Traversée
Jadis le bleu des mers me couvait de ses yeux
Dans l’aveugle cocon du velours des fontaines ;
Le monde était printemps quand chantaient les baleines…
Et moi petit enfant, sans me savoir heureux.
Je n’entends plus le vent du ressac amoureux ;
Il a fui l’horizon de courses incertaines
Vers la moisson mythique en parsemant les graines…
Restait l’adolescent brûlant de tous ses feux.
J’ai mangé le pain sec de la détresse humaine,
De la source j’ai bu l’eau la plus souterraine…
Mes pas d’homme perdu sans présent et sans lieu.
Peut-on survivre au temps qui n’a plus d’oxygène ?
J’ai donc acquis le droit de rendre mon haleine…
Pour n’être que nouveau, né de l’étreinte en Dieu.
Alain RIPAUX.
Paru dans La Forêt des Mille Poètes
en juillet-août-septembre 2008.