Les deux anges

 

 

Lorsqu’un petit enfant ici-bas prend naissance,

Dieu place, auprès de lui, deux anges radieux ;

Sur cette terre l’un doit prendre sa défense,

            Et l’autre dans les cieux.

 

L’un, c’est l’Ange Gardien ; et l’autre c’est la Mère ;

L’un demande à l’enfant l’encens ; l’autre, l’amour ;

Et chacun l’éclairant de sa douce lumière,

            Le bénit tour à tour.

 

L’un est à ses regards toujours inaccessible,

Et de loin, comme Dieu, lui prête son appui :

L’autre, de son enfant, providence visible,

            Est toujours près de lui.

 

Quand ses petites mains, vers le ciel élancées,

Semblent appeler Dieu, l’un des anges sourit ;

Et quand l’autre, par lui sent ses lèvres pressées,

            Il pleure et s’attendrit.

 

Tous deux, lorsque l’enfant, pauvre fille de la terre,

A péché dans son âme et cessé d’être bon,

Ils effacent le mal ; l’un avec la prière,

            L’autre avec le pardon.

 

Et quand ces deux soutiens couvent ainsi sa vie,

Des épreuves du temps ils sont toujours vainqueurs :

L’un le protège avec sa puissance infinie,

            Et l’autre avec son cœur.

 

Heureux petits enfants ! sous l’aile d’une mère,

Que vos concerts pieux montent vers l’Éternel,

Qui vous donne à la fois un ange sur la terre,

            Un ange dans le ciel.

 

 

C. HIPPEAU.

 

Paru dans Le Foyer domestique en août 1876.

 

 

 

 

 

 

 

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