Imitation du psaume XVIII
De sa puissance immortelle
Tout parle, tout nous instruit,
Le jour au jour la révèle,
La nuit l’annonce à la nuit.
Ce grand et superbe ouvrage
N’est point pour l’homme un langage
Obscur et mystérieux :
Son admirable structure
Est la voix de la nature,
Qui se fait entendre aux yeux.
Dans une éclatante voûte
Il a placé de ses mains
Ce soleil qui dans sa route
Eclaire tous les humains.
Environné de lumière,
Cet astre ouvre sa carrière,
Comme un époux glorieux
Qui dès l’aube matinale
De sa couche nuptiale
Sort brillant et radieux.
L’univers, à sa présence,
Semble sortir du néant.
Il prend sa course, il s’avance
Comme un superbe géant.
Bientôt sa marche féconde
Embrasse le tour du monde
Dans le cercle qu’il décrit ;
Et, par sa chaleur puissante,
La nature languissante
Se ranime et se nourrit.
Ô que tes œuvres sont belles,
Grand Dieu ! quels sont tes bienfaits !
Que ceux qui te sont fidèles
Sous ton joug trouvent d’attraits !
Ta crainte inspire la joie ;
Elle assure notre voie ;
Elle nous rend triomphants ;
Elle éclaire la jeunesse,
Et fait briller la sagesse
Dans les plus faibles enfants.
Jean-Baptiste ROUSSEAU, Livre I, Ode II.
Recueilli dans La littérature française depuis la formation de la langue
jusqu’à nos jours, lectures choisies par le colonel Staaf,
5e édition, tome Ier, 1875.