Réveille-toi, mon cœur

 

 

Réveille-toi, mon cœur, réveille-toi, ma lyre,

Car il faut que la terre entende mon délire.

 

La face du Seigneur illumine ma nuit,

Mon âme en sa présence est un astre ébloui.

 

Ivre de retrouver sa pureté première,

Elle voudrait mourir devant tant de lumière.

 

Elle gémit du poids qui la retient au sol

Lorsque vers Dieu s’élance éperdument son vol.

 

Elle voudrait, dans son ineffable démence,

Abîmer son néant d’un jour dans l’Être immense.

 

Depuis qu’elle connaît la beauté de son roi,

Elle maudit l’espace et s’y trouve à l’étroit.

 

Tout plaisir lui répugne, et c’est dans la souffrance

Qu’elle met maintenant toute son espérance.

 

Elle a soif du martyre, et conjure l’Époux

D’imprimer à ses mains la blessure des clous,

 

D’enfoncer en son flanc la lance et de permettre

Qu’elle expire à la croix près de son divin Maître.

 

Car depuis qu’elle a vu son type originel,

Elle sait que l’amour n’est que dans l’éternel.

 

Et, reniant sa chair, elle aspire à renaître

Plus digne de sa joie en immolant son être.

 

 

 

Robert VALLERY-RADOT,

L’Eau du Puits: In Memoriam.

 

 

 

 

 

 

 

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