L’âme immortelle

 

 

Par les soirs de printemps, quand je vois sur ma tête

Un par un s’allumer tous les astres de Dieu,

Quand le ciel me regarde avec ses yeux de feu,

Mon âme à s’élancer là-haut me semble prête.

 

Une aspiration de sublime conquête

Me transporte. J’oublie et le temps et le lieu.

Mon esprit qui se perd dans un beau rêve bleu,

Conçoit l’immensité d’une éternelle fête !...

 

Vous qui ne croyez pas aux voix du firmament

Sans consulter d’abord votre raisonnement,

Philosophes, prouvez que l’âme est immortelle :

 

Il ne m’en faut pas tant : moi, pour en être sûr,

Il me suffit de voir étinceler l’azur :

Alors je sens en moi comme un battement d’aile !...

 

 

Paul COLLIN.

 

Paru dans la Revue britannique en 1873.

 

 

 

 

 

 

 

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