L’enfant en prière
Lorsque du jour naissant les bruits sont revenus,
Que le foyer lui-même a rompu son silence,
Sur le bord de son lit posant ses bras charnus
L’enfant, devant la croix, offre son innocence.
Il murmure des mots, ceux qu’il a retenus
Dans sa courte mémoire et qu’il frappe en cadence ;
Des battements légers, rapides, continus
Montent de sa poitrine et vers le ciel s’élancent.
Comme la fleur des champs exhale dans l’azur
Le parfum qui repose en son calice pur,
Ainsi montent vers Dieu ses premières prières ;
Car son cœur tout rempli de désirs innocents
Et son âme qui s’ouvre aux célestes lumières
Ont l’attrait des autels d’où s’élève l’encens.
Jean-Louis GUAY, Moisson de vie, 1931.