Un sonnet à Marie

 

 

L’astre des nuits emprunte au soleil sa lumière,

Fait pleuvoir la rosée au fond de chaque fleur,

Au voyageur errant montre la fondrière

Ou le taillis épais qui cache le voleur.

 

Cet astre, c’est bien toi, Vierge qui la première

Par le fruit de ton sein dissipas toute erreur.

Jésus est ton soleil : de sa grâce plénière

Tout resplendit en toi : le corps, l’esprit, le cœur.

 

De la nuit du péché tu dissipes les ombres ;

Du serpent tortueux qui veille aux sentiers sombres

Tu signales l’approche et les pièges trompeurs.

 

Sur mon âme alanguie, haletante, épuisée,

D’un breuvage divin tu verses la rosée :

Astre des nuits, toujours sois propice aux pécheurs !

 

 

 

Abbé Ernest PERRIN.

 

Paru dans L’Année des poètes en 1895.

 

 

 

 

 

 

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