Elle a passé

 

 

Elle a passé, femme adorée,

À la Thébaïde des mers.

Elle a passé, forme pleurée,

Par tout ce qui chante aux déserts,

Par la mousse du cap sauvage,

Et par les galets qu’au rivage

Effleurent les vagues, au soir,

Et dans la naïve prière

De la pauvre vieille chaumière,

Où notre ange aimait à s’asseoir.

 

Elle a passé, sainte rendue

Au monde où l’on ne passe plus,

Riante sur la route ardue

Qui mène à la paix des élus ;

Mais elle a semé sur sa trace

Un germe d’ineffable grâce

Pour les âmes neuves, ses sœurs ;

Et comme une lampe dorée,

Cette grâce veille, adorée,

Au sanctuaire de nos cœurs.

 

 

Hippolyte de LA MORVONNAIS.

 

Recueilli dans La littérature française depuis la formation de la langue

jusqu’à nos jours, lectures choisies par le colonel Staaf,

6e édition, tome II, 1878.

 

 

 

 

 

 

 

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