La prière de l’adolescent
Dieu Tout-Puissant, dans ta clémence,
Daigne t’abaisser jusqu’à moi,
Et laisse s’élever vers toi
Les vœux de l’humble adolescence :
Ô toi qui créas le Soleil
Dont la lumière vive et pure
Tire chaque jour la nature
De son inerte et froid sommeil !
Toi, dont les paroles puissantes
Ordonnent le cours des saisons !
Toi qui fais grandir les moissons
Dans nos campagnes florissantes !
Ô Toi ! Maitre de l’Univers,
Que tout bénit, que tout adore,
Et les doux soupirs de l’aurore,
Et les grandes clameurs des mers !
Répands sur ma frêle jeunesse
Quelques rayons de ta bonté ;
Accorde-moi la pureté,
La paix, le bonheur, la sagesse !
Aussi donne-moi de grandir ;
Et quand j’avancerai sur l’âge,
Donne-moi, Seigneur, le courage
De braver le mal, de souffrir !
Dans cette vie en maux prospère
Où languit mon pas incertain,
Conduis-moi, mon Dieu, par la main,
Soutiens-moi comme un tendre père !
Prête-moi, Seigneur, de longs jours
Remplis de cette quiétude
Qui semble comme le prélude
Du bonheur qui dure toujours !
Bannis de mon cœur l’injustice,
Le mensonge, le froid dédain,
L’impiété, l’orgueil hautain...
Oh ! donne-moi l’horreur du vice !
Léon LORRAIN.
Paru dans Le Foyer domestique en septembre 1876.