Les hirondelles

 

 

Je vis de jeunes hirondelles

Se réunir sur le rocher.

Nos rives cessaient d’être belles,

Et l’hiver allait approcher.

Au signal donné par l’aînée,

L’essaim partit vif et joyeux :

Une plage plus fortunée

Lui souriait sous d’autres cieux.

 

Quand tout à coup une pauvrette,

Trop faible et trop chétive encor,

Au sein de la troupe s’arrête,

Incertaine dans son essor....

Aussitôt les oiseaux fidèles

Se groupent autour de leur sœur ;

Et, la soutenant de leurs ailes,

Ils calment bientôt sa frayeur.

 

À ce tableau j’eus l’âme émue.

Oh ! la pitié règne en tous lieux !

Les petits oiseaux, dans la nue,

La font éclater à nos yeux.

Aux pauvres, à ceux qui pâtissent,

Sachons aussi tendre la main ;

Afin que leurs voix nous bénissent

Et que Dieu nous guide en chemin.

 

      1856.

 

 

Auguste DAUFRESNE.

 

Recueilli dans Morceaux choisis des poètes belges,

B. Van Hollebeke, Namur, 1874.

 

 

 

 

 

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