Ce qu’il faut au poète

 

 

Enfant de la nature,

Il lui faut ses bouquets ;

Ses tapis de verdure

Et l’or de ses guérets.

 

Mais il faut au poète

Des rythmes inconnus,

Les clartés du prophète

Et les nuits de Jésus.

 

Il lui faut des études

Aux aspects infinis :

D’austères solitudes

Pour nourrir ses esprits.

 

C’est là que le génie,

Au souffle créateur,

Infiltre l’harmonie

Dans le front du penseur.

 

C’est là de la nature

Qu’il comprend les concerts,

Que leur vague murmure

Lui soupire des vers.

 

Là que l’humble Espérance

La Foi, la Charité

Et la persévérance

Font jaillir la clarté ;

 

Là, qu’il suspend sa lyre

Aux flexibles rameaux

Du saule qui respire

La fraîcheur des ruisseaux.

 

À son âme épuisée,

Qui pâlit dans ses yeux,

C’est là que la rosée

Verse la paix des cieux.

 

 

Marie-Caroline QUILLET.

 

Recueilli dans La littérature française depuis la formation de la langue

jusqu’à nos jours, lectures choisies par le colonel Staaf,

6e édition, tome II, 1878.

 

 

 

 

 

 

 

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