Naître, vivre, mourir
Naître, vivre, mourir ! tout le destin des hommes,
Le secret de la vie et le décret de Dieu,
Tout ce que nous étions et tout ce que nous sommes,
Tout ce que nous serons... en trois mots, que c’est peu !
Mais si l’instant obscur qui nous a donné l’être
Dans son germe contient un avenir sans fin,
Si l’effort a son but et non pas son peut-être,
Si tout ce qui commence a son terme divin ;
Si notre esquif atteint, guidé par l’Espérance,
Par le fleuve du temps l’Océan éternel,
Si la mort que l’on craint n’est qu’une renaissance,
Si la terre n’est rien que le chemin du ciel,
Si quand le temps finit, l’éternité commence ;
Heure unique et sans sœur qui ne frappe qu’un coup,
Si l’amour est un jour bonheur et non souffrance,
Vivre alors, vivre, ami !... dans un mot... c’est beaucoup !
Henri DURAND.
Recueilli dans La littérature française depuis la formation de la langue
jusqu’à nos jours, lectures choisies par le colonel Staaf,
6e édition, tome II, 1878.