Émile Nelligan

 

 

C’était l’automne, et les feuilles d’amour

Tombaient toujours… Dans le vent s’amoncelle

Ce reflet d’or, et la mort le morcelle…

Dans un tas noir, sous l’aile du vautour.

 

Tu t’égaras dans ce triste séjour,

Fragile enfant que son âme interpelle.

C’est pour pleurer, cette couleur nouvelle

Qui va mourir dans la vie à son tour.

 

Perdant le pas de la course officielle

Tu promenas tout bas vers la chapelle

L’étonnement, quand l’ange fut venu.

 

Et quelquefois, dans la nuit, tu l’appelles.

Fragilement, vole alors d’étincelles,

La poésie emportant ton cœur nu.

 

 

 

Alain RIPAUX, La Poésie de la Forêt, 2015.

 

 

 

 

 

 

 

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