation d’Israël était en usage antérieurement et sous une forme plus rigoureuse ; il veut aussi combattre les attitudes hellénisantes de certains juifs ; enfin il mêle à tout cela des vues sur les derniers temps.

Le livre fut écrit en hébreu, puis traduit en grec ; cette version passa ensuite en latin, en éthiopien, peut-être en syriaque. Nous possédons le quart de la traduction latine ; la traduction éthiopienne nous a été transmise intégralement : c’est elle que suit notre texte.

Il est difficile de donner une qualification précise à l’auteur de ce livre : pharisien, essénien ? Il a des traits communs avec les uns et les autres et il s’en distingue tout aussi nettement. L’éloge qu’il fait de la tribu de Lévi semble indiquer qu’il écrivait au moment où les Hasmonéens n’avaient pas commencé de persécuter les Pharisiens, soit durant la seconde partie du second siècle avant J.-C. Par ailleurs les références à ce livre dans les documents des membres de la Nouvelle Alliance de Damas (voir plus loin), le fait qu’un des fragments a été découvert dans la caverne aux manuscrits de la mer Morte, obligeraient à placer la composition du livre au second siècle avant J.-C. (VoirRevue Biblique, 1911, p. 327-344, sur la doctrine du livre (F. Martin) ; 1921, p. 55-86, 206-232, sur les fragments syriaques (E. Tisserant) ; 1949, p. 602 sqq., sur les manuscrits de la mer Morte (R. de Vaux.)

 

 

 

INTRODUCTION

 

Voici l’histoire de la division des jours de la loi et du témoignage, des évènements des années et de leurs semaines, de leurs jubilés à travers toutes les années du monde, comme le Seigneur dit à Moïse sur le mont Sinaï...

 

 

 

CHAPITRE PREMIER

 

Révélation à Moïse et vues sur l’avenir.

 

(Reproduit Exode, XXIV, 15-18, puis suit l’affabulation spéciale.)

 

4 ... Et Dieu lui enseigna l’histoire première et l’histoire dernière de la division de tous les jours de la loi et du témoignage. 5 Et il lui dit : Incline ton cœur à toutes les paroles que je te dirai sur cette montagne, et écris-les en un livre, afin que leurs générations puissent voir comment je ne les ai pas oubliées en raison de tout le mal qu’elles ont commis en transgressant l’alliance que j’ai établie entre moi et toi pour leurs générations aujourd’hui sur le mont Sinaï. 6 Et ainsi il arrivera, quand toutes ces choses viendront sur eux, qu’ils reconnaîtront que je suis plus juste qu’eux en tous leurs jugements et en toutes leurs actions, et ils connaîtront que j’ai été fidèle avec eux. 7 Écris... car je connais leur rébellion et leur nuque roide, avant que je les introduise dans le pays que j’ai juré à leurs pères, Abraham et Isaac et Jacob, en disant : « À votre race je veux donner une terre qui coule de lait et de miel. » Et ils mangeront et seront satisfaits, 8 et ils se tourneront vers des dieux étrangers, qui ne peuvent pas les délivrer de la crainte de leur tribulation : et ce témoignage sera entendu en témoignage contre eux. 9 Car ils oublieront tous mes commandements, et ils iront après les gentils, et après leurs impuretés, et après leurs abominations, et ils serviront leurs dieux et ceux-ci leur seront en achoppement, et tribulation et affliction, et en piège. Et beaucoup périront et seront emmenés captifs, et tomberont dans les mains de leur ennemi, parce qu’ils ont oublié mes ordonnances et mes commandements, et les fêtes de mon alliance, et mes sabbats et mon saint lieu, que j’ai consacré pour Moi-même au milieu du pays, afin d’y placer mon nom pour qu’il y habite... 11 Et ils se feront des hauts lieux et des grottes et des images gravées, et ils adoreront chacun son image, de manière à aller de travers, et ils sacrifieront leurs enfants aux démons, et à toutes les œuvres d’erreur de leurs cœurs. 12 Et je leur enverrai des témoignages, mais ils n’écouteront pas et ils égorgeront aussi les témoins, et ils persécuteront ceux qui recherchent la loi, et ils abrogeront et changeront toute chose, de manière à faire le mal devant mes yeux. 13 Et je cacherai ma face d’eux, et je les livrerai aux mains des gentils pour la captivité, et pour la proie, et pour les dévorer, et je les éloignerai du pays et je les disperserai parmi les gentils. 14 Et ils oublieront toutes mes lois et tous mes commandements et tous mes jugements, et ils iront après de nouvelles lunes, et de nouveaux sabbats et fêtes, et jubilés et ordonnances.

15 Et après cela ils reviendront à moi d’entre les gentils de tout leur cœur et de toute leur âme, et de toute leur force, et je les rassemblerai d’entre les gentils et ils me chercheront, en sorte que je me laisserai trouver par eux, quand ils me chercheront de tout leur cœur et de toute leur âme.

Et je leur ouvrirai des trésors de paix et de justice, et je les planterai dans le pays, de tout mon cœur... et ils seront en bénédiction et non en malédiction, et ils seront la tête et non la queue... 17 Et je bâtirai mon sanctuaire au milieu d’eux, et j’habiterai avec eux, et je serai leur Dieu et ils seront mon peuple en vérité et justice. 18 Et je ne les oublierai ni ne leur manquerai, car je suis le Seigneur leur Dieu.

19 Et Moïse tomba sur sa face et pria et dit : « Ô Seigneur mon Dieu, n’oublie pas ton peuple et ton héritage, de telle sorte qu’ils aillent dans l’erreur de leurs cœurs, et ne les livre pas aux mains de leurs ennemis, les gentils, de peur qu’ils ne les dominent et ne les fassent pécher contre toi.

20 Élève, ô Seigneur, ta miséricorde sur ton peuple, et crée en eux un esprit élevé et ne laisse pas l’esprit de Béliar dominer sur eux pour les accuser devant toi, et les détourner de tous les sentiers de justice, en sorte qu’ils périssent devant ta face. 21 Mais ils sont ton peuple et ton héritage, que tu as délivré avec ta grande puissance des mains des Égyptiens ; crée en eux un cœur pur et un esprit saint, et ne les laisse pas se prendre en leurs péchés de maintenant à l’éternité. »

22 Dieu dit à Moïse : « Je les connais... ils pécheront... 23 Et après cela ils se tourneront vers moi en toute droiture et de tout leur cœur et de toute leur âme, et je circoncirai le prépuce de leur cœur et le prépuce du cœur de leur race, et je créerai en eux un esprit saint, et je les purifierai de sorte qu’ils ne se détournent plus de moi de ce jour à l’éternité. 24 Et leurs âmes s’attacheront à moi et à tous mes commandements et ils accompliront mes commandements et je serai leur Père et ils seront mes enfants. 25 Et ils seront tous appelés les enfants du Dieu vivant, et tous les anges et tous les esprits connaîtront, oui, connaîtront que ceux-ci sont mes enfants et que je suis leur père en droiture et justice et que je les aime.

 

26 (Ordre d’écrire divisions en semaines et jubilés jusqu’à l’éternité.)

 

... jusqu’à ce que je descende et habite avec eux pendant l’éternité. »

27 Et il dit à l’ange de la présence : « Écris pour Moïse depuis le commencement de la création jusqu’au moment où mon sanctuaire a été bâti parmi eux pour toute éternité. 28 Et le Seigneur apparaîtra aux yeux de tous, et tous connaîtront que je suis le Dieu d’Israël et le père de tous les enfants de Jacob, et roi sur le mont Sion pour toute l’éternité. Et Sion et Jérusalem seront saintes. »

29 Et l’ange de la présence, qui allait en avant du camp d’Israël, prit les tables des divisions des années, – depuis le temps de la création, – suivant le nombre des jubilés, depuis le jour de la (nouvelle) création, quand les cieux et la terre seront renouvelés et toute leur création suivant les puissances des cieux, et suivant toute la création de la terre, jusqu’à ce que le Sanctuaire du Seigneur soit fait à Jérusalem sur le mont Sion, et que tous les luminaires soient renouvelés pour guérir et pour la paix et pour bénir pour tous les élus d’Israël...

 

 

 

CHAPITRE II

 

Les vingt-deux actes de la création ; institution du Sabbat ; son observation par les anges les plus hauts, avec qui Israël sera ensuite associé.

 

L’ange de la présence dit à Moïse : « Écris... comment Dieu a tout créé, et a gardé le sabbat le septième jour et l’a consacré pour toutes les générations, et l’a désigné comme un signe pour toutes ses œuvres. 2 Car au premier jour il créa les cieux qui sont en haut, et la terre et les eaux, et tous les esprits qui servent devant lui, – les anges de la présence, et les anges de sanctification ; et les anges de l’esprit de feu et de l’esprit des vents, et les anges des voix et du tonnerre et des éclairs, et des esprits du froid et du chaud, et de l’hiver et du printemps et de l’automne et de l’été, et de tous les esprits de ses créatures qui sont dans les cieux et sur la terre ; il créa les abîmes et les ténèbres, et le crépuscule et la lumière, et l’aurore et le jour, qu’il avait préparés en la connaissance de son cœur.

 

3 (Ils l’ont loué pour ces 7 œuvres, 4 2e jour... paraphrase Gen. I.) 7 (Au 3e jour, il crée les arbres et le jardin d’Éden en Éden). 11 (5e jour : grands monstres dans les profondeurs des eaux)... 10, 12 (Le soleil se lève sur toutes choses pour les faire prospérer. 14 L’homme, créé mâle et femelle, et il leur donne autorité sur tout. 16 Il termina son œuvre le sixième jour.)

 

17 Et il nous donna un grand signe, le jour du sabbat, pour que nous travaillions six jours mais que nous gardions le Sabbat, le septième jour, (cessation) de tout travail.

18 Et à tous les anges de la présence, et à tous les anges de sanctification, ces deux grandes classes, – il nous a ordonné de garder le Sabbat avec lui au ciel et sur terre. 19 Et il nous dit : « Voici que je me séparerai un peuple d’entre tous les peuples, et ils garderont le jour du Sabbat, et je les sanctifierai pour moi comme mon peuple et je les bénirai, de même que j’ai sanctifié le jour du Sabbat et que je le sanctifie pour moi, ainsi je les bénirai et ils seront mon peuple et je serai leur Dieu. Et j’ai choisi la race de Jacob d’entre toutes celles que j’ai vues, et je l’ai inscrit comme mon fils premier-né, et je l’ai sanctifié pour moi-même à jamais et jamais ; et je leur enseignerai le jour du sabbat, afin qu’ils puissent garder le sabbat en s’abstenant de tout travail. »

21 Et ainsi il créa là un signe suivant lequel ils garderaient le sabbat avec nous le septième jour, pour boire et manger et bénir celui qui a créé toutes choses, de même qu’il a béni et sanctifié pour lui un peuple particulier au-dessus de tous les peuples, et afin qu’ils gardent le Sabbat avec nous. 22 Et il fit monter ses commandements en agréable odeur devant lui tous les jours... 26 Commande aux enfants d’Israël d’observer le sabbat puisqu’il est plus saint que les autres jours.

27 Quiconque le violera mourra éternellement, pour que les enfants d’Israël l’observent et ne soient pas déracinés du pays, car c’est un pays saint et un jour béni. 28 Qui observe est saint et béni, comme nous.

 

29 (Œuvres interdites : n’y rien faire pour son plaisir : préparer nourriture ou boisson, puiser de l’eau, porter un fardeau, qu’ils n’auraient pas préparé chez eux. 30 Ne rien porter de maison à maison. Jour plus saint que tout jubilé :)

 

nous l’observons dans le ciel, avant qu’il ne fût promulgué. 31 Le Créateur de toutes choses l’a béni, mais il n’a sanctifié ni peuples ni nations pour garder le Sabbat, sauf Israël seul : à eux seuls il est permis de manger et boire et de garder par là le sabbat sur la terre. »

 

 

 

CHAPITRE III

 

(Adam nomme toutes les créatures. Ève créée : lois de purification. Premier péché. Lois de pudeur. Et dans les six jours de la seconde semaine, suivant la parole de Dieu, nous amenâmes à Adam toutes les bêtes... il les nomma... et il ne trouva personne pour l’aider.)

 

4 Et le Seigneur nous dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul : faisons-lui un aide. » ... 6 « Voici maintenant la chair de ma chair et l’os de mes os ; elle sera appelée ma femme, parce qu’elle a été prise de son mari. 7 C’est pourquoi l’homme et la femme seront un, et l’homme devra laisser son père et sa mère et s’attacher à sa femme ; et ils seront une seule chair. »

8 En la première semaine Adam fut créé, et la côte, sa femme ; en la seconde semaine elle lui fut montrée ; et pour ce motif le commandement fut donné de garder dans leur impureté, pour l’homme sept jours et pour la femme deux fois sept.

 

(Les anges portent Adam au jardin d’Éden le quarantième jour et sa femme le quatre-vingtième jour.)

 

10 Et pour cette raison le commandement est écrit sur les tablettes du ciel à l’égard de celle qui enfante (Lév. XII 2-5)... 12 Et quand elle eut accompli ces 90 jours nous l’introduisîmes au jardin d’Éden, car il est plus saint que les autres terres, et tous les arbres qui y sont plantés sont saints. 13 C’est pourquoi il fut ordonné, à l’égard de celle qui enfante un garçon ou une fille, la loi de ces jours où elle ne doit toucher aucune chose consacrée, ni entrer dans le sanctuaire jusqu’à ce que ces jours pour le garçon ou la fille soient accomplis.

 

(Loi pour Israël.)

 

15 Et dans la première semaine du premier jubilé, Adam et sa femme étaient dans le jardin d’Éden pour sept ans, le cultivant et le gardant, et nous lui donnâmes du travail et nous l’instruisîmes de tout ce qui est propre à la culture.

 

16 (Il cultive, nu, garde des bêtes ; récolte et garde la récolte pour lui et sa femme. 17 À la fin des sept ans, le second mois, le serpent s’approche... 21 Et quand elle eut couvert ses parties génitales avec des feuilles de figuier, Ève donna à Adam du fruit et il en mangea et il vit qu’il était nu.)

 

27 Et au jour où Adam sortit du Jardin, il offrit en suave odeur une offrande, encens, galbanum et stacte, et épices, au matin au lever du soleil depuis le jour où il couvrit ses organes. 28 En ce jour fut fermée la bouche de tout animal, car avant ils parlaient l’un avec l’autre en une seule langue.

 

29 (Toutes les bêtes du jardin dispersées. 30 À Adam seul il donna l’ordre de couvrir ses organes. 31 À cause de cela il est prescrit sur les tablettes du ciel, relativement à ceux qui connaissent les jugements de la loi, de couvrir leurs organes et de ne pas se découvrir comme font les gentils. 33 Ils habitent au pays d’Elda, pays de leur création. 35 Il cultiva la terre comme il l’avait appris au jardin d’Éden.)

 

 

 

CHAPITRE IV

 

Caïn et Abel. Autres descendants. Quatre lieux sacrés.

 

En la troisième semaine d’années, au second jubilé elle enfanta Caïn, Abel, et Awan, sa fille.

 

(Caïn tue Abel. Caïn maudit.)

 

5 et pour cela il est écrit sur les tablettes du ciel : Maudit est celui qui tue son prochain traîtreusement, et tous ceux qui l’ont vu et entendu doivent dire : il est ainsi ; et celui qui l’a vu et entendu et ne le déclare pas, qu’il soit maudit comme l’autre. 6 Et pour cette raison nous annonçons, quand nous venons devant le Seigneur notre Dieu, tous les péchés qui se commettent au ciel et sur la terre, dans le jour et les ténèbres et partout.

 

(Deuil d’Adam et Ève quatre semaines d’années. Naissance de Seth, puis d’Azura. Caïn épouse Awan, sa sœur. Ève a encore neuf fils. Seth épouse Azura. Ils épousent tous leur sœur. 13, 14 Puis Mahalalel, 15 prend Dina, la fille de Barakiel, la fille du frère de son père ; elle a un fils, Yared.)

 

Car c’est en ses jours que les anges du Seigneur descendirent sur la terre, ceux qui sont appelés les veilleurs, afin d’instruire les enfants des hommes et de leur montrer le jugement et la droiture sur la terre. 17 Hénoch fut le premier homme né sur la terre, qui apprit l’écriture et la science et la sagesse, et qui décrivit les signes du ciel suivant l’ordre de leurs mois dans un livre, afin que les hommes pussent connaître les saisons de l’année suivant l’ordre des divers mois.

 

18 (Il enseigna le calendrier, les semaines d’années.)

 

19 Il vit passé et avenir en une vision en son sommeil, comme il adviendra aux hommes, jusqu’au jour du jugement ; il vit et comprit toutes choses et écrivit son témoignage, et plaça le témoignage sur terre pour tous les enfants des hommes et pour leurs générations.

 

20 (Son mariage.)

 

21 Et il fut le plus souvent en ces six jubilés d’années avec les anges de Dieu et ils lui montrèrent tout ce qui est sur la terre et dans les cieux, et il écrivit tout. 22 Et il témoigna aux veilleurs, qui avaient péché avec les filles des hommes ; car ils avaient commencé de s’unir avec les filles des hommes et ils s’étaient souillés. 23 Et il fut pris d’entre les fils des hommes et nous le conduisîmes dans le jardin d’Éden, en majesté et honneur, et voilà que là il écrit la condamnation et le jugement du monde, et toutes les malices des enfants des hommes.

 

24 (Déluge, signe que Dieu tient en compte toutes les actions des générations jusqu’au jour de leur condamnation.)

 

25 Et Noé brûla l’encens du sanctuaire, les épices suaves et agréables, devant le Seigneur sur la montagne. 26 Car le Seigneur a quatre lieux sacrés sur la terre : le jardin d’Eden, la montagne de l’Est, et cette montagne sur laquelle tu es aujourd’hui, le mont Sinaï, et la montagne de Sion sera sanctifiée en la nouvelle création pour sanctification de la terre ; par elle la terre sera sanctifiée de toutes ses fautes et impuretés au long de toutes les générations du monde.

 

29 (Adam le premier enterré sur la terre.)

 

30 Il lui manque soixante-dix ans des mille ans qui sont comme un jour, à cause de son péché.

 

31 (Caïn tué par la chute de sa maison parce qu’il avait tué Abel avec une pierre.)

 

32 Pour cela il est ordonné sur les tablettes du ciel : l’homme sera tué avec le même instrument par lequel il a tué son prochain ; et de la même manière qu’il l’a blessé, de la même manière on agira envers lui.

 

(Noé épouse Emzara, sa cousine : 3 fils.)

 

 

 

CHAPITRE V

 

Faute des anges. Punition. Dernier jugement annoncé. Jour de l’expiation. Déluge.

 

(Faute des anges ; ils engendrent les géants.)

 

2 Tout corrompit sa voie, même les animaux, et ils commencèrent à se dévorer les uns les autres, et l’impiété s’accrut sur la terre, et toutes les imaginations des pensées des hommes étaient ainsi continuellement mauvaises.

 

(Noé trouve grâce.)

 

6 Et contre les anges qu’il (Dieu) avait envoyés sur la terre il fut extrêmement irrité, et il ordonna de les extirper de toute leur domination et il les fit lier dans les profondeurs de la terre, et voici qu’ils sont liés en ces profondeurs et qu’ils sont séparés. 7 Et contre leurs fils vint un ordre de devant sa face pour qu’ils fussent frappés par l’épée et écartés de sous les cieux... 9 Et il envoya son épée au milieu d’eux en sorte que chacun tuât son prochain et qu’ils se missent à se tuer les uns les autres jusqu’à ce que tous tombassent par l’épée et fussent détruits de la terre. 10 Et leurs pères en furent témoins et après cela ils furent liés dans les profondeurs de la terre pour toujours, jusqu’au jour de la grande condamnation, quand le jugement est exécuté sur tous ceux qui ont corrompu leurs voies et leurs œuvres devant le Seigneur. 11 Et il les détruisit tous de leurs lieux et il n’en resta pas un seul qu’il ne jugeât suivant toute sa malice. 12 Et il fit pour toutes ses œuvres une nature nouvelle et droite, de telle sorte qu’elles ne puissent pas pécher en toute leur nature à jamais, mais que chacune soit entièrement juste en son espèce. 13 Et le jugement de tout est ordonné et écrit sur les tables du ciel en justice, le jugement de tous ceux qui sortent de la voie où il leur est commandé d’aller ; et s’ils ne la suivent pas, le jugement est écrit pour toute créature de toute espèce. 14 Et il n’y a rien au ciel et sur terre, dans la lumière et dans les ténèbres, ou dans le schéol ou dans l’abîme, ou dans le lieu des ténèbres, qui ne doive pas être jugé : et tous leurs jugements sont ordonnés et gravés. 15 Il les jugera, les grands suivant leur grandeur, les petits suivant leur petitesse, et chacun suivant sa voie. 16 Et il ne fait pas acception de personne, et il ne reçoit pas de présents, car il est un juge juste. 17 Et des fils d’Israël il a été écrit et ordonné : S’ils reviennent à lui en justice, il remettra toutes leurs transgressions et pardonnera tous leurs péchés. Il est écrit et ordonné qu’il se montrera miséricordieux pour tous ceux qui se convertiront de leurs fautes chaque année. 19 Des hommes d’avant le déluge, seul Noé fut sauvé, et les siens à cause de lui. 23 ... et le Seigneur ferma l’arche du dehors au soixante-dixième soir. 24 Et le Seigneur ouvrit les écluses du ciel et les bouches des fontaines du grand abîme, les sept bouches.

 

28 (Arche sur le mont Lubar... un des sommets du mont Ararat...)

 

 

 

CHAPITRE VI

 

(Le sacrifice de Noé ; Dieu conclut une alliance avec lui. Il lui interdit de manger le sang des animaux ; et Moïse reçoit l’ordre de promulguer ce commandement. L’arc-en-ciel. Fête des semaines, observée dans le ciel, prescrite à Noé, observée par les patriarches et intimée à Moise.)

 

32 Ordonne aux Israélites qu’ils observent les années selon ce nombre : 364 jours.

 

(Année solaire ; mais ils l’oublieront et suivront les coutumes des gentils : punitions.)

 

 

 

CHAPITRE VII

 

(Noé offre un sacrifice suivant toutes les règles. Son ivresse.)

 

20 Au vingt-huitième jubilé Noé exhorte ses enfants à garder les commandements qu’il connaissait : observer la justice, couvrir leur nudité, bénir le Créateur, honorer père et mère, aimer leur prochain, se garder de la fornication, de l’impureté et de toute iniquité.

 

(Causes du déluge. Autres recommandations surtout relativement au sang, puis sur les fruits des arbres et les prémices.)

 

 

 

CHAPITRE VIII

 

(Kainan, ayant appris à lire, découvre une inscription, laissée par les veilleurs et enseignant l’astrologie... Noé divise la terre entre ses trois fils et il se réjouit de la portion privilégiée qui échoit à Sem.)

 

Et il savait que le jardin d’Éden est le saint des saints, et l’habitation du Seigneur, et le mont Sinaï le centre du désert, et le mont Sion le centre du nombril de la terre : ces trois furent créés des saints lieux, face l’un à l’autre. 20 Et il bénit le Dieu des dieux, qui avait placé la parole du Seigneur dans sa bouche, et le Seigneur à jamais. 21 Et il sut qu’une portion bénie et une bénédiction étaient échues à Sem et ses fils pour les générations éternelles :

 

(tout le pays d’Éden et tout le pays de la mer Rouge, et tout le pays de l’Est, et l’Inde... Ararat, et Assur... pays béni.)

 

 

 

CHAPITRE IX

 

Subdivision des portions des fils de Noé.

 

(Ils divisent leurs parts en présence de Noé : serment de respecter les parts des autres.)

 

15 Et ils dirent : qu’il en soit ainsi ; ainsi, pour eux-mêmes et leurs fils en toutes les générations jusqu’au jour du jugement, en lequel le Seigneur Dieu jugera avec une épée et du feu, pour la malice impure de leurs erreurs, dont ils ont rempli la terre de transgressions, et d’impureté et de fornication et de péché.

 

 

 

CHAPITRE X

 

Fils de Noé et mauvais esprits.

 

Et dans la troisième semaine de ce jubilé les démons impurs commencèrent d’égarer les enfants des fils de Noé et à les faire errer et à les détruire. 2 Et les fils de Noé vinrent à Noé leur père, et lui parlèrent au sujet des démons qui égaraient, aveuglaient et tuaient les fils de ses fils. Et il pria devant le Seigneur son Dieu et il dit : 3 « Dieu des esprits de toute chair, qui m’as montré miséricorde (et nous as sauvés), car ta grâce a été grande envers moi, et grande ta miséricorde pour mon âme, élève ta grâce sur mes fils et ne laisse pas les esprits mauvais dominer sur eux, de peur qu’ils ne les détruisent de la terre.

4 Mais bénis-moi ainsi que mes fils, afin que nous puissions nous accroître et nous multiplier et remplir la terre.

5 Et tu sais comment les veilleurs, les pères de ces esprits, ont agi en mon temps : et quant à ces esprits qui sont en vie, emprisonne-les et tiens-les en sûreté dans le lieu de condamnation et ne les laisse pas apporter la destruction sur les fils de ton serviteur, mon Dieu : car ils sont mauvais et créés afin de détruire. 6 Et ne les laisse pas dominer sur les esprits des vivants : car toi seul tu peux exercer la domination sur eux. Et ne les laisse pas avoir pouvoir sur les enfants du juste depuis maintenant et à jamais. » 7 Et le Seigneur, notre Dieu, nous invita à les lier tous. 8 Et le chef des esprits, Mastéma, vint et dit : « Seigneur, Créateur, laisse quelques-uns d’entre eux rester devant moi, et fais-les écouter ma voix et faire tout ce que je leur dirai : car si quelques-uns d’entre eux ne me sont pas laissés, je ne serai pas en état d’exécuter le pouvoir de ma volonté sur les fils des hommes ; car ceux-ci sont pour la corruption et s’égarent devant mon jugement, car grande est la malice des fils des hommes. » Et il dit : « Laisse la dixième partie d’entre eux rester devant lui, et faites descendre les neuf dixièmes au lieu de condamnation. » (La tour de Babel.)

 

 

 

CHAPITRE XI

 

Fils de Noé ; Abraham.

 

(Les fils de Noé se font la guerre, se livrent à l’idolâtrie.)

 

5 Et le prince Mastéma s’appliquait à faire tout cela et il envoyait d’autres esprits, ceux qui étaient sous sa main, pour exciter à toutes sortes de crimes, à corrompre et détruire et à verser le sang sur la terre.

 

(... naissance de Térah.)

 

Et le prince Mastéma envoya des corbeaux et des oiseaux pour dévorer les semences semées dans le pays et pour détruire le pays et enlever aux hommes le produit de leurs labeurs.

 

(Il explique par là le nom de Térah. Années-de stérilité. Naissance d’Abram.)

 

16 Et l’enfant commença à comprendre les erreurs de la terre qui s’était toute égarée après les images gravées et après l’impureté, et son père lui enseigna à écrire, et il était âgé de deux semaines d’années, quand il se sépara de son père, pour ne pas adorer les idoles avec lui. 17 Et il commença à prier le Créateur de toutes choses qu’il pût le sauver des erreurs des enfants des hommes et pour que sa part ne tombât pas dans l’erreur après l’impureté et les vilenies.

 

18 (Au temps des semailles tous vont pour protéger leurs grains. Abram, âgé de quatorze ans, 19 crie aux corbeaux de s’en aller et ils s’en vont. 21-22 On le fait venir partout où on semait. 23 Puis il leur enseigne à labourer et à cacher le grain dans les sillons.)

 

 

 

CHAPITRE XII

 

Abram contre l’idolâtrie.

 

Il dit à son père : « Quel profit avez-vous à adorer les idoles ? 3 Il n’y a pas d’esprit en elles, ce sont des formes muettes, ne les adorez pas. 4 Adorez le Dieu du ciel, qui fait descendre la pluie et la rosée sur la terre et fait tout sur la terre, et il a créé chaque chose par sa parole, et toute vie vient de devant sa face. 5 Pourquoi adorer les œuvres des mains, qui ne peuvent pas aider, mais qui sont une grande cause de honte pour ceux qui les font et un égarement du cœur pour ceux qui les adorent ? ne les adorez pas ! »

 

6 (Térah dit qu’il le sait... mais on le tuera. Garde le silence ! Mariages. Abram, Nahr, 13 Abram brûle les idoles... 14 Haran, voulant les sauver, est brûlé. 16 Abram observe le ciel pour savoir ce que sera l’année pour les pluies.)

 

17 Il entend une parole en son cœur : « Tous les signes des astres, et les signes de la lune et du soleil sont tous dans la main du Seigneur. Pourquoi les étudierai-je ? 18 S’il le veut, il fait pleuvoir matin et soir ; et s’il le veut il l’empêche, et toutes choses sont en sa main. » 19 Et il pria cette nuit et dit : « Mon Dieu, Dieu très haut, toi seul es mon Dieu, c’est toi et ton empire que j’ai choisi. Et tu as créé toutes choses, et toutes les choses qui existent sont l’œuvre de tes mains. 20 Délivre-moi des mains des esprits malins qui ont empire sur les pensées des cœurs des hommes et ne les laisse pas me détourner de toi, mon Dieu. Et établis-moi et ma race pour jamais que nous ne nous égarions jamais. » Et il dit : « Dois-je retourner à Ur des Chaldéens qui me demandent d’y retourner, ou rester ici ? Que le droit chemin devant toi prospère dans les mains de ton serviteur pour qu’il puisse l’accomplir et que je ne suive pas les égarements de mon cœur, ô mon Dieu ! » Et Dieu lui dit : (Gen. XII, 1-3) 24. « Et je serai un Dieu pour toi et ton fils et le fils de ton fils et pour toute ta race : ne crains point, car désormais et pour toutes les générations de la terre je suis ton Dieu. » 25 Et Dieu dit : « Ouvre sa bouche et ses oreilles, pour qu’il puisse entendre et parler avec sa bouche dans le langage qui a été révélé », car il avait cessé des bouches des hommes depuis le jour de la confusion. 26 Et j’ouvris sa bouche et ses oreilles et ses lèvres, et je commençai à parler avec lui en hébreu, dans la langue de la création.

 

(Il transcrit et étudie les livres de ses pères écrits en hébreu.)

(Puis Abram se sépare de Térah.)

 

 

 

CHAPITRE XIII

 

Abram en Chanaan.

 

(Il vient en Chanaan ; il offre un sacrifice au Dieu qui lui était apparu ; il va en Égypte... Guerre contre Chodorlahomot. Là-dessus se greffe la loi de donner au Seigneur, – aux prêtres, – la dîme de tout afin qu’ils puissent manger et boire en joie devant lui.)

 

 

 

CHAPITRE XIV

 

Promesses et alliance.

 

9-12 (Sacrifice, décrit autrement que dans Genèse XV, 8, 9 : vision et prédiction du sort de ses descendants.)

 

20 Et en ce jour nous fîmes une alliance avec Abram, comme nous avions fait en ce mois avec Noé ; et Abram renouvela toujours cette fête et ce précepte.

 

 

 

CHAPITRE XV

 

La circoncision, signe du peuple de Dieu.

 

(Abram célèbre la fête des prémices du froment par un sacrifice. Vision, promesses, institution de la circoncision...)

 

25 Cette loi est pour toutes les générations à jamais... car c’est une ordonnance éternelle, ordonnée et écrite sur les tablettes du ciel. 26 Et quiconque n’est pas circoncis le huitième jour n’appartient pas aux enfants de l’alliance, que le Seigneur a faite avec Abraham, mais aux enfants de la destruction : car il n’y a plus en lui de signe qu’il est du Seigneur, mais il est destiné à être détruit et tué loin de la terre, et à être déraciné de la terre, car il a violé l’alliance du Seigneur notre Dieu. 27 Car tous les anges de la présence et tous les anges de la sanctification ont été ainsi créés depuis le jour de leur création ; et devant les anges de la présence et les anges de la sanctification il a sanctifié Israël, pour qu’ils soient avec lui et avec les saints anges. 28 Commande aux enfants d’Israël et fais-leur observer le signe de cette alliance pour leurs générations comme une ordonnance éternelle et ils ne seront pas déracinés du pays. 29 Car Dieu n’a pas choisi Ismaël et Ésaü pour être son peuple, mais seulement Israël. 31 Et il le sanctifia et le rassembla d’entre les enfants des hommes : car il y a mainte nation et maint peuple et tous sont à lui, et sur tous il a placé des esprits afin qu’ils le détournent de lui. 32 Mais à Israël il n’a pas assigné d’ange ou d’esprit, car lui seul est son guide, et il le préservera et le recommandera à ses anges, afin qu’ils les préservent et bénissent, pour qu’ils puissent être à lui et lui être à eux désormais et à jamais.

 

(33, 34 Les Israélites négligeront la circoncision : Dieu les chassera du pays.)

 

Et il n’y aura pas pour eux pardon ni indulgence pour tout le péché de cette erreur éternelle.

 

 

 

CHAPITRE XVI

 

(Les anges annoncent la naissance d’Isaac. Destruction de Sodome.)

 

8 Mais Lot et ses filles commirent sur la terre un péché, tel qu’il n’en fut pas sur la terre depuis les jours d’Adam jusqu’à ce temps. 9 Et voici qu’il fut ordonné et gravé sur les tablettes du ciel, relativement à toute cette semence, de les écarter et déraciner et d’exécuter le jugement contre elles comme le jugement de Sodome, et de ne pas laisser de semence à cet homme au jour du jugement.

 

(Les anges annoncent à Abraham qu’en Isaac sera appelé son nom et sa race et que ses six autres fils seront gentils et mentionnés avec les gentils. 16 Mais des fils d’Isaac un deviendra une sainte semence et ne sera pas mentionné parmi les gentils.)

 

18 Car il deviendra la portion du Très-Haut afin d’être pour le Seigneur un peuple de possession et devenir un royaume de prêtres et une nation sainte.

 

(Abraham célèbre la fête des tabernacles – et ses sacrifices – uniquement avec des circoncis.)

 

26 Et il bénit son Créateur qui l’avait créé en sa génération, car il l’avait créé selon son bon plaisir ; car il savait et percevait que de lui devait surgir le plant de justice pour les générations éternelles, et de lui une sainte semence, en sorte qu’il deviendrait semblable à celui qui a fait toutes choses. 27 Il bénit et se réjouit... 28 Et nous le bénîmes à jamais et toute sa race après lui le long de toutes les générations de la terre, parce qu’il célébra cette solennité en son temps, suivant le témoignage des tablettes du ciel. 20 Pour cette raison il est ordonné sur les tablettes du ciel, relativement à Israël, qu’ils célébreront cette fête des tabernacles pendant sept jours avec joie, au septième mois... 31 Et Abraham prit des branches de palmier, et le fruit d’arbres excellents, et chaque jour faisant le tour de l’autel avec les branches sept fois le matin, il louait et rendait grâces à son Dieu pour toutes choses en joie.

 

 

 

CHAPITRE XVII

 

15 Et il arriva à la septième semaine, en la première année, au premier mois de ce jubilé, au douzième de ce mois, qu’il y eut des voix dans le ciel au sujet d’Abraham, (disant) qu’il était fidèle en tout ce qu’il lui disait et qu’il aimait le Seigneur, et qu’en toute affliction il était fidèle. 16 Et le prince Mastéma vint et dit devant Dieu : « Voici qu’Abraham aime Isaac, son fils, et il prend plaisir en lui souverainement ; invite-le à l’offrir en holocauste sur l’autel et tu verras s’il accomplira ce commandement, et tu connaîtras s’il est fidèle en toute chose où tu le mettras à l’épreuve. » 17 Le Seigneur savait qu’il fut fidèle en toutes les épreuves qu’il lui avait envoyées... 18 Et en tout où il l’avait éprouvé il fut trouvé fidèle et son âme ne fut pas impatiente, et il ne fut pas lent à agir, car il était fidèle et aimant le Seigneur.

 

 

 

CHAPITRE XVIII

 

Sacrifice d’Isaac.

 

(Résume Gen. XXII : différences.)

 

7 Et il vint près du lieu de la montagne de Dieu. 9 Et j’étais devant lui et devant le prince Mastéma et le Seigneur dit : « Empêche-le de mettre la main sur le garçon et de lui rien faire, car j’ai montré qu’il craint Dieu. » 10 Et je lui criai du ciel, et il fut effrayé... 11 : « Ne mets pas ta main sur l’enfant et ne lui fais rien ; car j’ai montré que tu crains le Seigneur, et tu ne m’as pas refusé ton fils, ton premier-né. » 13 Et le prince Mastéma fut couvert de honte. Et Abraham vit... et le Seigneur vit : c’est le mont Sion.

14 Et le Seigneur appela Abraham par son nom une seconde fois du ciel, lui disant : « Parce que tu as obéi à ma voix, j’ai montré à tous que tu m’es fidèle en tout ce que je t’ai dit. Va en paix. »

18 Et il célébra cette fête tous les ans, pendant sept jours avec joie, et il l’appela la fête du Seigneur suivant les sept jours pendant lesquels il alla et retourna en paix. 19 Et en conséquence il a été ordonné et écrit sur les tablettes du ciel concernant Israël et sa race qu’ils doivent observer cette fête pendant sept jours avec la joie de la fête.

 

 

 

CHAPITRE XIX

 

(Abraham à Hébron. Mariage d’Isaac. Naissance de ses fils. Mort de Sara. 3 Deuil...)

 

Et nous le tentâmes pour voir si son esprit était patient et s’il ne montrait pas de l’indignation dans les paroles de sa bouche ; et il fut trouvé patient en cela et il ne se troubla pas. 4 Car il se montra patient avec les fils de Heth... (Résume Gen. XXIII.)

8 Ce fut la dixième épreuve d’Abraham et il fut trouvé fidèle, patient en esprit... 9 et il fut mentionné sur les tablettes du ciel comme l’ami de Dieu.

 

(14 Jacob apprend à écrire ; pas Ésaü, chasseur ; il apprit la guerre, car il était féroce en tout. 15 Abraham aimait Jacob. 16 Il savait qu’en lui son nom et sa race seraient appelés. 17 Il recommande à Rébecca de veiller sur son fils Jacob : car il me remplacera sur la terre ; il sera en bénédiction.)

 

« 18 Car je sais que le Seigneur le choisira pour être un peuple en possession pour lui, au-dessus de tous les peuples qui sont sur la face de la terre. 20 Il sera en bénédiction pour nous...

21 Je l’ai aimé plus que tous mes fils. Il sera béni pour jamais et sa race remplira toute la terre. 23 Et toutes les bénédictions dont le Seigneur m’a béni, moi et ma race, appartiendront à Jacob et à sa race toujours. 25 Et (les anciens patriarches) serviront à poser les fondations du ciel, et à fortifier la terre et à renouveler tous les luminaires qui sont dans le firmament.

26 (Il bénit Jacob.)

28 Et les esprits de Mastéma ne domineront pas sur toi ni sur ta race pour te détourner du Seigneur, qui est ton Dieu depuis maintenant pour jamais. 29 Et puisse le Seigneur Dieu être un père pour toi et toi le premier-né... »

 

(31 Isaac préférait Ésaü.)

 

 

 

CHAPITRE XX

 

Exhortation d’Abraham à ses enfants et petits-enfants.

 

(Observer la justice, la circoncision ; brûler les femmes qui commettent la fornication ; se garder de la fornication par les yeux et le cœur...)

 

 

 

CHAPITRE XXI

 

Dernières recommandations d’Abraham à Isaac.

 

(Usage du sang ; rites des sacrifices ; leur sel, leurs lois : lois de pureté ; rendre exactement la justice ; bénédictions promises...)

 

23 « Il fera sortir de toi un plant de justice... et mon nom et ton nom ne seront pas oubliés sous le ciel à jamais. »

 

 

 

CHAPITRE XXII

 

Abraham bénit Jacob.

 

(Isaac, Ismaël et Jacob, l’année de la mort d’Abraham, célèbrent la fête des semaines, ou fête des prémices de la moisson. Sacrifices. Abraham mange des nouveaux fruits et :)

 

6 « Bénit le Dieu Très-Haut qui a créé le ciel et la terre, qui a fait toutes les choses grasses de la terre et les a données aux enfants des hommes, pour qu’ils mangent et boivent et bénissent leur Créateur... 9 Mon Dieu, que ta grâce et ta paix soient sur ton serviteur et sur la race de ses fils, pour qu’ils soient pour toi une nation choisie et un héritage parmi toutes les nations de la terre désormais et à jamais. ...10 Béni soit mon fils Jacob et tous les fils du Dieu très haut, dans les siècles : que Dieu te donne une race de justice ; et qu’il sanctifie plusieurs de tes fils au milieu de la terre entière. Que les nations te servent et que toutes les nations s’inclinent devant ta race...

14 Et qu’il te purifie de toute injustice et impureté, pour que tu reçoives le pardon de toutes les transgressions que tu as commises par ignorance.

16 ...Sépare-toi des nations et ne mange pas avec elles ; et n’agis pas suivant leurs actions et ne deviens pas leur associé, car leurs actions sont impures, et toutes leurs voies sont souillure, abomination et impureté. Elles offrent leurs sacrifices aux morts et elles adorent des esprits mauvais. 17 Et elles mangent sur leurs tombeaux et toutes leurs œuvres sont néant et vanité... 20 Prends garde à ne pas prendre femme parmi les filles de Chanaan, car toute leur race sera déracinée de la terre. 21 Car, à cause de la transgression de Cham, Chanaan a erré et toute sa race sera détruite de la terre avec tout ce qui en restera, et aucun rejeton n’en sera sauvé pour le jour du jugement. 22 Et quant aux adorateurs des idoles et aux profanes, il n’y a pas d’espérance pour eux dans la terre des vivants ; et il n’y aura pas de souvenir pour eux sur la terre : car ils descendront au schéol, et ils iront au lieu de leur condamnation... Et les justes verront et rendront grâce et ils se réjouiront à jamais et jamais, et ils verront tous leurs jugements et toutes leurs malédictions contre leurs ennemis. 31 Et leurs ossements reposeront dans la terre, et leurs esprits auront beaucoup de joie, et ils sauront que c’est le Seigneur qui exécute le jugement et qu’il montre miséricorde à des centaines et à des milliers et à tous ceux qui l’aiment. » 32 Et toi, Moïse, écris ces paroles, car ainsi sont-elles écrites et leur souvenir est sur les tablettes du ciel en témoignage pour les générations à jamais...

 

 

 

CHAPITRE XXII

 

Mort d’Abraham.

 

Et il plaça les deux doigts de Jacob sur ses yeux et il bénit le Dieu des dieux et il couvrit sa face et étendit ses pieds et s’endormit du sommeil de l’éternité...

 

(Ils constatent sa mort... deuil de 40 jours... 9 Considération sur la diminution des années de vie... jadis 19 jubilés, maintenant on estime vieux un homme d’un jubilé et demi, 13 et encore sa vie est pleine de malheurs, peines et calamités. 14 Puis viendra une génération, dont les œuvres seront impureté et fornication, souillure et abominations. 15 Jours encore diminués.)

 

16 Et en cette génération les fils convaincront leurs pères et leurs anciens de péché et d’injustice et leur reprocheront les paroles de leur bouche et la grande malice qu’ils ont commise, et leur oubli de l’alliance que le Seigneur avait faite entre eux et Lui, pour qu’ils observent sa loi. 17 Car tous ont fait le mal, et toute bouche profère l’iniquité et toutes leurs œuvres sont impureté et abomination, et toutes leurs voies sont souillure, impureté et destruction. 18 Voici que la terre sera détruite à cause de toutes leurs œuvres et il n’y aura pas de semence de vin ni d’huile : car leurs œuvres à tous sont sans foi et ils périront tous, bêtes et bétail et oiseaux et tous les poissons de la mer, à cause des enfants des hommes (Luttes). 19 Car ils ont publié l’alliance et les fêtes et les sabbats et tous les jugements.

 

20 (Guerres civiles, tout leur sang versé.)

 

21 Les rescapés ne se détourneront pas de leur malice pour les voies de la justice, ils chercheront à se faire un grand nom et des richesses par l’injustice aux dépens de leur prochain et ils souilleront le saint des saints de leur impureté et de la corruption de leur souillure. 22 Dieu les punira par des guerres et la captivité et le pillage. 23 Et il suscitera contre eux les pécheurs des gentils, qui n’ont ni merci ni compassion, et qui ne respectent personne, car ils sont mauvais et injustes pour faire le mal plus que tous les enfants des hommes.

 

(Poésie sur leurs dévastations. Dévastations. 24 Ils crient pour être sauvés et personne ne les sauve. 25 Tous vieillis et diminués.)

 

26 Et en ces jours les enfants commenceront à étudier les lois et à rechercher les commandements et à retourner à la voie de la justice. 27 Et les jours commenceront à s’accroître parmi les enfants des hommes, jusqu’à ce que leurs jours s’approchent du millier d’années, et à un plus grand nombre d’années que n’étaient auparavant leurs jours.

 

(28 Pas de vieux ; tous seront jeunes, pas de lassitude.)

 

29 Et tous leurs jours seront complets et ils vivront en paix et joie, et il n’y aura pas de Satan ni de mauvais destructeur ; car tous leurs jours seront des jours de bénédiction et de guérison. 30 Et en ce temps le Seigneur guérira ses serviteurs, et ils se dresseront et verront une grande paix et ils chasseront leurs adversaires.

 

 

 

CHAPITRE XXIV

 

Jacob, Ésaü, Isaac et les Philistins.

 

... 28 Isaac maudit les Philistins... Ils tomberont entre les mains des pécheurs des gentils et entre les mains des Kittim. 29 Et quiconque échappe à l’épée des ennemis et des Kittim, puisse la nation juste le déraciner en jugement de sous le ciel, car ils seront les ennemis de mes enfants.

 

(30 Et il ne leur sera laissé personne pour le jour de colère du jugement. 31 ... Et même s’il descend au schéol, là aussi leur condamnation sera grande et il n’y aura pas de paix.)

 

33 Et ainsi est-il écrit sur les tablettes du ciel pour l’accomplir au jour du jugement afin qu’il soit déraciné de la terre.

 

 

 

CHAPITRE XXV

 

Rébecca et Jacob.

 

(Elle adjure Jacob de ne pas prendre pour femme une Chananéenne, car elles sont fornication, volupté, injustice. Jacob répond qu’il s’est gardé de la volupté et de la fornication, suivant les recommandations d’Abraham. Rébecca bénit son fils.)

 

 

 

CHAPITRE XXVI

 

Jacob ravit la bénédiction d’Isaac.

 

(Reproduit Genèse, XXVII, avec de rares fioritures, par exemple : Isaac ne reconnut pas Jacob parce qu’il y avait une dispensation du ciel pour lui enlever l’esprit. Isaac, bénissant Ésaü, ajoute qu’il commettra un parfait péché mortel et que sa semence sera effacée sous le ciel.)

 

 

 

CHAPITRE XXVII

 

Départ de Jacob.

 

(Reproduit le récit de Genèse, XXVII, 42-XXVIII, avec des broderies.)

 

 

 

CHAPITRE XXVIII

 

Jacob chez Laban.

 

... 6 Laban explique pourquoi il a donné Liah au lieu de Rachel : Ce n’est pas l’usage dans notre pays de donner la plus jeune avant l’aînée, car il est ainsi ordonné et écrit dans les tablettes du ciel. 7 Et toi (Moïse) ordonne aux enfants d’Israël de ne pas prendre ou donner la fille plus jeune avant l’aînée...

 

 

 

CHAPITRE XXIX

 

Jacob quitte Laban.

 

(On ne dit rien des teraphim ; mais notice sur les géants – Rephaïm – qui habitaient en Galaad : Dieu les détruisit à cause de leurs méfaits ; leur place fut prise par les Amorrhéens, eux aussi pleins de péchés. Silence sur la lutte avec Dieu.)

 

 

 

CHAPITRE XXX

 

Meurtre des Sichimites par Siméon et Lévi (on ne dit rien de la circoncision, qui leur avait été imposée)... 5 Et ainsi que désormais on ne laisse pas souiller une fille d’Israël : car le ciel décida de détruire par l’épée les Sichimites, parce qu’ils avaient couvert de honte Israël... 7 Et si un israélite désire donner sa fille ou sa sœur à un homme de la semence des gentils, il mourra et on doit le lapider, car il a couvert de honte Israël ; et on brûlera la femme dans le feu parce qu’elle a déshonoré le nom de la maison de son père... 8 Et ne permettez pas que jamais se commette l’adultère ou l’impureté en Israël : car Israël est saint pour le Seigneur... 9 Ainsi est-il ordonné sur les tablettes du ciel...

 

(13-15 Sur les mariages mixtes, qui attirent des punitions...)

 

18 Et la semence de Lévi a été choisie pour devenir prêtres et lévites, afin de servir continuellement le Seigneur, comme nous et pour que Lévi et ses fils soient bénis à jamais : car il fut zélé pour exercer justice, jugement et vengeance contre tous ceux qui se dressent contre Israël. Et ainsi on inscrivit en sa faveur sur les tablettes du ciel ce témoignage de bénédiction et de justice...

 

(Si les enfants d’Israël se livrent à l’impureté, on les inscrira comme adversaires sur les tablettes du ciel et ils seront supprimés du livre de vie...)

 

 

 

CHAPITRE XXXI

 

Jacob à Bethel.

 

...Jacob conduit à Isaac ses fils Lévi et Juda ; Isaac les bénit en esprit de prophétie. 13 Il dit à Lévi : « Puisse le Dieu de toutes choses et Seigneur de tous les siècles te bénir, toi et tes fils, à travers tous les siècles. 14 Qu’il te glorifie et te donne de l’approcher pour le servir dans son sanctuaire, comme font les anges de la présence et les saints. 15 Tes fils seront princes et juges, et chefs pour toute la race des fils de Jacob ; ils proféreront la parole du Seigneur avec droiture, ils jugeront ses jugements et ils enseigneront mes voies. 16 Ta mère t’a justement appelé Lévi, parce que tu seras adjoint au Seigneur et tu seras le compagnon de tous les fils de Jacob ; que la table de Dieu soit ta table... 17 Tous ceux qui te haïssent tomberont devant toi... » 18 Et il dit à Juda : « Que le Seigneur te donne force et pouvoir pour écraser tous ceux qui te haïssent ; prince tu seras, toi et un de tes fils, sur les fils de Jacob ; que ton nom et le nom de tes fils aille et traverse tout pays et région. Alors les gentils craindront devant ta face, et toutes les nations trembleront. 19 En toi sera le secours de Jacob et en toi sera trouvé le salut d’Israël. 20 Et quand tu seras assis sur le trône d’honneur de ta justice, il y aura grande paix pour toute la race des fils du bien-aimé ; béni qui te bénit... »

 

(Isaac ne pouvant aller au sacrifice y envoie Rébecca. 31 Jacob se réjouit de la bénédiction d’Isaac sur ses fils.)

 

32 « Maintenant je sais que j’ai une espérance éternelle, et mes fils aussi, devant le Dieu de tout ; et ainsi il en est ordonné relativement à tous deux » ; et ils le reportent en éternel témoignage pour eux sur les tablettes du ciel suivant qu’Isaac les a bénis.

 

 

 

CHAPITRE XXXII

 

Lévi.

 

À Béthel, Lévi songea qu’on l’avait établi et fait prêtre du Dieu Très-Haut, lui et ses fils à jamais ; il bénit Dieu.

 

(2 Jacob lui donne la dîme de tout ce qui était avec lui, hommes, bêtes et objets. 3 Jacob le revêt des habits du sacerdoce et lui remplit les mains 9. 4 Sacrifice considérable (au lieu de la libation d’huile de Gen.) pendant sept jours. 8 Et il décima les animaux purs et il fit un holocauste, mais les animaux impurs, il ne les donna pas à Lévi son fils, et il lui donna toutes les âmes des hommes. 9 Lévi exerce le sacerdoce à Béthel ; et il décima la dîme et ainsi la sanctifia et cela devint saint pour Dieu.)

 

10 Et pour ce motif il est ordonné sur les tablettes du ciel la loi de décimer de nouveau la dîme pour la manger devant le Seigneur d’année en année, dans le lieu choisi pour l’habitation de son nom, et à cette loi il n’y a pas de limites de jours, à jamais.

 

11 (Seconde dîme à manger chaque année devant le Seigneur, au lieu choisi et rien ne doit en rester. 13 Ce qui reste est impur et à brûler. 15 Dîmes qui appartiennent aux prêtres. 16 Jacob résout de construire ce lieu et de l’entourer d’un mur... Dieu change son nom...)

 

19 « Je donnerai à ta race toute la terre qui est sous le ciel, et ils jugeront toutes les nations à leur gré, et après cela ils prendront possession de la terre et l’hériteront à jamais. »

 

21 (En songe, un ange lui montre écrites sur sept tables les destinées de ses fils ; lui ordonne de ne pas construire  22 ce lieu, lui annonce son avenir, ordonne de l’écrire, lui accorde de se souvenir de tout, et il l’écrit. 27 Il fête un autre jour, l’addition 10 (Aseret) ; écrit sur les tablettes du ciel ; il lui fut révélé qu’il devait célébrer cette fête.

 

Mort de Débora et de Rachel.)

 

 

 

CHAPITRE XXXIII

 

L’inceste de Ruben avec Bala.

 

(Détaille l’histoire de Ruben avec Bala : Gen. XXXV, 19.) (9 Il est abominable de découvrir la bordure du lit de son père. 10 Interdit sur les tablettes du ciel : tous deux mourront : Lév. XX, 11. Et il ne doit y avoir rien d’impur devant notre Dieu dans la nation qu’il a choisie pour lui en possession.)

 

12 Il est écrit : (Lév. XX, 11) maudit celui qui couche avec la femme de son père ; car il a découvert la honte de son père ; et tous les saints du Seigneur dirent : ainsi soit-il ! 13 Et toi, commande aux Israélites d’observer cette loi, sous peine de mort. 15 Et qu’ils ne disent pas qu’à Ruben il fut accordé pardon et vie. 16 Car le commandement n’avait pas encore été révélé. 17 Pour cette loi, pas de consommation de jours ni d’expiation... ils seront tués au jour même. 20 Il n’y a pas de plus grand péché que la fornication qu’ils commettent sur terre ; car Israël est une nation sainte pour le Seigneur son Dieu, et une nation d’héritage, et une nation sacerdotale et royale..., et il n’y aura pas d’impureté au milieu de la nation sainte.

 

 

 

CHAPITRE XXXIV

 

Victoire sur les rois Amorrhéens ; Joseph vendu.

 

(Rois Amorrhéens battus par Jacob : Ils paient tribut et deviennent ses esclaves.)... (Deuil de Jacob sur Joseph tout un an.)

 

18 Pour cette raison il est ordonné aux enfants d’Israël de s’affliger le dixième jour du septième mois chaque année pour leurs péchés. 19 Afin de se purifier ce jour une fois par an (Mariage des fils de Jacob).

 

 

 

CHAPITRE XXXV

 

(Recommandations de Rébecca à son fils Jacob : Honorer son père et son frère. Il promet : chose grande, sacrée pour lui. Il demande qu’elle lui indique les perversités qu’elle a vues en lui, et je m’en convertirai et la miséricorde sera sur moi. Elle n’a rien vu. Elle demande à Isaac de faire jurer à Ésaü qu’il ne touchera pas à Jacob, elle dénonce la malice d’Ésaü. Isaac dit qu’il préférait Ésaü, mais maintenant il préfère Jacob.)

 

14 Ésaü et sa race seront extirpés de la terre, car il a oublié le Dieu d’Abraham et commis des impuretés. Il ne tiendra pas son serment. Mais s’il veut tuer Jacob, il tombera en ses mains. Ne pas craindre. 17 Le gardien de Jacob est grand et puissant et honoré plus que le gardien d’Ésaü.

 

(Rébecca mande Ésaü : il promet tout et demande la grâce de Jacob, qui deviendra roi sur eux.)

 

 

 

CHAPITRE XXXVI

 

Dernières recommandations d’Isaac.

 

« ... 3 Pratiquez la justice, pour que le Seigneur vous donne tout ce qu’il a promis à la race d’Abraham. 4 Et aimez-vous les uns les autres, mes fils, vos frères, comme on aime son âme, et que chacun cherche en quoi il pourra avantager son frère, et aimez-vous les uns les autres comme vos âmes. 5 (Contre les idoles.) 6 Pour que Dieu vous multiplie et vous établisse en plant de justice qui ne sera pas déraciné. 7 Et maintenant je vais vous faire jurer par un grand serment, – il n’en est pas de plus grand que par le nom glorieux et honoré et grand et splendide et extraordinaire et puissant, – que vous le craindrez et l’adorerez.

8 Jurez que vous aimerez chacun vos frères en affection et justice afin que vous ayez la prospérité. Celui qui médite du mal contre son frère sera consumé par un feu dévorant, pareil à celui dont il brûla Sodome : ; il sera effacé du livre de la discipline des enfants des hommes et il ne sera pas relaté dans le livre de vie... »

 

 

 

CHAPITRES XXXVII, XXXVIII

 

Guerres entre Ésaü et Jacob.

 

(Les fils d’Ésaü, contre la volonté de leur père, lèvent des troupes et forcent Ésaü à les suivre. Jacob lui reproche de manquer à son serment. Ésaü lui répond qu’il doit le haïr... Jacob se résout au combat. Il tue Ésaü d’une flèche. Les fils d’Ésaü sont battus et réduits en servitude. Jacob ordonne à ses fils de leur accorder la paix, mais de leur imposer un tribut et le joug de la servitude.)

 

 

 

CHAPITRE XXXIX

 

Joseph dans la maison de Putiphar.

 

(Il résista à la femme parce qu’il se souvenait que l’adultère est interdit sous peine de mort et que ces péchés sont inscrits contre le coupable dans les livres éternels...)

 

 

 

CHAPITRE XL

 

Songes de Pharaon et élévation de Joseph.

 

(Reproduit la Genèse et glose à peine. )

 

 

 

CHAPITRE XLI

 

Inceste de Juda avec Thamar.

 

... 23 Juda reconnut qu’il avait mal agi, en découvrant la couverture de son fils ; et il se mit à se lamenter et à supplier devant le Seigneur à cause de sa transgression. 24 Et nous lui dîmes en songe qu’il était pardonné parce qu’il avait supplié gravement et s’était lamenté, et qu’il n’avait pas recommencé. 25 Et il reçut le pardon parce qu’il s’était converti de son péché et de son ignorance, car il avait péché gravement contre Dieu ; quiconque agit ainsi, qu’il soit brûlé.

 

(26 Donne cette loi à Israël. 27 Ses fils furent punis parce qu’ils avaient refusé d’accomplir leur devoir envers Thamar.)

 

 

 

CHAPITRES XLII, XLIII

 

Joseph et ses frères en Égypte.

 

 

 

CHAPITRE XLIV

 

(Jacob attend une vision pour savoir s’il doit aller en Égypte : il y est encouragé. Il célèbre la fête de la moisson des premiers fruits avec du vieux grain...) (Généalogies de ses descendants.)

 

 

 

CHAPITRE XLV

 

Jacob en Égypte.

 

14 Il bénit ses fils, leur annonce ce qui leur arriverait en Égypte et dans les derniers jours. Il les bénit et donne à Joseph deux portions dans le pays. 16 Et il donna tous ses livres et ceux de ses pères à Lévi pour les garder et les renouveler pour ses enfants jusqu’à ce jour.

 

 

 

CHAPITRE XLVI

 

Israël devient une grande nation, n’ayant qu’un seul cœur... 2 Il ne se rencontra pas de Satan durant la vie de Joseph, ils étaient honorés... Pendant une guerre des Égyptiens contre Chanaan, ils enterrèrent à Macphéla tous les fils de Jacob, sauf Joseph. (Hébreux opprimés : Exode, 1, 8-14.)

 

 

 

CHAPITRES XLVII, XLVIII

 

(L’ange raconte à Moïse sa vie, jusqu’à son retour de Madian.) 2 Tu sais ce qu’alors le prince Mastéma voulait contre toi. 3 Ne désirait-il pas de tout son pouvoir te tuer et délivrer les Égyptiens de ta main, quand il vit que tu étais envoyé pour exécuter le jugement et la vengeance contre les Égyptiens ? 4 Et je te délivrai de sa main... Et le Seigneur exécuta sur eux une grande vengeance (les dix plaies). 5 Et il brûla toutes leurs idoles...

8 Et le Seigneur fit tout pour Israël, en raison de l’alliance qu’il avait accordée à Abraham et pour tirer vengeance des Égyptiens qui les avaient réduits en servitude. 9 Le prince Mastéma était contre toi, et voulait te jeter dans les mains de Pharaon et il aidait les sorciers égyptiens, qui purent faire le mal, mais pas y porter remède ; et Dieu les frappa... 12 Mastéma engagea les Égyptiens à combattre... 13 Mais je me tins entre les Égyptiens et Israël et le délivrai. Et le Seigneur détruisit tous ces peuples dans la mer, au nombre d’un million, mille par nourrisson jeté dans le fleuve... 15 Mastéma fut lié et emprisonné du quatorzième jour au dix-huitième afin qu’il n’accusât plus les enfants d’Israël ; puis nous le relâchâmes et il endurcit le cœur des Égyptiennes.

 

 

 

CHAPITRE XLIX

 

La Pâque.

 

(Rappelle le commandement de la Pâque...) 2 En cette nuit tous les pouvoirs de Mastéma furent relâchés afin que fussent exterminés tous les premiers-nés. 7 Rappelle ce jour tous les jours de ta vie et observe-le une fois par an à son jour. 8 C’est une ordonnance éternelle, écrite sur les tablettes. Quiconque, se trouvant pur, ne l’observe pas sera exterminé. (Les divers rites de la Pâque...)

 

(En Chanaan, immoler et manger la Pâque au tabernacle dressé au milieu du pays. 19 Puis au Temple... immoler au soir, à la troisième partie du jour.)

 

20 Et ils offriront son sang sur le seuil de l’autel et ils placeront sa graisse sur le feu de l’autel, et ils mangeront sa chair rôtie au feu dans la cour de la maison qui a été sanctifiée au nom du Seigneur. 21 Et ils ne peuvent pas célébrer la pâque en leurs villes, ni nulle part ailleurs que devant le tabernacle du Seigneur, ou devant sa maison où habite son nom ; et ils ne s’égareront pas du Seigneur. 22 Recommande-leur d’observer les observances de la pâque, et des azymes, et les obligations chacun des sept jours.

 

 

 

CHAPITRE L

 

Lois sur les jubilés et les Sabbats.

 

Il a révélé ces lois, à observer quand vous entrerez dans le pays.

 

4 (Semaines d’années, années et jubilés : 49 jubilés depuis Adam jusqu’à ce jour et une semaine et deux ans.)

 

5 Et les jubilés passeront jusqu’à ce qu’Israël soit purifié de toute faute de fornication... et il n’y aura plus de Satan ni aucun malin, et le pays sera pur désormais et à jamais.

 

(6 Lois du sabbat. 7 Aucun travail... 8 sous peine de mort, il est interdit d’habiter avec sa femme, de dire qu’on veut y faire quelque chose, qu’on y voyagera pour acheter ou vendre ; de puiser de l’eau là où ce n’est pas préparé le sixième jour, porter un fardeau hors de sa tente ou de sa maison.)

 

9 Vous ne devez rien faire, sauf ce que vous avez préparé le sixième jour, mais manger, boire, vous reposer et garder le Sabbat de tout travail et bénir le Seigneur votre Dieu, qui vous a donné un jour de fête et un jour saint : c’est un jour de royaume saint pour tout Israël que ce jour parmi leurs jours à jamais. 10 Car grand est l’honneur que le Seigneur a donné à Israël : qu’ils mangent et boivent et soient satisfaits en ce jour de fête, et qu’ils s’y reposent de tout le travail qui appartient au travail des enfants des hommes, sauf de brûler de l’encens et d’offrir des oblations et des sacrifices devant le Seigneur pour les jours et pour les sabbats. 11 Cette œuvre seule sera faite aux sabbats dans le sanctuaire du Seigneur votre Dieu, afin qu’ils expient pour Israël, en sacrifice continuellement de jour en jour pour un mémorial agréable devant le Seigneur, et qu’il les reçoive toujours comme tu en as reçu l’ordre. 12 Et quiconque fait une œuvre, va en voyage, ou cultive sa ferme, (travaille) en sa maison ou ailleurs, ou allume du feu, ou chevauche une bête, ou voyage par bateau sur mer, ou frappe ou tue quelque chose, ou égorge une bête ou un oiseau, ou prend animal, oiseau ou poisson, ou jeûne ou fait la guerre... il mourra, afin que les enfants d’Israël observent les sabbats suivant les commandements relatifs aux sabbats du pays, comme il est écrit sur les tablettes, qu’il a mises en mes mains, pour que j’écrive pour toi les lois des temps et les saisons suivant la division de leurs jours.

Par là est complet le compte de la division des jours.

 

 

 

 

 

 

 

LES TESTAMENTS DES DOUZE PATRIARCHES

 

 

Dans cet écrit sont rapportées les recommandations dernières que les douze fils de Jacob adressent à leurs descendants. On y reconnaît sans peine des interpolations chrétiennes, dont plusieurs ne figurent pas dans la version arménienne. Il semble aussi que le texte primitif avait déjà reçu des additions. Tous ces faits rendent plus difficiles les réponses aux questions ordinaires. En quelle langue fut composé l’original ? Très probablement en hébreu, comme le prouvent certaines confusions des versions. L’auteur principal était-il pharisien, essénien ? Les tendances piétistes, très nettes, de l’ouvrage ne permettent aucune réponse décisive. Les critiques ont proposé diverses dates pour l’établissement de l’ouvrage. Des parentés avec le livre des Jubilés, des allusions possibles dans les écrits des membres de la Nouvelle Alliance, imposeraient de situer la rédaction première vers la fin du second siècle avant Jésus-Christ.

Notre traduction est faite sur le texte grec (édité par CHARLES, The Greek Versions of the Testaments of the Twelve Patriarchs, Oxford, 1908) ; mous citerons aussi, à l’occasion, la traduction de fragments hébreux des testaments de Lévi et de Nephtali ; ils ne représentent pas le texte original, mais une retraduction.

On verra tout de suite quelles lumières ce document jette sur les conceptions morales ainsi que sur les espérances messianiques régnant en certains milieux juifs.

 

 

 

Testament de Ruben

 

(sur les pensées)

 

Copie du testament de Ruben, toutes les recommandations qu’il fit à ses fils avant de mourir...

6 Je vous atteste devant le Dieu du ciel de ne vous laisser pas entraîner aux égarements de la jeunesse et à la fornication, où je me suis laissé aller, et j’ai souillé le lit de Jacob, mon père. 7 Dieu me frappa d’une dure plaie en mes reins pendant sept mois, et si mon père n’eût prié pour moi, le Seigneur m’aurait fait périr... 9 Et après cela je me repentis, avec l’intention de mettre mon âme pendant sept ans devant le Seigneur. 10 Et je ne bus pas de vin, ni d’autre liqueur forte, ni la viande n’entra dans ma bouche et je ne mangeai aucune nourriture agréable ; mais je pleurai sur mon péché : car il était si grand qu’il ne s’en est pas trouvé de semblable en Israël.

II. Apprenez donc ce que je vis relativement aux sept esprits d’erreur pendant ma pénitence. 2 Sept esprits sont désignés contre l’âme et ils sont les guides des œuvres de sa jeunesse. Et sept autres esprits lui sont donnés à la création pour que par eux soient accomplies toutes les œuvres de l’homme. 3 Le premier est l’esprit de vie avec lequel la constitution de l’homme est créée ; 4 le second est le sens de la vue, par lequel est excité le désir ; 5 le troisième est l’ouïe, par lequel vient l’instruction ; le quatrième est l’odorat, qui nous fait prendre plaisir à respirer ; 6 le cinquième est la parole, par laquelle vient la science ; 7 le sixième est le goût, qui nous fait manger et boire et qui produit la force, car dans la nourriture est le fondement de la force ; 8 le septième est le pouvoir de procréation et des relations sexuelles (l’esprit qui réside dans la semence pour perpétuer l’espèce), qui fait entrer, par l’amour du plaisir, les péchés. 9 Aussi est-ce le dernier dans l’ordre de la création et le premier dans l’ordre de la jeunesse, parce qu’il est rempli d’ignorance et il conduit la jeunesse comme un aveugle conduit à la fosse et comme une bête, au précipice.

III. En outre il en est un huitième, l’esprit de sommeil, par lequel est introduite l’extase (la perte du sens) et l’image de la mort. 2 Avec ces esprits sont mélangés les esprits d’erreur. 3 D’abord l’esprit de fornication qui est établi dans la nature et les sens ; le second, la (gourmandise) insatiable (qui a son siège) dans le ventre ; 4 le troisième, l’esprit de querelle, dans le foie et dans la bile ; le quatrième est l’esprit de flatterie et d’imposture, poussant à apparaître beau par son industrie ; 5 le cinquième est l’esprit d’orgueil pour se glorifier et avoir des sentiments de superbe ; le sixième est l’esprit de mensonge, afin de forger des discours pour la perte et la jalousie et pour cacher ses paroles (sentiments) de ses parents et de ses amis ; 6 le septième est l’esprit d’injustice, de qui vient le vol et la rapacité, afin de contenter le désir de son cœur. Car l’injustice coopère aux autres esprits par les tromperies. 7 Et par-dessus tous ceux-là, l’esprit de sommeil, le huitième esprit, s’unit à la tromperie et à l’imagination. 8 Et ainsi se perd tout jeune homme, enténébrant son esprit loin de la vérité, et dépourvu d’intelligence pour la loi de Dieu et n’obéissant pas aux admonitions de son père, comme j’ai fait moi aussi en ma jeunesse. 9 Et maintenant, enfants, aimez la vérité et elle vous conservera. Je vous enseigne, écoutez Ruben votre père. 10 Ne faites pas attention aux regards de la femme, ne vous isolez pas avec une femme mariée, et ne vous entremettez pas aux affaires des femmes.

11 Car si moi je n’avais pas vu Balla se baignant dans un lieu couvert, je ne serais pas tombé dans cette énorme impiété. 12 Car mon esprit, ayant conçu la nudité féminine, ne me laissa pas dormir, jusqu’à ce que j’aie accompli cette abomination.

 

(13, 14 Il raconte son histoire ; en l’absence de Jacob, Balla ivre ne s’en aperçut pas.)

 

15 Et aussitôt un ange de Dieu révéla à mon père Jacob mon impiété ; et il prit le deuil à mon sujet et il ne la toucha plus.

IV. Ne faites donc pas attention à la beauté des femmes, et ne vous préoccupez pas de leurs affaires ; mais allez en la simplicité du cœur, dans la crainte du Seigneur, et prenant peine en vos travaux, et vous exerçant dans les lettres (l’étude), et dans vos troupeaux, jusqu’à ce que le Seigneur vous donne une épouse, celle qu’il veut, afin que vous ne fassiez pas comme moi. 2 (Sa honte jusqu’à la mort de Jacob.) 3 Et jusqu’à maintenant ma conscience me presse au sujet de mon péché. 4 Et cependant mon père me consola, en ce qu’il pria pour moi le Seigneur, afin que passât loin de moi la colère du Seigneur, comme me le montra le Seigneur. Et aussi depuis, je me suis tenu sur mes gardes et je n’ai pas péché. 5 C’est pourquoi, mes enfants, gardez toutes les choses que je vous prescris et vous ne pécherez point. 6 Car c’est un fléau pour l’âme que la fornication, elle sépare de Dieu, et elle rapproche des idoles, parce qu’elle égare l’intelligence et l’esprit, et elle fait descendre les adolescents avant leur temps à l’Hadès. 7 Car la fornication en a perdu beaucoup : parce que, que l’on soit vieux ou noble, elle couvre de honte auprès de Bélial et des hommes. 8 C’est parce que Joseph se garda de toute femme et qu’il purifia son esprit de toute fornication, qu’il trouva grâce devant le Seigneur et devant les hommes. 9 Car l’Égyptienne fit beaucoup pour le séduire, elle appela des magiciens, et elle lui présenta des philtres ; et la volonté de son âme n’accueillit pas le désir mauvais. 10 C’est pourquoi le Dieu de mes pères le délivra de toute mort visible ou cachée. 11 Car, si la fornication ne s’empare pas de notre esprit, Bélial ne s’emparera pas de nous.

 

V. (Femmes méchantes, sans pouvoir sur les hommes, et usant pour les attirer de tout stratagème.)

 

3 Car à leur sujet l’ange de Dieu me dit et m’enseigna que les femmes sont dominées par l’esprit de fornication plus que les hommes, et qu’en leur cœur elles ourdissent des machinations contre les hommes, et qu’elles commencent par égarer leurs esprits par leurs parures, et qu’elles sèment le poison par leur regard, et qu’alors elles les asservissent par l’œuvre (mauvaise) ; car les femmes ne peuvent pas forcer les hommes... 5 Fuyez donc la fornication, mes enfants, et ne permettez pas à vos femmes, ni à vos filles, de parer leur tête ni leur visage, car toute femme qui use de ces artifices est conservée pour la peine du siècle. 6 C’est ainsi qu’elles séduisirent les veilleurs par leurs regards... ayant enflammé de concupiscence leurs esprits.

VI. Gardez-vous donc de la fornication ; et si vous voulez être purs en esprit, gardez vos sens de toute femelle. 2 Et à elles ordonnez de ne pas aller avec les hommes (deux à deux) afin qu’elles aussi soient pures en leur esprit. 3 Car les relations continuelles, même si on ne commet pas l’impiété, sont pour elles une maladie incurable, et pour vous un opprobre éternel de Bélial.

4 Car la fornication ne comporte ni intelligence ni piété, et toute jalousie réside en sa concupiscence. 5 C’est pourquoi soyez les émules des fils de Lévi, et cherchez à les dépasser, mais vous ne le pourrez pas. 6 Car le Seigneur vengera ces choses, et vous mourrez d’une mauvaise mort. 7 Car à Lévi le Seigneur a donné le principat, et à Juda, après eux à moi, et à Dan et à Joseph, pour être princes. 8 C’est pourquoi je vous enjoins d’écouter Lévi, car il connaît la loi du Seigneur, et il donne les prescriptions à tout Israël, sur le jugement et les sacrifices, jusqu’à l’accomplissement des temps du grand-prêtre oint, dont a parlé le Seigneur. 9 Je vous adjure par le Dieu du ciel de faire la vérité chacun envers son prochain, et approchez de Lévi en humilité de cœur, afin de recevoir la bénédiction de sa bouche. 11 Car il bénira Israël et Juda, puisque c’est lui que le Seigneur a choisi pour régner sur tous les peuples. 12 Et adorez sa race, car c’est pour vous qu’elle mourra dans des guerres visibles et invisibles, et elle sera parmi vous en roi éternel.

 

VII. (Il meurt et est enterré.)

 

 

 

Testament de Siméon

 

(sur l’envie)

 

3 J’étais fort et courageux, ardent au travail. 4 Car mon cœur était dur, et mon foie invincible, et mes entrailles sans compassion. 5 Car le courage a été donné aux hommes par le Très-Haut, dans leurs âmes et dans le corps. 6 (Jaloux de Joseph, il projette de le tuer) : 7 car le prince de l’erreur, envoyant l’esprit d’envie, aveugla mon intelligence, de manière à ne pas le considérer comme mon frère, et à ne pas avoir pitié de Jacob mon père. 8 Mais son Dieu, le Dieu de ses pères, envoyant son ange, le délivra de mes mains.

9 Juda le vendit. 11 Je fus cinq mois en colère contre lui. 12 Mais Dieu m’empêcha, et entrava l’usage de mes mains, car ma main droite était à demi sèche pendant sept jours. 13 Et je connus que c’était à cause de Joseph que cela m’arrivait et, me convertissant, je pleurai et je priai le Seigneur de rétablir ma main et lui promis de m’abstenir de toute tache et envie et de toute folie. 14 Car je connus que j’avais désiré une mauvaise chose devant le Seigneur et devant Jacob mon père, à cause de Joseph mon frère, par l’envie que je lui portais.

III. Gardez-vous des esprits d’erreur et d’envie.

 

2 (L’envie trouble, 3 pousse à tuer :)

 

car celui qu’on envie fleurit en tout et l’envieux se flétrit. 4 Pendant deux ans dans la crainte du Seigneur j’affligeai mon âme par le jeûne, et je connus que la délivrance de l’envie vient par la crainte de Dieu. 5 Si on se réfugie dans le Seigneur, l’esprit mauvais s’enfuit, et l’esprit s’allège.

 

IV. (Triste parce qu’il a conscience d’être cause de la vente de Joseph, 3 en Égypte il reconnaît qu’il souffre justement.)

 

4 Mais Joseph était un homme bon, ayant en lui l’esprit de Dieu, compatissant et miséricordieux, et il ne me détestait pas mais m’aimait comme mes autres frères. 5 Gardez-vous donc de l’envie et de la jalousie, et conduisez-vous en simplicité d’âme et en cœur bon, vous rappelant votre oncle, afin que Dieu vous donne grâce et gloire et bénédiction sur vos têtes, comme vous le voyez en lui. 6 En tous ces jours il ne nous reprocha pas notre action, mais il nous aima comme son âme, nous loua devant ses fils, nous combla de biens. 7 Et vous donc, aimez-vous et éloignez de vous l’esprit d’envie, car il rend l’âme féroce, il corrompt le corps et met dans la volonté colère et guerre...

V. 3 Et gardez-vous de forniquer, car la fornication est mère de tous les maux, séparant de Dieu, et rapprochant de Bélial. 4 J’ai vu, écrit dans l’écriture d’Hénoch, que vos fils se corrompront avec vous dans la fornication, et qu’ils se montreront injustes envers Lévi par l’épée. 5 Mais ils ne pourront rien contre Lévi, car il guerroiera les guerres de Dieu, et ils déferont toute votre armée. 6 Et très peu nombreux seront ceux qui se diviseront contre Lévi et Juda...

 

VI. (Vues sur l’avenir.)

 

2 Si vous vous débarrassez de l’envie et de toute dureté de cœur, mes os fleuriront en Israël comme la rose...

3 Alors sera supprimée la race de Chanaan... et tous les Kittim seront détruits... Alors toute la terre se reposera de la perturbation et tout ce qui est sous le ciel (se reposera) de la guerre.

 

(Glorification de Sem dans l’apparition de Dieu sur la terre – interpolation chrétienne.)

 

Et alors je ressusciterai en joie et bénirai le Très-Haut pour toutes ses merveilles.

VIL. Obéissez à Lévi et à Juda et ne vous soulevez pas contre ces deux races, car d’elles se lèvera pour vous le salut de Dieu. 2 Car le Seigneur suscitera de Lévi un grand prêtre et de Juda un roi, – Dieu et homme, – qui sauvera toutes les nations et la race d’Israël...

 

 

 

Testament de Lévi

 

(sur le sacerdoce et l’orgueil)

 

II... 3 Quand je gardais les troupeaux, l’esprit d’intelligence du Seigneur vint sur moi et je vis tous les hommes corrompre leur voie, parce que l’injustice s’était construit des remparts et que l’impiété s’était assise sur des tours. 4 Je m’affligeai sur la race des hommes et priai le Seigneur de les sauver. 5 (Il voit en songe une grande montagne sur laquelle il est transporté.) Et les cieux s’ouvrirent et un ange du Seigneur me dit : Lévi, entre... 7 J’entrai au premier ciel et y vis une grande mer suspendue. 8 Et plus loin je vis un autre ciel beaucoup plus brillant et où se trouvait une lumière infinie. 9 Et je dis à l’ange : pourquoi cela ? Et l’ange me dit : ne t’étonne pas de ces choses, car tu verras un autre ciel plus brillant et incomparable. 10 Et quand tu y seras monté, tu seras près du Seigneur et tu seras son ministre. Et tu annonceras ses mystères aux hommes et tu prêcheras la rédemption future d’Israël. 11 Et par toi et par Juda le Seigneur apparaîtra parmi les hommes, pour sauver en eux toute la race des hommes. 12 Et de la portion du Seigneur sera ta vie, et lui sera pour toi : champ, vigne, fruits, or et argent.

(Additions d’un fragment araméen.) 4 Parfois tu mangeras, parfois tu auras faim... 6 Voici comment il t’a fait plus grand que tous et comment je te donne la grandeur d’une paix perpétuelle... 9 Jacob, sachant mon destin, me revêtit des habits sacerdotaux, me remplit les mains, je devins un prêtre de Dieu... et j’offris toutes ses offrandes et je bénis mon père en sa vie et tous mes frères. 13 Isaac, apprenant que j’étais prêtre du Dieu Très-Haut, le Seigneur du ciel, m’enseigna le droit du sacerdoce... 14 Tes droits sont plus grands que ceux de toute chair.

 

(Avertissements contre toute impureté et fornication. Prends une femme de ma famille. 18 Tu es près de Dieu et près de tous ses saints. Garde pure ta chair de toute souillure humaine.)

 

III. Écoute donc relativement aux cieux qui t’ont été montrés. Le plus bas est le plus triste parce qu’il avoisine toute l’injustice des hommes. 2 Et il contient du feu, de la neige et de la glace, préparés pour le jour établi par Dieu, dans le juste jugement de Dieu ; en lui sont tous les esprits qui punissent les impies. 3 Et dans le second sont les armées des camps, disposées pour le jour du jugement, afin de faire justice des esprits d’erreur et de Bélial. Et au-dessus sont les saints... 4 Dans le plus haut de tous habite la grande gloire, dans le Saint des saints, au-dessus de toute sainteté. 5 En lui (ou : dans le ciel au-dessous) sont les anges de la face du Seigneur, ceux qui servent et qui intercèdent auprès du Seigneur pour tous les péchés d’ignorance des justes. 6 Ils offrent au Seigneur un parfum intellectuel de bonne odeur et une offrande non sanglante. 7 Au-dessous sont les anges qui apportent les réponses aux anges de la face du Seigneur. 8 Et dans celui qui suit sont les trônes, les puissances, et là continuellement on offre des hymnes à Dieu. 9 Quand donc le Seigneur regarde vers nous, nous sommes tous ébranlés ; et les cieux, et la terre et les abîmes sont ébranlés devant la face de sa grandeur. 10 Mais les enfants des hommes ne perçoivent pas tout cela, ils pèchent et irritent le Très-Haut.

IV. Et maintenant sachez que le Seigneur fera le jugement sur les fils des hommes, alors que voyant les rochers déchirés, le soleil obscurci, et les eaux desséchées, et le feu tremblant, et toute créature troublée, et les esprits invisibles fondus et l’Hadès dépouillé par la passion du Très-Haut, les hommes incrédules demeureront dans leurs injustices : aussi seront-ils jugés par un châtiment. 2 Le Très-Haut a donc entendu ta prière, où tu demandes qu’il te sépare de l’injustice, et que tu deviennes son fils, le serviteur et le ministre de sa face. 3 Tu illumineras Jacob de la lumière de la connaissance, et tu seras comme le soleil pour toute la race d’Israël. 4 Et il te sera donné bénédiction, à toi et à toute ta race, jusqu’à ce que le Seigneur visite toutes les nations dans les entrailles de son fils pour le siècle (ils le crucifieront). 5 C’est pourquoi il t’est donné conseil et intelligence pour instruire tes fils à son sujet. 6 Car qui le bénit sera béni et ceux qui le maudissent périront.

V. Et l’ange m’ouvrit les portes du ciel ; et je vis le temple saint, et, sur le trône de gloire, le Très-Haut. 2 Et il me dit : Lévi, à toi j’ai donné les bénédictions du sacerdoce, jusqu’à ce que je vienne habiter au milieu d’Israël. 3 Ensuite l’ange me conduisit sur la terre et me donna un bouclier et une épée et me dit : exécute la vengeance sur Sichem à cause de Dina, et je serai avec toi, car le Seigneur m’a envoyé. 4 Et alors j’ai détruit les fils d’Emmor, comme il est écrit sur les tablettes des cieux. 5 Je lui dis : Je t’en prie, Seigneur, dis-moi ton nom, afin de t’invoquer au jour de la tribulation. 6 Et il dit : Je suis l’ange qui excuse la race d’Israël, afin qu’elle ne soit pas frappée complètement, car tous les esprits mauvais les accusent. 7 Et après cela, comme sortant du sommeil, je bénis le Très-Haut, et l’ange qui excuse la race d’Israël et tous les justes.

 

VI (Il raconte le meurtre des Sichimites. Colère de Jacob, de ce qu’on les eût égorgés après la circoncision. 7 Nous avons péché en agissant à son insu.)

 

VIII. À Béthel, après soixante-dix jours, 2 je vis sept hommes vêtus d’habits blancs, me disant : Lève-toi, revêts la robe du sacerdoce, et la couronne de justice, et le rational d’intelligence, et le vêtement de vérité, et le diadème de la foi, et la mitre de prodige, et l’éphod de la prophétie. 3 Et chacun d’eux, portant un ornement, les mirent sur moi et dirent : Désormais sois prêtre du Seigneur, toi et ta race jusqu’à l’éternité. 4 Et le premier m’oignit d’huile sainte et me donna le bâton de jugement. 5 Le deuxième me lava d’eau pure et me nourrit de pain et de vin saint, et me revêtit d’une robe sainte et glorieuse. 6 Le troisième me vêtit d’une robe de lin, pareille à un éphod. 7 Le quatrième me mit une ceinture semblable à de la pourpre. 8 Le cinquième me donna une branche d’olivier fertile. 9 Le sixième mit sur ma tête une couronne. 10 Le septième plaça sur ma tête le diadème du sacerdoce et remplit mes mains d’encens, pour officier devant le Seigneur. 11 Ils me dirent : Lévi, ta race sera divisée en trois charges, en signe de la gloire du Seigneur qui doit venir. 12 La première part sera grande, telle qu’il n’y en aura pas de plus grande. 13 La seconde aura le sacerdoce. 14 La troisième sera appelée d’un nom nouveau, parce qu’un roi sortira de Juda et établira un nouveau sacerdoce, à la façon des gentils. 15 Et sa parousie est ineffable, tel un prophète du Très-Haut, il est de la race d’Abraham notre père. 16 Et tout ce qui est désirable en Israël sera à toi ; et ta race disposera de la table du Seigneur, vous mangerez tout ce qui est beau à voir ; 17 et d’eux sortiront des grands prêtres, des juges et des scribes : car par leur bouche sera gardé le saint...

 

IX. (Il va avec Juda vers Isaac, 2 il le bénit suivant les termes de sa vision.)

 

3 À Béthel Jacob voit en vision que je serai pour eux prêtre pour Dieu. 4 Et, se levant au matin, il offrit par moi au Seigneur la dîme de tout. 5 À Hébron, Isaac m’appelait constamment pour me rappeler la loi du Seigneur, telle que me l’avait montrée l’ange de Dieu. 6 Et il m’enseignait la loi du sacerdoce :

 

(sacrifices, holocaustes, prémices, sacrifices volontaires, pacifiques.)

 

8 Il m’instruisait tous les jours dans les bonnes mœurs devant Dieu : 9 Prends garde à l’esprit de fornication, car il se perpétue et par ta race il souillera les choses saintes. 10 Et donc, pendant que tu es jeune, prends une femme, sans tache, intacte, qui ne soit pas de la race des Philistins ou des nations. 11 Et avant d’entrer dans le saint, baigne-toi ; quand tu sacrifies, lave-toi, et quand tu as terminé la victime, lave-toi.

 

(Diverses prescriptions sur les rites des sacrifices :)

 

50 Suis ces usages, 51 que m’a recommandés et qu’a pratiqués Abraham. Car il avait été choisi comme prêtre pour offrir des sacrifices au Très-Haut.

 

(Autres recommandations pour la liturgie des sacrifices ; 55-56 recommandations d’éviter le sang sur soi, de le couvrir, de ne pas le manger.)

 

57 Ainsi me recommanda mon père Abraham, car il trouva ainsi dans le Livre de Noé relativement au sang. 58 Tu es le bien-aimé de ton père et saint pour le Seigneur Très-Haut. 59 Par ta semence la terre sera bénie et ta semence sera inscrite dans le livre de mémorial de vie pour toutes les générations. 60 Ton nom, ni celui de ta race, ne seront jamais effacés.

X. Écoutez mes préceptes. 2 Je serai innocent de toutes vos impiétés et transgressions, que vous commettrez à la fin des siècles (contre le Sauveur du monde), en trompant Israël, et en suscitant contre lui de grands maux de la part du Seigneur. 3 Et vous commettrez l’iniquité avec Israël, au point que le Seigneur ne supportera pas Jérusalem à cause de votre malice ; mais il déchirera le voile du Temple, au point que ne sera pas couverte votre honte. 4 Et vous serez dispersés, captifs, dans les nations, et vous serez en opprobre, et malédiction, et mépris. 5 Car la maison que choisira le Seigneur s’appellera Jérusalem, comme le contient le livre d’Hénoch le juste.

XI. (Enfants de Lévi.)

XII. Ses petits-fils. 5... je devins prêtre à 19 ans.

XIII. Et maintenant je vous recommande de craindre le Seigneur notre Dieu de tout votre cœur ; et de marcher dans la simplicité de cœur suivant toute sa loi. 2 Et enseignez à vos enfants les lettres afin qu’ils aient l’intelligence pour toute leur vie, lisant sans cesse la loi de Dieu. 3 Car quiconque connaît la loi de Dieu sera honoré et ne sera pas étranger là où il va. 4 Il aura beaucoup plus d’amis que de parents, et beaucoup désireront le servir, et entendre la loi de sa bouche... 7 Acquérez la sagesse dans la crainte de Dieu avec diligence ; quand tout est perdu ou pillé, personne n’enlève la sagesse du sage, si ce n’est l’aveuglement de l’impiété et l’endurcissement du péché. 8 La sagesse lui conférera de l’éclat aux yeux des ennemis, et elle sera pour lui à l’étranger une patrie, et au milieu des ennemis on le prendra pour un ami. 9 S’il apprend ces choses et les accomplit, il partagera le trône du roi, comme Joseph, notre frère.

XIV. Mes enfants, j’ai appris de l’écriture d’Hénoch qu’à la fin vous commettrez l’impiété, portant en toute malice vos mains (sur le Seigneur), et que vos frères rougiront de vous et que ce sera en risée à toutes les nations. 2 Car notre père Israël sera pur de l’impiété des grands prêtres (qui jetteront leurs mains sur le Sauveur du monde). 3 Le ciel est plus pur que la terre : et vous aussi, les astres du ciel, (soyez) comme le soleil et la lune. 4 Que feront toutes les nations si vous vous obscurcissez dans l’impiété, et si vous amenez la malédiction sur votre race, en faveur de qui est la lumière du monde, qui vous a été donnée pour illuminer tout homme ? puisque vous voulez enlevez cette lumière, en enseignant des commandements contraires aux préceptes de Dieu. 5 Vous volerez des offrandes faites à Dieu, avant de les immoler vous en prendrez le meilleur, et vous le mangerez avec mépris avec des prostituées. 6 C’est en esprit d’avarice que vous enseignerez les commandements du Seigneur ; vous souillerez les femmes mariées et vous corromprez les vierges d’Israël, et vous vous unirez à des prostituées et à des adultères, vous prendrez pour femmes des filles de gentils, pensant vous purifier d’une purification illégitime, et votre union sera en impiété comme celle de Sodome et de Gomorrhe. 7 Et vous vous enorgueillirez du sacerdoce, vous élevant contre les hommes ; bien plus, contre les commandements de Dieu. 8 Vous mépriserez les choses saintes, les tournant en dérision et moquerie.

XV. À cause de cela, le Temple que choisira le Seigneur sera dévasté par votre impureté, et vous serez emmenés captifs en toutes les nations. Et vous serez parmi elles en abomination, et vous serez couverts de confusion et de honte suivant le juste jugement de Dieu. 3 Et tous ceux qui vous verront fuiront loin de vous. 4 Et n’eût été Abraham, Isaac et Jacob, vos pères, il ne serait pas resté un seul homme de votre race, sur la terre.

XVI. De par le livre d’Hénoch je sais que ces impiétés dureront soixante-dix semaines, vous errerez, vous profanerez le sacerdoce, et vous souillerez les sacrifices. 2 Et vous détruirez la loi, et vous mépriserez les paroles des prophètes, vous persécuterez les justes, et vous traiterez d’imposteur (l’homme qui vient renouveler la loi du Très-Haut, vous le tuerez, recevant son sang innocent sur vos têtes). 3 Et à cause de lui le saint sera dévasté, profané jusqu’à terre. 4 Et aucun de vos lieux ne sera pur, mais vous serez parmi les nations en malédiction et dispersion, jusqu’à ce que lui-même vous visite et plein de miséricorde vous reçoive (par la foi et l’eau).

 

XVII. (Suite du sacerdoce, suivant chaque jubilé.)

 

2 Le premier (grand prêtre) sera grand, parlera à Dieu comme à son père, son sacerdoce sera plein de la crainte du Seigneur, et au jour de sa joie il se lèvera pour le salut du monde... 5 Sous le quatrième il y aura douleurs, injustice, parce que chaque israélite détestera son prochain.

 

(Septième : souillure, captivité, puis retour de l’exil ; restauration de la maison du Seigneur.)

 

11 Dans la septième semaine viendront des prêtres idolâtres, querelleurs, aimant l’argent, orgueilleux, impies, voluptueux, corrompant enfants et bêtes.

XVIII. Après que Dieu se sera vengé d’eux, le sacerdoce disparaîtra, et alors le Seigneur suscitera un nouveau prêtre, à qui toutes les paroles de Dieu seront révélées, et il exécutera un jugement de vérité sur la terre pendant une multitude de jours. 3 Et son astre montera dans le ciel, tel un roi, illuminant la lumière de la connaissance comme le soleil illumine le jour, et il sera magnifié dans l’univers jusqu’à son ascension. 4 Et il brillera comme le soleil sur la terre, et il supprimera toute obscurité sous le ciel, et la paix sera sur toute la terre. 5 Les cieux se réjouiront en ses jours, et la terre sera remplie de joie, et les nuées exulteront, et la connaissance du Seigneur sera répandue sur la terre, comme l’eau des mers ; et les anges de la gloire et de la face du Seigneur se réjouiront en lui. 6 Les cieux s’ouvriront et du sanctuaire de la gloire viendra sur lui la sanctification (avec la voix paternelle), comme d’Abraham, père d’Isaac. 7 Et la gloire du Très-Haut sera prononcée sur lui et l’esprit d’intelligence et de sainteté se reposera sur lui (dans l’eau). 8 Il donnera la grandeur de Dieu à ses fils, et n’aura pas de successeur. En son sacerdoce le péché prendra fin. 10 Il ouvrira les portes du paradis ; il éloignera l’épée menaçante contre Adam. 11 Il donnera aux saints de manger de l’arbre de vie, et l’esprit de sainteté sera sur eux. 12 Et Bélial sera lié par lui, et il donnera pouvoir à ses fils de fouler les esprits mauvais. 13 Et le Seigneur se réjouira en ses fils. 14 Et les pères, et moi, et tous les saints.

XIX. Et maintenant que vous avez tout entendu, choisissez-vous les ténèbres ou la lumière, la loi du Seigneur ou les œuvres de Bélial. 2 (Ils promettent de marcher devant le Seigneur.) 3 Et Lévi : Témoin le Seigneur, témoins ses anges, et témoin, moi et vous, de votre parole.

 

 

 

Testament de Juda

 

(sur le courage, l’amour de l’argent et la fornication)

 

4 En ma jeunesse j’étais vif et ardent et obéissant à mon père, et bénissant ma mère et la sœur de ma mère. 6 Mon père me dit : tu seras roi, prospérant en tout.

 

II. (Prospérité en mes affaires. Succès à la chasse, force, agilité. III. Combats heureux contre les rois chananéens.)

 

10 Mon père avait vu en vision qu’un ange de la puissance me suivait partout, afin que je ne sois pas vaincu.

 

IV-VIII. (Autres succès guerriers, richesses. IX. Guerre avec Ésaü soumis au tribut.) X. (Eir ne veut pas connaître Thamar, qui n’était pas chananéenne, 3 l’ange du Seigneur le frappa, il mourut en sa malice.)

XII. (Histoire de Thamar ; il était égaré par l’ivresse et par la beauté de sa parure.)

 

8 Je ne l’approchai plus tant qu’elle vécut, car j’avais commis cette abomination au milieu de tout Israël.

XIII. 2 Ne suivez pas vos concupiscences, ni les conceptions de vos volontés dans l’orgueil de votre cœur, et ne vous glorifiez pas dans les œuvres fortes de votre jeunesse, car cela est mauvais aux yeux du Seigneur. 3 Mon orgueil m’a fait tomber en impudicité... 6 et je transgressai le commandement du Seigneur et celui de mes pères, de ne pas prendre une chananéenne. 8 Et Dieu m’a rétribué suivant la volonté de mon cœur, car je n’ai pas eu de joie en ses fils.

XIV. Ne vous enivrez pas, car le vin détourne l’esprit de la vérité et produit la colère de la concupiscence, et conduit les yeux dans l’erreur. 2 Car l’esprit de fornication a le vin pour serviteur pour entraîner aux plaisirs de l’esprit : et les deux enlèvent la force de l’homme... 8 Le vin produit l’esprit d’erreur, enlève toute honte, fait estimer beau le déshonneur.

XV. La fornication dépouille de la royauté, comme moi je me suis dépouillé de mon bâton et de ma ceinture... 4 Et, me repentant de cela, je n’ai pas bu de vin jusqu’à la vieillesse, et je n’ai accepté aucun plaisir. 5 Et l’ange de Dieu me montra qu’à jamais les femmes domineront, tant le roi que l’indigent, qu’elles enlèveront la gloire du roi, et la force de l’homme courageux, et l’appui du pauvre.

XVI. Dans le vin sont quatre esprits mauvais : concupiscence, feux des passions, intempérance, gain honteux.

 

2 (Boire avec mesure... joie et vie.)

 

Mais si vous buvez sans pudeur, et que disparaisse la crainte de Dieu, l’ivresse se produira, et s’introduira l’impudeur. (Autres suites de l’ivresse.)

XVII. Je vous enjoins de ne pas aimer l’argent, et de ne pas considérer la beauté des femmes, comme je fis pour la femme chananéenne. 2 Car on corrompra les hommes sages d’entre mes fils et on diminuera la royauté que le Seigneur m’a donnée par l’obéissance à mon père... 4 j’obéissais à mon père. 6 Et je sais que de moi sortira la race royale.

XVIII. Je sais par les livres d’Hénoch que vous ferez le mal dans les derniers jours. 2 Gardez-vous donc de la fornication et de l’amour de l’argent.

3 (Contre la fornication et l’avarice) : car cela éloigne de la loi de Dieu et aveugle la volonté de l’âme et enseigne la superbe et ne laisse pas l’homme avoir pitié de son prochain... 5 et empêche les sacrifices à Dieu ; et il oublie les bénédictions, et il n’obéit pas aux paroles du prophète, et il s’oppose à la parole de piété. 6 Car, esclave de deux passions qui s’opposent aux commandements de Dieu, il ne peut pas obéir à Dieu, parce qu’elles ont aveuglé son âme et, en plein jour, il va comme dans la nuit.

XIX. L’’avarice conduit à l’idolâtrie. 2 À cause de l’argent j’ai perdu mes fils, et, sans la pénitence de ma chair et l’humilité de mon âme et les prières de Jacob mon père, je serais mort sans enfants. 3 Mais le Dieu de mes pères, miséricordieux et compatissant, connut que j’avais agi par ignorance. 4 Car le prince de l’erreur m’avait aveuglé ; et je reconnus ma faiblesse, alors que je m’estimais invincible.

XX. Sachez que deux esprits séjournent en l’homme, celui de vérité et celui d’erreur ; 2 et entre les deux est celui de la conscience de l’esprit, pour incliner où il voudra. 3 Et les œuvres de vérité et celles d’erreur sont écrites sur la poitrine de l’homme ; et le Seigneur connaît chacune d’elles. 4 Et il n’est pas de temps où puissent être cachées les actions des hommes, car elles sont écrites sur les os de la poitrine devant le Seigneur. 5 Et l’esprit de vérité atteste toutes choses et accuse tout ; et le pécheur est brûlé de par son propre cœur, et il ne peut pas lever son visage vers son juge.

XXI. Et maintenant, mes enfants, aimez Lévi afin de pouvoir être conservés ; et ne vous insurgez pas contre lui pour n’être pas anéantis. 2 Car le Seigneur m’a donné la royauté et à lui le sacerdoce, et il a soumis la royauté au sacerdoce. 3 Il m’a donné les choses de la terre, et à lui celles qui sont dans les cieux. 4. De même que le ciel l’emporte sur la terre, de même le sacerdoce de Dieu l’emporte sur la royauté de la terre, à moins que le péché ne le fasse déchoir de Dieu, et qu’il ne soit dominé par la royauté terrestre. 5 Car l’ange de Dieu m’a dit : Le Seigneur l’a choisi au-dessus de toi, afin qu’il s’approche de lui et mange sa table et les prémices des fruits délicieux des enfants d’Israël. Mais toi, tu seras le roi de Jacob et tu seras pour eux comme la mer. 6 Car de même qu’en elle justes et injustes subissent les mauvais temps, les uns s’enrichissant, les autres y devenant esclaves, ainsi en toi pour toute la race des hommes, les uns sont en danger et deviennent esclaves, les autres s’enrichissent par le pillage. 7 Ainsi les rois asservissent et pillent et égorgent... 9 Et les faux prophètes seront comme des tempêtes, et ils poursuivront tous les justes.

XXII. (Guerres fratricides en Israël) ; le royaume livré à des étrangers 2 jusqu’à la venue du salut pour Israël, jusqu’à la parousie du Dieu de justice, afin qu’Israël et toutes les nations puissent se reposer en paix. 3 Et il conservera la puissance de mon royaume jusqu’au siècle. Car le Seigneur m’a promis par serment que la royauté ne cessera pas en ma race, tous les jours, jusqu’au siècle.

XXII. J’ai une grande tristesse à cause des impudicités, des sorcelleries et des idolâtries que vous pratiquerez contre la royauté, écoutant des pythonisses, des sorcières et des démons d’erreur. 2 Vous prostituerez vos filles, comme les nations.

 

(Punitions divines... incendie du Temple de Dieu, servitude, ils seront faits eunuques.)

 

5 Jusqu’à ce que vous vous tourniez vers le Seigneur d’un cœur parfait, vous repentant et suivant tous les commandements de Dieu, et le Seigneur vous visitera en miséricorde et vous ramènera de la captivité de vos ennemis.

XXIV. Et après cela se lèvera pour vous un astre de Jacob en paix ; et s’élèvera un homme de ma race, tel le soleil de justice, conversant avec les hommes en douceur et justice, et on ne trouvera en lui aucun péché. 2 Et les cieux s’ouvriront sur lui, pour répandre l’Esprit, bénédiction du Père saint, 3 et il répandra sur vous l’esprit de grâce et vous deviendrez ses fils en vérité, et vous vous conduirez en ses préceptes, les premiers et les derniers. 4 Voilà le surgeon du Dieu Très-Haut, et voilà la source de vie pour toute chair. 5 Alors resplendira le sceptre de ma royauté, et de votre racine naîtra un rejeton choisi ; 6 et de lui croîtra le bâton de justice pour les nations, pour juger et sauver tous ceux qui invoquent le Seigneur.

XXV. Et après cela Abraham, Isaac, Jacob ressusciteront pour la vie ; et moi et mes frères nous serons les princes en Israël. 2 Lévi le premier, moi le second, Joseph, Benjamin, Siméon, Issachar, et, ainsi par ordre, tous. C’est le Seigneur qui a béni Lévi, et pour moi, l’ange de la face... 3 Et il y aura un seul peuple du Seigneur et une seule langue, et il n’y aura plus d’esprit d’erreur de Bélial, car il sera jeté dans le feu à jamais. 4 Et ceux qui sont morts dans la tristesse ressusciteront en joie, et ceux qui sont morts dans la pauvreté, à cause du Seigneur, seront enrichis ; et ceux qui meurent à cause du Seigneur s’éveilleront pour la vie. 5 Et les cerfs de Jacob courront dans l’allégresse, et les aigles d’Israël voleront dans la joie ; mais les impies s’affligeront et les pécheurs pleureront, et tous les peuples glorifieront le Seigneur pour les siècles.

XXI. Gardez, mes enfants, toute la loi du Seigneur, car il y a une espérance pour tous ceux qui suivent une voie droite.

 

 

 

Testament d’Issachar

 

(sur la simplicité)

 

Écoutez, aimés de Dieu.

 

(Détails sur les mandragores.)

 

II. Alors l’ange du Seigneur apparut à Jacob, disant : Rachel enfantera deux enfants, parce qu’elle a repoussé le commerce de l’homme et a choisi la continence. 2 Et si Lia, ma mère, n’avait pas donné les deux fruits en échange du coït, elle eût enfanté huit enfants ; elle en a enfanté six et Rachel deux, parce que le Seigneur l’a visitée dans les mandragores. 3 Car il vit que c’était à cause des enfants qu’elle voulait le commerce de Jacob et non à cause du plaisir. 4 Car au matin elle renvoya Jacob, afin de recevoir l’autre mandragore. C’est pourquoi le Seigneur exauça Rachel dans les mandragores : 5 car, bien qu’elle en eût envie, elle ne les mangea pas, mais les offrit dans la maison du Seigneur, les présentant au prêtre du Très-Haut qui existait en ce temps-là.

III. Une fois homme, j’allais dans la droiture du cœur, je devins 2 agriculteur et mon père me bénit voyant que je marchais en simplicité. 3 Je ne me mêlais point des affaires des autres, et je n’étais ni mauvais, ni envieux de mon prochain, 4 je ne parlais mal de personne, ni ne critiquais la vie des hommes, me conduisant en simplicité du regard. 5 Je ne connaissais pas le plaisir des femmes, car le sommeil venait de la fatigue. 6 Mon père se réjouissait de ma simplicité : j’offrais les fruits de ma fatigue, d’abord au Seigneur, puis à mon père. 7 Et le Seigneur doubla les biens en mes mains. Et Jacob savait que le Seigneur coopérait à ma simplicité : 8 car je distribuais les biens de la terre dans la simplicité de mon cœur à tout indigent et à tout opprimé.

IV. Marchez dans la simplicité du cœur, car j’ai vu qu’elle obtient toute la complaisance du Seigneur. 2 L’homme simple ne désire pas l’or, il n’abuse pas de son prochain, il ne recherche pas des mets variés, il ne veut pas la variété des vêtements, 3 il ne se propose pas de vivre un long temps, il se contente d’accueillir la volonté de Dieu. 4 Et les esprits d’erreur n’ont pas de force sur lui. Il ne s’arrête pas à considérer la beauté des femmes, afin de ne pas souiller son esprit par la corruption. 5 L’envie n’entre pas dans ses désirs, la jalousie ne ravage pas son âme, et il ne connaît pas le lucre insatiable. 6 Car il va dans la droiture de la vie, et il voit tout en simplicité, ne recevant pas de la tromperie du monde la malice en ses yeux, afin de ne rien trouver de pervers dans les commandements du Seigneur.

V. Gardez donc la loi de Dieu, et acquérez la simplicité, et marchez en innocence, sans trop examiner les commandements du Seigneur, 2 ni les actes du prochain. Mais aimez le Seigneur et le prochain, ayez compassion de l’indigent et du faible. 3 Travaillez la terre, offrant des dons au Seigneur avec action de grâces. 4 Car c’est dans les prémices des fruits de la terre que le Seigneur te bénira, comme il a béni tous les saints depuis Abel. 5 Ta portion est dans les fruits de la terre... 7 Lévi et Juda ont été glorifiés entre les fils de Jacob : car le Seigneur leur a constitué une part, à l’un il a donné le sacerdoce, à l’autre la royauté. 8 Obéissez-leur, et conduisez-vous suivant la simplicité de votre père.

VI. Je sais que dans les derniers jours vos fils abandonneront la simplicité et s’attacheront à l’avarice... oubliant les commandements du Seigneur, ils s’attacheront à Bélial. 2 Ils laisseront l’agriculture, suivront leurs mauvais désirs (dispersion, esclavage).

3 Dites cela à vos fils, afin que, lorsqu’ils pécheront, ils se convertissent au plus tôt au Seigneur : 4 car il est miséricordieux et il les délivrera pour retourner à leur terre.

VII. J’ai cent vingt ans et je ne me connais pas de péché conduisant à la mort. 2 Je n’ai pas connu d’autre femme que la mienne, je n’ai pas forniqué par suite de regards lascifs. 3 Je n’ai pas bu de vin qui égare, je n’ai rien convoité des biens désirables du prochain. 4 En mon cœur je n’ai pas admis la fraude, le mensonge n’est pas sorti de mes lèvres. 5 J’ai eu compassion de tout homme affligé et j’ai partagé mon pain avec le pauvre. Je n’ai pas mangé seul ; je n’ai pas déplacé de borne, j’ai pratiqué la piété en tous mes jours et la vérité. 6 J’ai aimé le Seigneur de toute ma force et aussi tout homme comme mes enfants.

Faites cela, mes enfants, et tout esprit de Bélial fuira loin de vous, et les actions des mauvais hommes ne vous domineront pas. Vous asservirez toutes les bêtes sauvages puisque vous avez en vous le Dieu du ciel ; vous converserez avec les hommes en simplicité de cœur.

 

 

 

Testament de Zaboulon

 

(sur la compassion et la miséricorde)

 

...4 je ne savais pas avoir péché, sauf en pensée. 5 Et je ne me rappelle pas avoir commis d’impiété, sauf d’ignorance, au sujet de Joseph. 6 Et je pleurai beaucoup en secret... par crainte de mes frères. 7 Je les détournai de le tuer, de ne pas commettre cette iniquité.

II. Joseph les suppliait de l’épargner, lui et son père, de ne pas verser le sang innocent : 3 si j’ai péché contre vous, corrigez-moi... Et moi je pleurai... 8 Le Seigneur empêcha l’eau de monter dans la citerne pour sauver Joseph.

III. Je ne pris rien de son prix...

 

4 (il rappelle la loi du lévirat, comme inscrite dans la loi d’Hénoch).

 

IV. (Joseph resta trois jours et trois nuits dans la citerne, sans manger. Il accuse surtout Gad et Siméon.)

 

V. Et maintenant, mes enfants, je vous engage à garder les commandements du Seigneur et à faire la miséricorde avec votre prochain et à avoir compassion à l’égard de tous, non seulement les hommes, mais aussi les êtres sans raison. 2 C’est pourquoi le Seigneur me bénit, et je fus seul sans maladie : car le Seigneur savait le dessein de chacun. 3 Ayez donc miséricorde en vos entrailles, car, suivant que chacun agit envers son prochain, ainsi Dieu aussi agit envers lui. 4 Les fils de mes frères furent malades et moururent à cause de Joseph parce qu’ils n’eurent pas de miséricorde, les miens furent sans maladie...

 

VI. (Il fut le premier à faire un navire sur la mer. Pêche abondante, 4 dont je donnais à tout étranger, 5 donnant et montrant de la compassion à tout miséreux.)

 

6 Aussi le Seigneur me faisait-il prendre beaucoup de poisson. Car celui qui partage avec son prochain reçoit beaucoup plus du Seigneur.

VII. Voyant un malheureux nu en hiver, et ému de compassion à son égard, je volai en secret un vêtement de ma maison et le lui donnai. 2 Vous donc, mes enfants, de ce que vous accorde Dieu, faites miséricorde, prenant compassion de tous sans distinction et donnez de bon cœur à tout homme. 3 Si pour le moment vous n’avez rien à donner à l’indigent, ayez compassion dans des entrailles de miséricorde. 4 Ainsi faisais-je...

VIII. Et vous donc, mes enfants, ayez compassion pour tout homme en miséricorde, afin que le Seigneur, ayant compassion de vous, vous fasse miséricorde. 2 Car à la fin des jours, Dieu enverra sa miséricorde sur la terre, et là où il trouvera des entrailles de miséricorde, là il habitera. 3 Car, dans la mesure où l’homme a pitié de son prochain, en cette mesure Dieu a pitié de lui. 4 Quand nous descendîmes en Égypte, Joseph ne nous garda pas rancune ; mais, me voyant, il fut pris de pitié. 5 Considérant cet exemple, soyez aussi sans rancune, et aimez-vous les uns les autres, et que personne ne médite le mal contre son frère. 6 Car cela dissout l’unité, et dissipe toute relation de parenté, et trouble l’âme : car celui qui garde rancune n’a pas des entrailles de miséricorde.

IX. (Contre la division.) 4 Ne vous divisez pas en deux têtes, car tout ce qu’a fait le Seigneur, il l’a fait une seule tête. Il a donné deux épaules, pieds, mains, mais tous les membres obéissent à une seule tête.

IX. J’ai appris dans les livres de mes pères que vous vous diviserez en Israël (idolâtrie, esclavage). 7 Et après cela vous vous souviendrez du Seigneur, et vous vous convertirez et il vous ramènera, car il est miséricordieux et plein de compassion, n’imputant pas leur malice aux enfants des hommes, parce qu’ils sont chair et que les esprits d’erreur les égarent en toutes leurs actions. 8 Et ensuite se lèvera pour vous le Seigneur, lumière de justice. Il délivrera de Bélial toute la captivité des enfants des hommes, et tout esprit d’erreur sera foulé aux pieds. Et il tournera toutes les nations en zèle pour lui. Et vous retournerez dans votre terre et vous verrez le Seigneur à Jérusalem à cause de son nom (vous verrez le Seigneur en forme humaine). 9 Et de nouveau vous l’irriterez par la malice de vos discours et vous serez rejetés jusqu’au temps de la consommation.

X. Et maintenant, mes enfants, ne vous affligez pas, parce que je meurs, et ne défaillez pas parce que je vous laisse. 2 Car je ressusciterai de nouveau au milieu de vous, comme un chef au milieu de ses enfants, et je me réjouirai au milieu de ma tribu, de tous ceux qui ont gardé la loi du Seigneur et les commandements de Zabulon leur père. 3 Mais sur les impies Dieu amènera un feu éternel et il les perdra jusqu’aux générations. 5 Et, vous, craignez le Seigneur de toute votre force...

 

 

 

Testament de Dan

 

(sur la colère et le mensonge)

 

...3 J’ai expérimenté en mon cœur et en toute ma vie qu’est bonne et agréable à Dieu la vérité avec la bonne action ; et que mauvais est le mensonge et la colère, car il enseigne toute la malice humaine. 4 Je confesse avoir eu du plaisir sur la mort de Joseph... 6 Car l’esprit de jalousie et d’orgueil me disait : et toi aussi tu es le fils de Jacob. 7 Et un des esprits de Bélial coopérait avec moi : prends cette épée. 8 C’est l’esprit de colère qui me persuadait d’égorger Joseph. 9. Mais le Dieu de Jacob, mon père, ne le laissa pas tomber en mes mains.

II... Si vous ne vous gardez de l’esprit de mensonge et de colère et si vous n’aimez la vérité et la magnanimité, vous périrez. 4 Car l’esprit de colère enveloppe des filets de l’erreur et aveugle les yeux, et par le mensonge obscurcit l’intelligence... 5 Il enveloppe de haine et inspire l’envie contre son frère.

III. Mauvaise est la colère qui s’empare du corps et de l’âme... 2 pour lui faire commettre toute iniquité. 6 Cet esprit va toujours avec le mensonge ; à la droite de Satan, afin que ses œuvres s’accomplissent en cruauté et mensonge.

IV. La colère trouble l’esprit. 3 Si on parle contre vous, ne vous laissez pas aller à la colère ; si on vous loue comme bons, ne vous élevez pas et ne laissez pas altérer votre esprit en exultation ou en dégoût... 5 Ne vous laissez pas troubler par les pertes, car cet esprit fait désirer ce qu’on a perdu, afin d’irriter par le désir. 7 Colère et mensonge ensemble troublent l’esprit et l’âme et alors le Seigneur la quitte et Bélial la domine.

V. 2 Dites la vérité à votre prochain et vous ne tomberez pas dans la colère et les troubles, mais vous serez en paix, ayant le Dieu de paix, et la guerre ne vous assaillira pas. 3 Aimez le Seigneur en toute votre vie, et les uns les autres d’un cœur sincère. 4 Je sais que dans les derniers jours vous vous éloignerez du Seigneur et vous irriterez Lévi et vous vous opposerez à Juda, mais vous ne pourrez rien contre eux. Car un ange du Seigneur les dirige tous deux, parce qu’en eux Israël trouve sa stabilité. 5 Et quand vous quitterez le Seigneur, vous irez en toute malice, faisant les abominations des nations, forniquant avec des femmes d’impies, les esprits d’erreur agissant en vous en toute malice. 6 J’ai lu dans le livre d’Hénoch le juste que votre prince est Satan, et que les esprits de fornication et d’orgueil seront en embûche contre les fils de Lévi, pour les faire pécher devant le Seigneur. 7 Et mes fils s’uniront aux fils de Lévi et pécheront avec eux ; et les fils de Juda pratiqueront la convoitise d’avarice, se pillant les uns les autres comme des lions. 8 (Aussi captivité, misère, malice.) 9 Et, ainsi retournant au Seigneur, vous recevrez miséricorde et il vous conduira en son sanctuaire, vous clamant la paix. 10 Et se lèvera pour vous de Juda et de Lévi le salut du Seigneur ; et il fera la guerre contre Bélial, et il vous donnera la vengeance de la victoire. 11 Et il enlèvera à Bélial les captifs, les âmes des saints, et il convertira les cœurs désobéissants au Seigneur, et il donnera à ceux qui l’invoquent une paix éternelle. 12 Et les saints se reposeront à l’Éden, et les justes se réjouiront sur la nouvelle Jérusalem, qui sera pour la gloire de Dieu à jamais. 13 Et Jérusalem ne supportera plus la dévastation, ni Israël ne sera emmené captif, car le Seigneur sera au milieu d’elle, conversant avec les hommes, et le Saint d’Israël régnera sur eux en humilité et pauvreté ; et qui croira en lui régnera en vérité dans les cieux.

VI. Craignez le Seigneur et faites attention à Satan et à ses esprits. Approchez de Dieu et de l’ange qui vous excuse ; car il est le médiateur entre Dieu et les hommes pour la paix d’Israël. 2 Il se dressera contre le règne de l’ennemi : aussi l’ennemi s’empressera-t-il à renverser tous ceux qui invoquent le Seigneur... 4 Car il sait qu’au jour où Israël croira, sera consommé le règne de l’ennemi. 5 Mais l’ange de la paix fortifiera Israël afin qu’il ne tombe pas dans l’extrémité du mal. 6 Au temps de l’impiété d’Israël, le Seigneur ne les abandonnera pas ; il ira après quiconque fait sa volonté, car aucun de ses anges n’est comme lui.

7 Et son nom sera en tout lieu d’Israël et parmi les nations. 8 Rejetez la colère et le mensonge, aimez la vérité et la magnanimité, 9 et transmettez mes paroles à vos enfants afin que le Père des nations vous reçoive. Car il sera véridique et patient, doux et humble, enseignant en ses œuvres la loi de Dieu. 10 Fuyez l’impiété...

 

 

 

Testament de Nephtali

 

(sur la bonté naturelle)

 

I. (Son histoire.)

II. 2 De même que le potier dispose le vase pour sa fin, ainsi le Seigneur fait le corps à la ressemblance de l’esprit ; et suivant la force du corps il ajoute l’esprit. 3 Et il n’y a rien de superflu, pas même le tiers d’un cheveu ; car toutes les créatures du Très-Haut sont en nombre, poids et mesure. 4 Et comme le potier connaît l’usage et la capacité de chacun de ses vases, ainsi le Seigneur connaît le corps, jusqu’où il ira dans le bien, et où commencera le mal. 5 Car il n’y a pas de créature ni de pensée que ne connaisse le Seigneur, car il a créé tous les hommes à son image. 6 Ses actions sont proportionnées à ses organes et dispositions, soit dans la loi du Seigneur, soit dans la loi de Bélial. 7 (Distinction et diversité entre tous les hommes.) 8 Car Dieu a fait toutes les choses bonnes en ordre. 9 Ainsi donc, mes enfants, que toutes vos actions soient disposées pour le bien dans la crainte de Dieu et ne faites rien de désordonné avec mépris ou en temps inopportun. 10 Comme il n’est pas possible de commander à l’œil d’entendre, de même on ne peut pas faire dans les ténèbres les œuvres de lumière.

III. Ne vous hâtez donc pas de corrompre dans l’avarice vos actions, ni d’égarer vos âmes par des paroles vaines : car dans le silence, en pureté de cœur, vous pourrez garder la volonté de Dieu et rejeter la volonté du diable. 2 Le Soleil, ni la Lune, ni les astres ne changent leur ordre ; ainsi vous, non plus, ne changez pas la loi de Dieu dans le désordre de vos actes. 3 Des nations, égarées et laissant le Seigneur, ont changé leur ordre, suivant des pierres et des bois, obéissant à des esprits d’erreur. 4 Qu’il n’en soit pas ainsi de vous: reconnaissez dans le firmament, la terre et la mer, et toutes les créatures, le Seigneur qui a tout fait, afin que vous ne deveniez pas comme Sodome qui a changé l’ordre de sa nature. 5 De même les veilleurs ont changé l’ordre de leur nature... (déluge).

IV. (Il prédit suivant Hénoch leurs égarements futurs, captivité), 2 jusqu’à ce que le Seigneur vous consume tous. 3 Et après que vous aurez été réduits à un petit nombre, vous vous convertirez et vous reconnaîtrez le Seigneur, votre Dieu : et il vous ramènera dans votre terre, suivant l’abondance de sa miséricorde. 4 De nouveau vous oublierez Dieu, 5 (dispersion) jusqu’à ce que vienne la miséricorde du Seigneur, un homme qui accomplira la justice et fera miséricorde à tous, et à ceux qui sont loin, et à ceux qui sont proche.

V. (Vision : soleil et lune sur Jérusalem.) 3 Lévi s’empare du soleil et Juda de la lune ; et tous deux s’élevèrent avec ces astres. 4 Et comme Lévi était comme le soleil, un adolescent lui donna douze palmes, et Juda était brillant comme la lune, et sous ses pieds étaient douze rayons.

 

(Lutte contre des nations qui les asservissent.)

VI. (Autre vision : barque de Jacob. Tempête, barque brisée. Joseph s’échappe sur une petite barque. Lévi et Juda ensemble ; tous sur des épaves. Dispersés jusqu’aux extrémités de la terre.)

 

8 Mais Lévi, ceint d’un sac, pria le Seigneur pour nous tous. 9 Dès qu’il eut fini, la tempête cessa et le navire aborda la terre, comme en paix...

VIII. Je vous ai montré les temps derniers. 2 Et, vous, ordonnez à vos fils qu’ils s’unissent à Lévi et Juda. Car c’est par Juda que se lèvera le salut pour Israël, et en lui que sera béni Jacob. 3 Par son sceptre Dieu apparaîtra, habitant sur terre parmi les hommes, pour sauver la race d’Israël ; et il réunira les justes d’entre les nations. 4 Si vous faites le bien, mes enfants, les hommes et les anges vous béniront ; et Dieu sera glorifié dans les nations par vous et le diable fuira loin de vous, et les fauves vous craindront, et les anges vous protégeront. 5 Comme celui qui nourrit bien son fils reste en bon souvenir, ainsi de toute action bonne reste le bon souvenir auprès de Dieu. 6 Mais celui qui ne fait pas le bien, les anges et les hommes le maudiront et Dieu sera déshonoré par lui parmi les nations, et le diable hantera l’instrument qui lui appartient, et tous les fauves le domineront et le Seigneur le détestera. Car les commandements de la loi sont doubles et ils sont accomplis avec art... 8 Il y a un temps pour avoir commerce avec sa femme, et un temps de continence pour la prière. 9 Ce sont deux commandements de Dieu ; s’ils ne sont pas remplis dans leur ordre, ils produisent le péché : ainsi en est-il des autres commandements. 10 Soyez donc sages en Dieu et prudents, connaissant l’ordre de ses commandements et les lois de toute chose afin que le Seigneur vous aime.

 

 

 

Testament(hébreu) de Nephtali.

 

(Vision de la barque. Tous sauvent leur vie, dispersés. Jacob le voit : on lui explique que Joseph n’a pas dirigé le navire suivant ses instructions, ni suivant l’instruction de Lévi et Juda, car il était jaloux d’eux. Jacob les rassemble et blâme Joseph. VII. Jacob pleure quand il lui raconte la vision.)

 

3 Serviteur du Seigneur, pourquoi pleures-tu ? La malice de Joseph produira captivité et dispersion parmi les nations... 6 C’est pourquoi je vous commande de vous unir, non aux fils de Joseph, mais uniquement avec Lévi et Juda.

VIII. En outre je vous dis que mon lot sera dans le meilleur du milieu de la terre, et que vous mangerez et serez satisfaits de ses biens délicieux. 2 Je vous avertis de ne pas ruer dans votre graisse et de ne pas vous révolter et de ne pas oublier le Seigneur, votre Dieu, le Dieu de vos pères... 4 Lui qui fut choisi par votre père Abraham quand les nations furent divisées. Car depuis ce temps, le Seigneur, béni soit-il, vint de ses cieux élevés, et fit descendre avec lui soixante-dix ministres (anges du service) avec Michel à leur tête. 5 Il leur commanda d’enseigner aux soixante-dix familles sorties de Noé soixante-dix langues. 6 Ils firent ainsi. Mais la langue sainte, l’hébreu, resta uniquement dans la maison de Sem, Eber, Abraham...

IX. Et en ce jour Michel reçut un message du Seigneur et dit aux soixante-dix nations, à chacune séparément : 2 Vous savez votre rébellion et alliance contre le Seigneur du ciel et de la terre, et maintenant choisissez celui que vous adorerez et qui sera votre intercesseur au haut des cieux. 3 Chacun choisit l’ange qui lui a enseigné sa langue 4 et aucun ne mentionne le nom du Seigneur, béni soit-il. 5 Mais à la question Abraham répondit : Je choisis et élis uniquement celui qui a dit et le monde a été fait ; celui qui m’a formé dans le sein de ma mère, corps dans un corps ; qui a mis en moi esprit et âme ; c’est lui que je choisis, à lui que je m’attache, moi et ma race, tous les jours du monde.

X. Alors le Très-Haut dispersa les nations et leur assigna leurs lots. 2 Elles se séparèrent du Seigneur ; seul Abraham et ses descendants restèrent à adorer leur Créateur. 3 N’allez pas après d’autre dieu que celui de vos pères. 4 Aucun n’est semblable à lui, et aucun ne peut faire comme lui des œuvres dans le ciel et sur terre, et il n’y a personne qui puisse faire des prodiges comme lui. 5 Vous voyez une partie de sa puissance dans la création de l’homme : combien de merveilles en lui !

 

6 (Détail de la création ; les sens extérieurs et intérieurs. Fonctions invariables de chaque membre. 7 L’homme doit réfléchir à cela.)

 

8 Qui l’a créé, formé de la semence malodorante, lui a donné les sens, l’a fait se tenir droit, l’a mis près de son Créateur, lui a préparé tous ses biens, et a infusé en lui une âme vivante et un esprit pur venu de lui-même ? 9 Béni l’homme qui ne souille pas l’esprit saint de Dieu, qui a été placé et soufflé en lui, et béni celui qui le rend à son Créateur aussi pur qu’il était au jour où il lui fut confié !

 

 

 

Testament de Gad

 

(sur la haine)

 

(Pâtre vigilant, terrible pour les fauves. Rancune contre Joseph à cause de ses dénonciations.)

 

9 Et l’esprit de haine était en moi, et je ne voulais ni voir ni entendre Joseph.

II. Je confesse ma faute, que je voulus plusieurs fois le tuer, parce que je le haïssais cordialement : 2 à cause de ses songes, je le haïssais et voulais le supprimer de la terre des vivants. Avec Juda nous le vendîmes et gardâmes le tiers du prix... 4 et ainsi par cupidité j’étais décidé à le tuer. 5 Mais le Dieu de mes pères le délivra de mes mains afin que je ne commisse pas d’iniquité en Israël.

III. Ne vous laissez pas égarer par l’esprit de haine, car il conduit au mal dans toutes les actions humaines. 2 La haine conduit à abominer en tout celui qu’on déteste. 3 On condamne la vérité ; on envie l’homme droit, on accueille la médisance, on aime l’orgueil ; car la haine aveugle l’âme, comme je l’ai vu dans l’histoire de Joseph.

IV. Gardez-vous de la haine, qui induit à l’iniquité contre le Seigneur même. 2 On ne veut pas écouter ses commandements sur l’amour du prochain et on pèche contre Dieu. 3 Si son frère pèche, aussitôt il le publie, afin qu’il soit jugé et mis à mort. 4 Il accuse l’esclave auprès de son maître et fait tout pour le faire mettre à mort. 5 La haine induit à l’envie. 6 Elle voudrait tuer les vivants et ne pas laisser vivre ceux qui ont un peu péché. 7 Car l’esprit de haine, par l’étroitesse d’âme, collabore en tout avec Satan pour faire mourir les hommes ; mais l’esprit d’amour, plein de magnanimité, collabore à la loi de Dieu pour sauver les hommes.

V. 2 Fuyez la haine et attachez-vous à l’amour du Seigneur. 3 La justice repousse la haine, et l’humilité supprime la haine (envie) ; car l’homme juste et humble a honte de faire l’injustice, sur les reproches non d’un autre, mais de son propre cœur ; car le Seigneur considère son intention. 4 Il ne parle contre personne parce que la crainte du Très-Haut l’emporte sur la haine. 5 Craignant de blesser le Seigneur, il ne veut pas, même en pensée, faire tort à un homme. 6 Cela, je l’ai connu après ma pénitence au sujet du crime contre Joseph. 7 Car la vraie pénitence selon Dieu enlève la disposition de désobéissance, met en fuite les ténèbres et illumine les yeux, et communique la science à l’âme et conduit la volonté au salut, 8 et ce que je n’ai pas appris des hommes, je l’ai su par la pénitence.

 

9 (Douleur dans le foie envoyée par Dieu et enlevée par les prières de Jacob.)

 

10 Car par où l’homme pèche, par là il est puni.

VI. Que chacun aime son frère, enlevez la haine de vos cœurs, vous aimant en action, paroles et sentiments de l’âme. 2 L’esprit de haine m’avait troublé pour tuer Joseph. 3 Aimez-vous donc les uns les autres de cœur ; et si quelqu’un pèche contre toi, dis-le-lui en paix, bannissant le venin de la haine, et ne garde pas en ton âme la fraude ; et s’il se confesse et se convertit, pardonne-lui. 4 S’il nie, ne le querelle pas, de peur qu’il ne redouble son péché par un serment.

 

5 (Dans la querelle, ne pas révéler ses sentiments secrets, ce qui accroît la haine. 6 Indulgence pour celui qui nie :)

 

il arrivera à se convertir et à t’honorer et ne plus te nuire. 7 S’il n’a pas de honte et persiste dans le mal, pardonne-lui de cœur et abandonne à Dieu la vengeance.

VII. Ne pas envier celui qui prospère, mais prier pour lui afin qu’il prospère parfaitement. 2 S’il s’élève, ne pas l’envier, vous rappelant que toute chair doit mourir. Offre un hymne à Dieu, qui accorde les choses bonnes et qui conviennent à tous les hommes. 3 Examine les jugements du Seigneur et ainsi ton esprit sera en paix. 4 Ne pas envier celui qui devient riche injustement, comme Ésaü ; mais attendez la sentence du Seigneur. 5 Car, ou bien aux mauvais il enlève les biens, ou bien il les laisse à ceux qui se convertissent ; ou bien à l’impénitent il réserve une peine éternelle. 6 Car l’homme pauvre et sans envie, rendant grâces en tout au Seigneur, est plus riche que tous, car il ne subit pas de pénibles tiraillements comme les autres. 7 Enlevez donc la haine de vos âmes et aimez-vous les uns les autres en droiture de cœur.

VIII. Dites à vos enfants d’honorer Juda et Lévi : d’eux le Seigneur suscitera le sauveur d’Israël.

 

2 (Il prédit les prévarications de leurs enfants.)

 

 

 

Testament d’Aser

 

(les deux visages, du mal et de la vertu)

 

2 Je vous montrerai ce qui est droit devant Dieu. 3 Dieu a donné aux hommes deux voies, deux volontés, deux activités, deux lieux et deux fins... 5 Il y a deux voies, celle du bien et celle du mal, de même qu’il y a deux volontés en nos poitrines, discernant ces voies. 6 Si donc l’âme veut marcher dans le bien, elle fera toutes ses actions suivant la justice ; et si elle pèche, aussitôt elle se convertit... 8 Si elle est inclinée au mal, toute son activité est mauvaise ; et, dominée par Bélial, même si elle fait quelque chose de bien, elle le convertit en mal. 9 Au commencement elle fait le bien, mais elle finit par courir au mal. Car le trésor de sa volonté est rempli du venin du mauvais esprit.

II. Il y a des âmes qui, en paroles, élèvent le bien au-dessous du mal, mais qui finissent par aller au mal. 2 Il y a des hommes qui n’ont pas compassion de leurs serviteurs. Cela est le double visage, mais le tout est mauvais. (Autres exemples de double visage.) 5 D’autres volent, commettent des injustices, rapinent, sont cupides, mais ont pitié des pauvres : c’est aussi un double visage, mais le tout est mauvais. 8 D’autres se livrent à l’adultère et à la fornication, mais s’abstiennent de certains mets : tout en jeûnant ils font le mal... 9 Tous ceux-là sont comme les animaux au pied fourchu, purs à moitié, mais en réalité impurs....

III. Mais vous, mes enfants, ne soyez pas à double visage...

IV. Car les bons, n’ayant qu’un seul visage, même si les gens à double visage les tiennent pour pécheurs, sont justes devant Dieu. 2 Car ceux qui suppriment les méchants font une action double, bonne et mauvaise, mais l’ensemble est bon, parce qu’il a extirpé le mal. 3 D’autres haïssent le miséricordieux qui pratique l’injustice et l’adultère qui jeûne : il y a là un double visage, mais l’ensemble est bon, parce que c’est imiter le Seigneur, qui accueille ce qui paraît être bon comme ce qui est véritablement bon. 5 Ils sont semblables aux biches et aux cerfs : alors que leur extérieur sauvage les fait paraître impurs, dans l’ensemble ils sont purs, parce qu’ils sont remplis du zèle du Seigneur, s’abstenant de ce que Dieu hait et proscrit par ses commandements, lui qui sépare le mal du bien.

V. Voyez comme tout est divisé en deux parts, l’une contre l’autre et l’une cachant l’autre : dans l’acquisition (des biens, se cache) la cupidité, dans la joie l’ivresse, dans le rire le deuil, dans le mariage l’inconduite. 2 À la vie succède la mort, à la gloire le déshonneur...

VI. Faites attention à montrer un visage unique, à suivre par la vérité les commandements du Seigneur... 4 Car à l’extrémité apparaît la justice des hommes, et ils apparaissent (ce qu’ils sont) aux anges du Seigneur et à ceux de Bélial.

VII. Ne devenez pas comme Sodome, qui méconnut les anges du Seigneur et périt à jamais. 2 Je sais que vous pécherez, (captivité, dévastation, dispersion,) 3 jusqu’à ce que le Très-Haut visite cette terre, et qu’il vienne lui-même comme homme, mangeant et buvant avec les hommes, et foulant en tranquillité la tête du dragon par l’eau. Il sauvera Israël et toutes les nations (Dieu prenant la personne de l’homme). 4 Dites à vos enfants de ne pas lui désobéir. 5 Car j’ai appris dans les tablettes des cieux que vous lui désobéirez et que vous commettrez l’impiété contre lui, suivant, non la loi de Dieu, mais des préceptes humains. 6 Par suite vous serez dispersés. 7 Mais le Seigneur vous rassemblera dans la foi par l’espérance en sa miséricorde, par Abraham, Isaac et Jacob.

 

 

 

Testament de Joseph

 

(sur la chasteté)

 

3 J’ai vu l’envie et la mort et je ne me suis pas égaré par la vérité du Seigneur. 4 Mes frères me détestaient, mais le Seigneur m’aimait ; ils voulaient me tuer, mais le Dieu de mes pères me gardait... 6 J’étais seul et le Seigneur me consolait. J’étais dans la faiblesse, et le Très-Haut me visitait...

II. (La femme de Putiphar.) 2 ... mais le Dieu d’Israël, mon père, me garda de la flamme brûlante. 3 Mis en prison, le Seigneur me fit trouver miséricorde auprès de mes geôliers. 4 Car le Seigneur n’abandonne pas ceux qui le craignent, ni dans les ténèbres, ni dans les liens, ni dans les tribulations, ni dans les nécessités. 5 Car le Seigneur n’a pas honte comme un homme, ni comme un homme il ne craint, ni comme un humain il est faible ou est repoussé. 6 Mais en tous les lieux il assiste, et en diverses manières il console, ne se retirant qu’un peu de temps pour éprouver la volonté. 7 En dix tentations, je fus patient : la patience est un grand remède, et la persévérance procure beaucoup de biens.

II. (Entreprises de l’Égyptienne.) 3 Et moi je me rappelais les paroles des pères de mon père Jacob, et entrant dans ma chambre je priais le Seigneur 4 et je jeûnai ces sept ans, et je paraissais aux Égyptiens vivre dans le plaisir, car ceux qui jeûnent pour Dieu reçoivent la grâce du visage... 6 Et je priais le Seigneur dès le matin et je pleurais au sujet de l’Égyptienne... 10 Et je lui disais les paroles du Très-Haut, si par hasard elles pourraient la détourner de son désir mauvais.

IV. Elle louait publiquement ma chasteté... 3 Je me couchais à terre et je priais Dieu de me délivrer de l’Égyptienne.

 

(Elle feint de vouloir embrasser le monothéisme et de s’instruire.)

 

6 Et je lui dis : ce n’est pas dans l’impureté que le Seigneur veut ceux qui l’adorent et il ne se complaît pas dans les adultères... 8 Et je continuais de jeûner et de prier, afin que le Seigneur me délivre d’elle.

V. Il la détourne de tuer son mari pour être à lui : 2 Crains que le Seigneur ne t’extermine...

 

VI. (Elle lui envoie des philtres ; il ne prend rien de ce qu’elle lui envoie.)

 

6 Le Seigneur m’a révélé ta malice, et j’ai gardé ce breuvage pour te faire une remontrance, pensant qu’en le voyant tu te convertiras. 7 Mais afin que tu connaisses que sur ceux qui honorent Dieu dans la chasteté la malice des impies est sans puissance, je pris le breuvage devant elle, en disant : le Dieu de mes pères et l’ange d’Abraham seront avec moi.

VII. (Elle l’appelle.) 4 Sachant que l’esprit de Bélial la tourmente, après avoir prié le Seigneur, je lui dis : pourquoi te troubles-tu, aveuglée par les péchés ? 8 (Remarques sur la passion qui égare.)

 

VIII. (Il pria tout le jour et toute la nuit pour être délivré. Il fuit nu. Prison.)

 

3 L’Égyptienne me désirait encore et m’entendait chanter un hymne au Seigneur dans la maison de ténèbres et louer en joie mon unique Dieu, de ce que par cette occasion j’avais été délivré de l’Égyptienne.

 

IX. (Elle le sollicite encore... 2 en vain.)

 

Car Dieu aime beaucoup plus celui qui est dans le lac ténébreux et qui jeûne en chasteté, que celui qui, dans un bel appartement, se livre à la joie et à la luxure. 3 L’homme chaste peut désirer la gloire et, si le Très-Haut le juge expédient, il la lui accordera comme à moi.

 

5 (Ses tentations ; le Seigneur m’en garda.)

 

X. Voyez donc tout ce que produit la persévérance et la prière unie au jeûne. 2 Et vous donc, si vous gardez la chasteté et la tempérance, en persévérance et humilité du cœur, le Seigneur habitera en vous, parce qu’il aime la chasteté.

3 Celui en qui habite le Très-Haut, même s’il devient la proie de l’envie, de l’esclavage, de la calomnie, le Seigneur qui habite en lui, par la chasteté, non seulement le délivrera des maux, mais il l’exaltera et le glorifiera comme il a fait pour moi. 5 Bien qu’enfant j’avais la crainte de Dieu dans mon esprit, car je savais que toutes choses passent. Et je me jugeais moi-même et j’honorais mes frères. Et à cause d’eux je ne disais pas que j’étais fils de Jacob, homme grand et puissant.

XI. 2 Je dis que j’étais esclave pour ne point déshonorer mes frères. 6-7 Le Seigneur me donna grâce aux yeux de mon acheteur, bénit sa maison à cause de moi...

XVII. Voyez tout ce que j’ai supporté pour ne pas déshonorer mes frères. 2 Vous donc, aimez-vous les uns les autres : cachez avec patience les fautes les uns des autres. 3 Car Dieu se réjouit de la concorde des frères et de la volonté du cœur qui se complaît dans la charité.

 

4 (Mon amour sans mesure pour mes frères. Égards et attentions.)

 

Tout ce qui était à moi était à eux. 8 Et je ne m’élevais pas au-dessus d’eux en arrogance, en raison de ma gloire mondaine, mais j’étais au milieu d’eux comme un des plus petits.

 

XIX. (Deux visions.) 1° Les neuf tribus dispersées ; les trois autres restent et à leur tour dispersées. (Puis retour. Abondance matérielle :) une vache produit une mer de lait ; protection pour le troupeau. 2° Messie. Une Vierge, née de Juda, donne naissance à un agneau immaculé, qui défait tous les fauves, à la joie des anges, des hommes et de toute la terre. 10 Ces choses arriveront en leur temps, à la fin des jours.)

 

11. Vous donc, mes enfants, gardez les commandements du Seigneur, et honorez Juda et Lévi : car d’eux sortira l’agneau de Dieu, qui sauvera par grâce toutes les nations et Israël. 12 Car son royaume est un royaume éternel, qui ne passera pas. Mais mon royaume trouvera en vous sa consommation, comme une tour de garde, qui disparaît après la moisson.

XX. Après ma mort, les Égyptiens vous persécuteront, mais Dieu vous vengera, vous introduira dans la promesse faite à vos pères. 2 Vous emporterez mes ossements, le Seigneur sera avec vous dans la lumière, et Bélial dans les ténèbres avec les Égyptiens.

 

 

 

Testament de Benjamin

 

(sur le cœur pur)

 

III. Vous donc, mes enfants, aimez le Dieu du ciel (et de la terre) et gardez ses commandements, imitant l’homme bon et saint, Joseph. 2 Et que votre cœur soit incliné au bien, comme vous avez vu en moi, car celui dont le cœur est bon voit tout droitement. 3 Craignez le Seigneur et aimez votre prochain : et si les esprits de Bélial prétendent vous affliger de toute malice de tribulation, elle ne prévaudra pas sur vous, comme il est arrivé en Joseph. 4 Dieu le protégea. Car celui qui craint Dieu et aime son prochain ne peut pas être frappé par l’esprit aérien de Bélial, protégé qu’il est par la crainte de Dieu. 5 Les machinations des hommes ou des bêtes ne pourront rien sur lui, assisté qu’il est par l’amour du Seigneur qu’il a pour son prochain. 6 Joseph pria Jacob d’intercéder pour mes frères afin que le Seigneur ne leur imputât pas leur péché. 7 Jacob s’écria : Ô mon fils Joseph, tu as vaincu les entrailles de ton père Jacob. 8 En toi s’accomplira la prophétie du ciel relative à l’agneau de Dieu, sauveur du monde ; innocent, il sera livré pour les impies, et, exempt de péché, il mourra pour les iniques dans le sang de l’alliance, pour le salut d’Israël et des nations et il supprimera Bélial et ses ministres.

IV. Voyez, mes enfants, la fin de l’homme bon, imitez de bon cœur sa miséricorde afin de porter vous aussi des couronnes de gloire. 2 L’homme bon n’a pas l’œil ténébreux, il a pitié de tous, 3 même s’ils sont pécheurs et même s’ils machinent contre lui du mal. Ainsi en faisant le bien il vainc le mal, protégé qu’il est par le bien (qu’il a fait). Il aime les justes comme son âme. 4 Pas envieux, il se confie au chaste ; il a pitié de l’indigent ; il compatit au faible, il loue Dieu. 5 Il protège celui qui a la crainte de Dieu, il collabore avec celui qui aime Dieu, il admoneste et convertit celui qui rejette le Très-Haut, et celui qui a la grâce de l’esprit bon, il l’aime comme son âme.

V. Si vous avez un cœur bon, même les hommes mauvais seront en paix avec vous ; les luxurieux, vous honorant, se convertiront au bien, et les avares, non seulement renonceront à leur passion, mais ils donneront le fruit de leur avarice aux affligés. 2 Si vous faites le bien, même les esprits impurs fuiront loin de vous, et les fauves eux-mêmes vous craindront. 4 Si quelqu’un injurie un homme saint, il se convertit ; car le saint a pitié de son insulteur et se tait. 5 Le juste, livré, prie et s’humilie et peu après paraît serein, comme Joseph.

VI. Le cœur de l’homme bon n’est pas dans la main de l’erreur de l’esprit de Bélial. Car l’ange de la paix dirige son âme. 2 Il ne regarde pas passionnément les choses corruptibles, et il n’amasse pas de richesses pour la jouissance. 3 Il ne se complaît pas dans le plaisir, il n’attriste pas le prochain, il ne se remplit pas de nourriture, il ne s’égare pas par les imprudences de ses yeux : 4 car le Seigneur est sa part. Le cœur bon n’accueille pas la gloire ou le déshonneur qui viennent des hommes, ni la fraude ou le mensonge, il ignore la querelle et l’injure : car le Seigneur habite en lui et illumine son âme et il se réjouit sur tous en tout temps. 5 Le cœur bon n’a pas deux langues, pour bénir et maudire, pour injurier et glorifier, pour attrister et se réjouir, pour apaiser et troubler, pour l’hypocrisie et la vérité, pour la pauvreté et la richesse ; mais il a pour tous une attitude unique de sincérité et de pureté. 6 Il n’a ni regard ni ouïe double ; car en tout ce qu’il fait, ou dit, ou voit, il sait que le Seigneur inspecte son âme. 7 Et il purifie son cœur, pour être irréprochable aux yeux de Dieu et des hommes. Mais toute œuvre de Bélial est double, pas simple.

VII. Fuyez la malice de Bélial : car il donne une épée à tous ses fidèles. 2 Et l’épée est mère de sept maux. D’abord le cœur conçoit par Bélial ; (et il engendre) envie, perdition, tribulation, captivité, indigence, trouble, dévastation. 3 C’est pour cela que Caïn est livré par Dieu à sept punitions : 4 chaque cent ans Dieu le frappe d’une plaie. 5 Car à jamais ceux qui ressemblent à Caïn en envie pour haïr leurs frères seront punis de la même punition.

VIII. Rejetez la malice, l’envie et la haine, et attachez-vous à la bonté et à l’amour. 2 Car celui qui a un cœur bon et aimant ne voit pas les femmes pour la fornication, car il n’a pas de corruption dans le cœur, car repose en lui l’esprit de Dieu. 3 Car, de même que le soleil ne se souille pas en donnant sur le fumier et la fange, mais plutôt les dessèche et en chasse la puanteur, ainsi l’esprit pur, au milieu des corruptions de la terre, plutôt édifie et ne se souille pas.

IX. (Il prédit, selon Hénoch, leurs égarements futurs.) 2 Mais en votre portion sera le temple de Dieu et il sera plein de gloire. Les douze tribus y seront réunies, jusqu’à ce que le Très-Haut envoie son salut dans la visite d’un Monogène.

 

(Mort du Seigneur sur le bois... l’Esprit de Dieu descend sur les nations.)

 

X. (Grâce aux prières de Jacob, il vit en vision la figure de Joseph, pendant qu’il était en Égypte)... 3 Gardez la loi du Seigneur et ses commandements. 4 C’est l’héritage que je vous laisse : livrez-le à vos fils en possession éternelle, comme firent Abraham, Isaac et Jacob. 5 Ils nous ont transmis cet héritage, en disant : Gardez les commandements de Dieu, jusqu’à ce que le Seigneur révèle son salut à toutes les nations. 6 Alors vous verrez Hénoch, Noé, Sem et Abraham, Isaac et Jacob, debout à droite en exultation. 7 Alors aussi nous ressusciterons, chacun en sa tribu, adorant le roi des cieux, qui est apparu en la forme humble de l’humanité. (Jugement)

XI. Et je ne serai plus appelé un loup rapineur à cause de vos rapines, mais un travailleur du Seigneur, distribuant leur nourriture à ceux qui font le bien. 2 Et de ma race, sortira un aimé du Seigneur, illuminant les nations (Paul.)

 

 

 

 

 

 

 

LES PSAUMES DE SALOMON

 

 

C’est le titre que portent dix-huit cantiques, très apparentés à ceux du Psautier davidique. On est d’accord sur les circonstances de leur composition. Vers 64avant Jésus-Christ, les deux frères Hasmonéens, Hyrcan et Aristobule, se font la guerre, ce dernier revendiquant pour lui seul la royauté et le souverain pontificat. Il assiège Jérusalem ; Pompée, alors en Syrie, est amené à mettre fin à la querelle : il prend en 63la ville sainte et entre dans le Saint des Saints, ainsi profané par des étrangers. Lui-même mourra misérablement en Égypte en 48. C’est à ces divers faits que font allusion nos psaumes.

Ils furent donc composés par un auteur (ou plusieurs) vers cette époque. Ils étaient écrits en hébreu. Nous en possédons une version grecque, transmise par plusieurs manuscrits. Nous suivons, avec la gracieuse autorisation des éditeurs, l’édition critique établie par J. VITEAU(Les Psaumes de Salomon, Introduction, texte grec et traduction, chez Letouzey et Ané, Paris, 1911) ; nous nous permettons de modifier parfois sa traduction.

Il serait intéressant de donner de larges extraits de ces compositions, qui expriment le meilleur de l’âme juive et pharisienne ; nous nous limitons à quelques thèmes : les reproches adressés par les Pharisiens au sacerdoce sadducéen, les conceptions morales et religieuses, les vues sur l’avenir messianique.

 

Le premier Psaume fait allusion à la guerre qui menace la ville sainte. Le psalmiste croyait que son cri vers le Seigneur serait écouté parce qu’il se tenait pour juste ; mais les enfants de la ville sont des pécheurs.

 

7 Leurs péchés étaient cachés et moi, je ne savais pas.

8 Leurs iniquités l’emportent sur celles des nations précédentes : ils ont profané de profanation le sanctuaire du Seigneur.

 

Psaume II. (Prise de Jérusalem par Pompée et mort de ce dernier.)

 

1 Dans son orgueil le pécheur a renversé au bélier des remparts solides, sans que tu l’empêches.

2 Des nations étrangères sont montées sur ton autel,

l’ont piétiné orgueilleusement de leurs chaussures.

3 Parce que les Fils de Jérusalem ont souillé le sanctuaire du Seigneur,

ils ont profané les dons offerts à Dieu par des impiétés....

6 Garçons et filles subissent une dure captivité, leur nuque marquée d’un sceau d’un signe distinctif pour les nations.

7 C’est pour leurs péchés qu’il (Dieu) les a frappés...

9 parce qu’ils ont tous fait le mal, sans entendre. Les citoyens sont traités comme des prostituées.

...14 Et aussi les filles de Jérusalem s’étaient rendues impures suivant ton jugement,

15 parce qu’elles s’étaient souillées par des unions mixtes.

...20 Les nations ont outragé et piétiné Jérusalem : elles ont arraché sa beauté de son trône glorieux...

27 Elles ont agi, non par zèle mais par envie,

28 déversant sur nous leur colère et leurs rapines.

Ne tarde pas, ô Dieu, à le faire retomber sur leurs têtes,

29 à abattre la superbe du dragon dans le déshonneur.

30 Sans délai Dieu m’a montré leur insolence,

(lui) poignardé sur les montagnes d’Égypte,

mis au-dessous du dernier (homme) sur terre et sur mer,

31 son cadavre ballotté sur les flots en parfaite dérision,

et personne pour l’ensevelir...

33 Il avait dit : je serai le seigneur de la terre et de la mer,

et il ne reconnaissait pas que Dieu est grand...

36 Et maintenant voyez, princes de la terre, le jugement du Seigneur,

roi grand et juste, juge de ceux qui sont sous le ciel...

40 Le Seigneur est bon pour ceux qui l’invoquent avec persévérance,

il traite avec miséricorde ses saints,

en sorte qu’ils demeurent toujours devant lui pleins de force.

 

III. (Justes et pécheurs.)

 

1 Pourquoi dormir, mon âme, et ne pas bénir le Seigneur ?...

3 Les justes se souviennent toujours du Seigneur, confessant et justifiant les jugements du Seigneur...

7 La fidélité des justes vient de Dieu, leur sauveur ; dans la maison du juste ne séjourne pas péché sur péché :

8 Constamment le juste inspecte sa maison,

pour enlever l’impiété commise par sa faute.

11 Le pécheur a choppé et il maudit sa vie,

le jour de sa naissance et les souffrances maternelles...

13 Il est tombé d’une rude chute, sans se relever : la perdition du juste est pour l’éternité...

16 Mais ceux qui craignaient le Seigneur ressusciteront pour la vie éternelle,

et leur vie, dans la lumière du Seigneur, ne cessera jamais.

 

IV. Apostrophe de Salomon à ceux qui cherchent la faveur des hommes.

 

1 Comment toi, infâme, oses-tu siéger dans un tribunal saint,

alors que ton cœur est loin du Seigneur ?...

3 Sa main se lève la première, comme par zèle, pour condamner,

alors qu’il est coupable de divers péchés, sans retenue

4 Ses y eux se portent sur toute femme sans distinction,

sa langue ment dans les contrats faits sous serment...

7 Que Dieu supprime les hypocrites vivant avec les saints,

en corrompant leurs corps et en les appauvrissant...

16 Seigneur, fais que sa part soit l’infamie,

sortant en gémissant, entrant couvert de malédictions...

26 Heureux ceux qui craignent, tout innocents, le Seigneur :

27 le Seigneur les délivrera des pervers et des pécheurs...

Accorde ta miséricorde, Seigneur, à tous ceux qui t’aiment...

 

V. Psaume de Salomon.

 

1 Seigneur Dieu, je louerai avec joie ton nom, parmi ceux qui connaissent tes justes jugements.

2 Car tu es bon et miséricordieux et le refuge du pauvre...

7 Dans nos tribulations nous crierons au secours, et tu ne rejetteras pas notre supplication, car tu es notre Dieu...

11 Tu nourris les oiseaux et les poissons...

13 L’espoir du pauvre et de l’indigent, quel est-il sinon toi, Seigneur ?

15 La bonté de l’homme est chiche et remettant au lendemain,

et s’il donne deux fois sans murmurer, tu t’étonnerais.

16 Mais tu donnes abondamment avec bonté et opulence,

et, quand on espère en toi, on ne manque pas de dons.

 

VI. En espérance ; de Salomon.

 

1 Heureux l’homme dont le cœur est prêt à invoquer le nom du Seigneur :

2 commémorant le nom du Seigneur, il sera sauvé...

8 Le Seigneur exauce la prière de tout craignant Dieu,

et le Seigneur accomplit la demande de qui espère en lui...

 

VII. De Salomon sur la conversion.

 

1 Ne nous enlève pas ton habitation, ô Dieu,

afin que ne nous accablent pas ceux qui nous haïssent gratuitement...

7 Nous, nous t’invoquerons, et toi, tu nous exauceras ;

8 Tu auras à jamais pitié de la race d’Israël, sans la repousser,

et nous, à jamais, nous porterons ton joug et le fouet de ta correction.

9 Tu nous mettras dans le droit chemin en nous secourant,

ayant pitié d’Israël au jour que tu leur as promis.

 

VII... De Salomon (in victoriam ; ou : pour le chef de chœur).

 

1 Tumultes et rumeur de guerre ont frappé mon oreille,

rumeur de la trompette, appelant au carnage et à la destruction,

2 rumeur d’un peuple immense, tel un vent violent...

4 J’ai entendu la rumeur se dirigeant sur Jérusalem, ville du sanctuaire...

7 Je me suis dit : se conduisent-ils suivant la justice ?

8 Dieu a révélé leurs péchés à la face du soleil.

Toute la terre a connu les justes jugements de Dieu...

10 Ils s’unissaient, le fils avec sa mère, le père avec sa fille,

chacun commettait l’adultère avec la femme de son prochain...

14 Pas de péché qu’ils n’aient commis, pires que des gentils...

16 De l’extrémité de la terre Dieu a amené l’homme aux coups puissants.

21 Il a occupé les tours et le rempart de Jérusalem,

22 parce que Dieu le conduisait sûrement à cause de leur égarement...

24 Il a déporté leurs fils et leurs filles, engendrés dans l’impureté...

27 Dieu a été justifié dans ses jugements parmi les nations de la terre,

28 mais les saints de Dieu sont comme des agneaux innocents parmi eux...

33 Tourne, ô Dieu, ta miséricorde sur nous et aie pitié de nous ;

34 Ramène les dispersés d’Israël en miséricorde et bonté...

40 La bouche des saints loue le Seigneur pour ses jugements...

 

IX. De Salomon : en réprimande.

 

1 Quand Israël fut déporté dans une terre étrangère...

3 tu fus justifié, à Dieu, dans ta justice...

7 Nos actes dépendent du choix et du pouvoir de notre âme...

8 puis, dans ta justice, tu examines les enfants des hommes :

9 celui qui pratique la justice se thésaurise la vie de par le Seigneur,

et qui commet l’iniquité est cause de la perdition de son âme...

12 Il purifiera des péchés l’âme qui se confesse et accuse...

16 Et maintenant tu es notre Dieu et nous, le peuple que tu as aimé :

vois et aie pitié, ô Dieu d’Israël, car nous sommes à toi...

17 Car tu as choisi la race d’Abraham de préférence aux autres nations

et tu as mis ton nom sur nous, Seigneur...

19 À nos pères tu as accordé une alliance à notre sujet,

et, nous, nous convertissant, nous espérons en toi...

 

X. D’entre les hymnes de Salomon.

 

1 Heureux l’homme dont le Seigneur s’est souvenu pour le reprendre

et à qui, par le fouet, il a interdit la voie du mal,

le purifiant du péché, sans récidiver.

2 Qui tend le dos aux fouets sera purifié :

le Seigneur est bon pour ceux qui supportent la correction...

 

XI, De Salomon : pour l’attente (du retour de l’exil).

 

1 Sonnez dans Sion de la trompette du signal des fêtes ;

2 publiez dans Jérusalem la parole du messager de joie :

que Dieu a eu pitié d’Israël en le visitant.

3 Debout, Jérusalem, sur la hauteur, et vois tes enfants

rassemblés en masse par le Seigneur de l’orient et du couchant !

4 Ils viennent du nord, pleins de la joie de leur Dieu ;

Dieu les a rassemblés depuis les îles lointaines ;

5 il a abaissé les monts élevés en les nivelant pour eux,

les bois les ont ombragés pendant leur défilé,

7 Dieu a fait pousser pour eux tout arbre odoriférant

pour qu’Israël passât, favorisé de la gloire de son Dieu.

8 Revêts-toi, Jérusalem, des habits de ta gloire,

prépare la robe de ta sanctification :

car Dieu a promis le bonheur à Israël pour toujours et toujours :

9 que le Seigneur accomplisse sa promesse sur Israël et Jérusalem,

que le Seigneur relève Israël par son nom glorieux !

Que la miséricorde du Seigneur soit sur Israël à jamais et jamais !

 

XII. De Salomon. La langue des impies.

 

1 Seigneur, délivre-moi de l’impie et du méchant,

de la langue impie et médisante, diseuse de mensonges et tromperies...

5 Que langue médisante périsse par la flamme de feu, loin des saints...

 

XIII. Psaume de Salomon. Consolation des justes.

 

8 Dieu reprendra le juste comme un fils bien-aimé

et il le corrigera comme un premier-né :

9 Car le Seigneur épargnera ses saints,

et il effacera leurs fautes par une correction :

car la vie des justes est éternelle ;

10 mais les pécheurs seront enlevés pour la perdition

et il ne restera plus aucun souvenir d’eux.

 

XIV. Hymne de Salomon.

 

1 Le Seigneur est fidèle pour ceux qui l’aiment vraiment,

qui supportent sa correction,

qui pratiquent la justice de ses commandements,

gardant la loi qu’il nous a prescrite pour nous donner la vie.

2 Par elle les saints du Seigneur vivront éternellement :

le paradis du Seigneur, l’arbre de la vie, ce sont ses saints...

3 Aussi les pécheurs auront pour part l’Hadès, les ténèbres et la perdition ;

et on ne les trouvera pas au jour de la miséricorde des justes,

mais les saints du Seigneur auront pour part la vie dans la joie.

 

XV. Psaume de Salomon : avec musique.

 

1 Dans mes tribulations j’ai invoqué le nom du Seigneur...

6 L’auteur de ce chant ne sera jamais ébranlé par le malheur,

il ne sera pas touché par le feu et la colère destinés aux impies,

7 quand ils fondront sur les pécheurs de la part du Seigneur...

13 Les pécheurs périront à jamais au jour où le Seigneur jugera,

14 quand Dieu visitera la terre par son jugement,

pour frapper les pécheurs d’une peine éternelle.

15 Mais ceux qui craignent le Seigneur y obtiendront miséricorde,

et ils vivront par la miséricorde de leur Dieu,

tandis que les pécheurs périront pour l’éternité.

 

XVI. Hymne de Salomon pour secourir les saints.

 

1 Tant que je sommeillais loin du Seigneur,

j’étais près de glisser dans la profondeur du sommeil ;

2 loin de Dieu, j’étais près de me répandre dans la mort,

proche des portes de l’Hadès avec les pécheurs...

5 Je te rendrai grâce, ô Dieu, de ce que tu m’as secouru pour me sauver

7 Détourne-moi, ô Dieu, des péchés pervers,

et des femmes mauvaises qui font tomber l’insensé...

13 Si tu ne me fortifies, qui supportera la correction de la pauvreté,

quand l’homme est repris par sa propre corruption ?

Tu l’éprouves dans sa chair et par le tourment de l’indigence :

supportant cela, le juste trouvera miséricorde auprès du Seigneur.

 

XVII. Psaume de Salomon avec musique : au roi.

 

1 Seigneur, tu es notre roi pour toujours et à jamais...

3 Nous espérons en Dieu notre sauveur :

car la puissance de notre Dieu est éternelle et miséricordieuse,

4 et la royauté de notre Dieu est éternelle sur les nations.

5 Toi, Seigneur, tu as choisi David comme roi sur Israël,

et tu lui as juré, au sujet de sa postérité, pour l’éternité,

que sa maison royale ne s’éteindrait pas devant toi.

6 Mais, à cause de nos péchés, les pécheurs se sont dressés contre nous :

ils nous ont assaillis et ils nous ont expulsés.

Eux, à qui tu n’as rien promis, ils ont tout pris de force,

7 et ils n’ont pas glorifié ton nom digne de tout honneur ;

ils ont fastueusement établi pour eux la royauté, en récompense de leur élévation ;

8 ils ont dépouillé le trône de David, avec l’orgueil de l’y remplacer.

Mais toi, ô Dieu, tu les renverseras, et tu enlèveras leur postérité de la terre,

9 quand se dressera contre eux un étranger à notre race.

10 Tu leur rendras, selon leurs péchés, ô Dieu...

Dieu les châtie, il ne laisse pas un seul de leurs descendants...

12 Le Seigneur est fidèle dans tous ses jugements qu’il rend sur la terre.

13 (Déportations par l’impie... dévastation du Temple.)

17 Et les fils de l’alliance dominaient (applaudissaient) sur eux.

au milieu de ce mélange de païens.

Il n’y avait personne qui pratiquât parmi eux, à Jérusalem, la miséricorde et la vérité.

18 Loin d’eux avaient fui ceux qui aimaient les assemblées des saints :

comme les passereaux s’envolent de leur nid ; ils erraient dans les déserts,

21 car il n’y avait personne parmi eux qui pratiquât l’équité et la justice ;

depuis leur prince jusqu’au peuple le plus infime, on vivait dans toute sorte de péchés :

22 le roi dans l’impiété et le juge dans la prévarication et le peuple dans le péché.

23 Vois, Seigneur, et suscite-leur leur Roi, fils de David,

à l’époque que tu connais, toi, ô Dieu, pour qu’il règne sur Israël, ton serviteur,

24 et ceins-le de la force, pour briser les princes injustes.

25 Purifie Jérusalem des païens qui la foulent, en les perdant,

26 de manière à chasser les pécheurs de l’héritage par la sagesse, par la justice,

de manière à briser l’orgueil des pécheurs comme des vases de potier,

de manière à briser avec une verge de fer toute leur substance,

27 de manière à détruire les païens impies d’une parole de sa bouche,

de manière que, devant sa menace, les païens s’enfuient loin de son visage, :

enfin, de manière à reprendre les pécheurs par la parole de leur cœur.

28 Alors il rassemblera le peuple saint qu’il conduira avec justice,

il gouvernera les tribus du peuple sanctifié par le Seigneur son Dieu :

29 il ne laissera pas l’iniquité séjourner parmi eux,

et aucun homme sachant le mal n’habitera avec eux ;

30 car il les connaîtra comme étant tous les enfants de leur Dieu ;

il les répartira dans leurs tribus à la surface du pays ;

31 l’immigré et l’étranger ne demeureront plus avec eux,

il jugera peuples et nations dans la sagesse de sa justice (séla).

32 Et il aura les peuples païens pour le servir sous son joug ;

il glorifiera le Seigneur à la vue de toute la terre ;

33 il purifiera Jérusalem par la sanctification, comme c’était autrefois,

34 de sorte que les nations viendront de l’extrémité de la terre, pour contempler sa gloire à lui,

en apportant comme offrandes ses fils, à elle, privés de leur force,

35 et pour contempler la gloire du Seigneur dont Dieu l’a glorifiée.

C’est qu’il est un roi juste, instruit par Dieu, placé sur eux ;

36 et il n’y a pas d’iniquité, pendant ses jours, au milieu d’eux ;

car tous sont saints, et leur roi est le Christ Seigneur.

37 Il n’espérera pas, en effet, dans le cheval, le cavalier et l’arc,

il n’accumulera chez lui ni or ni argent pour la guerre,

et il ne rassemblera pas de foules, espérances pour le jour de la guerre.

38 Le Seigneur est son roi, son espérance, à lui, qui est tout-puissant par son espérance en Dieu ;

il aura donc pitié de toutes les nations (vivant) devant lui dans la crainte ;

39 car il réduira la terre par la parole de sa bouche pour toujours.

40 Il bénira le peuple du Seigneur dans la sagesse, avec joie ;

41 il sera pur du péché pour commander aux peuples immenses,

pour reprendre les chefs et détruire les pécheurs par la force de la parole ;

42 il ne faiblira pas pendant ses jours, appuyé sur son Dieu,

car Dieu l’a fait puissant par l’Esprit saint,

et sage par le don de conseil éclairé, accompagné de la force et de la justice ;

43 la bénédiction du Seigneur est avec lui dans la force,

44 et il ne faiblira pas : son espérance s’appuie sur le Seigneur,

et (alors) qui est puissant en comparaison de lui ?

Il est puissant dans ses œuvres et fort par la crainte de Dieu ;

45 il paît le troupeau du Seigneur dans la foi et la justice,

et il n’en laissera pas, parmi eux, être malades dans leur pâturage ;

46 il les conduira tous dans l’égalité, et il n’y aura pas parmi eux d’orgueil pour opprimer (les autres).

47 Telle est la majesté du roi d’Israël, que Dieu a prévue

dans son dessein de le susciter sur la maison d’Israël pour la corriger.

48 Ses paroles sont purifiées plus que l’or le plus précieux ;

dans les assemblées il jugera les tribus du peuple sanctifié :

49 ses discours seront comme des discours de saints, au milieu des peuples sanctifiés.

50 Heureux ceux qui vivront en ces jours-là pour contempler le bonheur d’Israël dans la réunion des tribus !

Que Dieu le fasse !

51 Que Dieu hâte sa miséricorde sur Israël :

il nous délivrera de la souillure d’ennemis impurs !

Le Seigneur est notre roi pour toujours et toujours !

 

XVII. Psaume de Salomon. Encore le Christ du Seigneur.

 

Seigneur, ta miséricorde s’étend sur les œuvres de tes mains pour toujours ;

2 ta bonté consiste en riches bienfaits répandus sur Israël,

tes yeux les considèrent et il n’y manque rien ;

3 tes oreilles écoutent la prière du pauvre plein d’espérance.

Tes jugements s’exercent sur toute la terre avec miséricorde,

4 et ton amour repose sur la race d’Abraham, sur les fils d’Israël,

ta correction vient sur nous comme sur un fils aîné, unique,

5 pour détourner l’âme docile de l’ignorance qui se trompe.

6 Que Dieu purifie Israël pour le jour de sa miséricorde, pleine de bénédiction,

pour le jour de son choix où il suscitera son Christ !

7 Heureux ceux qui vivront en ces jours-là pour contempler

les bienfaits du Seigneur qu’il procurera à la génération à venir,

8 sous le sceptre correcteur du Christ du Seigneur, dans la crainte de son Dieu,

dans la sagesse de l’esprit, de la justice et de la force,

9 de manière qu’il dirige les hommes dans les œuvres de la justice par la crainte de Dieu,

pour les établir tous en présence du Seigneur !...

 

 

 

 

 

 

 

LA NOUVELLE ALLIANCE DE DAMAS

 

 

En 1896/97M. S. Schechter découvrait, parmi les manuscrits jetés au rebut par une synagogue du vieux Caire, deux documents, l’un du dixième siècle, l’autre du douzième, provenant d’une secte se disant la communauté de la Nouvelle Alliance. Elle aurait été fondée par un « Docteur de justice », obligée de quitter la Palestine pour s’établir à Damas ; ses membres s’intitulaient les fils de Sadoc.

Sur cette secte, sur ses tendances, sur la date à laquelle il faudrait la placer ainsi que les écrits découverts, les opinions les plus diverses furent émises. Une lumière nouvelle vient d’être projetée sur le mystère par plusieurs des manuscrits trouvés en 1948dans une grotte située au nord de la mer Morte : quatre de ces documents, par leur doctrine, par leur vocabulaire, par diverses allusions, se rattachent à la secte de la Nouvelle Alliance. L’unanimité est loin de se faire sur l’époque et le sens de ces écrits. Nous pensons, avec beaucoup, qu’il faut les situer avant la destruction du Temple de Jérusalem, à une époque et dans un milieu où l’on attend un Messie lévitique et non davidique ; nous avons rencontré cette attitude dans le Livre des Jubilés ; nous retrouvons également ici des conceptions et des attitudes juridiques rigides : elles semblent condamner diverses vues pharisiennes. En même temps ces écrits, qui affirment leur fidélité à la lignée sacerdotale sadoquite, stigmatisent durement certains hauts grands prêtres.

(Voir : AD. LODS, Histoire de la littérature hébraïque et juive, p. 915-922, 1024-1033, Addendum par A. PARROT ; A. DUPONT-SOMMER, Aperçus préliminaires sur les manuscrits de la mer Morte, Paris, 1950.)

 

Exhortation donnant des détails sur l’histoire de la Secte.

Elle nous a été transmise incomplète dans les deux manuscrits découverts au Vieux Caire. Nous suivons le texte édité par L. ROST, Die Damaskusschrift, Berlin, 1933, et nous nous aidons des deux traductions françaises parues, celle d’I. LÉVI, dans la Revue des Études juives, 1911, p. 172-205, et celle du P. LAGRANGE, dans la Revue biblique, 1912, p. 213-240, 321-360.

 

Et maintenant écoutez, vous tous qui connaissez la justice et comprenez les œuvres de Dieu : car il est en procès avec toute chair et il exerce la justice contre tous ceux qui le méprisent.

Car c’est en raison de l’infidélité de ceux qui l’ont abandonné qu’il a caché sa face à Israël et à son sanctuaire, et qu’il les a livrés au glaive. Mais, se souvenant de l’alliance conclue avec les anciens, il a laissé un reste à Israël et il ne les a pas livrés à l’extermination.

Aussi, dans la période de la colère, 380 ans après les avoir livrés à Nabuchodonosor, roi de Babylone, il les a visités et il a fait germer d’Israël et d’Aaron la racine d’un plant destiné à posséder son pays et à engraisser heureusement sa terre. Ils considérèrent leur faute et ils comprirent qu’ils étaient coupables et qu’ils avaient été pendant vingt ans comme des aveugles et comme ceux qui cherchent en tâtonnant leur chemin.

Et Dieu considéra leurs œuvres et reconnut qu’ils le cherchaient d’un cœur droit ; et il leur suscita un docteur de justice pour les faire cheminer dans le chemin de son cœur.

Et il a fait connaître aux générations suivantes ce qu’il avait fait à la génération de colère, à la bande des trompeurs qui s’étaient écartés du chemin. C’est là le temps duquel il est écrit (Osée, IV, 16) : « Comme une vache rebelle, ainsi fut rebelle Israël. » (Ceci arriva) quand se dressa un homme de raillerie, qui répandit sur Israël les eaux de mensonge et les égara dans un tohou sans issue, abaissant les hauteurs antiques, s’écartant des sentiers de justice et renversant les limites fixées par les anciens pour leur héritage. Aussi se sont-elles attachées à eux les malédictions de l’alliance, les livrant à l’épée vengeresse de l’alliance ; pour les punir d’avoir cherché les dissensions (énumération d’autres fautes).

Maintenant, écoutez-moi, vous tous qui êtes entrés dans l’alliance, et je vous révélerai les voies des impies.

Dieu aime la science, la sagesse et l’intelligence ; il a dressé devant lui la prudence et la science pour le servir, Il est patient, plein d’indulgence pour pardonner à ceux qui se repentent de leurs iniquités. Mais il possède la force, la puissance et une grande colère, usant de son feu, qui est les anges du châtiment, contre ceux qui se révoltent contre la voie et qui abominent le précepte, de manière à ne pas leur laisser de survivants. Car Dieu ne les avait pas élus dès l’origine du monde ; et avant qu’ils ne fussent formés il savait leurs œuvres. Mais il s’est toujours suscité des hommes distingués afin de laisser à la terre des survivants et de remplir l’univers de leur race. Et il le leur a fait connaître par son Oint, par son esprit saint, lui étant la vérité...

Et maintenant, mes fils, écoutez-moi et j’éclairerai vos yeux, afin que vous voyiez et compreniez les œuvres de Dieu... (Histoire résumée du monde avec la chute des veilleurs...)

C’est par ceux qui retenaient les commandements de Dieu, par ceux qui subsistaient, que Dieu a établi son alliance à jamais avec Israël, leur révélant les choses cachées, en quoi s’était égaré tout Israël : ses sabbats, son sanctuaire, ses fêtes. Mais eux aussi péchèrent, se roulèrent chacun dans son iniquité et dans son impureté... Mais Dieu, dans les mystères de ses merveilles, pardonna leur faute et enleva leur iniquité. Et il leur édifia en Israël une maison solide, comme il n’y en avait pas eu auparavant et jusqu’à maintenant. Et ceux qui s’y tiendront auront la vie éternelle et toute gloire humaine, suivant que Dieu le leur a promis par Ézéchiel (XLIV, 15) : « Les prêtres, les lévites et les fils de Sadoc, qui ont observé les observances de mon sanctuaire, alors que les Israélites s’égaraient, c’est eux qui m’offriront la graisse et le sang. » « Les prêtres », ce sont les Israélites qui se sont convertis et qui sont sortis du pays de Juda ; « les lévites » qui se sont joints à eux et « les fils de Sadoc », ce sont les élus d’Israël, gens distingués, qui surgiront à la fin des temps... Il n’y a plus à se réfugier en Juda, chacun doit se tenir dans sa forteresse... Dans tout ce temps Bélial sera lâché dans Israël, comme Dieu l’avait dit par le prophète Isaïe, fils d’Amos (XXIV, 17) : « Épouvante, fosse et piège t’ont saisi, habitant de la terre. » On l’entend des trois pièges de Bélial, par lesquels, au dire de Lévi 11, fils de Jacob, il a saisi Israël, les leur présentant comme trois espèces de justice : la première est la fornication, la seconde, le lucre, la troisième, la profanation du Temple... Les bâtisseurs de muraille, qui s’en tiennent à la lettre 12, ont été pris dans deux de ces pièges : la fornication, alors qu’ils prennent deux femmes, les deux vivantes, tandis que le principe de la création est « il les créa mâle et femelle »... Quant à David, il n’avait pas lu le livre de la loi, renfermé dans l’arche, qui n’avait pas été ouverte depuis la mort d’Éléazar, de Josué et des anciens, qui avaient adoré les Astaroth. Et (la loi) cachée fut ouverte à l’avènement de Sadoc. Également ils profanent le sanctuaire, parce qu’ils ne distinguent pas (le profane) suivant la loi : mais ils couchent avec une femme qui voit couler son sang ; et ils prennent pour femme leur nièce. Or Moïse avait dit (Lévitique, XVIII, 13) : « Tu ne t’approcheras pas de la sœur de ta mère, car c’est la chair de ta mère. » Et la loi sur les incestes vaut aussi pour les mâles...

Pareillement ils ont profané leur Esprit saint, en blasphémant les préceptes de l’alliance de Dieu...

Ainsi, auparavant, quand se dressèrent Moïse et Aaron par l’autorité du prince des lumières, Bélial suscita Jannès et son frère dans sa malice, quand Israël fut sauvé une première fois. Et lors de la destruction du pays se dressèrent des usurpateurs (Pharisiens ?), qui égarèrent Israël, et le pays fut dévasté parce qu’ils prêchaient la révolte contre les commandements que Dieu avait prescrits par Moïse et par son oint saint (Aaron ?), et ils faisaient de fausses prophéties pour détourner Israël de Dieu. Mais Dieu se souvint de l’alliance conclue avec les anciens, et il suscita de la race d’Aaron des gens intelligents et d’entre Israël des sages qu’il a instruits. Ceux-ci creusèrent le puits, « le puits que creusèrent les princes, que forèrent les chefs du peuple par le moyen du législateur » (Nombres, XXI, 18). « Le puits », c’est la loi ; « ceux qui l’ont creusé », ce sont les israélites convertis, qui sont sortis de la terre de Juda pour séjourner dans la terre de Damas. Dieu les appelle tous princes parce qu’ils l’ont recherché... « Le législateur », c’est celui qui explique la loi... « Les chefs du peuple », ce sont ceux qui forent le puits en se servant des lois, édictées par le législateur : ce sont celles qu’on suivra pendant toute la période des impies et sans lesquelles on ne réussira pas, jusqu’à ce que surgisse le docteur de justice à la fin des temps.

Ceux qui ont conclu le pacte de ne pas entrer dans le temple pour éclairer l’autel en vain et qui ferment la porte suivant ce qu’a dit Dieu par Malachie (1, 10) : « Qui d’entre vous fermera la porte ? Et n’éclairez pas mon autel en vain », parce qu’ils n’ont pas voulu participer aux crimes des fils de perdition : déclarer impur ce qui est pur, ne pas observer les sabbats, – suivant le droit de ceux qui sont venus à la nouvelle alliance dans la terre de Damas – ... se garder des fornications (unions prohibées) suivant la loi... tous ceux qui se conduisent ainsi en sainte droiture, suivant toutes les directives de l’alliance divine, sont assurés de vivre mille générations, ainsi qu’il est écrit dans les Nombres, XXX, 17...

Quant à tous ceux qui méprisent les commandements et les préceptes, ils amèneront sur eux la rétribution promise aux impies, quand se réalisera la parole écrite par Zacharie le prophète (XI, 7) : « Épée, réveille-toi contre mes bergers et contre l’homme, mon compagnon, dit Dieu. Frappe le berger pour que les brebis se dispersent et je tournerai ma main vers les petits. » Ceux qui observent cela, ce sont les « pauvres d’entre les brebis » : ils échapperont au moment de la visite (punition), tandis que les autres seront livrés au glaive, quand viendra le Messie d’Aaron et d’Israël... Tel sera le sort des membres de l’alliance qui ne persévéreront pas dans ces lois : ils seront visités et anéantis par Bélial, suivant Osée V, 10... Cela n’a pas été compris par les bâtisseurs de la muraille... C’est pourquoi la colère de Dieu a frappé leur communauté... Ainsi tous ceux qui sont entrés dans l’alliance nouvelle, puis, se ravisant, ont trahi et se sont détournés du puits des eaux vives : ils ne seront plus comptés dans la congrégation et ils ne seront plus inscrits dans son livre, – depuis le décès du docteur unique jusqu’à l’apparition du Messie d’Aaron et d’Israël... Pareillement le membre de la communauté qui ne gardera pas les lois... quand seront dévoilées ses œuvres, il sera renvoyé de la communauté... et que personne ne l’aide de ses biens ou de son travail, car il est maudit par tous les saints du Très-Haut...

Or, depuis le décès du docteur unique jusqu’à la disparition des guerriers qui ont suivi l’homme de mensonge, il y a eu environ quarante ans. Dans cette période Dieu s’est irrité contre Israël...

Les infidèles de l’alliance, quand apparaîtra la gloire de Dieu sur Israël, seront retranchés du camp et avec eux tous ceux qui ont entraîné Juda dans l’impiété au temps de ses épreuves.

Mais tous ceux qui se sont attachés à ces préceptes, se conduisant suivant la loi et écoutant la voix du docteur, et qui se confessent devant Dieu (en disant) : « Nous avons commis l’impiété, nous et nos pères, en nous opposant aux préceptes de l’alliance... », qui se laisseront instruire des préceptes anciens qu’ont reçus les hommes de l’Unique, qui prêteront l’oreille à la voix du docteur de justice... ceux-là seront heureux, leur cœur exultera et ils deviendront plus puissants que tous les gens de l’univers : et Dieu leur pardonnera et ils verront son salut, parce qu’ils ont mis leur confiance en son nom saint.

 

 

 

Le Commentaire d’Habacuc.

 

C’est un des manuscrits trouvés dans la grotte de la mer Morte : sous forme de commentaire des deux premiers chapitres de la prophétie, il est une sorte de pamphlet, maudissant les ennemis du docteur de justice, qui l’ont persécuté et tourmenté. Il est à noter que dans le texte précédemment transcrit, il n’est pas question de ces supplices ; au contraire on y parle du décès du docteur de justice comme d’une mort naturelle.

Le texte a été publié en hébreu par MILLARBURROWSdans le volume The Dead Sea Scrolls of St. Mark’s Monastery, New Haven, 1950. Une traduction anglaise en fut donnée dans le Bulletin of the American Schools of Oriental Research ; M. DUPONT-SOMMERéditait une traduction française dans la Revue de l’histoire des Religions, 1950, p. 130-171. Nous ne retenons que les passages qui intéressent notre propos.

 

(L’explication de ceci concerne.) ceux qui ont trahi avec l’homme de mensonge ; car ils n’ont pas cru aux paroles du docteur de justice (que celui-ci avait apprises de la bouche de Dieu). Et elle concerne ceux qui ont trahi l’alliance nouvelle : car ils n’ont pas cru en l’alliance de Dieu et ils ont profané son saint nom. Et pareillement l’explication de cette parole concerne tous ceux qui trahiront à la fin des jours. Ce sont des violents, contempteurs de l’alliance, qui ne croiront pas lorsqu’ils entendront toutes les choses qui arriveront à la dernière génération, de la bouche du prêtre, que Dieu a placé dans la maison de Juda pour expliquer toutes les paroles de ses serviteurs les prophètes, par qui Dieu a raconté tout ce qui arrivera à son peuple et aux nations.

L’explication de ceci, c’est que Dieu n’anéantira pas son peuple par le moyen des nations. Mais c’est par le moyen de son Élu que Dieu rendra le jugement de toutes les nations et c’est lors de leur châtiment qu’expieront tous les impies de son peuple. Ceux qui auront gardé ses commandements seront un rocher pour eux. Car c’est ce qu’on dit : Trop pur d’yeux pour voir le mal. L’explication de ceci, c’est qu’ils n’ont pas été luxurieux en suivant (les regards de) leurs yeux au temps de l’iniquité...

L’explication de ceci (Habacuc, I, 13) concerne la maison d’Absalon et leurs partisans, qui se turent lors du jugement du docteur de justice et n’aidèrent pas celui-ci contre l’homme de mensonge, qui avait méprisé la loi au milieu de tous les peuples.

...Et quand on dit (II, 2) : « afin qu’on la lise couramment », l’explication de ceci concerne le docteur de justice, à qui Dieu a fait connaître tous les mystères des paroles de ses serviteurs les prophètes.

...L’explication de ceci (II, 3), c’est que le temps ultime sera de longue durée et qu’il dépassera tout ce qu’ont dit les prophètes : car les mystères de Dieu sont merveilleux.

...L’’explication de ceci (II, 4) concerne tous ceux qui pratiquent la loi dans la maison de Juda, que Dieu délivrera de la maison de jugement à cause de leur affliction et de leur foi dans le docteur de justice.

...L’explication de ceci (II, 5, 6) concerne le prêtre impie, qui fut appelé du nom de vérité au début de son avènement ; mais, quand il exerça le commandement sur Israël, son cœur s’éleva et il abandonna Dieu, et il trahit les préceptes à cause des richesses, et il vola et il amassa les richesses des hommes violents qui s’étaient révoltés contre Dieu ; et il prit les richesses des peuples, accumulant sur lui les pires iniquités, et il mena une conduite abominable en toute espèce de souillure impure.

...L’explication de ceci (II, 7, 8a) concerne le prêtre qui s’est révolté... (lacune dans le texte) frappé (qui ? le prêtre ou le docteur de justice ?) de jugements iniques et de dures infirmités, et on a commis sur lui des horreurs et des vengeances sur son corps de chair. Et quand on dit : « parce que toi, tu as pillé des nations nombreuses, te pilleront tout le restant des peuples », l’explication de ceci concerne les derniers prêtres de Jérusalem, qui amassent richesses et rapines en pillant les peuples ; mais, à la fin des jours, leurs richesses, avec le fruit de leurs pillages, seront livrées aux mains de l’armée des Kittim.

...L’explication de ceci (II, 8b) concerne le prêtre impie, qu’à cause du péché commis contre le docteur de justice et ses partisans, Dieu a livré aux mains de ses ennemis pour l’humilier par des coups jusqu’à extermination, dans les amertumes d’âme, parce qu’il avait commis un crime à l’égard de son Élu.

...Dieu rendra son jugement au milieu de peuples nombreux et ensuite il la (la maison d’Israël) traduira en jugement, et au milieu de ceux-ci il la déclarera coupable et par un feu de soufre il la jugera.

...L’explication de ceci (II, 12, 13) concerne le prophète de mensonge, qui en a séduit beaucoup afin de rebâtir sa ville de vanité dans le sang versé... en sorte que leur labeur fût pour le néant et qu’ils vinssent aux jugements de feu, pour avoir insulté et outragé les élus de Dieu.

...L’explication de ceci (II, 15) concerne le prêtre impie, qui a persécuté le docteur de justice, afin de l’engloutir dans l’emportement de sa fureur, voulant le dévêtir. Mais au moment de la fête chômée du jour des Expiations, il (Dieu) leur est apparu tout resplendissant pour les engloutir et pour qu’ils trébuchassent au jour du jeûne qui est pour eux un sabbat chômé.

...L’explication de ceci (II, 16) concerne le prêtre dont l’ignominie a dépassé la gloire. Dieu le condamnera à l’extermination, de même qu’il a médité d’exterminer les pauvres. Et quand on dit « à cause du sang répandu dans la cité et la violence infligée au pays », l’explication de ceci, c’est que la cité, c’est Jérusalem, dans laquelle le prêtre impie a commis des actions abominables et souillé le sanctuaire de Dieu ; et la violence infligée au pays, ce sont les villes de Juda, dans lesquelles il a volé les biens des pauvres.

...Mais au jour du jugement, Dieu supprimera de la terre tous ceux qui servent les idoles et tous les impies.

 

 

 

La Règle de la communauté de la nouvelle alliance.

 

Nous ne donnons que des fragments de cette « Règle », qui se trouve aussi dans les manuscrits découverts dans le désert de Juda. Les éditeurs américains l’intitulent Sectarian Manual of Discipline. Il y est fait allusion dans l’exhortation transcrite plus haut et nous retrouvons ici les mêmes tendances. Nous citons quelques extraits de la traduction publiée par M. DUPONT-SOMMERdans la Revue de l’histoire des Religions, 1950, p. 5-21.

 

... La règle de la communauté : rechercher Dieu, faire ce qui est bon, ... ne plus marcher dans l’obstination d’un cœur coupable et avec des yeux de fornication, conduisant à tout mal ; introduire tous ceux qui se complaisent à pratiquer les préceptes de Dieu dans l’alliance de grâce, afin de les faire communier à la communauté de Dieu... pour qu’ils aiment tous les fils de lumière, chacun suivant son lot dans la communauté de Dieu et pour qu’ils haïssent tous les fils de ténèbres, chacun selon sa culpabilité en vertu de la vengeance de Dieu. (Ce qui suit paraît faire partie des rites d’initiation.)

Et tous ceux qui entrent dans la règle de la communauté passeront dans l’alliance devant Dieu, pour observer tout ce qu’il a commandé, sans l’abandonner en raison de quelque terreur ou crainte, ou à cause de l’épreuve, quand ils seront tentés sous l’empire de Bélial. Et quand ils passeront dans l’alliance, les prêtres et les lévites béniront le Dieu des délivrances ainsi que toutes les œuvres de sa fidélité. Et tous ceux qui passeront dans l’alliance diront après eux : « Amen ! Amen. »

Et les prêtres raconteront les miséricordes que Dieu a manifestées dans ses œuvres miraculeuses et ils feront connaître toute sa grâce et compassion envers Israël. Et les lévites raconteront toutes les fautes des enfants d’Israël, ainsi que leurs infidélités coupables et leurs péchés (commis) sous l’empire de Bélial. Et tous ceux qui entrent dans l’alliance feront après eux leur confession, en ces termes : « Nous avons été pervers, nous avons été infidèles, nous avons péché, nous avons commis l’impiété, nous et nos pères avant nous, en nous conduisant contre les préceptes de Dieu. Aussi sa compassion et sa grâce nous ont abandonnés » (la suite du texte, très mutilé, contient des bénédictions pour les gens du lot de Dieu et des malédictions contre ceux qui retournent parmi les gens de Bélial ; puis des prescriptions sur la composition des camps...).

Et voici quelle est la règle des gens de la communauté, qui se plaisent à se convertir de tout mal et à s’attacher à tout ce que (Dieu) a commandé : se séparer de la bande des gens pervers pour appartenir à la communauté, suivant la loi, suivant les biens et suivant les coutumes, à la manière des fils de Sadoc, les prêtres qui gardent l’alliance, et à la manière des membres de la communauté, qui se sont attachés à l’alliance, à la manière de ceux-ci (suivent des directives morales). Circoncire dans la communauté le prépuce de l’instinct et l’obstination, en posant un fondement de vérité pour Israël, pour la communauté de l’alliance éternelle. Expier pour tous ceux qui se complaisent dans la sainteté comme Aaron et dans la maison de fidélité en Israël...

Quiconque entre dans le parti de la communauté, qu’il entre dans l’alliance de Dieu en présence de tous ceux qui se sont engagés ; et qu’il jure sur son âme par un serment d’interdiction de se convertir à la loi de Moïse en tout ce que (Dieu) a commandé, (de se convertir) de tout son cœur et de toute son âme à tout ce qui a été révélé à son sujet aux fils de Sadoc, aux prêtres qui gardent l’alliance et qui recherchent sa volonté, et à la masse des gens de leur alliance qui se sont engagés dans la communauté, pour garder sa fidélité et se conduire suivant son bon plaisir...

 

 

 

Prescriptions sociales, morales, religieuses.

 

Nous donnons ici des extraits des réglementations que contient la seconde partie du manuscrit découvert au Vieux Caire.

 

Quiconque mettra en interdit son prochain suivant les lois des gentils sera passible de mort... (contre la vengeance et la rancune). Si l’on a gardé le silence du jour au lendemain et que dans sa colère on parle (dénonce) contre lui en matière grave, on s’accuse soi-même parce qu’on n’a pas accompli le commandement de Dieu, disant à ce sujet (Lévitique, XIX, 17) : « Tu reprendras ton compagnon et ne supporteras pas de péché à cause de lui. »

Sur les serments (serments imposés, objets perdus...).

Si l’on voit son compagnon violer la loi en matière grave, pour accomplir le devoir de correction on le fera savoir, en présence du coupable, au surveillant (évêque) et le surveillant en prendra note de sa main. Si de nouveau il commet cette faute devant un seul témoin, on le fera savoir de nouveau au surveillant ; mais s’il récidive en flagrant délit devant un seul témoin, son affaire sera complète. Mais s’il n’y a que deux témoins, déposant sur un fait différent, le coupable sera mis à part de la pureté... (sur les jugements).

Voici la règle pour les juges de la communauté : on prendra au moins dix hommes choisis dans la communauté, suivant les circonstances, quatre de la tribu de Lévi et Aaron, et six d’entre les Israélites, connaissant le livre du Hégou ainsi que les principes de l’alliance, âgés de vingt-cinq à soixante ans. Après soixante ans on ne peut plus être établi juge de la communauté : car, par suite des infidélités des hommes, leurs jours ont été diminués ; et Dieu, dans sa colère contre les habitants de la terre, les a condamnés à perdre leur raison avant d’avoir accompli leurs jours.

(Sur les purifications ; sur le sabbat : règles très rigoureuses)... Le jour du sabbat, qu’on ne parle pas de choses vaines et vides... Qu’on ne mange et boive qu’à l’intérieur du camp. Si l’on est en voyage et qu’on descende (à une fontaine) pour se laver, qu’on y boive par ses propres moyens et sans puiser à l’aide d’un instrument. On ne doit pas envoyer un gentil accomplir son ordre le jour du sabbat... On ne doit pas avoir faim volontairement au sabbat... On ne doit pas aider une bête à mettre bas au jour du sabbat. Si elle tombe dans un puits ou dans un fossé, on ne l’en retirera pas au sabbat. ... Si un homme tombe dans une pièce d’eau, on ne l’en fera pas remonter par une échelle, une corde ou un instrument. On ne doit mettre sur l’autel au sabbat que l’holocauste du sabbat, car il est ainsi écrit (Lévitique, XXIII, 38) « excepté vos sabbats... » ... On n’aura pas commerce avec sa femme dans la ville du sanctuaire, afin de ne pas souiller la ville du sanctuaire par leur impureté (menstruelle)... Quiconque profane, par inadvertance, le sabbat ou les jours de fête, ne sera pas mis à mort ; mais on le mettra en observation ; s’il guérit on l’observera encore sept ans, puis il rentrera dans la communauté.

Que personne n’étende la main pour verser le sang d’un gentil pour une raison d’intérêt. Pareillement, qu’on ne prenne rien de leurs biens, afin qu’ils ne blasphèment pas, sauf par décision du sénat d’Israël. (Lois de pureté.) ... Telle est la règle constitutive des villes d’Israël. C’est d’après ces lois qu’on distinguera entre l’impur et le pur et qu’on reconnaîtra le saint et le profane...

Et voici la règle constitutive que suivront les camps dans la période de l’impiété jusqu’à l’avènement du Messie d’Aaron et d’Israël.

Voici la règle concernant le surveillant (évêque) du camp : instruire la foule des œuvres de Dieu, leur faire comprendre les merveilles de sa puissance... Examiner ceux qui voudront s’agréger à sa communauté... et les inscrire à l’endroit voulu... Que personne des membres du camp ne se permette d’introduire quelqu’un dans la communauté avant d’avoir prévenu le surveillant du camp...

Voici la règle constitutive de tous les camps. Tous seront recensés suivant leurs noms, d’abord les prêtres, puis les lévites, ensuite les israélites et enfin les prosélytes...

Quant au surveillant qui sera préposé à tous les camps, il aura de trente à cinquante ans, connaissant les caractères des hommes, et toutes les langues... (Devoir de secourir les pauvres, les indigents et tous ceux qui seront dans le besoin.)

Celui qui entrera dans l’alliance avec ses enfants pouvant être recensés : on leur imposera le serment de l’alliance. Le jour où il parlera avec le surveillant général, on lui imposera le serment de l’alliance que conclut Moïse avec Israël... Personne ne lui fera connaître les règlements tant qu’il ne se sera pas présenté devant le surveillant. ... Le jour où quelqu’un s’engage sur son âme à revenir à la loi de Moïse, l’ange Mastéma se retirera de lui s’il tient sa promesse. C’est pourquoi Abraham fut circoncis à son escient.

Les mots « tu observeras ce qui sort de tes lèvres » (Deutéronome, XXIII, 24) signifient qu’il faut accomplir tout serment d’interdiction par lequel on s’est imposé de pratiquer un commandement de la loi ; même au péril de la vie on ne doit pas l’annuler.

 

 

 

La guerre des fils de la lumière et des fils des ténèbres.

 

C’est le titre que Sukenik, un des éditeurs des manuscrits découverts dans le désert de Juda, donne à l’un d’entre eux. Nous y reconnaîtrons le vocabulaire et les conceptions caractéristiques de la « nouvelle alliance ».

Nous empruntons l’analyse de ce document et les extraits des trois colonnes qui en ont été publiées, à l’article du P. Tournay, Revue biblique, 1949, p. 212-218.

 

Les « fils de la lumière », ce sont les « fils de Lévi, les fils de Juda et les fils de Benjamin », revenus « du désert des peuples pour camper dans le désert de Jérusalem ». Les « fils des ténèbres » sont les « bandes d’Édom, de Moab et des fils d’Ammon.... » Le temps qui suivra la guerre « contre les rois du Nord » « sera le temps du salut pour le peuple de Dieu et le temps de la domination pour tous les hommes de son lot et de l’anéantissement définitif pour tout le parti de Bélial ». Les « fils de la lumière » réussissent d’abord à défaire l’impiété ; après quoi, les armées de Bélial se renforcent et la grande main de Dieu est humiliée, tandis que la guerre s’étend à tous les peuples.

 

(Ces dernières indications semblent se rapporter à un avenir lointain : il serait donc imprudent de prendre les données que nous allons transcrire comme décrivant des réalités historiques.)

 

(Âge, répartition et spécialisation des combattants. Description de leur équipement.)

 

Sur les enseignes figurent des inscriptions : « sur la grande enseigne du chef de tout le peuple on inscrira : peuple de Dieu et le nom d’Israël et d’Aaron, et les noms des douze tribus d’Israël ». « Sur l’enseigne du millier, on inscrira : « La colère de Dieu (va) avec transport contre Bélial et tous les gens de son parti sans exception » ... On variera aussi les inscriptions suivant les phases du combat : Quand on ira au combat, on inscrira sur les enseignes : « Vérité de Dieu, justice de Dieu, gloire de Dieu, jugement de Dieu. » On prévoit aussi des inscriptions sur les différentes trompettes : pour |es trompettes de la « poursuite » : « Dieu a frappé tous les fils des ténèbres, sa colère ne revient pas avant leur anéantissement. »

Avant le combat le prêtre suprême prend la parole au milieu de ses frères, les prêtres, les lévites et les surveillants des camps ; il exhorte les combattants : « N’ayez pas peur et ne soyez pas effrayés devant eux et ne reculez pas ! » Contre les ennemis : « Ils sont une assemblée impie et tous leurs actes (se font) dans les ténèbres, et c’est vers elles que vont leurs désirs... » Puis il supplie Dieu : « Lève-toi, ô héros, emmène tes captifs, être glorieux, emporte ton butin, ô puissant en œuvres, mets ta main sur la nuque de tes ennemis et ton pied sur les hauts-lieux du massacre. Frappe les nations de tes angoisses et que ton glaive dévore la chair criminelle ! Remplis la terre de gloire et ton héritage de bénédiction, abondance de biens en tes domaines, argent et or et pierres délectables en tes palais ! Ô Sion, sois en grande liesse ; Jérusalem, manifeste par des cris de joie ; réjouissez-vous toutes, ô villes de Juda ! Ouvre constamment tes portes pour introduire chez toi la richesse des nations ! Que les rois te servent ; que tous ceux que tu humilies se prosternent devant toi et lèchent la poussière de tes pieds ! Filles de mon peuple, criez d’une voix enthousiaste, ornez-vous d’ornements magnifiques ! »

 

(...L’ordre du combat, marqué par des sonneries de trompette.)

 

...Et après s’être éloignés des blessés pour entrer au camp, ils entonneront tous l’hymne du retour. Et au matin, ils nettoieront leurs vêtements et les laveront du sang des cadavres criminels ; et ils reviendront au lieu où ils se tenaient, là où ils avaient établi la ligne (de combat), avant que ne tombassent les blessés de l’ennemi. Et ils béniront là tous ensemble le Dieu d’Israël, et ils exalteront son nom, tout en se réjouissant, et ils chanteront en chœur et diront : « Béni soit le Dieu d’Israël, lui conserve la bienveillance à son alliance et les promesses de salut à son peuple racheté par lui... Et l’assemblée des nations, il l’a réunie pour l’anéantir sans exception ...Et nous, ton peuple saint, pour tes actes de fidélité, nous voulons louer ton nom...

Car c’est le temps de l’angoisse pour Israël... et l’anéantissement pour toute nation impie... »

 

 

 

Les hymnes.

 

On a trouvé aussi dans le désert de Juda un recueil d’hymnes (ou psaumes) ayant la même provenance. Publiés par Sukenik, ils ont été traduits, partiellement en français, par le P. TOURNAY, Revue biblique, 1949, p. 220-224 ; plus complètement par G. VERMESdans les Cahiers sioniens, septembre 1950, p. 180-188. De ces cinq psaumes nous extrayons ce qui caractérise la secte de la Nouvelle Alliance.

 

I. Des puissants cherchaient mon âme,

alors que j’adhérais à ton alliance.

Ils constituent un groupe de néant, une assemblée de Bélial...

Et moi, j’ai dit : des forts ont dressé leur camp contre moi...

les eaux projettent le néant et la destruction jusqu’au ciel

par la montée de leurs flots.

Et moi, lorsque mon cœur fondait comme l’eau,

tu l’as fortifié par ton alliance...

 

II. Je te rends grâce, Seigneur, d’avoir fixé les yeux sur moi,

et de m’avoir sauvé de la colère des interprètes du mensonge,

de l’assemblée de ceux qui s’adonnent à la vanité...

Tu as délivré le pauvre, dont on voulait ôter la vie...

 

III. Je te rends grâce, Seigneur, de m’avoir sauvé de la fosse...

Il y a de l’espoir pour celui que tu as formé d’argile,

en vue d’une communauté qui ne périra pas.

Tu as purifié l’esprit coupable de nombreux péchés

afin qu’il se tienne affermi dans l’armée des saints,

et qu’il soit en communion avec l’assemblée des fils des cieux.

Tu assignes un lot d’éternité à chacun avec les esprits éclairés,

pour louer ton nom dans leur communauté...

Lorsque les torrents de Bélial inondent toutes les rives,

feu qui dévore tous ceux qui en puisent...

Lorsque le feu consume tout jusqu’au grand océan,

et que les torrents de Bélial se précipitent en Abaddon....

Car Dieu fait retentir sa voix puissante

de sa sainte demeure pour manifester sa gloire.

L’armée du ciel aussi fait entendre sa voix.

Les fondements du monde chancellent et frémissent.

La guerre des puissants des cieux s’abat sur l’univers

et ne sera pas terminée avant que la destruction soit complète...

 

IV. Je te rends grâce, Seigneur, de m’avoir réjoui par ton alliance...

Les interprètes de la ruse tentaient de séduire (ton peuple).

Mais ils échoueront, les dépourvus d’intelligence...

Car on m’a chassé de mon pays comme l’oiseau de son nid...

Les interprètes du mensonge, les prophètes de la ruse,

les fils de Bélial ont conçu le projet

de fausser la loi que tu as gravée dans mon cœur

par des paroles trompeuses adressées à ton peuple.

Ils ont barré devant les altérés l’accès de la source de la connaissance.

...Les autres, ce sont des abandonnés, des hommes de Bélial ;

c’est hypocritement qu’ils méditent et qu’ils te cherchent...

par la bouche de prophètes menteurs qui profèrent des inanités.

Car ils n’ont pas écouté ta voix,

ni prêté l’oreille à ta parole,

puisqu’ils déclarent du message véritable : « Ce n’est pas certain » ;

et de la voie selon ton cœur : « Cela n’est pas ainsi »...

Tu frapperas selon la justice tout homme rusé ;

les prophètes insensés, on ne les trouvera plus...

Par contre, les hommes selon ton cœur se tiendront devant toi à jamais,

ceux qui marchent dans ta voie seront glorieusement affermis...

Dans ta force tu m’apparaîtras dans une lumière éclatante :

tu ne couvriras plus de confusion la face de mes adeptes,

qui se sont groupés dans ton alliance.

Ceux qui marchent dans ta voie m’obéissent...

Par moi tu as réjoui la multitude :

tu les as tellement multipliés qu’ils sont innombrables.

Par tes secrets merveilleux tu m’as donné à connaître,

par ton mystère admirable tu t’es montré puissant envers moi...

Quand les pécheurs se dressaient contre ton alliance,

et les réprouvés contre ta parole,

je disais aussi dans mon péché :

« Je suis exclu de ton alliance »...

 

V. Sans ta faveur personne ne subsiste ni ne comprend...

Car tu m’as rendu intelligent par de tels miracles,

par ton mystère de gloire tu m’as fait connaître...

Que puis-je dire si tu ne m’ouvres pas la bouche,

et que répondre si tu ne me rends pas intelligent ?

Voici que tu es le prince des dieux, le roi des majestés...

Laquelle d’entre les plus merveilleuses et plus grandes créatures pourrait se tenir en face de ta gloire ?

Et si elle le pouvait, pourquoi retournerait-elle en poussière ?

C’est uniquement pour ta gloire que tu les as créées.

 

 

 

 

 

 

 

LES LIVRES SIBYLLINS

 

 

Dans l’antiquité, au moins depuis la fin du VIe siècle avant J. C., circulaient des prophéties attribuées à la Sibylle, puis aux Sibylles : le peuple les tenait pour des oracles divins. Les juifs alexandrins, qui pratiquaient abondamment l’assimilation littéraire, s’avisèrent rapidement qu’ils pourraient par ce moyen intensifier leur propagande religieuse : ils insérèrent des interpolations dans les écrits existants, puis ils en composèrent de toutes pièces. Nous avons ainsi plusieurs livres sibyllins d’origine juive, enrichis par la suite d’additions chrétiennes. Le troisième livre ne semble pas avoir été retouché par des mains chrétiennes. C’est un recueil de pièces, la plupart antérieures au Ier siècle avant J.-C. Il est difficile de classer ces fragments : nous y lisons des présentations du monothéisme, des attaques contre l’idolâtrie, surtout de soi-disant prophéties décrivant des périodes historiques, et souvent avec des couleurs eschatologiques : la difficulté vient de ce que ces périodes historiques ne se suivent pas chronologiquement. Nous retrouvons là les spéculations messianiques et eschatologiques qui hantaient les âmes juives, et aussi des conceptions intéressantes sur la nature de Dieu et de son règne.

Notre traduction est faite sur l’édition critique de J. GEFFCKEN, Die Oracula sibyllina(Leipzig, 1902).

 

 

Livre III.

 

Nous pouvons lui donner comme introduction deux fragments transcrits par Théophile dans son apologie à Autolycus (II, 36). Nous rapportons quelques vers du second.

 

Si (Dieu) est un être né et périssable,

il ne peut pas être né des membres et de la matrice des hommes, puis être façonné dieu.

Mais il y a un dieu unique au-dessus de tout,

qui a fait le ciel, le soleil, les astres et la lune...

Il a établi la créature de Dieu dominatrice de tout

et il a soumis à l’homme les choses diverses et mystérieuses.

Car quelle chair mortelle peut connaître toutes ces choses ?

Mais lui seul les connaît, qui les a faites dès l’origine,

Créateur incorruptible, éternel, habitant l’éther ;

rendant aux bons une récompense supérieure (à leurs mérites),

mais suscitant contre les méchants fiel, colère,

guerre, peste et fléaux lamentables.

Ô hommes, pourquoi vous exalter en vain et être déracinés ?

Ayez honte de déifier chats et reptiles...

Il y a des dieux qui égarent des hommes insensés,

et qui vomissent de leur bouche un venin mortel...

Mais vous ne voulez pas vous éveiller et venir à l’esprit de sagesse

et reconnaître le Dieu roi, qui surveille tout.

Aussi serez-vous brûlés de torches toujours pendant l’éternité,

que vous avez souillée de vos idoles trompeuses et inutiles.

Mais ceux qui honorent Dieu, le vrai et éternel,

hériteront de la vie, habitant

tout le long de l’éternité le jardin verdoyant du paradis,

se nourrissant du doux pain du ciel étoilé.

 

(Du second discours sur Dieu, fin du Ier siècle avant J.-C.)

 

...Quel mortel peut voir Dieu de ses yeux...

(le Dieu) qui, de sa parole, a tout créé, ciel et terre et soleil...

ce même Dieu, qui a formé l’Adam aux quatre lettres,

le premier formé, et qui est un plérôme en son nom,

(contenant) orient et couchant, midi et nord... ?

Ô race qui se réjouit dans le sang, pleine de fraude et de mal,

hommes impies, menteurs, mauvais et à la double langue...

Quand Rome régnera sur l’Égypte, encore tremblante,

alors apparaîtra le règne immense

du roi éternel, (s’étendant) sur les hommes.

Un prince saint viendra, tenant le sceptre de l’univers

tout au long des temps à venir...

Puis un fleuve de feu découlera du ciel.

Hélas ! malheur à moi, misérable, quand viendra ce jour,

et le jugement du Dieu éternel, du grand roi !...

Il arrivera que l’odeur du soufre atteindra tous les hommes...

De Sébaste (Samarie), à la fin, viendra Bélial,

il élèvera de hautes montagnes, il fera taire la mer,

ainsi que le grand soleil enflammé et la lune brillante ;

et il ressuscitera les morts et fera bien des prodiges...

il égarera même des hébreux croyants et élus...

Mais quand approcheront les menaces du grand Dieu

et que viendront sur terre les flots de la puissance enflammée,

qui brûlera Bélial et les hommes superbes, ses fidèles,

alors le monde sera soumis aux mains d’une femme (Cléopâtre)...

Alors tous les éléments du monde seront en veuvage,

quand le Dieu, habitant l’éther, roulera le ciel comme un volume.

Et toute la voûte du ciel tombera sur la terre,

cataracte de feu, qui enflammera terre, mer et ciel,

les fondant tous ensemble, les transformant en pureté...

Et alors apparaîtra le jugement du grand roi...

(La suite est à dater du second siècle avant J.-C. C’est d’abord une histoire du monde : tour de Babel, Titans... Macchabées.)

Alors de nouveau sera puissant le peuple du Grand Dieu ; ils seront pour tous les mortels les guides de la vie.

 

(Puis annonce de fléaux, qui frapperont même les justes, les descendants (d’Abraham), qui ne pratiquaient pas l’astrologie, laquelle engendra tous les maux. Éloge des israélites et de leurs vertus, le contraire des vices païens. La sortie d’Égypte, l’établissement en Palestine, les infidélités, entraînant la dispersion)...

 

Ainsi toute terre et toute mer seront remplies de toi (Israël)

et tout le monde se heurtera à tes coutumes...

Ton pays fut abandonné, l’autel et le temple détruits,

parce que tu n’as pas pris à cœur la loi éternelle du Dieu éternel,

tu n’as pas honoré le Dieu éternel, père de tous les dieux et des hommes...

Aussi bien le pays fécond sera-t-il abandonné pendant sept décades,

mais une fin heureuse t’attend et une gloire immense,

suivant que le Dieu immortel l’a décidé pour toi...

Et il y aura une tribu royale dont la face ne faillira pas :

elle dominera de longs temps et commencera à bâtir un nouveau temple...

Ici mon esprit arrêta son chant inspiré ;

je priai le Dieu élevé de cesser sa contrainte,

et de nouveau la parole du grand Dieu me vint au cœur...

(Cette seconde série commence par des malédictions contre divers pays : annonces de catastrophes : contre Rome...)

Et toi, vierge florissante, couverte d’or, fille de la Rome latine,

si souvent enivrée de noces dévergondées,

tu seras couverte d’infamie comme une esclave avinée...

Mais une paix tranquille viendra sur la terre d’Asie ;

l’Europe aussi sera heureuse, nourrie par le ciel,

jouissant d’années de santé, sans orages ni grêle...

Heureux l’homme et la femme qui verront ce temps !...

Les hommes recevront du ciel étoilé une législation de justice,

et le meilleur de tous les dons, la concorde, l’affection...,

tandis que cesseront impiété, envie... et tous les maux.

 

(Apparition d’Alexandre le Grand ; puis Antiochus Épiphane, que l’Hadès recevra ; sa race, les cornes de Daniel... Puis l’infâme race de Rhéa : guerre de Troie ; catastrophes de toute espèce sur quantité de pays :)

 

Car tous les peuples si nombreux habitant sur la terre,

le Très-Haut les frappera d’un coup terrible.

(Description de nouveaux fléaux, en particulier sur l’Hellade.)

Pourquoi portes-tu de vains dons à des décédés,

et sacrifies-tu à des idoles ? Qui a mis l’égarement dans ton cœur ?...

Cependant la colère du grand Dieu vous frappera,

et alors vous reconnaîtrez le visage du grand.

Toutes les âmes des humains pousseront de profonds soupirs,

et élèveront leurs mains vers le ciel lointain,

appelant à l’aide le grand roi,

et cherchant qui pourra les sauver de la grande colère...

Il y aura ensuite une race sainte d’hommes pieux,

attentifs aux sentiments et aux décisions de l’esprit du Très-Haut...

Recevant avec justice la loi du Très-Haut,

ils habiteront, heureux, des villes et des champs gras,

eux-mêmes exaltés comme prophètes par l’immortel,

et apportant grande joie à tous les mortels.

Car à eux seuls le Grand Dieu a donné un conseil sage

et la foi et une excellente intelligence dans leurs poitrines.

Ils n’adorent pas de vaines tromperies (idoles)...

Mais ils élèvent vers le ciel des mains pures,

au premier matin, quittant leur couche, ils purifient dans l’eau leur corps,

et ils honorent l’unique qui règne à jamais en immortalité,

et aussi leurs parents.

Plus que tous les hommes, ils sont attentifs à la pureté de leur couche,

et n’ont pas de rapports impurs avec des jeunes gens,

comme d’autres qui transgressent la loi sainte du grand Dieu.

Aussi l’immortel destine aux hommes toutes sortes de maux...

parce qu’ils ne veulent pas honorer l’éternel créateur des hommes.

(Fléaux, victoires d’Antiochus Épiphane)...

Alors devant le grand Dieu, le roi immortel,

ils fléchiront le genou blanc sur la terre fertile.

Et toutes les œuvres des mains humaines tomberont dans le feu.

Alors Dieu accordera aux hommes une grande joie (fertilité).

...Toi, prie Dieu, honore la justice et n’opprime personne.

Et fais attention à la colère du grand Dieu,

quand sur tous les mortels viendra la famine qui consume.

(Guerre dévastatrice, Gog et Magog, suivant Ézéchiel XXXVIII.)

Et ensuite de l’Orient Dieu enverra un roi,

qui dans le monde entier mettra fin à la guerre néfaste,

tuant les uns et accordant aux autres une alliance fidèle.

Il ne fera pas cela de son propre chef,

mais pour suivre les décrets du grand Dieu.

Alors le temple du grand Dieu resplendira d’éclatantes parures...

la terre portant ses fruits et la mer remplie de biens...

(de nouveau, guerres) des rois infâmes assiègent la ville.

Mais Dieu, d’une grande voix, parlera

à tout ce peuple grossier et ignorant ;

puis sera le jugement de par le grand Dieu

et tous périront de la main de l’immortel.

Du ciel tomberont sur la terre des épées enflammées...

Tout tremblera devant la figure de l’immortel.

Il fendra les montagnes et l’érèbe sombre apparaîtra...

Les vallées seront pleines de morts, des rochers découlera du sang.

Les splendides remparts des ennemis s’écroulent à terre,

parce qu’ils n’ont pas reconnu la loi ni le jugement du grand Dieu.

Mais, insensés, vous avez attaqué le sanctuaire et brandi là-contre vos lances.

Et Dieu jugera tous les hommes par la guerre et l’épée.

(Cataclysmes.) Et alors ils reconnaîtront le Dieu immortel qui accomplit cela...

Lui-même, le grand Dieu éternel m’a ordonné d’annoncer cela

et rien ne défaudra de ce que Dieu a mis en mon esprit :

car il ne ment pas, l’esprit de Dieu qui s’étend sur le monde.

Alors les enfants du grand Dieu vivront en paix autour du Temple...

Lui-même les protégera, lui seul, puissant secours,

les entourant comme d’un mur de feu en flammes (Paix).

Alors tous, îles et villes, diront :

combien l’immortel aime ces hommes.

Car tout combat pour eux et les aide :

le ciel et le soleil, char de Dieu, et la lune.

(Hymnes de reconnaissance et de repentir des élus ; menaces contre l’Hellas.)

Mais quand le jour marqué par le destin sera accompli

viendra pour les hommes le commencement du grand bonheur :

la terre, mère universelle, donnera ses meilleurs fruits... (paix)

...Et une loi commune pour toute la terre,

du haut du ciel étoilé, sera donnée par l’immortel aux hommes...

Car lui seul est Dieu et il n’en est pas d’autres.

Et il brûlera par le feu la race des hommes rebelles.

Fuyez le culte impie des idoles ; servez le vivant ;

évitez l’adultère et la couche impie du mâle.

Élève tes enfants et ne les immole pas...

Alors il suscitera un royaume pour les siècles sur tous les hommes...

Et de toute la terre ils porteront de l’encens et des dons

à la maison du grand Dieu (pas d’autres : paix).

Réjouis-toi, ô vierge, et exulte :

car il t’a donné une joie éternelle, le créateur du ciel et de la terre.

Il habitera en toi : tu auras une lumière immortelle.

Sur les monts, les loups avec les agneaux broutent ensemble l’herbe...

Les fauves ne font pas de mal aux enfants : car la main de Dieu sera sur eux.

Je te donnerai un signe évident

pour que tu saches quand viendra la fin de tout sur la terre.

Quand la nuit on verra des épées dans le ciel étoilé...

Que l’éclat du soleil défaillira en plein midi...

que vous verrez dans les nuages des combats de fantassins et de cavaliers,

voilà la fin que le Dieu du ciel met à la guerre.

Aussi bien tous doivent-ils sacrifier au grand roi...

Quand tout cela arrivera, on ne me traitera pas de folle...

 

(Nous donnons aussi des extraits des quatrième et cinquième livres : ils viennent de mains juives et datent de la fin du premier siècle après Jésus-Christ, quand se composaient les derniers livres du Nouveau Testament.)

 

IV. (Exhortation monothéiste ; religion et mœurs, justes et chastes, des Juifs)...

Mais quand viendra le jugement du monde et des mortels,

que Dieu exécutera, jugeant impies et justes,

alors il enverra les impies dans le feu, sous les ténèbres...

Mais les justes resteront sur la terre fertile,

Dieu leur accordant pareillement esprit, vie et grâce.

Tout cela viendra sur la dixième génération.

 

(Histoire des précédentes : prise de Jérusalem en 70 et ruine du Temple ; cataclysmes, éruption du Vésuve en 79.)

 

Ils connaîtront la colère du Dieu céleste,

en ce qu’ils ont détruit la tribu innocente des pieux (fléaux, impiété).

Dieu ne détruira pas si vous exercez tous la piété (sinon il brûlera tout).

Mais quand tout aura été réduit en poussière et cendres,

et que Dieu apaisera le feu inextinguible, comme il l’a allumé,

Dieu formera de nouveau les os et la poussière des hommes

et il établira de nouveau les mortels comme ils étaient avant.

Et alors sera le jugement, Dieu jugeant de nouveau le monde.

(Impies mis sous la terre, au Tartare et à la géhenne du Styx.)

Mais tous ceux qui auront pratiqué la piété vivront de nouveau sur la terre...

 

V. (Vues historico-prophétiques. Conquérant perse qui veut prendre la cité du béni.)

 

Mais un roi, envoyé par Dieu contre lui,

détruira tous les grands rois et les meilleurs flambeaux.

Et ensuite sera le jugement de l’immortel sur les hommes.

 

(Calamités, retour de Néron, confondu avec l’Antéchrist. Rome ruinée à cause de ses péchés : magie, adultère, pédérastie...)

 

N’as-tu pas reconnu ce que Dieu peut et conçoit ?

Tu t’es dit : je suis unique et personne ne peut me détruire...

Reste seule, impie, mêlée au feu enflammé,

habite dans la contrée tartaréenne de l’Hadès impie...

 

(Cataclysmes sur terre et dans le ciel... puis apostrophe, commençant ex abrupto : contre Adam)

 

Ô instable et mal conseillé, en proie à de mauvais destins,

principe pour les hommes de peine et d’une grave fin,

la création étant endommagée et réduite en partie !

Ô criminel, premier auteur pour les hommes de maux et souffrances !

Quel mortel t’a désiré et n’a pas été frappé au cœur ? (Tous les maux venus par lui.)

Quand la Perse cessera la guerre...

la race divine des heureux Juifs, fils du ciel,

qui habitent la ville de Dieu au centre de la terre,

s’entourant d’un grand mur allant jusqu’à Joppé, s’élèveront jusqu’aux sombres nuées (paix)...

Que ne s’afflige plus ton cœur en ta poitrine, (touchée) par l’épée,

ô race divine, opulente, fleur unique...

Ton pays ne sera plus piétiné par les pieds impurs des Hellènes,

mais tes glorieux enfants t’honoreront et te célébreront...

Ils viendront avec toutes sortes de sacrifices et de vœux,

Tous ces justes, qui ont supporté des maux, auront une vie agréable.

 

(Dévastations dans le reste du monde...)

 

Mais, seule, la terre sainte des pieux portera ces choses :

un fleuve d’ambroisie, sortant du rocher pour les justes...

Aie pitié, ô père universel, de la terre féconde et fertile,

de la grande Judée, afin que nous voyions tes desseins.

Car c’est elle que tu as d’abord connue, ô Dieu, par des grâces,

au point qu’elle paraît aux mortels les prémices de tes grâces.

 

(Catastrophes frappant les idolâtres, mais justice, sagesse et gloire pour les justes ; de nouveau Néron, l’antéchrist ; puis la paix.)

 

Le peuple sage, ses survivants, auront la paix,

lui, qui a été éprouvé par le malheur, finira par se réjouir.

 

(Contre les Romains : matricides, pédérastes, incestueux... bientôt les vierges (Vestales) n’allumeront plus le feu ; punis pour avoir ruiné Jérusalem.)

 

Mais est venu des plaines du ciel un homme béni,

tenant en ses mains le sceptre que Dieu lui a confié...

Il a rendu aux bons les richesses qu’on leur avait prises ;

et il a brûlé jusqu’aux fondements toutes les villes impies.

Mais la ville vers laquelle se porte la complaisance de Dieu,

il l’a faite plus brillante que les astres, le soleil et la lune...

Dieu y construit un temple magnifique et une tour immense,

qui atteint les nuées, visible de tous.

 

(Paix ; puis autres catastrophes ; conversion de l’Égypte ; ensuite la guerre des astres entre eux...)

 

 

 

 

 

 

 

LA LETTRE D’ARISTÉE

 

 

C’est encore un écrit de propagande juive. Aristée, haut fonctionnaire de Ptolémée II Philadelphe (285-247), écrit à son frère Philocrate pour lui rapporter dans quelles conditions fut composée la version grecque de la Bible hébraïque. Le roi l’a chargé d’aller trouver le grand prêtre des juifs, Éléazar, afin de lui demander une copie de leurs écritures sacrées. L’ambassadeur décrit, avec complaisance, la Palestine, Jérusalem et le Temple ; il transcrit les entretiens qu’il eut avec le grand prêtre sur la loi juive. Le roi égyptien reçoit avec de grands honneurs l’exemplaire de la loi et les soixante-douze hommes chargés de la traduire. Avant de les mettre à l’ouvrage, il engage avec eux, au cours d’un banquet, un entretien qui met en relief la supériorité de la sagesse juive. Puis c’est l’histoire miraculeuse de la traduction, accomplie en soixante-douze jours.

Mais voici les conclusions auxquelles conduit la critique interne de cet écrit. Son auteur n’est pas un païen, nonobstant quelques-uns de ses propos, mais un juif alexandrin. Il n’a pas été composé au troisième siècle, mais, plus probablement, au commencement du premier siècle avant Jésus-Christ.

Cet ouvrage est pour nous du plus haut intérêt, non pas seulement parce qu’il nous fait connaître la légende qui a valu à la version grecque de la Bible son titre de Septante, mais surtout parce qu’il exprime certaines conceptions répandues dans le Judaïsme alexandrin : son attachement passionné pour la Palestine et le temple de Jérusalem ; ses essais de justifier aux yeux des gentils la législation mosaïque ; sa foi dans la supériorité d’Israël.

Nous suivons le texte critique établi par R. TRAMONTANO, La Lettera di Aristea a Filocrate, Napoli, 1931.

 

(Dans le prologue l’auteur explique à son frère qu’il est heureux de répondre à son désir de savoir, ce qui est la disposition la plus grande par laquelle se constitue la disposition de pureté de l’âme... Il veut aussi lui communiquer tout ce qu’il a appris d’un grand prêtre juif, très instruit en ce qui touche leur race.)

(Il raconte comment le roi l’a envoyé comme ambassadeur à Jérusalem pour obtenir un exemplaire de la loi des juifs, qui manque dans son immense bibliothèque. L’ambassadeur représente au roi qu’il conviendrait d’abord de rendre la liberté aux esclaves juifs emmenés sous son père.)

 

Libère-les... puisque le Dieu qui fait prospérer ton royaume est celui qui leur a donné cette loi. Car ils adorent le Dieu qui voit tout et qui est le créateur de tout, celui que nous appelons de différents noms. C’est ce qu’heureusement signifièrent les anciens : ce Dieu, par qui tout reçoit la vie et l’être, gouverne toutes choses et les dirige.

 

(Après de longues hésitations et délibérations, et nous tous priant Dieu de bien disposer l’esprit du roi, celui-ci rend un décret d’affranchissement, où il déclare :)

 

« Il est exorbitant de réduire des hommes en esclavage... Nous recherchons en tout le bien, le juste et la piété envers tous. »

 

(Le bibliothécaire Démétrios insiste pour avoir cette loi),

 

qui est plus philosophe et pure, en tant que divine... et, comme dit Hécatée d’Abdère, elle contient une theoria pure et sainte.

 

(Le roi fait écrire au grand prêtre Éléazar, lui annonce la libération des juifs, présentée comme un présent fait « au Dieu souverain qui nous a conservé le royaume en grande paix et gloire ». Dans sa réponse le grand prêtre assure qu’on a offert des sacrifices pour lui et les siens et que le peuple entier a prié pour lui...)

 

(Aristée, chargé de présents très précieux, part pour la Palestine. Il décrit le temple majestueux, les eaux abondantes dont il est pourvu ; il mentionne la quantité énorme de bêtes immolées.

Il dit son admiration pour l’ordre des sacrifices.)

 

Le service des prêtres est insurpassable par l’ardeur et la disposition d’élégance et de silence. Chacun accomplit spontanément la tâche imposée, bien que laborieuse. Et ils servent sans cesse, les uns apportant le bois, les autres l’huile, les autres la farine, les autres les aromates, d’autres consumant les chairs, montrant beaucoup de force. Ils lancent de gros quartiers de veau très haut et sans manquer leur but. De même pour les brebis et chèvres ; car on choisit des bêtes sans taches et lourdes. Puis ils vont se reposer ; alors les autres se lèvent rapidement, personne ne commandant le service. Un silence absolu régnait, au point qu’on pouvait supposer qu’il n’y avait personne, alors qu’il y avait plus de sept cents officiants, et une foule nombreuse offrant les sacrifices ; mais tout s’accomplit en crainte et comme il est digne de la haute divinité.

 

(Il confesse aussi sa stupeur au spectacle d’Eléazar, officiant :)

 

son vêtement et la majesté que lui confère la tunique dont il est revêtu et les pierreries qui la recouvrent. À son bord inférieur sont des clochettes d’or qui produisent une mélodie singulière ; entre elles sont des grenades, ornées de fleurs, au coloris merveilleux. Il était ceint d’une ceinture extraordinairement splendide, tissue des plus belles couleurs. Sur la poitrine, il porte ce qu’on appelle le rational, sur lequel sont fixées, enchâssées dans une monture d’or, douze pierreries, correspondant aux noms des tribus, mises par ordre de naissance : chacune émet un éclat indescriptible, celui de leur couleur propre. Sur la tête, il porte ce qu’on appelle un turban, surmonté de la mitre inimitable et du diadème consacré, qui porte, gravé sur une lame d’or en lettres saintes, le nom de Dieu, signe majestueux qui descend entre les sourcils : voilà ce que porte celui qui est jugé digne d’accomplir ces liturgies.

Ce spectacle doit frapper d’effroi et de tremblement, au point qu’on peut se croire parvenu en un autre monde, hors de celui-ci. Je suis convaincu que tout homme, s’approchant pour contempler tout cela, en viendrait à une stupeur et à un étonnement ineffable, l’esprit tout transformé par chacun de ces appareils sacrés.

 

(Il décrit la ville.)

 

On nous admit à peine à prendre connaissance des sacrifices. Ils assuraient qu’ils s’y étaient engagés par serment... Quand (les juifs) circulent en ville, ils se tiennent à distance les uns des autres, afin que ceux qui sont en état de pureté ne touchent rien d’interdit.

 

(Il vante la culture du pays, bien arrosé. On choisit les hommes, sachant l’hébreu et le grec et connaissant la loi, pour travailler à la traduction... Le grand prêtre les envoyait seulement dans un intérêt supérieur :)

 

car le bien vivre consiste à garder les prescriptions de la loi, ce qui se réalise plus en l’entendant qu’en la lisant.

Il convient de rapporter en bref ce qu’il répondit à mes questions. Car je pense que la plupart gardent une certaine curiosité relativement aux prescriptions légales touchant les aliments, les boissons et les animaux estimés impurs. Nous avons demandé pourquoi ces différences.

Il dit : Combien il importe de faire sa société avec des sages et prudents. Notre législateur a d’abord ordonné ce qui concerne la piété et la justice, enseignant chaque chose en détail, non dans l’abstrait mais par des exemples, et indiquant les fautes et les punitions que Dieu inflige aux coupables. Il a d’abord inculqué qu’il n’y a qu’un seul Dieu, et qu’en toutes choses apparaît sa puissance, chaque lieu étant rempli de majesté, et rien ne lui échappe des choses faites par les hommes en secret sur la terre, mais pour lui tout est visible, et ce que chacun fait et ce qui doit arriver ; ayant clairement expliqué tout cela, il montra que celui qui médite le mal n’échappe pas à Dieu, ni celui qui le fait ; montrant ainsi dans toute la loi la puissance de Dieu.

 

(Doctrine ordinaire sur l’idolâtrie, déraisonnable ; idoles sans raison et impuissantes...)

 

Le législateur ayant donc vu tout cela, étant sage et instruit par Dieu pour connaître tout, nous a entourés de remparts impénétrables et de murs de fer, afin qu’en rien nous ne nous mélangions à aucune des autres nations, nous gardant purs de corps et d’âme, et débarrassés d’opinions vaines, adorant le Dieu unique et puissant, à l’exclusion de toute créature. D’où les chefs des prêtres égyptiens, qui observent beaucoup de choses, nous appellent hommes de Dieu : ce qui ne convient pas aux autres hommes, mais seulement à celui qui adore le vrai Dieu ; mais les autres sont les hommes des aliments, des boissons et du vêtement ; car toute leur application se porte sur ces choses. Chez nous on ne trouve pas de telles pensées, mais toute la considération, pendant toute la vie, se dirige vers la puissance de Dieu. Afin donc de ne pas nous souiller par le commerce et l’entretien avec des mauvais, il nous a entièrement entourés de puretés légales, dans le manger, le boire, le toucher, l’ouïe et la vue. Bien que toutes choses, administrées par une seule puissance, soient semblables dans leur nature, chacune a son caractère particulier, et des unes nous nous abstenons et des autres nous nous servons.

 

(Exemples.)

 

Ce n’est pas par curiosité des rats ou des belettes que Moïse a porté cette législation, mais dans une intention de pureté et de bonne tenue, en vue de la justice. Les animaux dont nous mangeons se distinguent par leur douceur et leur pureté dans leur nourriture. Les autres, sauvages, rapaces, mangent les chairs... Il signifia par là, en les appelant impurs, qu’il s’impose à ceux qui ont reçu la loi de pratiquer la justice de toute leur âme et de ne faire de tort à personne, et de ne rien enlever, comme ces oiseaux purs ; mais de diriger leur vie suivant la justice. Par de telles prescriptions le législateur a donné à comprendre aux hommes intelligents qu’ils doivent être justes et ne rien faire par la violence ni, confiants en leur force, ne pas tyranniser les autres. Là où il ne convient pas de toucher les susdits à cause de leurs dispositions, combien plus doit-on se garder de laisser ses manières s’infléchir dans ce sens ? Voilà donc toutes nos lois relatives aux animaux ; car la division des ongles et le pied fourchu symbolisent que nous devons ordonner chacune de nos actions vers le bien. Car toute la force des corps dépend des épaules et des jambes : cette distinction nous force donc à symboliser la justice ; c’est pourquoi encore nous sommes séparés de tous les hommes. Car la plupart des autres hommes se souillent par leurs rapports sexuels, commettant une grande impiété, en quoi se signalent campagnes et villes entières : car non seulement ils s’unissent entre hommes, mais ils souillent les femmes enceintes et les vierges ; mais nous nous abstenons de cela. Cette séparation est encore rappelée par le pied fourchu et la rumination (qui signifie : se rappeler) ; il est ordonné de se souvenir (Deut. VII, 18, X, 21), se rappeler que Dieu conserve nos membres et nos facultés. Il a déterminé chaque temps et chaque place pour se souvenir en tout du Dieu qui gouverne et qui conserve. Car après les aliments et les boissons, il a mis des signes, pour nous rappeler Dieu, dans les vêtements et sur les portes ; et sur les mains il ordonne expressément d’attacher un mémorial, montrant qu’il faut accomplir avec justice toute activité, nous rappelant sa disposition, et surtout la crainte de Dieu. Il ordonne aussi, au lever et au coucher, de méditer les préparations divines, non seulement en parole mais en observant exactement le mouvement et l’impression produits quand on va dormir et quand on s’éveille, en tant que cette modification est quelque chose de divin et d’incompréhensible. Donc l’ongle fendu et la rumination ne sont pas vains, mais visent l’âme, pour engager à la vérité et à la droiture. Par les prescriptions sur les aliments, les boissons et les contacts, il ordonne de ne rien faire ni entendre en vain, ni d’abuser du pouvoir de la raison pour l’injustice.

 

(Symbolisme de l’interdiction des rats et belettes, qui dévastent tout ; et la belette qui conçoit par les oreilles et met bas par la bouche !)...

 

Et c’est pourquoi un pareil genre d’hommes est impur : en effet, tout ce qu’ils reçoivent par l’ouïe, ils lui donnent corps par leur parole, et par là enveloppent les autres dans les maux, accomplissant une impureté pas ordinaire, corrompus qu’ils sont absolument par la souillure de l’impiété. Votre roi a bien fait en supprimant de pareilles gens, comme nous l’apprenons. – Alors je dis : je pense que tu parles des dénonciateurs, et en effet il les livre régulièrement aux tortures et à la mort. – C’est aussi de ceux-là que je parle, répondit-il : car se mettre à l’affût pour perdre des hommes est abominable. D’ailleurs notre loi ordonne de ne faire de mal à personne ni en paroles ni en action. À cet égard, tout ce que j’ai exposé en bref montre que tout est réglé en vue de la justice et que rien n’est établi par l’écriture, ni sans intention, ni dans le genre des fables, mais afin qu’en toute la vie et qu’en notre activité nous nous exercions à la justice envers tous les hommes, nous rappelant la domination divine. Quant aux aliments et aux reptiles et animaux impurs, toute prescription tend à la justice et à des relations justes entre hommes.

Il explique de même qu’on doit choisir pour les sacrifices des bêtes douces et non sauvages, afin que ceux qui offrent les sacrifices ne se permettent en eux-mêmes aucun orgueil, suivant le symbole dont se sert le législateur. Car celui qui présente un sacrifice fait aussi l’offrande de son âme en toute manière. Sur ces questions je crois que notre conversation méritait d’être rapportée : c’est pourquoi j’ai jugé bon de t’exposer, sur des sujets dont tu aimes être informé, la sainteté et le caractère de la loi.

 

(Retour à Alexandrie, après qu’Éléazar a offert des sacrifices et envoyé beaucoup de présents au roi...

Exemplaire de la loi écrite en or sur parchemin.

Le roi s’incline sept fois devant...)

 

Je vous remercie, mais encore plus celui qui vous envoie, et souverainement le Dieu dont sont ces oracles... Il convenait que je rende d’abord hommage aux livres, puis que je vous tende la main... Avant le repas offert par Dorothée, Élissaios, le plus ancien des juifs, sur son invitation, fait une prière : Que le Dieu tout-puissant, ô roi, te remplisse de tous les biens qu’il a créés, et qu’à toi, à ta femme, à tes enfants et à leurs compagnons il accorde de posséder ces choses, sans interruption, tout le temps de leur vie.

 

(Suit un long entretien, qui rappelle les discussions des deipnosophistes : le roi pose des questions à chacun des convives juifs, qui répond en s’inspirant de la sagesse biblique et de la sagesse grecque.)

 

Comment jusqu’à la fin garder le royaume sans faux pas ? – Tu feras très bien d’imiter la douceur de Dieu en tout : car, usant de clémence et punissant légèrement ceux qui le méritent, tu les détourneras du mal et les conduiras à la conversion. – Le roi le loue, mais comment faire ? – Si tu te montres juste envers tous, on agira bien à ton égard ; retenant que toute pensée est vue de Dieu et te tenant par-dessus tout à la crainte de Dieu, tu ne tromperas en rien.

Comment avoir des amis pareils à soi-même ? – S’ils te voient prendre grand soin des peuples que tu gouvernes, et si tu fais cela en considérant que Dieu se montre bienfaisant pour la race des hommes, leur accordant la santé, la nourriture et tout le reste en temps opportun.

Comment dans les déclarations et les réponses obtenir l’approbation même de qui se refuse ? – Si tu te montres dans tes paroles égal pour tous et ne fais rien avec orgueil ni avec le sentiment de ta force contre ceux qui sont en faute. Tu feras ainsi si tu observes les démarches divines : les justes obtiennent ce qu’ils demandent, ceux qui sont éloignés reçoivent, dans des songes ou des actions, l’indication de leurs vices ; ainsi Dieu ne les frappe pas suivant leurs péchés ou suivant la grandeur de sa force, mais il use de douceur à leur égard...

Comment le roi sera invincible à la guerre ? – S’il n’a confiance ni dans les foules ni dans les armées, mais s’il invoque en tout Dieu pour qu’il dirige bien ses entreprises, lui-même se conduisant en tout suivant la justice.

Comment serait-il terrible aux ennemis ? – Avoir une grande force armée et se rappeler que tout cela est inutile... : et en effet Dieu inspire des armistices et, manifestant une puissance terrible, il dispose tout en toute sagesse.

Qu’y a-t-il de plus beau dans la vie ? – Savoir que Dieu gouverne toutes choses ; et dans les actions les plus belles, ce n’est pas nous qui dirigeons nos volontés, mais c’est Dieu qui accomplit tout et qui dirige par sa puissance.

Comment conserver tous ses biens sans perte et les livrer à ses descendants dans le même état ? – En priant toujours Dieu, on reçoit de bonnes inspirations pour faire le nécessaire, et en recommandant aux descendants de ne pas s’extasier sur la gloire ou la richesse ; car c’est Dieu qui les accorde et ce n’est pas par eux-mêmes qu’ils ont tous les biens excellents.

Comment supporter avec mesure ce qui arrive ? – Si tu reçois le principe que tous les hommes ont été établis par Dieu pour recevoir de très grands maux et pareillement des biens ; et il n’y a pas d’homme en qui les deux ne soient mêlés : mais Dieu donne la force d’âme, il faut donc le prier...

Le roi déclare que ces hommes l’emportent sur les philosophes, parce qu’ils mettent tous Dieu au principe de leur discours...

Comment conserver la vérité ? – En reconnaissant que mentir est très honteux pour tout homme et d’autant plus pour les rois : ceux qui ont le pouvoir de tout faire, pourquoi mentiraient-ils ? Et tu dois ajouter, ô roi, que Dieu aime la vérité.

Comment être philanthrope ? – En voyant combien de temps et quelles difficultés rencontre la race humaine pour croître et engendrer : par suite il ne faut pas mettre de facilité à punir et à jeter à la torture : sachant que la vie des hommes est faite de douleurs et de peines, réfléchissant à tout, tu seras incliné vers la miséricorde : et Dieu aussi est miséricordieux.

Qu’est-ce qui est le plus nécessaire pour régner ? – Ne pas recevoir de présents et jeûner la plus grande partie de la vie ; et honorer la justice et se faire des amis parmi des hommes de cette espèce : car Dieu aussi est ami des justes.

Quelle est la marque de la piété ? – Reconnaître qu’en tout Dieu agit et connaît, et qu’aucun homme ne lui échappe, qu’il fasse le mal ou l’injustice. De même que Dieu est bienfaisant pour le monde entier, de même, en l’imitant, sois sans reproche.

Quelle est la règle pour régner ? – Se bien dominer soi-même et ne se laisser entraîner ni par la richesse ni par la gloire à des desseins d’orgueil ou d’inconvenance, car tout est à ta disposition. Mais Dieu est sans besoin et plein de douceur. Et toi, aies les pensées qui conviennent à un homme, ne désire pas trop de choses, mais seulement ce qui est nécessaire pour régner.

Comment arriverions-nous à ne rien faire d’indigne de nous-mêmes ? – Tenir compte de ta dignité... Car tu ne dois pas paraître le dernier des acteurs... tu ne joues pas un rôle, mais tu règnes vraiment, puisque Dieu te donne une autorité égale à tes qualités.

Quelle est la plus haute forme de gouvernement ? – Se dominer soi-même et ne pas se laisser emporter par ses passions... qu’en tout la mesure soit bonne : tout ce que Dieu donne, prends-le et retiens-le ; ne désire pas ce qui est inaccessible.

Comment être exempt de convoitise ? – D’abord si tu saisis que Dieu mesure à tous les rois la gloire et la richesse et que personne n’est roi par lui-même : car tous veulent obtenir cette gloire et ils ne peuvent pas, car elle est un don de Dieu.

Comment mépriser les ennemis ? – En montrant à tous de la bienveillance et de l’amitié, on n’a à tenir compte de personne ; mais être en faveur à tous est le plus grand don qu’on puisse recevoir de Dieu.

Qui honorer ? – Non pas seulement les amis, mais les adversaires, qu’on gagne ainsi : et il faut supplier Dieu pour qu’il en advienne ainsi ; car c’est lui qui gouverne les esprits de tous.

À qui faire du bien ? – En tout aux parents : car Dieu a fait un très grand commandement sur l’honneur dû aux parents ; ensuite il place les dispositions envers les amis, en disant l’ami égal à soi (Deut. XIII, 6) ; mais toi, tu feras bien en te faisant des amis de tous les hommes.

Quelle est la vraie beauté ? – La piété : car elle est la plus haute beauté ; et elle agit par l’amour, car celui-ci est un don de Dieu : si tu l’acquiers, tu obtiendras en lui tous les biens.

Comment être sans chagrin ? – Si tu ne fais de tort à personne, mais te rends utile à tous, en suivant la justice : car ses fruits produisent l’exemption du chagrin. Et il faut prier Dieu afin de n’être pas frappé par ce qui ne dépend pas de notre volonté (maladies...) ; mais, si tu te maintiens dans la piété, rien de tout cela ne te surviendra.

Qu’est-ce qui est le comble de la gloire ? – Honorer Dieu ; c’est-à-dire non par des dons ou des sacrifices, mais par la pureté de l’âme et d’une pensée sainte, puisque tout est disposé par Dieu et gouverné selon sa volonté : ce que tu fais...

Qu’est-ce qui produit le plus la santé ? – La tempérance ; mais on ne peut l’atteindre si Dieu n’y dispose l’esprit.

Comment devenir un écouteur attentif ? – En saisissant qu’il importe de tout connaître, afin de pouvoir répondre à tout sous la direction de Dieu : en sorte que les actions soient accomplies par lui...

Comment être sans peur ? – Si l’esprit a conscience de n’avoir rien fait de mal, avec l’aide de Dieu qui a dirigé la volonté vers le bien.

Comment avoir toujours à sa disposition des paroles droites ? – Si on considère toujours les infortunes des hommes ; sachant que Dieu enlève aux uns le bonheur, et élève les autres vers la gloire...

Quelle est la plus grande des négligences ? – Ne pas s’occuper de ses enfants et ne pas s’appliquer à les éduquer. Car toujours nous prions Dieu, non tant pour nous que pour nos enfants, afin qu’il leur arrive toute sorte de biens : mais procurer aux enfants de posséder la tempérance, cela arrive par la puissance de Dieu...

Comment être sans colère ? En sachant que tu as pouvoir sur tout, et que, si tu te mets en colère, tu amènes la mort ; ...et quand tous obéissent, pourquoi se mettre en colère ? Mais il faut savoir que Dieu gouverne le monde entier avec bonté et sans colère aucune : il faut le suivre...

Qu’est-ce que la philosophie ? – Réfléchir et ne pas se laisser emporter par les passions, et agir comme il convient : mais pour que nous ayons cette possession de nous-mêmes, il faut que Dieu en prenne soin...

Comment faire des œuvres durables ? – Faire des choses grandes et nobles, dont la beauté concilie, payer les ouvriers et ne forcer personne à travailler pour soi : car Dieu prend grand-soin de la race humaine, leur accordant la santé et le bon équilibre des facultés et le reste, et il rétribue les actions pénibles : car ce sont les choses faites d’après la justice qui restent...

Comment ne pas tomber dans l’orgueil ? – Si on garde l’égalité et se souvient de se comporter comme un homme à l’égard d’autres hommes : car Dieu supprime les orgueilleux, mais il élève les doux et humbles...

Quelle est l’acquisition la plus nécessaire à un roi ? – La philanthropie et l’amour de ses sujets, lien infrangible : mais Dieu produit qu’il en arrive ainsi suivant le désir...

Pourquoi la plupart des hommes ne pratiquent-ils pas la vertu ? – Parce qu’ils sont intempérants et cherchent le plaisir : d’où injustices. La vertu exige tempérance et justice : mais Dieu dirige tout cela...

Comment passer le temps des banquets ? – Il faut inviter ceux qui peuvent donner de bons conseils pour le gouvernement : ce sont des théophiles parce qu’ils ont éduqué leurs sentiments à la recherche du meilleur : ce que tu fais, Dieu dirigeant pour toi toutes choses. – Quel roi choisir, un homme du peuple ou un descendant de rois ? – Le meilleur ; ceux qui descendent des rois sont parfois durs ; mais aussi encore plus ceux qui viennent du peuple. Mais, comme je disais, un homme de bonnes mœurs et cultivé peut gouverner. C’est ainsi que tu es, ô roi, toi qui l’emportes, moins par la gloire de ton gouvernement et la richesse que par la philanthropie et la douceur, en quoi tu dépasses tout le monde, par le don de Dieu.

Qu’est-ce qui est le plus important dans la royauté ? – Faire que les sujets soient toujours en paix, dispenser rapidement la justice : ce qui arrive quand le chef déteste le mal, aime le bien et se préoccupe beaucoup de sauver la vie des hommes. C’est ainsi que toi, tu estimes que l’injustice est le plus grand des maux et que, gouvernant suivant la justice, tu te prépares une gloire éternelle, Dieu te donnant de posséder un esprit, et étant exempt de tout mal.

 

(Le roi remercie d’avoir été instruit sur ses devoirs royaux.)

 

Pardonne-moi d’avoir rapporté ces réponses si rapidement improvisées, qui ont étonné les philosophes.

 

(Composition de la version grecque.)

 

Tous les matins, suivant leur usage, les juifs, après avoir prié Dieu et s’être lavé les mains dans la mer, se mettaient à l’ouvrage. Comme Aristée s’en étonne, on lui répond : ce lavage des mains est un témoignage rappelant qu’il ne faut rien faire de mal : car, toute activité venant des mains, elles portent saintement et bonnement à toute justice et vérité.

La traduction, terminée en soixante-douze jours, fut trouvée parfaite. On la lit au roi, qui admire l’esprit du législateur. Il demande à Démétrios, le bibliothécaire, pourquoi une œuvre aussi parfaite n’est mentionnée par aucun écrivain ou poète. Démétrios répond : « Comme cette législation est sainte et œuvre de Dieu, ceux qui ont entrepris de la connaître et faire connaître furent frappés par Dieu et renoncèrent à leur entreprise. Ainsi, Théopompe, frappé en son intelligence pour avoir voulu transcrire des parties de cette loi. Il lui fut révélé en songe que c’était pour avoir voulu livrer des choses divines à des profanes ; Dieu le guérit quand il y renonça. »

 

(Le roi adore, recommande de prendre soin de cet ouvrage, comble de présents les traducteurs et le grand prêtre.)

 

 

 

 

 

 

 

LA VIE D’ADAM ET ÈVE

 

 

De cet ouvrage, composé primitivement en hébreu, nous avons une version latine (publiée par W. Meyer, Munich, 1879), dérivée d’une traduction grecque, et aussi un texte grec, malencontreusement intitulé par Tischendorf, dans son édition (Apocalypses apocryphae, Leipzig, 1866), Apocalypse de Moïse ; parfois ces deux textes divergent, au point de constituer deux recensions assez différentes de la même histoire. Une version slave se rapproche beaucoup plus de la vie latine. On pourrait dater l’ouvrage de la fin du Ier siècle avant J.-C.

Il montre quel intérêt croissant Israël portait à ses origines ; nous y voyons également avec quelle liberté la Haggada juive traitait le récit sacré ; nous y retrouvons enfin la curiosité habituelle sur le ciel et sur l’avenir messianique et eschatologique.

Nous analysons le plus souvent cette histoire, parfois nous la transcrivons, sans nous astreindre à indiquer toujours si nous suivons la Vita Adaeou l’Apocalypse de Moïse.

 

Expulsés du Paradis, Adam et Ève, ne trouvant rien à manger, eurent faim ; alors la femme dit : « Tue-moi et Dieu te reprendra au paradis. » Adam lui répondit : « Faisons pénitence ; peut-être Dieu aura-t-il pitié de nous et nous donnera-t-il de quoi vivre. » Il est entendu qu’Ève restera trente-six jours dans l’eau du Tigre en silence et qu’Adam passera quarante jours immergé dans le Jourdain et jeûnant. Adam invite toutes les créatures à venir se lamenter avec lui et elles viennent.

Satan, prenant la forme d’un ange brillant, vient pleurer avec Ève ; il lui dit que Dieu a entendu sa plainte et accepté sa pénitence : car tous les anges ont intercédé pour eux « et Dieu m’a envoyé pour te faire sortir de l’eau et te donner la nourriture que tu avais au paradis ». Il la conduit à Adam, qui devine la tromperie : « Pourquoi t’es-tu de nouveau laissé prendre par notre adversaire ? » Ève pleure, maudit le démon : « Pourquoi nous as-tu attaqués ? T’avons-nous pris ta gloire ou causé ton déshonneur ? » – Le diable répond à Adam : « Je suis rempli contre toi d’inimitié, d’envie et d’amertume, parce que c’est à cause de toi que j’ai été chassé de ma gloire, que je possédais dans le ciel, au milieu des anges. – Je ne t’ai jamais fait tort. – Quand tu fus créé à l’image de Dieu, Michel te porta et nous ordonna de t’honorer en la présence de Dieu. Et Dieu, le Seigneur dit : Voici Adam : Je t’ai fait à notre image et ressemblance. Michel appela tous les anges : Honorez l’image de Dieu, comme le Seigneur Dieu l’a ordonné. Et le premier, il rendit hommage ; puis il m’appela : Honore l’image de Dieu. Je répondis : Je n’honorerai pas un inférieur et plus jeune que moi. Je suis le plus ancien dans la Création : avant qu’il fût fait j’étais fait. C’est à lui de m’honorer. Pareillement les anges, dépendant de moi, se refusèrent. Michel nous menaçant de la colère divine, je lui répondis : S’il se met en colère contre moi, je placerai mon siège au-dessus des étoiles du ciel et je serai semblable au Très-Haut. Dieu, en colère, nous dépouilla de notre gloire et nous bannit sur la terre. De là ma tristesse et la tentation où je séduisis ta femme. »

Adam alors, tout pleurant, cria : « Ô Seigneur, mon Dieu, ma vie est entre tes mains. Bannis loin de moi l’adversaire qui a cherché à perdre mon âme et donne-moi la gloire qu’il a perdue. »

Ève, remplie du sentiment de sa faute, s’éloigna d’Adam. Celui-ci, entendant sa plainte au cours de l’enfantement, vint la retrouver, et il pria Dieu pour elle. Et voici que vinrent l’assister douze anges et deux vertus.

Dieu, par Michel, envoie des semences à Adam et lui montre comment cultiver la terre ; mais il lui interdit de révéler ces secrets à Caïn, parce qu’il est fils de colère.

Ève enfante Seth : c’est à lui qu’Adam révèle les secrets divins. Il lui raconte qu’après son expulsion du paradis, Michel, sur l’ordre de Dieu, l’emporta sur un char de feu au paradis de justice. « Je vis le Seigneur assis : sa face était une flamme de feu qu’on ne peut supporter. » Dieu lui déclare qu’il mourra pour avoir transgressé son ordre, en écoutant sa femme... Adam implore pitié et Michel le rapporte sur terre. « Écoute, Seth, les secrets qui me furent révélés quand je mangeai de l’arbre de la science et j’appris ce qui arrivera dans ce siècle » (ici lacune).

Adam, âgé de neuf cent trente ans, rassemble ses enfants. Il leur raconte sa faute : Dieu le frappa de soixante-dix plaies dans son corps. Il demande à Ève et à Seth de se rendre aux portes du paradis et de supplier qu’on leur remette de l’huile qui découle de l’arbre du paradis afin de guérir sa douleur. Ils arrivent et supplient Dieu. Celui-ci envoie Michel dire à Seth que cette huile ne lui sera donnée qu’à la fin des temps. Alors toute chair ressuscitera, tous les hommes depuis Adam, tous ceux qui sont un peuple saint. Alors toutes les délices du paradis leur seront données et Dieu sera au milieu d’eux. Et ils ne pécheront plus devant lui, car le cœur mauvais leur sera enlevé et il leur sera donné un cœur intelligent pour faire le bien et adorer le seul Dieu... Ils retournent auprès d’Adam, sur le point de mourir : il reproche à Ève sa faute et ses conséquences ; il l’invite à convoquer ses enfants afin de leur raconter quelle fut la nature de sa transgression.

Ève raconte comment l’ennemi les a trompés. Le diable malin engagea le serpent à faire chasser Adam du paradis. Et aussitôt il se suspendit aux murs du paradis à l’heure où les anges montaient adorer Dieu ; alors Satan prit la forme d’un ange et il chanta un hymne à Dieu comme les anges. « Et, me penchant sur le mur, je le vis pareil à un ange. »

 

(Dialogue avec le diable par la bouche du serpent. Elle le fait entrer pour qu’il lui donne le fruit. Elle jure d’en donner à son mari, par le trône du Seigneur, et par les chérubins et par l’arbre de vie. Il lui présente le fruit et y met dessus le venin de sa malice, à savoir de son envie, car l’envie est la tête de tous les péchés.)

 

Je connus que j’étais nue de la justice qui était mon vêtement ; et je me couvris des feuilles du figuier. Je dis à Adam les paroles d’impiété qui nous ont éloignés de la grande gloire. J’ouvris la bouche et le diable parlait... Adam, ayant péché, lui dit : « Méchante femme, tu nous as privés de la gloire de Dieu. » Alors nous entendîmes Michel sonner de sa trompette et appelant ses anges : « Voici ce que dit le Seigneur : venez avec moi dans le paradis et entendez la parole dont je jugerai Adam. » Lui et Eve, par peur, se cachent. Dieu descend, sur le char des Chérubins, et les anges lui chantent des hymnes... « Adam, où te caches-tu, pensant que je ne te trouverai pas ? La maison se cache-t-elle de celui qui l’a construite ? Puisque tu as méprisé mon commandement et écouté ta femme, maudite soit la terre...

 

(Il développe le thème de leur misère... désobéissance des animaux.)

 

Puis au serpent : « Parce que tu t’es fait un instrument détestable, tu seras mutilé de tes membres ; la race de l’homme observera (meurtrira) ta tête et tu observeras son talon jusqu’au jour du jugement. » Et il ordonna à ses anges de nous jeter hors du paradis. Adam supplie les anges, qui se laissent toucher, et il demande pardon à Dieu. Dieu reproche aux anges de ne pas respecter son jugement. Les anges adorent : « Tu es juste, Seigneur, et tu juges suivant le droit. » Dieu refuse à Adam l’arbre de vie pour qu’il ne soit pas immortel... « Tu auras la guerre que ton ennemi a mise en toi. Si tu te gardes de tout mal, comme devant un jour mourir, à la résurrection je te ressusciterai, et alors il te sera donné de l’arbre de vie, et tu seras immortel pour le siècle. » Adam pleure, les anges lui demandent ce qu’il désire d’eux ; il demande des parfums du paradis pour pouvoir offrir à Dieu des sacrifices. Prière des anges : « Jael, roi éternel, ordonne qu’il soit donné à Adam des encens d’agréable odeur du paradis. » Dieu accorde des aromates et des semences pour sa nourriture. Adam annonce sa mort : « Vous m’oindrez et vous ne me toucherez pas jusqu’à ce que l’ange du Seigneur dise quelque chose à mon sujet. Car Dieu ne m’oubliera pas, mais il cherchera son vase qu’il a formé. Et plutôt lève-toi et prie Dieu jusqu’à ce que je rende mon esprit dans les mains de celui qui l’a donné. Car nous ne savons pas comment nous aborderons celui qui nous a faits, s’il sera en colère contre nous ou si de nouveau il aura pitié de nous. » Prière d’Ève : « J’ai péché, ô Dieu, j’ai péché, ô père de tout, j’ai péché contre toi, j’ai péché contre tes élus les anges, j’ai péché contre les chérubins, j’ai péché contre ton trône inébranlable, j’ai péché, Seigneur, j’ai péché beaucoup, j’ai péché devant toi, et par moi tout péché est venu dans la création. » L’ange de l’humanité vient à elle : « Lève-toi de ta pénitence : car voici qu’Adam, ton mari, est sorti de son corps, et vois son âme monter vers celui qui l’a fait pour aller au-devant de lui. »

L’ange engage Ève à se séparer du terrestre. Elle regarde vers le ciel et voici un char de lumière venant sur quatre aigles brillants, dont un homme ne peut supporter la gloire ni le visage, et des anges précédant le char. Le char s’arrête là où était couché Adam, et les séraphins étaient entre le père et le char. Et voici que je vis des encensoirs d’or et trois coupes, et les anges encensent l’autel et la fumée voile le firmament ; et les anges adorèrent disant : « Jael saint, pardonne, car il est ton image et l’œuvre de tes mains saintes. » Je vis deux mystères auprès de Dieu et j’appelai Seth pour les voir : « Vois les sept cieux ouverts et vois comment le corps (autre version : âme) de ton père est prosterné et tous les saints anges avec lui prient pour lui et disent : Pardonne-lui, ô Père de tout, car il est ton image. Mon fils Seth, que sera-ce cela, sera-t-il un jour livré aux mains du père invisible, notre Dieu ? Quels sont ces deux Éthiopiens qui assistent à la prière de ton père ? Seth : ce sont le soleil et la lune et ils prient pour mon père Adam. Ils ont perdu leur lumière parce qu’ils ne peuvent pas briller devant la lumière de l’univers. »

Les anges prosternés sonnent de la trompette : « Bénie la gloire du Seigneur sur ses œuvres. Il a eu pitié de la formation de ses mains, Adam... » Un séraphin aux six ailes emporte Adam dans le lac Achéron et le lave devant Dieu.

Dieu reproche à Adam sa faute. « Mais je changerai ta tristesse en joie. Je te remettrai en ta puissance et te ferai asseoir sur le trône de celui qui t’a trompé. Et celui-là sera jeté en ce lieu, afin que tu sois assis au-dessus de lui ; alors il sera jugé, lui et ceux qui l’ont écouté, et ils s’affligeront beaucoup et ils pleureront, te voyant assis sur son trône. »

Après trois heures, le maître de tout étend ses mains et livre Adam à l’archange Michel : « Enlève-le au ciel jusqu’au troisième ciel et laisse-le jusqu’à ce jour, grand et terrible, où j’administrerai le monde. » Et Michel, le prenant, le conduisit et le laissa suivant ce qu’avait dit Dieu pour le pardon d’Adam.

Après cela l’archange demande comment il doit prendre soin de ses restes. Dieu descend sur terre, escorté des anges ; ils emportent le corps d’Adam au paradis. Dieu ordonne à Michel, Gabriel, Uriel et Raphael de couvrir le corps d’Adam de suaires de lin et de l’oindre d’huiles de bonne odeur. Ils prennent également soin du corps d’Abel, enterré au paradis, dans l’endroit où Dieu trouva la poussière.

Dieu appelle Adam, et le corps répond de la terre : « Me voici, Seigneur. – Je t’ai dit que tu es terre et que tu retourneras en terre, et de nouveau je t’annonce la résurrection : je te ressusciterai au dernier jour à la résurrection avec tout homme qui est de ta race. »

Ève, avant de mourir, dit ce que leur annonça l’archange au moment de l’expulsion : « En raison de votre transgression, Dieu fera peser sur votre race la colère de son jugement, la première fois par l’eau, la seconde par le feu ; par ces deux jugements le Seigneur jugera toute la race humaine. » Puis elle rend l’esprit.

Michel et les anges président à sa sépulture, et à celle d’Abel.

 

 

 

 

 

 

 

L’ASSOMPTION DE MOÏSE